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Archive pour septembre 2008

Visite du saint père

Vendredi 5 septembre 2008

Le week-end prochain, venez prier avec le saint père !

Benoit XVI à Paris

 

 

Femmes pour L’aimer [11]

Jeudi 4 septembre 2008

Moment Lumière.

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Etre là devant Toi Seigneur, et c’est tout.
Clore les yeux de mon corps,
Clore les yeux de mon âme,
Et rester immobile, silencieux,
M’exposer à Toi qui es là, exposé à moi,
Etre présent à Toi, l’infini Présent.

J’accepte de ne rien sentir, Seigneur,
De ne rien voir,
De ne rien entendre.
Vide de toute idée, de toute image.
Dans la nuit
Me voici simplement
Pour Te rencontrer sans obstacle.
Dans le silence de la Foi
Devant Toi, Seigneur.

Femmes pour L’aimer [10]

Mercredi 3 septembre 2008

Sainte Edith Stein (1891-1942)

Edith Stein 

« Dieu est la vérité.
Qui cherche la vérité, cherche Dieu,
qu’il en soit conscient ou non. »

 

 

Philosophe et carmélite, Edith Stein vient au monde dans une famille juive le 12 octobre 1891. Malgré une éducation marquée par le judaïsme, elle s’éloigne pendant un temps de toute croyance religieuse. Sa vive intelligence l’engage à rechercher la vérité et à mener une vie respectueuse de tous et de chacun.

Edith est l’une des rares femmes de son époque à fréquenter l’université. Élève de Husserl, ses travaux philosophiques la rendent attentive au phénomène religieux, et la question de la foi en Dieu s’impose progressivement à elle. En 1921, la lecture de l’autobiographie de Thérèse d’Avila la décide à entrer dans l’Église catholique. Unissant ses compétences philosophiques à la lumière que lui donne la foi, Edith Stein se consacre pendant une dizaine d’années à l’enseignement. Son principal souci est de mettre en valeur une vision chrétienne de la personne humaine.

Pleinement lucide sur la signification de la montée du nazisme, elle entre au Carmel en 1933 et y prend le nom de Thérèse Bénédicte de la Croix. Elle poursuit son combat contre le mal qui se déchaîne dans le monde à un niveau de radicale profondeur : avec le Christ, sous le signe de la Croix.

Le 9 août 1942, Edith Stein meurt dans les chambres à gaz d’Auschwitz, à la fois victime de la Shoah et témoin du Christ. Elle sera canonisée par le pape Jean-Paul II le 11 octobre 1998.

« La pensée que la miséricorde de Dieu pourrait se limiter aux frontières de l’Église visible m’a toujours été étrangère. Dieu est la vérité. Qui cherche la vérité, cherche Dieu, qu’il en soit conscient ou non. »

« L’essence la plus profonde de l’amour, c’est le don total de soi. Dieu qui est l’amour, s’offre à ses créatures qu’il a créées pour l’amour.
Mais aimer c’est vivre dans la plus haute perfection : celle de l’être qui se donne à l’infini sans connaître le moindre déclin, fécondité sans limites. »

« Naturellement, la religion n’est pas quelque chose pour un petit coin tranquille, ou pour quelques heures de célébration ; mais elle doit, comme vous l’avez déjà ressenti, être la racine et la base de toute la vie, et cela, non pour quelques rares élus, mais pour tout vrai chrétien (à vrai dire, il n’y en a toujours qu’un petit troupeau) … »

« Dans la période qui a précédé immédiatement ma conversion, et encore longtemps après, j’ai pensé que mener une vie chrétienne signifiait renoncer à tout ce qui est de la terre et ne penser qu’aux choses de Dieu. Mais peu à peu j’ai compris qu’en ce monde autre chose nous est demandé, et que même dans la vie la plus contemplative le lien avec le monde ne peut être entièrement rompu. Je crois même que, plus quelqu’un est profondément absorbé en Dieu, plus il doit en un certain sens, ’sortir de soi’ pour pénétrer le monde et y apporter la vie divine. »

« Il s’agit seulement d’avoir concrètement un petit coin tranquille où l’on puisse converser avec Dieu comme si rien d’autre n’existait – et cela chaque jour. Les heures du matin me semblent les plus favorables, avant de commencer le travail de la journée ; ensuite, il faut que l’on trouve là sa mission particulière, si possible pour chaque jour, et non par choix personnel ; enfin, que l’on se considère entièrement comme un instrument ; et spécialement que l’on regarde les forces avec lesquelles on doit travailler – dans notre cas, l’intelligence comme quelque chose dont nous ne nous servons pas nous-mêmes, mais dont Dieu se sert en nous. »Vous avez là ma recette. Chaque matin ma vie commence à nouveau, et chaque soir elle se termine. D’autres plans et projets, je n’en ai pas – naturellement, il y en a qui font partie du travail quotidien de la journée : la profession d’enseignante, par exemple, est impraticable autrement. Mais du souci pour le lendemain, il ne faut jamais en avoir. Vous comprendrez donc que je ne puis laisser passer ce que vous dites : que je suis « devenue quelque chose ». Il me semble que le rayon de mon travail doive s’étendre, mais cela ne change rien pour moi, je le pense réellement. On m’a demandé cela, et je l’ai entrepris, sans savoir encore ce que cela comporte et quel sera pratiquement le chemin. »

Femmes pour L’aimer [9]

Mardi 2 septembre 2008

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897)

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L’affectivité de Thérèse est blessée à la mort de sa mère en 1877. Elle devient une enfant hypersensible, assoiffée de tendresse, au point de tomber malade (une sorte de névrose) lorsque sa sœur Pauline (sa seconde mère) entre au Carmel. Guérie miraculeusement en voyant sourire une statue de la Vierge Marie, elle va suivre un chemin de pacification intérieure qui lui donnera la force de surmonter plus tard les pires épreuves. De cette sensibilité, elle gardera un talent d’écriture.

