Notre place dans la cité.

« L’ombre s’accroît, la lampe brûle, et j’entends autour de moi le gémissement de tous ces peuples qui cherchent un arrangement entre eux dans la nuit. » Paul Claudel
 

Qu’est que la cité, qu’est que le civisme ?


Où sont les limites entre notre vie privée et notre vie dans la cité ?
A quoi nous engage notre qualité de citoyenne d’un pays, à quoi nous oblige notre sens civique ?
 
 
• Vocabulaire latin sur la question :

Civitas= lien juridique qui existe entre des hommes localement groupés. C’est 1) la cité ; 2) le droit de cité.
Polis= C’est la cité ; la « politique » c’est l’action en vue du bien commun des citoyens.
Patria= la terre des Pères à laquelle tel groupe humain est attaché affectivement, dans le partage de la même culture et de même destin à travers l’histoire ; la patrie est ainsi une « personne morale ».
 
Mais nous savons aussi que nous appartenons à une cité bien plus vaste :
«  Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers ni des hôtes, vous êtes des concitoyens des saints, vous êtes de la maison de Dieu. » Paul aux Ephésiens, 2, 19.
 
Et Saint Pierre nous précise quelle est la cité à laquelle nous aspirons et à laquelle nous travaillons :
«  ce sont de nouveaux cieux et une terre nouvelle que nous attendons selon sa promesse, où la justice habitera. » 2 Pierre, 3, 13.
 
Lire dans l’Apocalypse la description merveilleuse de la Jérusalem d’En-Haut ( Ap. 21,10…22, 5) et de la multitude qui l’habite (Ap. 7,9-17).

 
a)    Posons les fondations
 
Appartenir à une cité suppose une certaine somme de connaissances et aussi un certain sens des responsabilités.
 

• Connaissances :

Bien sûr nous en avons emmagasiné beaucoup en histoire, géographie, instruction civique, économie, droit,…Peut-être tout cela mérite-t-il sinon une révision générale, du moins un tri.
 
Sommes-nous sûres de connaître et de comprendre l’essentiel de la vie de notre pays, de notre vie avec les concitoyens ?
Ouvrons notre intelligence au monde qui nous entoure.
 
Histoire-géographie :

- Les connaissances livresques ont leur intérêt, mais l’histoire de notre pays est vivante. Laissons une place à la culture.
- Pourquoi ne pas aborder l’aspect géographie et économie sous l’angle loisirs ? Les voyages forment la jeunesse s’ils sont intelligemment menés.
- Essayons pendant cette année de visiter au moins un site historique avec un guide compétent, de lire la biographie d’un grand personnage…
- Et si nous cultivions le même intérêt amical pour les pays où nous voyageons : leurs habitants, leur langue, leur histoire ?
 
Règles du jeu social :
- Nul n’est censé ignorer la loi.
- Connaissons-la donc non pas par peur des gendarmes mais parce qu’elle nous permet de mieux vivre en harmonie avec les autres.
- Connaissons aussi les dispositions sociales (travail, santé, famille, éducation,…) pour nous comporter en citoyenne responsable et non en éternelle assistées ! et savoir informer si besoin est.
- Sachons aussi prendre notre place dans le fonctionnement des affaires publiques. Nous avons le droit de vote !
 
Connaissance des grands courants :
- De tous temps les hommes ont réfléchi sur leurs rapports les uns avec les autres et sur la meilleure façon de les gérer. D’où une foule de courants philosophiques et politiques. Connaissons-nous les principaux ?
- Exerçons surtout notre regard critique quand à leurs applications et à leus réalisations concrètes.
- Gardons le souci de lire tout cela à la lumière de l’enseignement de l’Eglise. Soyons passionnée de vérité.
 
Tout cela nous engage déjà et nous donne des responsabilités….

• Responsabilités :
 
Nous n’avons pas attendu d’être pilotes pour vivre au milieu des autres ! Mais avons-nous toujours le respect des autres ?
 
Exemples :
- Nous venons peut-être de passer le permis. Est-ce que notre amour de la vitesse ou du « sport »  ne met pas la vie des autres en danger ?
- Si nous resquillons dans la queue au cinéma, si nous montons dans le bus sans ticket, si nous téléphonons pour nous-mêmes ou photocopions sans vergogne nos documents personnels au bureau, songeons-nous que nous vivons aux crochets de la société, c’est-à-dire de notre prochain et que tout compte fait les autres paient pour toi ?
- Et la vie humaine, que faisons-nous pour qu’elle soit respectée ?
 
