La spiritualité de la route [4]

4. La simplicité
Quand on étudie la simplicité, on comprend que c’est une notion complexe…ou plutôt une notion difficile à définir.
Le simple se définit difficilement justement parce qu’il est simple. On se demande s’il est possible de définir la simplicité autrement que par approximation ou par opposition. Est simple tout ce qui n’est pas double, multiple, complexe, compliqué, contourné,…

Evidemment, la Route est l’ennemie des complications ou des « manières ». Il ne s’agit pas de chercher midi à 14h ou de tourner autour du pot !

Nous essayons de voir les choses comme elles sont et de les prendre telles quelles.
Pour les vêtements, la nourriture et en général le confort, pauvreté et simplicité se rejoignent.
Mais il y a aussi une simplicité moins externe et plus délicate : celle de l’âme qui se confie, avec l’abandon d’un petit enfant, aux mains de Jésus Christ. Toutes les spiritualités, lorsqu’on les creuse jusqu’au bout, arrivent à cette simplicité conforme aux préceptes évangéliques.
« Soyez simples comme la colombe et prudents comme le serpent »….. « Si vous ne devenez semblables à ces petits, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux. »
La Route nous oriente vers un abandon à la Providence. Elle ne laisse pas le temps pour les introspections à la loupe ni pour les étalage de science théorique.

On apprend que la volonté humaine est à la fois puissante et misérable.
La Route nous met dans un état d’indifférence où tout heur et malheur nous paraît sortir de la main de Dieu pour notre progrès spirituel, donc utile et acceptable.

La Route nous invite aussi à une simplicité envers les autres, l’acceptation des autres tels qu’ils sont.
Prendre le temps comme il vient, les gens comme ils sont et Dieu comme Il veut, tel est le secret de la simplicité qu’enseigne la Route.
Et du même coup elle enseigne aussi la force.  La route des simples, c’est la route des forts.

5. La maitrise de soi
Si la route est aimable, joyeuse et fantaisiste, elle est aussi dure, austère et sévère.

La Route exige une surveillance continue de soi-même, une prédominance de la volonté sur l’instinct, une garde autour de nos tendances, une réduction de nos paresses, de  nos convoitises,  de nos lubies, de tout ce qui nous alourdit.

6. La pureté
Si l’on reprend le cliché de la ville tentaculaire, on peut aussi parler de la ville tentatrice.
L’air intoxique, le surmenage énerve et déprime, l’ambiance excite, l’exemple démoralise.
La pureté a toujours été un combat, mais dans nos grandes villes modernes, elle exige plus d’héroïsme que jamais.
La Route nous tire hors des villes, de leur atmosphère, de leurs vacarmes et de leur influence pour nous transporter dans la paix des campagnes.
Et là, l’amour ne nous apparaît plus comme la rencontre brutale de deux égoïsmes frénétiques, mais comme une insertion dans la fécondité de la nature, comme une coopération à l’œuvre créatrice.
La Route nous aménage une vie pleinement humaine, telle que Dieu la voulait pour l’homme. Une vie réglée par le cours du soleil. Une vie coupée de contemplation et d’action, coupée de travaux du corps et de l’esprit ce qui aboutit à l’équilibre.

Elle nous permet aussi de belles amitiés, fondées sur une estime réciproque, sur une communauté de goût et d’idéal, sur un sentiment de fraternité chrétienne.

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