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« Ne sois plus incrédule, mais croyant ! »

« Ne sois plus incrédule, mais croyant ! » 

Ces paroles adressées à l’apôtre Thomas ne nous sont-elles pas destinées aujourd’hui ? Ne sommes-nous pas incrédules ? Notre foi est-elle forte et inébranlable ? Ne connaît-elle pas quelques fissures ? 

N’est-elle pas parfois hésitante ? 

Il est bon de revenir de temps en temps aux fondements de notre foi. 

Pourquoi croyons-nous ? Sur quoi repose notre foi ? 

Notre seigneur s’était présenté durant sa vie publique comme le fils de Dieu, comme Dieu Lui-même. C’est d’ailleurs ce qui lui fut reproché par les pharisiens, et ce qui détermina sa mort. 

Mais ce n’est pas tout de le dire, il fallait encore le prouver. 

Certes, Il avait accompli des miracles prodigieux, avec une autorité souveraine, et en son propre nom, comme aucun prophète ne l’avait jamais fait. Mais cela ne suffisait pas à prouver sa divinité. 

C’est pourquoi Il fit ce qu’aucun homme n’aurait jamais pu faire, ce que Dieu seul était capable d’accomplir : Il annonça sa propre résurrection, il annonça qu’Il se ressusciterait Lui-même : « Nul ne m’ôte la vie, mais J’ai le pouvoir de la déposer Moi-même, et aussi le pouvoir de la reprendre. » (Jn 10, 18) 

Et, Notre seigneur ne s’est pas contenté de prédire sa résurrection d’une manière générale. Il l’annonça très précisément pour le 3ème jour. Les Juifs s’en souvenaient bien, eux qui firent garder le sépulcre après la mise au tombeau, avec quelque inquiétude sans doute, car ils n’avaient pas pu oublier que Jésus n’avait jamais fait une prédiction qui ne se réalisât par la suite. 

Et cette résurrection, Il en avait parlé, non comme un simple espoir, mais avec la plus ferme assurance, comme une chose déjà acquise. N’avait-Il pas dit à ses apôtres : « Quand je serai ressuscité, je vous précèderai en Galilée. » 

Et le Christ est ressuscité. 

Sa résurrection est un fait historique, daté et localisé. Fait historique authentifié par une multitude de témoins dignes de foi. 

Que le tombeau ait été trouvé vide, nul ne le conteste, pas même les Juifs, qui essaient d’en falsifier l’interprétation. 

Que le Christ soit ensuite apparu, vivant d’une vie nouvelle, les témoignages sont encore innombrables. 

D’autre part, la lenteur et la difficulté à croire des disciples eux-mêmes est une garantie supplémentaire de la réalité de la résurrection. 

Voyez les pèlerins d’Emmaüs : ils n’attendaient pas la résurrection ; ils n’avaient rien compris aux prophéties Le concernant, et ils avaient déjà abandonné la cause du Christ comme une cause perdue. 

Et l’apôtre Thomas, Thomas l’incrédule ! N’est-il pas le type même de l’ensemble des disciples ? 

Notez encore, que Notre Seigneur n’apparaît pas à des hommes et des femmes exaltés, victimes d’une pathologie visionnaire, ou dans un état d’hallucination. Non, les disciples étaient tout au contraire des gens ayant les pieds sur terre, prudents et enclins au doute. 

Et ils ont témoigné que le Christ est vraiment ressuscité. 

Et ils ont fait de la résurrection la base inébranlable de leur enseignement, le fondement sûr de notre foi. 

« Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de Vie, (…) nous vous l’annonçons. » (1 Jn 1, 1)  Et les pleutres qui avaient laissé leur maître seul hier, le rénégat qui avait tremblé devant une servante du grand-prêtre, les voilà transformés jusqu’à embrasser joyeusement le martyre pour témoigner que Jésus qui était mort est ressuscité. 

Oui, croyons le fermement: le Christ est vraiment ressuscité comme Il l’avait annoncé.  Il est ressuscité, donc Il est vraiment Dieu. La résurrection est la preuve la plus éclatante de sa Divinité. Il est vraiment Dieu, donc tout ce qu’Il a dit est vrai. 

C’est pourquoi nous croyons. 

Nous croyons parce que Dieu a parlé et qu’Il ne peut ni se tromper ni nous tromper. C’est ce que nous récitons dans l’acte de foi.  La foi repose sur l’autorité infaillible de Dieu. 

Mais que croyons-nous? 

Puisque Dieu est infaillible, nous croyons tout ce qu’Il nous a révélé. Il n’y a pas de tri à faire. Si on choisit parmi les vérités révélées, c’est qu’on ne fait finalement pas confiance à Dieu qui a parlé, c’est qu’on estime qu’Il a pu se tromper ou nous tromper. 

Recevons l’enseignement de Jésus tel qu’Il nous le donne et que l’Eglise nous le transmet. C’est à elle que le Christ a confié l’interprétation authentique du dépôt révélé, Ecriture et Tradition. Elle ne peut pas errer quand elle interprète la Révélation.  Et, le Christ n’enseigne pas seulement une somme de vérités à croire. Sa doctrine est une doctrine de vie, qui commande une manière de vivre

On ne peut dissocier la foi et la morale, la foi et les oeuvres, la foi et la pratique. La foi sans les oeuvres est une foi morte. «Tu crois vraiment si tu pratiques ce que tu crois » disait un père de l’Eglise. 

Ne soyons donc pas seulement des auditeurs de la parole mais mettons-la en pratique. 

Souvenons-nous que Dieu ne demande rien d’impossible. Il connaît certes bien la faiblesse humaine, mais Il connaît aussi la Toute-Puissance Divine qui vient au secours de notre faiblesse. 

N’ayons pas peur! Ne faisons pas la sourde oreille! Penchons-nous un peu plus sur ce Dieu veut nous dire. Ecoutons-le attentivement. C’est pour nous qu’Il a parlé, pour notre bien. 

On voudrait ne dépendre que de soi, penser et vouloir pour soi, indépendamment de tous, parfois même de Dieu. Ecrasons ce fol orgueil et redevenons de petits enfants devant Dieu, de petits enfants de Dieu. 

« Comme des enfants nouveaux nés, désirons ardemment le pur lait spirituel » de la doctrine céleste; pensons en Dieu, comme Dieu, avec Dieu; entrons dans son Sein pour renaître de l’Esprit et confessons que Jésus est LAVérité. Alors nous serons vainqueurs du monde, comme nous le rappelait tout à l’heure l’épître de St Jean: « Quiconque est né de Dieu triomphe du monde. » « La victoire sur le monde, c’est notre foi. » 

Oui, ayons la foi, vivons de la foi. Ne soyons plus incrédules mais croyants; et nous goûterons la joie immense de ceux qui ont cru sans avoir vu, assurés que cette béatitude suffit à la vie présente. La première de l’Evangile, adressée à Marie disait: « Bienheureuse celle qui a cru. » La dernière, nous l’avons entendue aujourd’hui, s’adresse à Thomas: « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Sermon de Mr l’abbé de MONTJOIE,

Dimanche 30 mars 2008.

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