Veillée à Randwick – JMJ 2008

     Comme chaque dimanche, je vous propose un texte de Benoît XVI, adressé plus particulièrement aux jeunes, puisqu’il s’agit de l’homélie de la veillée de Randwick.

Bonne lecture !

Homélie de Benoît XVI pour la veillée à Randwick.

Chers jeunes,
Une fois de plus ce soir, nous avons entendu la grande promesse du Christ – « vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous ». Et nous avons entendu son appel – « soyez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre » – (Actes 1,8). Ce sont les tout derniers mots de Jésus avant son Ascension au ciel. Nous ne pouvons qu’imaginer ce que ressentirent alors les disciples en les entendant. Mais nous savons que leur grand amour pour Jésus et leur confiance dans ses paroles les inspirèrent à se réunir et à attendre ; à attendre non pas sans raison, mais ensemble, unis dans la prière, dans la chambre haute, avec les femmes et Marie (cf. Actes 1,14). Ce soir, nous faisons de même. Rassemblés devant la Croix qui a parcouru le monde et l’icône de Marie, et sous la magnifique constellation de la Croix du Sud, nous prions. Ce soir, je prie pour vous et les jeunes du monde entier. Soyez inspirés par l’exemple de vos Patrons ! Acceptez dans le cœur et l’esprit les sept dons de l’Esprit Saint ! Reconnaissez et croyez en la force de l’Esprit dans votre vie !

Jeudi, nous évoquions l’unité et l’harmonie de la création de Dieu et notre place au sein de cette création. Nous rappelions comment, dans le don du baptême, nous, qui sommes faits à l’image et à la ressemblance de Dieu, sommes renés à la vie, que nous sommes devenus les enfants adoptifs de Dieu, une nouvelle création. C’est donc en enfants de la lumière du Christ, symbolisée par la flamme des bougies que vous tenez, que nous témoignons dans notre monde du rayonnement que les ténèbres ne peuvent vaincre (cf. Jn 1:5).

Ce soir, nous tournons notre attention sur comment devenir des témoins. Nous devons pour cela comprendre la personne de l’Esprit Saint et sa présence vivifiante dans notre vie. Ce n’est pas quelque chose de facile à saisir. En effet, la variété des images utilisées dans les Écritures pour faire référence à l’Esprit – vent, feu, souffle – indique notre difficulté à en formuler un entendement. Cependant, nous savons que c’est l’Esprit Saint qui, bien que silencieux et invisible, donne la direction et la définition de notre témoignage de Jésus Christ.

Vous êtes déjà bien conscients du fait que notre témoignage chrétien est offert à un monde fragile sous bien des aspects. L’unité de la création de Dieu est affaiblie par des blessures qui sont particulièrement profondes lorsque les rapports sociaux se disjoignent ou que l’esprit humain est écrasé dans l’exploitation et l’abus de la personne. La société d’aujourd’hui subit un processus de fragmentation à cause d’un mode de pensée qui, par essence, ne voit pas loin parce qu’il ne tient pas compte de l’horizon entier de la vérité, la vérité sur Dieu et sur nous. Par nature, le relativisme ne parvient pas à voir tout le tableau. Il ignore les principes même qui nous permettent de vivre et de croître dans l’unité, l’ordre et l’harmonie.

Quelle est notre réponse, en tant que témoins chrétiens, à un monde divisé et fragmenté ? Comment peut-on offrir l’espérance de la paix, de la guérison et de l’harmonie à ces “stations” de conflit, de souffrance et de tension que vous avez décidé de traverser avec cette Croix des Journées Mondiales de la Jeunesse ? L’unité et la réconciliation ne peuvent pas être obtenues par nos seuls efforts. Dieu nous a faits l’un pour l’autre (cf. Ge 2,24) et c’est seulement en Dieu et dans son Église que nous pouvons trouver l’unité que nous cherchons. Pourtant, face aux imperfections et aux déceptions, à la fois personnelles et institutionnelles, nous sommes parfois tentés de construire artificiellement une communauté « parfaite ». Cette tentation n’est pas nouvelle. L’histoire de l’Église offre de nombreux exemples de tentatives pour contourner ou outrepasser les faiblesses ou échecs humains afin de créer une unité parfaite, une utopie spirituelle.

En réalité de telles tentatives de construire l’unité l’infirment. Séparer l’Esprit Saint du Christ présent dans la structure institutionnelle de l’Église compromettrait l’unité de la communauté chrétienne, qui est précisément le don de l’Esprit ! Cela trahirait la nature de l’Église comme temple vivant du Saint Esprit (cf. 1 Co 3,16). C’est l’Esprit en réalité qui guide l’Église sur la voie de la pleine vérité et qui l’unifie dans la communion et les œuvres du ministère (cf. Lumen Gentium, 4). Malheureusement, la tentation de « faire cavalier seul » persiste. Certaines personnes aujourd’hui parlent de leur communauté locale comme quelque peu séparée de la soi-disant Église institutionnelle, décrivant la première comme flexible et ouverte à l’Esprit et de la dernière comme rigide et privée de l’Esprit.

