Archive pour mai 2008

« Ne sois plus incrédule, mais croyant ! »

Lundi 5 mai 2008

« Ne sois plus incrédule, mais croyant ! » 

Ces paroles adressées à l’apôtre Thomas ne nous sont-elles pas destinées aujourd’hui ? Ne sommes-nous pas incrédules ? Notre foi est-elle forte et inébranlable ? Ne connaît-elle pas quelques fissures ? 

N’est-elle pas parfois hésitante ? 

Il est bon de revenir de temps en temps aux fondements de notre foi. 

Pourquoi croyons-nous ? Sur quoi repose notre foi ? 

Notre seigneur s’était présenté durant sa vie publique comme le fils de Dieu, comme Dieu Lui-même. C’est d’ailleurs ce qui lui fut reproché par les pharisiens, et ce qui détermina sa mort. 

Mais ce n’est pas tout de le dire, il fallait encore le prouver. 

Certes, Il avait accompli des miracles prodigieux, avec une autorité souveraine, et en son propre nom, comme aucun prophète ne l’avait jamais fait. Mais cela ne suffisait pas à prouver sa divinité. 

C’est pourquoi Il fit ce qu’aucun homme n’aurait jamais pu faire, ce que Dieu seul était capable d’accomplir : Il annonça sa propre résurrection, il annonça qu’Il se ressusciterait Lui-même : « Nul ne m’ôte la vie, mais J’ai le pouvoir de la déposer Moi-même, et aussi le pouvoir de la reprendre. » (Jn 10, 18) 

Et, Notre seigneur ne s’est pas contenté de prédire sa résurrection d’une manière générale. Il l’annonça très précisément pour le 3ème jour. Les Juifs s’en souvenaient bien, eux qui firent garder le sépulcre après la mise au tombeau, avec quelque inquiétude sans doute, car ils n’avaient pas pu oublier que Jésus n’avait jamais fait une prédiction qui ne se réalisât par la suite. 

Et cette résurrection, Il en avait parlé, non comme un simple espoir, mais avec la plus ferme assurance, comme une chose déjà acquise. N’avait-Il pas dit à ses apôtres : « Quand je serai ressuscité, je vous précèderai en Galilée. » 

Et le Christ est ressuscité. 

Sa résurrection est un fait historique, daté et localisé. Fait historique authentifié par une multitude de témoins dignes de foi. 

Que le tombeau ait été trouvé vide, nul ne le conteste, pas même les Juifs, qui essaient d’en falsifier l’interprétation. 

Que le Christ soit ensuite apparu, vivant d’une vie nouvelle, les témoignages sont encore innombrables. 

D’autre part, la lenteur et la difficulté à croire des disciples eux-mêmes est une garantie supplémentaire de la réalité de la résurrection. 

Voyez les pèlerins d’Emmaüs : ils n’attendaient pas la résurrection ; ils n’avaient rien compris aux prophéties Le concernant, et ils avaient déjà abandonné la cause du Christ comme une cause perdue. 

Et l’apôtre Thomas, Thomas l’incrédule ! N’est-il pas le type même de l’ensemble des disciples ? 

Notez encore, que Notre Seigneur n’apparaît pas à des hommes et des femmes exaltés, victimes d’une pathologie visionnaire, ou dans un état d’hallucination. Non, les disciples étaient tout au contraire des gens ayant les pieds sur terre, prudents et enclins au doute. 

Et ils ont témoigné que le Christ est vraiment ressuscité. 

Et ils ont fait de la résurrection la base inébranlable de leur enseignement, le fondement sûr de notre foi. 

« Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de Vie, (…) nous vous l’annonçons. » (1 Jn 1, 1)  Et les pleutres qui avaient laissé leur maître seul hier, le rénégat qui avait tremblé devant une servante du grand-prêtre, les voilà transformés jusqu’à embrasser joyeusement le martyre pour témoigner que Jésus qui était mort est ressuscité. 

Oui, croyons le fermement: le Christ est vraiment ressuscité comme Il l’avait annoncé.  Il est ressuscité, donc Il est vraiment Dieu. La résurrection est la preuve la plus éclatante de sa Divinité. Il est vraiment Dieu, donc tout ce qu’Il a dit est vrai. 

C’est pourquoi nous croyons. 

Nous croyons parce que Dieu a parlé et qu’Il ne peut ni se tromper ni nous tromper. C’est ce que nous récitons dans l’acte de foi.  La foi repose sur l’autorité infaillible de Dieu. 

