Archive pour avril 2008

Quelle culture et quelle communication voulons nous défendre ? (2)

Dimanche 6 avril 2008

 

I- Le Beau, La Vie.

Définition du beau :

Ce qui provoque le sentiment esthétique (subjectif), ce qui correspond à la perfection en son genre et obéit à certaines formes d’équilibre ou d’harmonie. Dès l’Antiquité on a cherché à formuler des règles et des idéaux dans le domaine des beaux arts.
Pour Kant, le beau est « ce qui plaît universellement sans concept ». Le jugement esthétique a un fondement subjectif. « Le beau est le symbole du bien moral »
Pour Hegel « le beau est la manifestation sensible du vrai ».
Le beau artistique est issu de l’activité de l’esprit humain et les différentes formes d’art expriment différents moments de la conscience universelle. Le beau naturel est la Création, faite par Dieu. Elle est belle car faite pour l’Homme que Dieu aime. Ainsi l’Homme est le jardinier de la Terre ; il a le devoir de la respecter et de la continuer en rendant gloire à Dieu.
La beauté et le sacré sont liés dès les origines. Toutes les civilisations donnent ce qu’elles ont de plus beau et de plus précieux pour leur Dieu (la liturgie, l’art sacré, …).


On peut définir le beau par trois exigences :
- l’harmonie : rien de trop
- la perfection : il ne manque rien
- l’éclat : ce qui brille, ce qu’on remarque
De plus, ce qui fait le beau, c’est sa finalité, c’est l’idéal vers lequel on doit tendre, c’est le point de départ d’un cheminement vers Dieu.

« Le beau est la splendeur du vrai » Platon
« Ne perdons pas l’occasion de voir quelque chose de beau, car la beauté, c’est la signature de Dieu. » Charles Kingsley
« Le beau sauvera le monde » Dostoïevski

« Et il est certain que l’attrait du beau, de l’esthétique, conduira nos contemporains à l’éthique, c’est-à-dire à mener une vie belle et digne. (…) » Jean-Paul II, Le Christ renouvelle toutes les Cultures, 19 novembre 1999

« (…) Dans une culture marquée par le primat de l’avoir, l’obsession de la satisfaction immédiate, l’appât du gain, la recherche du profit, il est frappant de constater non seulement la permanence, mais le développement d’un intérêt pour le beau. Les formes que revêt cet intérêt paraissent traduire l’aspiration qui demeure, voire se renforce, à un « autre chose » qui enchante l’existence et, peut-être même, l’ouvre et la porte au-delà d’elle-même. L’Eglise en a eu l’intuition dès l’origine et des siècles d’art chrétien en donnent l’illustration magnifique: l’œuvre d’art authentique est potentiellement une porte d’entrée pour l’expérience religieuse. Reconnaître l’importance de l’art pour inculturer l’Évangile, c’est reconnaître que le génie et la sensibilité de l’homme sont connaturels à la vérité et à la beauté du mystère divin. L’Eglise manifeste un profond respect pour tous les artistes, sans faire acception de leurs convictions religieuses, car l’œuvre artistique porte en elle comme une empreinte de l’invisible, même si, comme toute autre activité humaine, l’art n’a pas en lui-même sa fin absolue: il est ordonné à la personne humaine.» Pour une pastortale de la culture, Cité du Vatican, 23 mai 1999, Paul Cardinal Poupard.

Définition de la Vie :

Entité ou principe supposé animer l’ensemble des organismes vivants. Tout être humain a une âme dès sa conception, il a été créé à l’image de Dieu et ne peut pas être réduit à une chose sur laquelle on a droit de vie et de mort. L’Homme ne peut pas prétendre tout maitriser ; la vie, la mort, l’état de santé ; il doit s’en remettre à la volonté de Dieu. C’est Dieu qui donne la vie, elle est sacrée et belle et doit être défendue de son apparition à son terme naturel.
« Je demanderai compte du sang de chacun de vous … Qui verse le sang de l’homme, par l’homme aura son sang versé. Car à l’image de Dieu l’homme a été fait » (Gn 9, 5-6).
 » Tu ne tueras pas l’innocent ni le juste  » (Ex 23, 7).
Comme le dit Jean Harang : « la vie est le plus beau cadeau de Dieu ; notre vie terrestre n’est que la première seconde d’un jour sans fin ».