L’unité appartient à l’essence de l’Église (cf. Catéchisme de l’Église catholique, 813); c’est un don que nous devons reconnaître et chérir. Prions ce soir pour la décision de cultiver l’unité : contribuez-y ! Résistez à toute tentation de vous en éloigner ! Car c’est précisément l’ampleur, la vaste vision de notre foi – à la fois solide et ouverte, cohérente et dynamique, vraie et toutefois toujours porteuse d’une connaissance plus approfondie – que nous pouvons offrir à notre monde. Chers jeunes, n’est-ce pas à cause de votre foi que vos amis en difficulté ou cherchant un sens à leur vie s’adressent à vous ? Soyez vigilants ! Écoutez ! Dans les dissonances et les divisions de notre monde, pouvez-vous entendre la voix concordante de l’humanité ? De l’enfant abandonné du Darfour, de l’adolescent délinquant, du parent anxieux, voire du plus profond de votre cœur, émerge le même cri humain qui aspire à la reconnaissance, à l’appartenance, à l’unité. Qui comble le désir humain fondamental d’être un, d’être immergé dans la communion, d’être édifié, d’être conduit à la vérité ? L’Esprit Saint ! C’est le rôle de l’Esprit : apporter l’accomplissement à l’action du Christ. Riches des dons de l’Esprit, vous aurez la force d’aller au-delà du partiel, de l’utopie vide, du fugace, pour offrir la cohérence et la certitude du témoignage chrétien !

Mes amis, lorsque nous récitons le Crédo, nous affirmons : « Nous croyons en l’Esprit Saint, le Seigneur qui donne la vie ». L’ « Esprit créateur » est la force de Dieu qui donne la vie à toute la création et la source d’une vie nouvelle en abondance dans le Christ. L’Esprit maintient l’Église unie au Seigneur et fidèle à la tradition apostolique. Il inspira les Saintes Écritures et il guide le peuple de Dieu à la plénitude de la vérité (cf. Jn 16,13). Dans tous ces cas, l’Esprit est celui « qui donne la vie », qui nous conduit au cœur même de Dieu. Par conséquent, plus nous laissons l’Esprit nous diriger, plus parfaite sera notre configuration au Christ et plus profonde notre immersion dans la vie du Dieu trinitaire.
Cette participation à la nature même de Dieu (cf. 2 P 1,4) survient dans le quotidien de notre vie, dans laquelle il est toujours présent (cf. Ba 3,38). Il y a des moments, cependant, où nous pouvons être tentés de chercher une certaine satisfaction en dehors de Dieu. Jésus lui-même demanda aux Douze : « Voulez-vous partir vous aussi ? ». Un tel écart offre peut-être l’illusion de la liberté. Mais où cela mène-t-il ? À qui aurions-nous ? Car nous savons au fond de notre cœur que seul le Seigneur a « les paroles de la vie éternelle » (Jn 6,67-68). Se détourner de lui n’est qu’une tentative futile pour échapper à nous-mêmes (cf. Saint Augustin, Confessions VIII, 7). Dieu est avec nous dans la réalité de la vie et non pas dans le fantasme ! Affronter la réalité et non la fuir, c’est cela que nous recherchons ! Ainsi l’Esprit Saint, doucement mais sûrement, nous réoriente vers ce qui est réel, ce qui dure, ce qui est vrai. C’est l’Esprit qui nous ramène dans la communion de la Sainte Trinité !

Le Saint Esprit est sous plusieurs aspects la Personne délaissée de la Sainte Trinité. Une claire compréhension de l’Esprit semble presque hors de notre portée. Lorsque j’étais un petit garçon, mes parents, comme les vôtres, m’ont enseigné le Signe de Croix. J’ai donc vite fini par réaliser qu’il y a une Dieu unique en trois Personnes et que la Trinité est au cœur de la foi et de la vie chrétienne. En grandissant et approfondissant ma connaissance de Dieu le Père et le Fils – dont les noms signifiaient déjà beaucoup – ma connaissance de la troisième personne de la Trinité restait incomplète. Par conséquent, comme jeune prêtre enseignant la théologie, j’ai décidé d’étudier les témoins remarquables de l’Esprit dans l’histoire de l’Église. C’est sur ce chemin que je me suis retrouvé à lire entre autres le grand St Augustin.