Mais que croyons-nous? 

Puisque Dieu est infaillible, nous croyons tout ce qu’Il nous a révélé. Il n’y a pas de tri à faire. Si on choisit parmi les vérités révélées, c’est qu’on ne fait finalement pas confiance à Dieu qui a parlé, c’est qu’on estime qu’Il a pu se tromper ou nous tromper. 

Recevons l’enseignement de Jésus tel qu’Il nous le donne et que l’Eglise nous le transmet. C’est à elle que le Christ a confié l’interprétation authentique du dépôt révélé, Ecriture et Tradition. Elle ne peut pas errer quand elle interprète la Révélation.  Et, le Christ n’enseigne pas seulement une somme de vérités à croire. Sa doctrine est une doctrine de vie, qui commande une manière de vivre

On ne peut dissocier la foi et la morale, la foi et les oeuvres, la foi et la pratique. La foi sans les oeuvres est une foi morte. «Tu crois vraiment si tu pratiques ce que tu crois » disait un père de l’Eglise. 

Ne soyons donc pas seulement des auditeurs de la parole mais mettons-la en pratique. 

Souvenons-nous que Dieu ne demande rien d’impossible. Il connaît certes bien la faiblesse humaine, mais Il connaît aussi la Toute-Puissance Divine qui vient au secours de notre faiblesse. 

N’ayons pas peur! Ne faisons pas la sourde oreille! Penchons-nous un peu plus sur ce Dieu veut nous dire. Ecoutons-le attentivement. C’est pour nous qu’Il a parlé, pour notre bien. 

On voudrait ne dépendre que de soi, penser et vouloir pour soi, indépendamment de tous, parfois même de Dieu. Ecrasons ce fol orgueil et redevenons de petits enfants devant Dieu, de petits enfants de Dieu. 

« Comme des enfants nouveaux nés, désirons ardemment le pur lait spirituel » de la doctrine céleste; pensons en Dieu, comme Dieu, avec Dieu; entrons dans son Sein pour renaître de l’Esprit et confessons que Jésus est LAVérité. Alors nous serons vainqueurs du monde, comme nous le rappelait tout à l’heure l’épître de St Jean: « Quiconque est né de Dieu triomphe du monde. » « La victoire sur le monde, c’est notre foi. » 

Oui, ayons la foi, vivons de la foi. Ne soyons plus incrédules mais croyants; et nous goûterons la joie immense de ceux qui ont cru sans avoir vu, assurés que cette béatitude suffit à la vie présente. La première de l’Evangile, adressée à Marie disait: « Bienheureuse celle qui a cru. » La dernière, nous l’avons entendue aujourd’hui, s’adresse à Thomas: « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Sermon de Mr l’abbé de MONTJOIE,

Dimanche 30 mars 2008.

Chevaliers saluons les couleurs

Samedi 3 mai 2008

Lever des couleurs

 

Chevaliers saluons les couleurs,
Sonne, sonne éclaireur,
Sonne les honneurs ;
Sonne les bien,
Sonne les de tout cœur,
Sonne, sonne éclaireur,
Sonne les honneurs.
  
 
Pour nous c’est fête quand sur nos têtes
Notre drapeau flotte bien haut;
Quand viendra l’ombre et la nuit sombre
Ses plis sacrés seront repliés.

Intention de prière

Vendredi 2 mai 2008

Intention de prière générale du Saint Père pour le mois de mai:

« Pour que les chrétiens valorisent d’avantage la littérature, l’art et les médiats, afin de favoriser une culture des valeurs humaines ».

Sur la doctrine sociale de l’Église

Jeudi 1 mai 2008

On désigne par ce terme l’ensemble des textes de l’Église catholique qui décrivent la position de l’Église en matière sociale. On considère que le texte fondateur est l’encyclique Rerum Novarum (Des choses nouvelles) du pape Léon XIII en 1891.
 

I-Les principes élaborés par la doctrine sociale de l’Eglise.

