Quelle communication et quelle culture voulons-nous défendre ? (4)

II- Le Bien – Le Chemin.     

« La civilisation de l’Amour »

Définition du bien :

Ce qui est conforme à sa nature, ce qu’on doit faire, ce qui est moral.
Pour Platon, c’est un idéal dont le monde doit chercher à se rapprocher.
Pour Aristote, c’est le développement de la nature propre de chaque être.
Pour Kant, c’est l’obéissance à la loi divine.
Le bien, c’est le bonheur ; tous le désirent mais ne sont pas d’accord sur ce qu’il est. Se prononcer sur ce qui est bien, c’est poser un principe d’existence et de sens qui relève d’une morale. Le bien est ce qui est utile à la réalisation d’une fin supérieure.


Il nécessite qu’on garde à l’esprit l’origine et la finalité de chaque chose.
Cette fin supérieure est la libre réponse de l’Homme à l’Amour de Dieu. La culture et l’art doivent donc être porteurs de valeurs chrétiennes, qui élèvent l’âme vers Dieu à travers le beau.

Le catéchisme de l’Eglise catholique définit le bien pour l’Homme de la façon suivante :
« Dotée d’une âme spirituelle et immortelle, d’intelligence et de volonté libre, la personne humaine est appelée, en son âme et en son corps, à la béatitude éternelle. »

Nous sommes tous appelés à la sainteté et au bonheur sans fin qui est de voir Dieu, c’est cela la fin ultime de notre conduite.  Pour cela Dieu a mis en l’Homme un désir que Lui seul peut combler. Et pour répondre à son amour, nous avons pour vocation de rechercher le Royaume de Dieu en éclairant et en gérant les réalités temporelles selon Dieu. Le Christ a montré la Route que nous devons suivre à travers les Béatitudes.
(cf. Claire de Castelbajac, Vivre Dieu dans la joie,  p135 : le manque de Dieu dans une vie crée un vide immense. Avec lui notre vocation au bonheur commence sur terre.)

Le Chemin.

Chacun a besoin d’un chemin : d’une route, d’une ligne directrice qui guide sa vie c’est-à-dire un idéal, des valeurs qui doivent  nous aider à répondre à notre vocation à la sainteté. Par exemple : l’Evangile et les textes qui en permettent l’application concrète : la loi scoute, la doctrine sociale de l’Eglise,…
« La vie sans religion est une vie sans principe et une vie sans principe est comme un bateau sans gouvernail » Gandhi

« (…) Jésus-Christ, notre Sauveur, offre sa lumière et son espérance à tous ceux et celles qui cultivent les sciences, les arts, les lettres et les innombrables domaines développés par la culture moderne. Tous les fils et les filles de l’Eglise doivent donc prendre conscience de leur mission et découvrir comment la force de l’Evangile peut pénétrer et régénérer les mentalités et les valeurs dominantes qui inspirent chacune des cultures ainsi que les opinions et les attitudes qui en découlent. Chacun dans l’Eglise, par la prière et la réflexion, pourra apporter la lumière de l’Evangile et le rayonnement de son idéal éthique et spirituel. Ainsi, par ce patient travail de gestation, humble et caché, les fruits de la Rédemption pénétreront peu à peu les cultures et leur donneront de s’ouvrir en plénitude aux richesses de la grâce du Christ ».
Jean Paul II, Evangéliser les cultures et inculturer l’Evangile, 13 janvier 1989

 » Pour nous, chrétiens, l’homme que nous voulons aider à croître au cœur de toutes les cultures est une personne d’une dignité incomparable, image et ressemblance de Dieu, de ce Dieu qui a pris visage d’homme en Jésus-Christ.   (…) l’Eglise [nous] apporte la sève toujours neuve de l’Evangile, créateur de culture, source d’humanité en même temps que promesse d’éternité. Son secret est l’Amour. C’est le besoin primordial de toute culture humaine. Et le nom de cet Amour est Jésus, Fils de Marie. Chers amis, portez-le, comme elle, avec confiance, sur tous les chemins des hommes, au cœur des cultures nouvelles que nous avons à construire en hommes, avec les hommes. Soyez-en convaincus: la force de l’Evangile est capable de transformer les cultures de notre temps par son ferment de justice et de charité, dans la vérité et la solidarité. Cette foi qui devient culture est source d’espérance  » . Jean Paul II, Nouveaux horizons pour la culture mondiale, 12 janvier 1990

De plus, nous avons besoin de racines. Notre culture est un patrimoine vivant ancré dans un ensemble de traditions, propres à chaque peuple. Pour transmettre une culture, il faut la connaître, l’apprécier et la faire vivre.

Leurs contraires : le mal et le vide.

- La culture rationaliste : Avec la culture des Lumières, la liberté est devenue la valeur fondamentale avec les droits de l’Homme. Il se développe une culture qui exclut Dieu de la conscience publique. Ainsi, la conscience morale disparaît car on soutient que seul est rationnel ce qu’on peut prouver par expériences. Rien en soi n’est bon ou mauvais, tout dépend des conséquences qu’une action laisse prévoir. La catégorie du bien disparaît.   (Cf. Joseph Ratzinger, L’Europe de Benoit dans la crise des cultures).

Le relativisme ambiant: toute morale se vaut et chacun fait comme bon lui semble tant que cela respecte les droits de l’homme. On accepte tous les comportements au nom de la liberté. Les gens refusent toute morale, toute valeur et pour beaucoup n’ont pas d’idéal ni de religion. La vie est axée sur la réussite matérielle ; la carrière et l’ascension sociale, la richesse, le confort et le plaisir, sans aucun but  spirituel.

La culture mondialisée : le monde entier mange la même chose, s’habille de la même façon, regarde les mêmes films, achète les mêmes marques, … c’est une façon d’abandonner les traditions et les particularités de chaque pays pour imposer une culture unique, basée sur la consommation. On coupe les choses de leur origine et de leur finalité ce qui revient à les réduire à néant !

- L’art conceptuel : perversion de l’art, non-sens, volonté de choquer ou de frapper les esprits. Art porteur de messages subversifs, ou sujet à la libre interprétation laissant cours aux explications les plus délirantes. Absence du beau.

« Les jeunes en quête d’idéal aspirent à donner un sens qui vaille à l’aventure humaine. Ni la drogue ni la violence, ni la permissivité ni le nihilisme ne peuvent emplir le vide de l’existence. Les intelligences et les cœurs sont en quête de lumière qui éclaire et d’amour qui réchauffe. Notre époque nous révèle en creux la faim spirituelle et l’immense espoir des consciences. (…) ». Jean Paul II, Un temps nouveau de la culture humaine, 13 janvier 1986

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