La spiritualité de la route [2]

II-  L’aventure au cœur de la Route.

La Route est aussi une aventure et ce qu’elle nous enseigne c’est que toute  vie est aventure, risque à braver et quel risque, puisque de notre orientation terrestre dépend une éternité. Une éternité de malheur ou de béatitude.
Une chute sans fin dans l’échec ou la joie sans fin de la vision béatifique.

Qu’est-ce que l’aventure ?

C’est ce qui doit advenir…ce qui doit arriver, ce qui pend sur nos têtes comme l’épée sur Damoclès, ce que nous ne connaissons pas, ce qui demeure dans le brouillard doux et terrible de l’avenir.

Et c’est bien cela qui nous enchante dans l’aventure : cet élément de peur, d’inquiétude, ce risque. Quelque chose de trouble, d’un peu louche et d’exaltant. L’homme a besoin d’avoir peur. Quand il ne trouve pas l’effroi dans sa vie, il le cherche dans des livres ou sur l’écran.

Il y a aussi un autre aspect de l’aventure : l’imprévu, l’inouï, l’insolite.

Spirituellement que vaut l’aventure ?
Aimer le risque pour le risque ne sert à rien. Mais aimer le risque des grandes actions pour l’élan qu’il imprime et de l’ivresse qu’il verse, c’est une forme de la prudence.
Le besoin d’imprévu est aussi une donnée de notre condition humaine, une conséquence de l’intelligence qui aspire à tout connaître.
On a le désir de l’action pleine, sans faille. C’est un cri vers l’éternité.

Mais il ne faut pas tomber dans l’extrême et dans les déviations de l’aventure, comme un amour exagéré du risque, l’amour du remue-ménage, du désordre ou de la hâte.
On ne doit pas faire de l’aventure une fin, à cause de la joie que l’on y trouve.

En tant que chrétien, nous devons dépouiller l’aventure, la réduire à son essentielle nudité.
L’aventure est d’abord intérieure. L’aventure la plus haute c’est la sainteté. L’itinéraire le plus ardu et le plus dangereux c’est l’itinéraire intérieure.

Laisser un commentaire