Femmes pour L’aimer [15]

Bienheureuse mère Teresa (1910 – 1997)

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bnx M teresa« Quand je touche les membres puants des lépreux, je sais que je touche le corps du Christ, tout comme je le reçois dans la communion sous l’apparence du pain. »

La jeune Gonxha Bojaxhiu est née le 26 Aout 1910 en Macédoine alors sous domination ottomane élevée dans une famille catholique fervente. A 18 ans elle souhaite devenir missionnaire et s’adresse donc aux religieuses de Notre Dame de Lorette dont la maison mère se trouve en Irlande à Dublin. Le régime de vie y est austère la discipline stricte. Pour se préparer à la vie missionnaire, elle suit un court d’Anglais intensif. En décembre 1928 elle part pour l’Inde à Darjiling. Les religieuses de Lorette y ont une mission et Gonxha y est admise comme postulante puis novice. Elle consacre son temps à la prière, à la vie en communauté, à l’apprentissage de l’enseignement et aussi à la rencontre des plus pauvres, dans un petit centre médical. Elle termine cet apprentissage à Calcutta ou elle doit obtenir ces diplômes. Elle s’appelle désormais Sœur Theresa, elle s’occupe de 52 enfants pauvre qui deviennent bientôt 300. Cette itinéraire exigent un grand dont de sois convient à Sœur Theresa. Elle y ajoute la visite à des familles pauvres des bidonvilles voisins les Slums de Calcutta.

Sa mère, à qui elle écrit régulièrement, lui rappelle une première obligation, celle à laquelle sa famille est restée toujours fidèle : partager. « Ne mange jamais une bouchée qui ne soit partagée. Ma chère enfant, n’oublie pas que si tu es partie pour un pays si lointain, c’est pour les pauvres. »

En septembre 1946 lors de son voyage annuel de Calcutta à Darjiling pour la retraite spirituelle de la congrégation elle perçoit soudain une nouvelle exigence : « Tandis que je priais à l’intime de moi-même et en silence, j’ai perçu très nettement un appel dans l’appel. Le message était très clair : Je devais quitter le couvent de Lorette pour me consacrer au service des pauvres, en vivant au milieu d’eux. C’était un ordre. Je percevais très clairement d’où venait cet appel. Ce que je voyais moins bien c’était la manière d’y répondre. J’ai sentie intensément que Jésus voulait que je le serve dans les pauvres, dans les abandonnés, les habitants des Slums, les marginaux, ceux qui n’ont aucun refuge. Jésus m’invitait à la servir et à le suivre dans une pauvreté réelle, en embrassant un genre de vie qui m’assimile aux nécessiteux dans lesquels il est présent, dans lesquels il souffre, dans lesquels il vie. »

En 1947, Calcutta est touché de plein fouet par la reconnaissance de l’indépendance de l’Inde : la partition du territoire Indien entre Hindous et Musulmans, et la création du Pakistan oriental (le futur Bangladesh) provoquent l’afflux de million de réfugiés qui fuient le nouvel état musulman. Dans le drame de ces années, la misère est partout le manque d’hygiène est absolu et les épidémies sont redoutable. N’avoir que les trottoirs pour maison est le lot de familles entières qui doivent trouver dans les ordures leurs nourritures.

En quittant les sœurs de Lorette, Sœur Theresa renonce, non seulement à la sécurité matérielle et à une famille spirituelle au sein de laquelle elle est heureuse, mais aussi à un apostolat qu’elle aime et qu’elle considère comme un apostolat authentique. Sa mission semble impossible si l’on considère la complexité et la multiplicité des causes de la pauvreté dans les pays pour lesquels la communauté internationale commence à utiliser le terme de tiers monde.

Consciente de ces défis, sœur Teresa passe la première journée de sa nouvelle existence à marcher, dès le matin, dans les rues de Calcutta, côtoyant les balayeurs et tous ceux qui ont dormi sur les trottoirs.

Peu à peu, elle se familiarise avec l’organisation de la vie dans les rues et  les taudis de Calcutta. Elle comprend que, pour les pauvres, un des moments de plus grande et d’absolue solitude est celui de la mort.

Quelle étrange priorité de vouloir donner un toit aux moribonds dans une ville où tant d’émigrés ne cessent d’arriver. Celle qu’on appelle désormais Mère Teresa n’a pas d’autre ambition que de prendre soin de Jésus, quelle que soit la forme humaine sous laquelle il se présente.

En 1952, elle inaugure la maison pour les mourants abandonnés, appelée Nirmal Hriday en bengali, c’est-à-dire Maison du cœur pur.

Dans la maison, ses mains généreuses  font merveilles pour laver les plaies nauséabondes, passer un vêtement propre, donner patiemment à manger, garder les mains du mourant dans les siennes aussi longtemps qu’il le faut pour le rassurer, le plus souvent sans parler, mais toujours avec le sourire.