 Leurs contraires : la laideur et la mort, associées à la destruction:

- la culture de mort : avortement, euthanasie, suicide
- L’eugénisme qui réclame des gens parfaits et refuse les malades, les handicapés, les pauvres et les plus faibles.
- la culture gothique : culte de la mort, de la laideur, de la violence, parfois satanisme (cf. Culture Jeune et Esotérisme du P. Domergue)
- la fascination et la curiosité malsaine pour les spectacles morbides ou violents qui crée des attroupements autour des accidents de la route, des blessés, etc.
- les films, les magazines, les livres, les médias, … qui font l’éloge de la violence ou de la pornographie, ôtant tous repères moraux.

Quelle culture et quelle communication voulons-nous défendre ?

Samedi 5 avril 2008

Voici, avec un peu de retard, les réflexions de notre feu sur la culture et la communication.

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- Définition de la culture : 

Ensemble des structures sociales et des manifestations artistiques, religieuses, intellectuelles qui définissent un groupe, une  société par rapport à une autre. 

Ensemble de convictions partagées, de manières de penser et d’agir qui orientent plus ou moins consciemment le comportement d’un individu ou d’un groupe. Le mot culture vient du latin colere qui signifie « mettre en valeur » ; cela concerne aussi bien un champ que l’esprit. La culture implique la transmission par l’éducation, la formation personnelle et les moyens de communication.  

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Extraits du discours annuel de Jean Paul II au conseil pontifical pour la culture :

« (…) l’Evangile est lui-même ferment de culture dans la mesure où il rejoint l’homme dans ses façons de penser, de se comporter, de travailler, de se récréer, c’est-à-dire dans sa spécificité culturelle. D’autre part, notre foi nous donne une confiance dans l’homme – dans l’homme créé à l’image de Dieu et racheté par le Christ – que nous désirons défendre et aimer pour lui-même, conscients qu’il n’est homme que par sa culture, c’est-à-dire par sa liberté de croître intégralement et avec toutes ses capacités spécifiques. (…) » L’Eglise et la culture, 18 janvier 1983 

« (…) L’Église ne craint pas la légitime diversité, qui fait apparaître les riches trésors de l’âme humaine. Au contraire, elle s’appuie sur cette diversité pour inculturer le message évangélique. » Le Christ renouvelle toutes les Cultures, 19 novembre 1999.

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Définition de la communication : 

Du latin communicatio de communicare « être en relation avec » ou « mettre en commun ». A u sens strict, il s’agit de transmettre et d’échanger des messages et des signes.  Il s’agit, de l’ensemble des moyens et des procédés techniques permettant les échanges d’informations et le dialogue. 

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Communiquer c’est : 

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- Transmettre. 

- Donner connaissance, faire partager à quelqu’un. 

- être en relation, en rapport, en correspondance avec quelqu’un.

- Faire connaître au public par l’intermédiaire des médias. 

..La communication sociale comprend 3 formes, elle peut être : 

1-      Interpersonnelle : les individus dans leurs relations singulières et spontanées : principe de gratuité. Conditions : sympathie, ou tout au moins, le besoin de communiquer 

2-      Médiatisée : répond à une fonction sociale bien précise et à des impératifs notamment économiques, extrêmement contraignants. 

3-      Institutionnalisée : met en jeu l’ensemble des organisations sociales, la culture et la vie politique d’une société. 

La communication implique le désir de dialoguer, l’effort pour argumenter, donc la reconnaissance de la raison de son interlocuteur.

« Tout être capable de communication linguistique doit être reconnu comme une personne. » 

Sois un exemple.

Vendredi 4 avril 2008

Sois un exemple.

Je ne te demande pas de crier que les autres ont tort, Ou que tu as raison ;

Je ne te demande pas de te rebeller,

Ni de te résigner…

Je te demande d’agir,

Je te demande de servir,

De poursuivre ton chemin, l’esprit ouvert et joyeux.