Sa compréhension de l’Esprit Saint se développa progressivement ; ce fut un combat. Jeune homme, il avait été un disciple du manichéisme, l’une des tentatives mentionnées précédemment de créer une utopie spirituelle en séparant de manière radicale les choses de l’esprit et celles de la chair. C’est pour cette raison qu’il se méfia au début de l’enseignement chrétien sur l’incarnation de Dieu. Pourtant, son expérience de l’amour de Dieu présent dans l’Église l’amena à faire des recherches sur la source de l’amour dans la vie du Dieu trinitaire. Ceci l’amena à trois conclusions sur l’Esprit Saint comme le véhicule de l’unité au sein de la Sainte Trinité : unité comme communion, unité comme amour durable, et unité comme action de donner et don. Ces trois points ne sont pas seulement théoriques. Ils contribuent à expliquer comme agit l’Esprit. Dans un monde où les individus comme les communautés souffrent souvent d’une absence d’unité ou de cohésion, ces points nous aident à rester à l’écoute de l’Esprit et à élargir et clarifier la portée de notre témoignage.

Donc, avec l’aide d’Augustin, cherchons à illustrer l’action du Saint-Esprit. Il remarqua que les deux mots « Saint » et « Esprit » renvoient à ce qui appartient à la nature divine, en d’autres termes ce qui est partagé par le Père et le Fils – leur communion. Par conséquent, si la caractéristique propre à l’Esprit Saint est d’être ce qui est partagé entre le Père et le Fils, Augustin en conclut que la qualité particulière de l’Esprit Saint est l’unité. C’est l’unité d’une communion vécue : une unité de personnes dans une relation de don permanent, le Père et le Fils se donnant l’un à l’autre. Nous commençons à apercevoir, je pense, combien est éclairante la compréhension de l’Esprit Saint comme unité, comme communion. La vraie unité ne pourrait jamais être fondée sur des relations niant l’égale dignité des autres personnes. L’unité n’est pas non plus la somme des groupes par lesquels nous sommes parfois tentés de nous définir. En réalité, c’est seulement dans la vie de communion que l’unité se maintient et que l’identité humaine se réalise pleinement : nous reconnaissons le besoin commun de Dieu, nous répondons à la présence unificatrice du Saint Esprit, et nous nous donnons l’un à l’autre dans le service.

Le deuxième point d’Augustin – c’est-à dire l’Esprit Saint comme amour perpétuel –vient de son étude de la première lettre de Saint Jean. Jean mous dit que « Dieu est amour » (1 Jn 4,16). Augustin suggère que, si ces mots renvoient à la Trinité comme un tout, ils expriment toutefois une caractéristique particulière du Saint-Esprit. En réfléchissant sur la nature durable de l’amour – « Celui qui demeure dans l’Amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui. » (ibid.) – il se demanda : est-ce l’Amour ou l’Esprit Saint qui garantit le don durable ? Et voici la conclusion à laquelle il parvint : « Ainsi l’Esprit Saint, que Dieu nous a donné, fait que nous demeurons en Dieu et Dieu en nous. Or c’est là l’effet de l’Amour. » (De Trinitate, 15.17.31). C’est une belle explication : Dieu se partage comme amour dans l’Esprit Saint. Quoi d’autre pouvons-nous savoir sur la base de cette conclusion ? L’amour est le signe de la présence de l’Esprit Saint ! Les idées ou les voix qui manquent d’amour – même si elles paraissent sophistiquées ou savantes – ne peuvent pas être « de l’Esprit ». En outre, l’Amour a un trait particulier : loin d’être indulgent ou inconstant, il a une tâche ou un but à accomplir : demeurer. Par sa nature, l’Amour ne passe pas. Encore une fois, chers amis, nous avons un autre aperçu sur combien l’Esprit Saint donne à notre monde : l’amour qui chasse le doute ; l’amour qui vainc la peur de la trahison ; l’amour qui porte l’éternité en lui ; la vérité qui nous attire dans une unité qui dure.

Le troisième point – le Saint Esprit comme don – Augustin la tire d’une méditation d’un passage de l’Évangile que nous connaissons tous et aimons : la conversation de Jésus avec la samaritaine au puits. Dans ce passage, Jésus se révèle comme la source d’eau vive (cf. Jn 4,10), qui est plus tard définie comme le Saint-Esprit (cf. Jn 7,39; 1 Co 12,13). L’Esprit est un « don de Dieu » (Jn 4,10) – la source intérieure (cf. Jn 4,14), qui comble notre plus profonde soif et nous guide vers le Père. De cette observation, Augustin conclut que Dieu qui se partage avec nous comme un don est le Saint-Esprit (cf. De Trinitate, 15, 18, 32). Mes amis, nous obtenons encore une fois un aperçu de la Trinité à l’œuvre : l’Esprit Saint est Dieu se donnant éternellement; comme une source intarissable qui ne jaillit de rien moins que Lui-même. Connaissant ce don éternel, nous en venons à voir les limitations de tout ce qui périt, la folie de la mentalité consumériste. Nous commençons à comprendre pourquoi la quête de nouveauté nous laisse insatisfaits et désireux de quelque chose de plus. Ne sommes-nous pas à la recherche d’un don éternel ? D’une source qui ne s’assèchera jamais ? Avec la samaritaine, exclamons nous : Donne moi de cette eau afin que je n’aie plus jamais soif ! (cf. Jn 4,15).
Chers jeunes, nous avons vu que c’est le Saint Esprit qui réalise la magnifique communion des croyants en Jésus-Christ. Parce qu’il est à la fois le don et celui qui donne, il est actuellement à l’œuvre en vous. Inspirés par les intuitions de Saint Augustin laissez l’amour unificateur être votre mesure, l’amour qui dure votre défi, et l’amour oblatif votre mission !

