La famille

Mois de décembre:

La famille et la cité.

« Que le regard de ceux que j’aime soit comme une balise lumineuse sur ma route. » 

Qu’est ce que la famille ?   

Pour répondre à cette question, au-delà de la définition du dictionnaire, écoutons : 

  • la famille, lieu de rencontre de plusieurs générations qui s’aident mutuellement à acquérir une sagesse plus étendue et à harmoniser les droits des personnes avec les autres exigences de la vie sociale, constitue le fondement de la société. (Concile Vatican II) 
  • Milieu naturel où se développe la personnalité humaine, refuge providentiel où s’apaisent et se calment les tempêtes de la vie. (Jean-Paul II) 
  • Don de Dieu, elle comporte une vocation qui vient d’en haut et devant laquelle on ne s’improvise pas. (Jean XXIII) 
  • Cellule première et vitale de la société. (Jean-Paul II) 

 « Honore ton père et ta mère, comme te l’a commandé le Seigneur ton Dieu, afin d’avoir longue vie et bonheur sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu. » Décalogue 5,16 

Pourquoi tant de richesses exprimées, tant d’importances apportées à la famille ? Pourquoi ces mots de l’Eglise : « La santé de la personne et de la société tant humaine que chrétienne est étroitement liée à la prospérité de la communauté conjugale et familiale » (Concile Vatican II) 

a)    Les richesses de la famille : 

·   C’est le lieu privilégié où se découvre l’humanité dans la complémentarité de l’homme et la femme. Leur union est le commencement, les bases, les fondations de cette famille, et le bonheur naîtra de leur capacité à vivre « l’unicité des deux ». Le caractère humain est entier en chacun des sexes, mais tous les rapports physiques, psychologiques et spirituels sont différents ou dosés en mélanges différents et nuancés en l’un et en l’autre. 

·   C’est le lieu d’éducation des tout-petits, de l’apprentissage de la vie physique, culturelle, sociale, spirituelle, des premiers contacts et de la croissance dans une communauté qui devrait toujours être une communauté d’Amour. C’est une cellule de transmission des valeurs morales, culturelles, sociales, spirituelles, dans la mouvance et l’enrichissement des générations.  ·   C’est le lieu où plusieurs membres uniques et différents apprennent à s’aimer, à « s’aider et à céder », apprennent l’UNITE dans le RESPECT « Une famille c’est comme une personne en plusieurs membres. Avoir une famille, c’est être à l’intérieur d’une tendresse où chacun de ses membres est perpétuellement enfanté. » Maurice Zundel  ·  C’est enfin là que s’expérimente le bonheur donné par l’Esprit pour en rayonner. « Soyez fidèles au Christ et vous serez heureux ! Soyez fidèles à l’enseignement de l’Eglise et vous serez unis par un amour plus grand ! La fidélité n’est pas passée de mode ! Vous pouvez être sûrs que ce sont des familles vraiment chrétiennes qui feront de nouveau renaître le sourire dans le monde. » Jean-Paul II 

 b) Guide-aînée, femme, quelle est notre place dans la famille ?   