Celle ci s’appuie sur 10 Principes fondamentaux (CF Compendium de la doctrine sociale de l’église)

1) La dignité de la personne humaine
« L’homme est la seule créature voulue pour elle-même » (Jean-Paul II)

2) Le respect de la vie Humaine
« Aussi l’ordre social et son progrès doivent-ils toujours tourner au bien des personnes, puisque l’ordre des choses doit être subordonné à l’ordre des personnes et non l’inverse ». Le respect de la dignité humaine ne peut en aucune façon ne pas tenir compte de ce principe: il faut « que chacun considère son prochain, sans aucune exception, comme “un autre lui-même”, [qu'il] tienne compte avant tout de son existence et des moyens qui lui sont nécessaires pour vivre dignement ». Il faut que tous les programmes sociaux, scientifiques et culturels, soient guidés par la conscience de la primauté de chaque être humain. (Compendium de la Doctrine sociale de l’Église N° 132)

3) Le principe d’association

4) Le principe de participation

5) Le principe de l’option préférentielle pour les pauvres et les personnes vulnérables
 L’option préférentielle pour les pauvres est un principe élaboré dans la doctrine sociale de l’Eglise. La tradition chrétienne le rapproche constamment des principes de charité et justice: « Quand nous donnons aux pauvres les choses indispensables, nous ne faisons pas pour eux des dons personnels, mais nous leur rendons ce qui est à eux. Plus qu’accomplir un acte de charité, nous accomplissons un devoir de justice » (Saint Grégoire le Grand, Regula pastoralis).
L’encyclique Centesimus annus développe ce principe au N° 57.Le Compendium de la Doctrine sociale de l’Église résume ce principe aux N° 182 à 184.

6) Le principe de solidarité
La solidarité est une « vertu humaine et chrétienne » (encyclique Sollicitudo Rei Socialis, n°41-42). Voir aussi : Matth. 25, 31-46 : chacun sera jugé selon la manière dont il a vécu cette solidarité entre les hommes.

7) Le principe de gérance

8 ) Le principe de subsidiarité
Ce principe signifie qu’il est « impossible de promouvoir la dignité de la personne si ce n’est en prenant soin de la famille, des groupes, des associations, des réalités territoriales locales, bref de toutes les expressions associatives de type économique, social, culturel, sportif, récréatif, professionnel, politique, auxquelles les personnes donnent spontanément vie et qui rendent possible leur croissance sociale effective.»(Catéchisme de l’Église Catholique, 1882)
Parmi ses différentes implications, ce principe «impose à l’État de s’abstenir de tout ce qui restreindrait, de fait, l’espace vital des cellules mineures et essentielles de la société. Leur initiative, leur liberté et leur responsabilité ne doivent pas être supplantées.»
«À l’application du principe de subsidiarité correspondent: le respect et la promotion effective de la primauté de la personne et de la famille; la mise en valeur des associations et des organisations intermédiaires, dans leurs choix fondamentaux et dans tous ceux qui ne peuvent pas être délégués ou assumés par d’autres.»
Dans certaines « situations où il est nécessaire que l’État stimule l’économie, à cause de l’impossibilité pour la société civile d’assumer cette initiative de façon autonome; que l’on pense aussi aux réalités de grave déséquilibre et d’injustice sociale où seule l’intervention publique peut créer des conditions de plus grande égalité, de justice et de paix. À la lumière du principe de subsidiarité, cependant, cette suppléance institutionnelle ne doit pas se prolonger ni s’étendre au- delà du strict nécessaire, à partir du moment où elle ne trouve sa justification que dans le caractère d’exception de la situation.» (Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise, N. 185-188).

9) Le principe de l’égalité humaine

10) Le principe du bien commun
Le bien commun est l’ »ensemble des conditions sociales qui permettent et favorisent dans les être humains le développement intégral de la personne » (Jean XXIII). Voir aussi l’encyclique Pacem in Terris (n°53).

Le principe de la destination universelle des biens
Dans la tradition chrétienne, la première origine de tout bien est l’acte de Dieu lui-même qui a créé la terre et l’homme, et qui a donné la terre à l’homme pour qu’il la maîtrise par son travail et jouisse de ses fruits. Dieu a donné la terre à tout le genre humain pour qu’elle fasse vivre tous ses membres, sans exclure ni privilégier personne. C’est l’origine de la destination universelle des biens de la terre.
Le principe de la destination universelle des biens appelle une économie inspirée des valeurs morales qui ne perde jamais de vue ni l’origine, ni la finalité de ces biens, de façon à réaliser un monde juste et solidaire, où la formation de la richesse puisse revêtir une fonction positive. (Compendium de la Doctrine sociale de l’Église N° 171-174).
Destination universelle des biens et propriété privée
Parce que la propriété privée « assure à chacun une zone indispensable d’autonomie personnelle et familiale; il faut la regarder comme un prolongement de la liberté humaine. Enfin, en stimulant l’exercice de la responsabilité, ils constituent l’une des conditions des libertés civiles ». La doctrine sociale exige que la propriété des biens soit équitablement accessible à tous (Encyclique Centesimus annus, 6: 800-801).
La tradition chrétienne n’a jamais reconnu le droit à la propriété privée comme absolu ni intouchable: « Au contraire, elle l’a toujours entendu dans le contexte plus vaste du droit commun de tous à utiliser les biens de la création entière: le droit à la propriété privée est subordonné à celui de l’usage commun, à la destination universelle des biens » (encyclique Laboratorem exercens,). L’église considère que ce principe ne s’oppose pas au droit de propriété, mais indique la nécessité de le réglementer.