Je te demande de vivre de telle sorte que ta présence soit une joie pour les autres,

Que tes paroles soient un réconfort,

Que ta volonté rassure ceux qui doutent,

Que tes efforts leur donnent envie d’avancer,

Que ton amitié soit espérée d’eux.

Je te demande de vivre de telle sorte que les autres aient envie de te suivre.

Sois un exemple.

Un exemple de service et d’humilité,

Un exemple de partage et de joie, Un exemple d’amour et de paix…

II y a tant de gens qui t’attendent ! Sois un exemple.

Et tu verras :

Sans rien abandonner,

Sans crier,

Sans rien casser,

En servant,

Tu auras fait un bon chemin,

Et tu auras gagné en simplicité.

L’engagement

Jeudi 3 avril 2008

Qui dit « Engagement » dit à la fois

« Promesse » et « Départ »…   

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La promesse, qui est au cœur de l’Engagement Guide Ainée, est le renouvellement, mûri et intériorisé, de la promesse scoute que nous avons prononcée avec la fraîcheur de nos 12 ans. 

Que promet-on ? De servir… d’être toujours prêt [à] servir de notre mieux… Les devises des trois branches du scoutisme, ainsi accolées, forment l’idéal qui anime notre jeunesse et notre vie d’adulte qui s’ébauche peu à peu… l’idéal qui nous animera jusqu’à notre dernier souffle… Cet idéal, nous l’incarnons concrètement en vivant de la loi scoute, en cherchant à l’appliquer au quotidien. Car, au travers de cette promesse, c’est tout notre être que nous engageons. 

A cette promesse est intimement lié un autre aspect, celui du départ. En effet, s’engager dans une voie, c’est commencer à y cheminer, c’est prendre son départ. La route qui s’offre à nous, au seuil de notre vie adulte, est plus ou moins longue, tortueuse ou droite, lumineuse ou envahie d’obscurité… L’enjeu est de parvenir jusqu’au bout, jusqu’à la Lumière vers laquelle elle conduit… 

Si la Promesse nous lance dans l’aventure scoute, l’Engagement nous lance dans l’aventure de notre vie… de notre vie adulte. Or, l’adulte se définit comme celui qui va « ad ultum », jusqu’à l’ultime de son être et de ses potentialités. Il est donc en progression constante. De là, il peut donner davantage. En effet, nous ne pouvons donner que ce que nous possédons, ce que nous avons reçu et, surtout, ce que nous sommes… 

Il arrive un moment où nous prenons conscience que nous avons beaucoup reçu du Scoutisme et où nous avons soif de davantage, car nos épaules sont plus fortes. Un moment où retentit la voix intérieure qui nous appelle à un plus grand apostolat, un apostolat dans le monde où nous vivons, et plus seulement dans le cadre de nos unités ou des personnes que nous côtoyons de manière plus ou moins habituelle… Cette voix nous dit : « Va, maintenant, porter la joie à tes frères et sœurs du monde, va, donne tout ce que tu as reçu, va, sois apôtre, garde confiance, et surtout, n’oublie pas d’aimer. Aime à fond. Aime toutes ces personnes que tu rencontres, aime tous ceux et celles qui te sont confiés, aime dans l’allégresse comme dans la détresse. Sois un brasier d’amour, à l’image de Celui qui n’est qu’amour, qui est l’Amour…». 

Ce moment est celui du départ… La page de l’enfance se tourne… Le temps est venu pour nous de réaliser notre vocation de femme, de « sentinelle de l’Invisible », au sein de notre société et de l’Église… 

Ce départ est exigeant, mais il ne doit pas faire peur… Ce n’est pas un engagement à être parfait, mais à marcher, à avancer toujours plus, – malgré les découragements, les chutes ou les passages à vides -, vers Celui qui est la perfection et qui nous donne sa grâce pour parvenir jusqu’à Lui. 

Alors, « Go ! » et « azimut le Ciel » ! 

« Le monde où nous vivons n’est pas à notre taille et nous avons le cœur gros parfois de toute la nostalgie du ciel. » 

Guy de Larigaudie. 

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