Il faut d’abord apprendre à découvrir avec émerveillement l’unicité de la vocation de chacune de nous. Découvrir aussi la grandeur de cette vocation féminine, spécifique et commune à toutes les femmes, et différente de celle de l’homme, complémentaire et indispensable pour réaliser « l’unicité des deux » dont parle Jean-Paul II dans sa lettre apostolique. Cette « unicité des deux » est la fusion des talents spécifiques personnels de chacun. Elle réside dans le don naturel de la maternité et de la paternité. Car seul l’homme peut-être père et seule la femme peut-être mère.  La première place évidente de la femme dans la famille est donc d’être mère. Mais « la maternité n’est pas seulement un processus physiologique, c’est une réalité qui embrasse tout l’être et l’agir de la femme, et qui répond aux structures physiques et psychologiques de la féminité. A travers cette maternité, la femme possède une intime union avec le mystère de la vie qui mûrit dans son sein. Ce contact unique et exclusif avec le nouvel être humain, crée en même temps une attitude à l’égard de tous les êtres humains qui imprègne profondément la personnalité de la femme. Elle possède une qualité particulière : distinguer l’individu dans la masse et le promouvoir comme personne. Comme l’écrit Jean-Paul II, Dieu a confié de manière spéciale l’être humain à la femme. » Jutta Burgraff  Il n’est pas démontré que les femmes forment automatiquement un monde plus humain que les hommes ! En réalité ce monde peut changer seulement si les deux, homme et femme, promeuvent cette culture où le don et le service dans l’amour sont compris. Leur responsabilité avec des aspects différents dans l’éducation et dans l’harmonie de la famille est la même. Dans la pratique, la femme est la première éducatrice, car les petits, surtout dans les premières années, ont besoin de points constants de référence, c’est pourquoi la place de la mère est toute particulière dans une famille.  La place de la femme est aussi socialement au-delà de son seul rôle biologique car la femme célibataire ou la femme mariée sans enfant, peut vivre cette dimension du « oui » à se donner pour la venue de nouvelles vies alors spirituelles. Elle possède pour cela tous les talents, toutes les dispositions. « Si les religieuses contemplatives ou actives, méritent en plénitude le nom de mères que nous leur donnons, c’est que leur cœur a reçu de Dieu la grâce d’être, en plénitude, celles qui offrent leur vie, leur prière et leur dévouement, leur renoncement et leur activité, pour que d’autres, dans tous les domaines, reçoivent la vie et la reçoivent en abondance. Qu’elles soignent les malades ou qu’elles enseignent aux enfants, c’est toujours en vue du royaume des cieux qu’elles agissent, et ce qu’elles apportent à la vie naturelle est si indissolublement lié à l’intention surnaturelle que c’est toujours à la maternité de l’Eglise qu’essentiellement elles collaborent. » Marcel Clément 

La place de la femme dans la famille doit être considérée avec discernement :  

«  Nous vivons un siècle où une transformation irréversible de la condition de la femme dans la famille s’opère. Il faut se délivrer de préjugés selon lesquels l’accomplissement  passe nécessairement par la vie professionnelle. Celle-ci peut-être enrichissante et apporter de grandes joies, mais il y a beaucoup d’emplois d’intérêts médiocres et tous ont  leur part de servitude. On ne dira jamais assez combien peut-être grande et gratifiante comme un projet d’entreprise, le fait d’élever un petit être jusqu’à son plein accomplissement. Il faut aussi poser les problèmes budgétaires, les tentations actuelles qui majorent nos besoins. Il serait bon, par conséquent d’inviter à la vie simple. Cependant, les cas sont nombreux où la sagesse conseille le maintien d’un double salaire et d’autres raisons peuvent intervenir…Il faut donc envisager avec sérieux les problèmes et les joies que posent les responsabilités familiales. » Isabelle Mourral

 

    Posons les fondations : 

·        Dans la famille où nous vivons : 

Þ    Notre devoir commence-t-il à la maison ? quelle est la qualité de notre présence ? 

Þ    Apprenons-nous à communiquer dans notre famille, dans le dialogue ; chacun est responsable de la « porte ouverte » à l’échange. 

Þ    Aidons-nous dans les retrouvailles autour de fêtes familiales ? 

 Þ    Notre contribution peut apporter beaucoup à l’édification de la communauté familiale et même à la sanctification de nos parents. 

Þ    Apportons attention, tendresse et respect aux personnes âgées de notre famille. Essayons de découvrir dans leur yeux compréhension et amour. 

  
 ·        Dans notre maison, notre foyer :   

Þ    Apprenons à créer autour de nous cette ambiance chaleureuse et accueillante qui rend un foyer si chaud : décoration, présentation, accueil, ….  

Þ    Apprenons à gérer notre budget, à mettre des priorités dans nos dépenses, à les noter. 