II-Les préoccupations sociales de l’Église

Dès les premiers temps du christianisme, l’amour du prochain a été considéré comme l’un des principaux messages de l’évangile et de la Bible. C’est ainsi que la charité est considérée comme l’une des trois vertus théologales (voir à ce propos l’encyclique Deus Caritas est).
Un des plus grands représentants de l’action sociale chrétienne est sans doute saint Vincent de Paul : après avoir aidé dès son plus jeune âge les plus démunis, il fonda les Lazaristes en 1625, puis l’ordre des Filles de la Charité en 1634.

1) Origines du renouveau de la pensée sociale contemporaine
La pensée moderne de l’Église trouve son origine dans la période de grands changements économiques et sociaux qui a accompagné la Révolution industrielle. Le bouleversement des méthodes de production, la disparition des trois ordres de l’Ancien Régime et l’émergence de nouvelles classes sociales (bourgeoisie, ouvriers) avec l’opposition capital / travail, ont fait prendre conscience d’un fossé grandissant entre les ouvriers et les classes dirigeantes.
L’un des premiers à avoir pris conscience des injustices sociales fut aussi Frédéric Ozanam, qui vécut de près la révolte des Canuts à Lyon en 1831. Après une altercation avec un saint-simonien, il abandonna les études d’Histoire et fonda avec quelques amis la Société saint Vincent de Paul, encore très active aujourd’hui.
En Allemagne, ce fut l’évêque de Mayence, Monseigneur Ketteler, qui fut le principal initiateur du renouveau social de l’Église dans ce pays.
C’est précisément les œuvres de Mgr Ketteler qui permirent à Albert de Mun de découvrir cette pensée sociale, lors de sa captivité en Allemagne. Il fonda les cercles catholiques ouvriers (1871), fut l’inspirateur de la plupart des textes de loi sociaux de la IIIe République, et participa à l’élaboration de l’encyclique Rerum Novarum du pape Léon XIII (1891).

2) Les textes de la doctrine sociale
La doctrine sociale de l’Église comporte, outre l’encyclique Rerum Novarum (1891), un ensemble de textes, en particulier les mises à jour de Rerum novarum qui ont eu lieu à plusieurs anniversaires décennaux, ainsi que d’autres textes de l’Église :
• Deus caritas est, Benoît XVI (2006)
• Pour une meilleure répartition de la Terre, Conseil Pontifical Justice et Paix (1997),
• Centesimus annus, Jean-Paul II (1er mai 1991),
• Sollicitudo rei socialis, Jean-Paul II (1987),
• Instruction sur la liberté chrétienne et la libération, Congrégation pour la doctrine de la foi (1986).
• Laborem exercens, Jean-Paul II (14 septembre 1981),
• Redemptor hominis (L’homme, le premier chemin de l’Église), Jean-Paul II (1979)
• Populorum progressio, Paul VI (1967),
• Gaudium et spes, concile Vatican II (1965),
• Pacem in Terris, Jean XXIII (1963),
• Mater et magistra, Jean XXIII (1961),
• Radiomessage pour le 50e anniversaire de Rerum novarum, Pie XI (1941).
• Quadragesimo anno, Pie XI (15 mai 1931),
• Graves de communi, Léon XIII (18 janvier 1901),
• Rerum novarum, Léon XIII (15 mai 1891).

3) L’engagement social de l’Église
La pensée sociale de l’Église a compté pour beaucoup dans la création de nombreux mouvements d’action sociale et œuvres chrétiennes, parmi lesquels on peut citer :
• le Secours catholique (Caritas),
• le Ceras, Centre de recherche et d’action sociales de la province de France des Jésuites, créé en 1903 sous le nom d’Action Populaire
• le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD),
• la Société saint Vincent de Paul.

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