 
Nous ne sommes pas seules sur la terre. Et la terre justement est fragile. Que faisons-nous pour protéger et améliorer notre environnement ?
 
- Avons-nous vraiment besoin d’1/4 de litre de shampoing pour nous laver les cheveux, de 50 litres d’eau pour prendre une douche ?
- Est-ce qu’un passant nous a déjà dit : « vous avez perdu quelque chose » parce que nous avion jeté un papier par terre ?
- Est-ce que le voisin dans le train entend la chanson qui hurle dans notre walkman ?
 
Encore une fois nous ne sommes pas seules. Et tous les rapports humains nous appellent à la solidarité.
- Saurions-nous indiquer les organismes d’accueil de notre ville à une personne sans domicile ?
- Connaissons-nous les associations d’aide aux futurs mères, d’alphabétisation,… ?
 
Ce monde bouge, il change de façon passionnante et à une vitesse impressionnante. Gardons la tête froide et cultivons la bienveillance.
- Ne nous nourrissons pas d’un seul média. Cela manque d’ouverture et d’objectivité.
- Ayons l’esprit critique mais pas l’esprit « bof » ou l’instinct de démolition !
- Sachons demander des explications à des personnes bien informées.

 b) élevons les murs d’appui
 
Allons plus loin : nous sommes maintenant engagées dans la vie active ou presque. En tout cas la société nous considère comme des adultes. Cela exige de nous engagement et réflexion. Gardons toujours le sens scout de la parole donnée.
 
• Engagement :
 
- Notre travail : Apprenons à le regarder comme une très belle forme de service des autres.
- Vie sociale et politique : Ne vivons pas à côté du monde sous prétexte qu’il est dangereux ou salissant. Ne soyons pas aveugles non plus. Informons-nous sur l’orientation politique des syndicats étudiants ou professionnels qui nous ont proposés.
Les différentes formes de représentation (délégués de classe, bureau des élèves, représentants du personnel, comité de quartier,…) peuvent être un lieu de témoignage pour les laïcs chrétiens.
- Vie associative : Le scoutisme nous a appris à ne rien faire à moitié. Sommes-nous assidue aux répétitions de notre chorale, ou au sport que nous avons choisi,…
Mettons au service des autres nos compétences, notre goût pour la vie de groupe
Restons-nous dans notre mouvement pour rendre service, pour nous engager, ou restons-nous simplement par nostalgie ?
- Vie caritative-partage : Nous pouvons, par exemple, donner notre sang. (celles qui peuvent !!! Etre en bonne santé et peser plus de 50kg !)
Avons-nous le souci de partager, n’oublions pas que la vie matérielle de l’Eglise repose sur le « denier du culte ».

• Réflexion :
 
Consacrons du temps à la réflexion, seule ou avec les 3 regards (Cheftaine de Feu, marraine, conseiller spirituel) et encore avec des personnes compétentes.
Cela non pas pour une quelconque satisfaction intellectuelle ou pour avoir un avis sur tout ! Mais parce que nos actes, nos choix nous engagent.
 
Ce ne sont pas les sujets qui manquent :

- Europe / Monde.
- Famille/ Education : leurs rôles respectifs dans la cité.

- La place de la femme dans la société.
- La doctrine sociale de l’Eglise…..

Gardons dans tout cela un regard positif et voyons la présence de Dieu dans les œuvres des hommes.
 
«  Pourquoi vous affliger de la dureté des temps ? Vous êtes les temps, soyez meilleurs et les temps seront meilleurs ! » Saint Augustin

Une réponse à “Notre place dans la cité.”

  1. Bonjour à vous,

    je trouve votre blog particulièrement bien fait, très intéressant, et surtout très fourni en info.

    J’anime un service de pastorale des jeunes et nous organisons depuis l’année dernière un festival de la jeunesse qui permet aux jeunes du diocèse de se rencontrer, d’échanger, de réfléchir sur un thème.

    Le week-end portera sur la Fraternité tout un programme!

    Je serais heureux de vous accueillir sur le blog pour que vous me fassiez part de vos réflexions.

    A très bientôt j’espère.

    Guillaume

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