Þ    Veillons à la propreté, au rangement, à l’atmosphère saine et simple de l’endroit où nous vivons : cela demande effort et fidélité. 

Þ    Retrouvons et entretenons des coutumes familiales. 

Þ    Ouvrons grands les yeux, les oreilles, le cœur, sur les mille et un petits trucs culinaires, techniques, vestimentaires qu’amies et relations peuvent nous faire découvrir.   

·        Pour préparer notre famille de demain : 

Un chrétien d’aujourd’hui gagne à acquérir beaucoup de caractère pour vivre de façon cohérente et ne pas céder à tout ce qui l’entoure, tout ce qui lui est proposé. Valeurs et contre-valeurs sont parfois difficiles à démêler. Pour préparer notre famille de demain, il faut d’abord forger notre caractère afin de pouvoir défendre si c’est nécessaire la famille que l’Eglise nous la propose, à la lumière de l’Evangile et de l’Esprit.  «  Une femme ne se réalisera pleinement que si elle développe ses facultés féminines spécifiques et si elle se prépare à la maternité d’un point de vue  physique et psychique. Etre mère est une bénédiction, pas une injustice de la nature. » Jutta Burggraf 

Þ    Nous nous préparons donc en apprenons le don, le service, le sens du sacrifice dans les petites choses de la vie quotidienne, en groupe, en unité, dans notre famille actuelle. 

Þ    Nous prenons le temps de réfléchir au style de famille que nous aimons, aux exemples autour de nous, le profil de celui que notre cœur choisirait pour fonder cette famille et quelles attitudes prendre dans nos relations en conséquence.   

Þ    Regardons aussi le type de femmes que nous voulons être pour celui que nous choisirons et comment y parvenir. 

Þ    Nous savons que la fidélité est aussi affaire de volonté et de raison : comment forger chez nous cette volonté ? 

Þ    Apprenons la vie simple car les problèmes matériels peuvent être cruciaux dans une famille selon les choix futurs et nous devons pouvoir être armées.

  

Elevons les murs d’appui :

 

·        Dans l’approfondissement de notre vocation : 

Þ    Nous approfondissons la richesse de la vocation de la femme, la richesse de la vocation de l’homme et la complémentarité des deux. 

Þ    Nous réfléchissons au sens du travail dans la vie de la femme : si les questions posées par ou à la femme sont multiples, les réponses de chacune sont multiples : la femme libérée, la femme objet, la « business woman »… Comment nous situons-nous ? Comment décodons-nous l’histoire de notre vie ? 

Þ    L’éducation : Que signifie avoir des enfants, fonder une famille ? 

Þ    Apprenons à développer nos talents, à discerner toujours plus le plan de Dieu sur nous, qui nous conduit peu à peu vers son projet de bonheur personnel. 

Þ    Apprenons à analyser, former notre jugement sans condamner telle ou telle option, travail ou famille, et sans être sensible à la pression sociale ou aux jugements des autres.

  ·     Dans la famille que nous avons fondée : à méditer pour plus tard ! 

 Veiller à alimenter la flamme de l’amour conjugal : 

-prendre le temps d’écouter, de se parler, de ne pas se cacher,…  

 -se sanctifier mutuellement par la prière. 

-développer le respect de l’autre. Il faut du temps pour comprendre et une disposition du cœur pour voir, accepter.  

-apprendre à partager les décisions pour les choix importants. 

-Ne pas négliger son « look », être agréable à regarder à la maison comme ailleurs.

 

Veiller à alimenter et allumer la flamme des enfants confiés : 

-équilibrer sa vie de mère et sa vie d’épouse.  -prendre du temps en famille : que la vie associative ou caritative ne déplace pas les priorités. 

 -approfondir combien EDUQUER ce n’est que REVELER la vocation de l’enfant confié quelle qu’elle soit, et être attentive à développer ses talents, non les talents transférés par nos envies.  -recevoir l’enfant tel qu’il est et non tel que nous le voudrions. Recevoir l’enfant comme un don de Dieu. 

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