La religion de chacun est respectée. Prier avec la personne se fait naturellement ; lorsqu’un hindou souhaite être aspergé avec de l’eau du Gange, il est immédiatement exaucé.

Au cours de ces visites de la ville, Mère Teresa a la douloureuse surprise de trouver, déposé dans une poubelle, le corps minuscule d’un nouveau né abandonné. Elle fonde alors une autre maison, le Nirmala shishu bhavan, le foyer de l’enfant abandonné.
Dans le monde entier, Mère Teresa défendra le droit de l’enfant à naître.

Tous ceux qui arrivent au foyer apprennent à vivre, à jouer et à rire. La propreté est un souci constant de Mère Teresa : elle les lave avec les gestes d’une maman. Bon nombre d’enfants sont adoptés par des familles indiennes ou européennes. Là encore, ce qui semblait impossible se réalise : des familles de haute caste acceptent d’adopter des enfants socialement intouchables, alors même que la législation en Inde crée pour l’enfant adopté une parenté en tout point égale à celle de l’enfant légitime.

Sans qu’elle le cherche, dès 1949, des jeunes femmes, le plus souvent ses anciennes élèves, viennent la rejoindre. Quitter leurs saris chatoyants et tissés de fils d’or contre un de coton, tout simple, est un premier dépouillement. Pour celles de haute caste qui se mettent au service des sans caste, il s’agit de bien autre chose ; Mère Teresa n’hésite pas à employer le mot de révolution, la plus difficile à mener à bien, «  la révolution de l’amour ». Et elles acceptent. Il faut donc un nom et une règle à cette nouvelle communauté. En ce nommant les Missionnaire de la Charité, elles expriment tout l’idéal qui avait donné à Mère Teresa la force de quitter son pays et sa famille et qu’elle possède en plénitude : la mission auprès des pauvres. Leur vie est ainsi orientée : « En faisant des vœux évangéliques, notre projet est d’apaiser l’immense soif d’amour de Jésus Christ par notre consécration gratuite au service des plus pauvre parmi les pauvres, selon l’exemple et l’enseignement de Notre Seigneur, et d’annoncer ainsi de façon  particulière le royaume de Dieu. »
La règle est acceptée à Rome en Octobre 1950.

Mère Teresa déborde d’activités : outre la maison où elle recueille les moribonds et celle consacrée aux bébés, elle en trouve une autre assez vaste pour y installer la maison mère de la congrégation. Et, dans la même rue, elle ouvre un lieu d’accueil pour les lépreux.

De nombreux évêques indiens lui demande son concours pour agir de même dans leurs diocèses. Ce sera Ranchi, Delhi, Jansi, Agra, Asansol, Ambalâ, Bombay, Patna. A partir de 1965 alors que les sœurs sont déjà 300 Mère Teresa est autorisée par Rome à fonder des communautés hors de l’Inde.

« Ce qui est important pour nous, c’est l’individu. Pour aimer une personne, il faut venir tout près d’elle. Je crois en la relation de personne à personne : chaque personne est pour moi le Christ, et comme Jésus est unique, cet personne est alors pour moi unique au monde. Je ne soigne pas des foules, je ne commencerais jamais. »

« Nous ne sommes pas des assistantes sociales. Nous voulons apporter au gens la joie et l’amour divin, Dieu lui-même qui les aiment à travers nous. Ainsi nous aimerons Dieu en le servant à travers eux. Il y a beaucoup d’organismes à s’occuper des malades. Nous ne sommes pas l’un d’eux. Nous ne sommes pas une simple aide sociale. Nous devons être plus, donner plus, nous donner nous même et, à travers notre service, donner l’amour de Dieu. »

« Ne vous bornez à donner des soins ; donnez aussi votre cœur. Le travail pour le travail, tel est le danger qui toujours nous menace. »

Elle est comblée par ce qu’elle reçoit des pauvres ; un sourire d’eux est le sourire de son Bien Aimé ; les yeux brillants de joie des enfants sont, pour elle, des diamants. Jusqu’à sa mort, à 89 ans Mère Teresa poursuit sa mission impossible sans changer ni sa manière d’être ni sa manière de faire. Elle est certaine que la pauvreté, celle vécue par Jésus partageant la condition humaine, est l’assurance de son indépendance. Libre pour aimer de tout cœur, libre pour aimer Jésus.

Une réponse à “Femmes pour L’aimer [15]”

  1. Klein Gerard dit :

    Bonjour,

    Je voudrais aider financièrement la fondation de la
    soeur Théresa. Comment faire?

    De plus j’aimerais etre sur que cette aide arrive vraiment à bonne destination.

    Meilleurs salutations.

    Mr Klein Gérard

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