Demain, ce même don de l’Esprit va être solennellement donné aux confirmands. Je dirai alors cette prière : « donne leur en plénitude l’Esprit qui reposait sur ton fils Jésus, l’esprit de sagesse et d’intelligence, l’esprit de conseil et de force, l’esprit de science et de crainte de dieu… et remplis-les de l’esprit d’adoration. » Ces dons de l’Esprit Saint –chacun d’eux étant, comme nous le rappelait Saint François de Salle, une manière de participer à l’amour unique de Dieu –ne sont ni des prix ni des récompenses. Ils sont donnés gratuitement (cf. 1 Co 12,11). Et ils exigent seulement une réponse de la part de celui qui les reçoit : j’accepte ! Nous percevons ici quelque chose du mystère profond qu’est celui d’être chrétien. Ce qui constitue notre foi n’est pas d’abord ce que nous faisons mais ce que nous recevons. Après tout, nombre de personnes généreuses qui ne sont pas chrétiennes peuvent réaliser bien plus que nous. Chers amis, acceptez-vous d’être attirés dans la vie trinitaire de Dieu ? Acceptez-vous d’entrer dans sa communion d’amour ?

Les dons de l’Esprit qui agissent en nous donnent direction et définition à notre témoignage. Orientés vers l’unité, les dons de l’Esprit nous rapprochent du Corps tout entier du Christ (cf. Lumen Gentium, 11), nous donnant de meilleurs moyens de construire l’Église dans le but de servir le monde (cf. Ep 4,13). Ils nous appellent à une participation active et joyeuse à la vie de l’Église : en paroisses et dans les mouvements ecclésiaux, dans les cours d’éducation religieuse, dans les aumôneries universitaires et les autres organisations catholiques. Oui, l’Église doit grandir dans l’unité, doit s’affermir dans la sainteté, doit se rajeunir, se renouveler constamment (cf. Lumen Gentium, 4). Mais selon quels critères ? L’Esprit Saint ! Tournez-vous vers lui, chers jeunes, et vous trouverez le vrai sens du renouveau.

Ce soir, réunis sous la beauté du ciel étoilé, nos cœurs et nos esprits sont remplis de gratitude envers Dieu pour le merveilleux don de notre foi en la Trinité. Nous nous rappelons nos parents et grands-parents qui ont marché à nos côtés lorsqu’enfants, nous faisions nos premiers pas sur le chemin de la foi. Aujourd’hui, beaucoup d’années plus tard, vous êtes rassemblés comme jeunes adultes avec le successeur de Pierre. Je suis profondément heureux d’être avec vous. Invoquons l’Esprit Saint : il est l’artisan de l’œuvre de Dieu (cf. Catéchisme de l’Église catholique, 741). Laissez ces dons vous modeler. De même que l’Église partage le même voyage que toute l’humanité, vous êtes également appelés à exercer les dons du Saint Esprit à travers les hauts et les bas de votre vie quotidienne. Laissez votre foi mûrir grâce à vos études, votre travail, le sport, la musique et l’art. Qu’elle soit soutenue par la prière et par les sacrements et soit ainsi une source d’inspiration et d’aide pour ceux qui vous entourent. En définitive, la vie ne se résume pas à accumuler ; il s’agit bien plus que d’avoir du succès. Être réellement vivants, c’est être transformés de l’intérieur, ouverts à la force de l’amour de Dieu. En acceptant la force du Saint Esprit vous pouvez à votre tour transformer votre famille, votre communauté, et votre pays. Libérez ces dons ! Laissez la sagesse, l’intelligence, la force, la science et la piété être le signe de votre grandeur !

Chers jeunes de langue française, vous êtes venus prier ce soir l’Esprit-Saint. Sa présence silencieuse en votre cœur vous fera comprendre peu à peu le dessein de Dieu sur vous. Puisse-t-Il vous accompagner dans votre vie quotidienne et vous conduire vers une meilleure connaissance de Dieu et de votre prochain! C’est Lui qui du plus profond de votre être vous pousse vers l’unique Vérité divine et vous fait vivre authentiquement en frères.

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