« Toi seul, ô Jésus, peux contenter mon âme, car jusqu’à l’infini, j’ai besoin d’aimer. »

En 1887, elle obtient par son intercession la conversion d’un condamné à mort, Pranzini. Elle demande à rentrer au Carmel (« pour sauver des âmes et prier pour les prêtres ») à 14 ans et va faire un voyage à Rome pour obtenir une dispense.

Les grandes qualités spirituelles de Thérèse seront vite reconnues puisqu’en 1893 (à 20 ans), Mère Marie de Gonzague lui demande de l’assister pour s’occuper des novices et trois ans plus tard, elle devient responsable des novices. Chaque jour, elle les enseigne une demi-heure, leur lit la règle et répond à leurs questions. Elle aide chacune à régler ses cas de conscience avec patience, calme et douceur, en soulignant combien le chemin spirituel de chacun peut être différent.
En 1894, Mère Agnès lui donne l’ordre de rédiger ses souvenirs d’enfance. En 1895, Thérèse s’offre en victime à l’amour miséricordieux de Dieu. Un premier Père blanc missionnaire est confié à ses prières.

En 1896 débute une longue épreuve intérieure, une nuit spirituelle (dépouillement de la conscience de l’amour de Dieu) qu’elle traversera avec la force de sa volonté d’aimer dans la nuit. Le jeudi saint, elle a sa première crise de tuberculose.
Thérèse meurt le 30 septembre 1897, dans une extase d’amour : « Mon Dieu, oh, je l’aime ».

Peu de temps après sa mort (1898), la Mère supérieure publie ses écrits sous le titre « Histoire d’une âme ».
Tout se passe très vite comme si Dieu voulait que cette sainte éclaire le siècle à venir. Sa cause de béatification est introduite en 1914 par Pie X. Le 14 août 1921, Benoît XV déclare l’héroïcité des vertus de la servante de Dieu et prononce à cette occasion un discours sur la voie de l’enfance spirituelle; Pie XI la proclamait bienheureuse le 29 avril 1923. Peu après, le 17 mai 1925, le même Pape la canonise en la Basilique Saint-Pierre devant une foule immense ; deux ans plus tard, le 14 décembre 1927, il la proclame patronne des missions (et deuxième patronne de la France) en même temps que saint François Xavier, à la demande de nombreux évêques missionnaires.

Thérèse nous enseigne tout d’abord à aimer l’humilité et la petitesse en nous, ce qui ne l’empêche pas de lutter contre ses faiblesses avec une force de volonté terrible. La conscience de nos défauts peut aussi nous aider à lutter contre l’orgueil intérieur.
Dans la même veine, elle choisit « une petite voie » : s’appliquer aux petites choses par amour (chemin hérité de la spiritualité du Carmel).
Elle nous enseigne que l’on peut être missionnaire dans sa prière, par l’intercession, et le rester après sa mort :
« Je veux passer mon Ciel à faire du bien sur la terre! »

Elle nous montre enfin que la prière contemplative est accessible à tous, faisant en cela écho aux écrits de la fondatrice du Carmel, Thérèse d’Avila.
Thérèse est proclamée docteur le 19 octobre 1997 par le pape Jean Paul II.
Voici quelques extraits de la lettre apostolique proclamant Thérèse docteur :

« Parmi les petits auxquels les secrets du Royaume ont été manifestés d’une manière toute particulière, resplendit Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, moniale professe de l’Ordre des Carmélites déchaussées, dont le centenaire de l’entrée dans la patrie céleste est célébré cette année…
Son enseignement n’est pas seulement conforme à l’Écriture et à la foi catholique, mais il excelle par la profondeur et la sagesse synthétique où il est parvenu. Sa doctrine est à la fois une confession de la foi de l’Église, une expérience du mystère chrétien et une voie vers la sainteté. Faisant preuve de maturité, Thérèse donne une synthèse de la spiritualité chrétienne; elle unit la théologie et la vie spirituelle, elle s’exprime avec vigueur et autorité, avec une grande capacité de persuasion et de communication, ainsi que le montrent la réception et la diffusion de son message dans le Peuple de Dieu.
L’enseignement de Thérèse exprime avec cohérence et intègre dans un ensemble harmonieux les dogmes de la foi chrétienne considérés comme doctrine de vérité et expérience de vie. Il ne faut pas oublier à ce sujet que l’intelligence du dépôt de la foi transmis par les Apôtres, ainsi que l’enseigne le Concile Vatican II, progresse dans l’Église sous l’assistance du Saint-Esprit: « En effet, la perception des réalités aussi bien que des paroles transmises s’accroît tant par la contemplation et l’étude des croyants qui les méditent dans leur cœur (cf. Lc 2,19.51) que par l’intelligence intérieure des réalités spirituelles qu’ils expérimentent ainsi que par la prédication de ceux qui, avec la succession dans l’épiscopat, ont reçu un charisme certain de vérité » (Vatican II : Dei Verbum, n. 8)…
On peut donc à juste titre reconnaître dans la sainte de Lisieux le charisme d’enseignement d’un Docteur de l’Église, à la fois à cause du don de l’Esprit Saint qu’elle a reçu pour vivre et exprimer son expérience de foi et à cause de son intelligence particulière du mystère du Christ. En elle se retrouvent les dons de la loi nouvelle, c’est-à-dire la grâce de l’Esprit Saint, qui se manifeste dans la foi vivante agissant par la charité. »

Bien souvent notre prière est terne, sans goût, chargée d’ennui, comme si entre Jésus et nous il n’y avait jamais rien eu… Thérèse témoigne de sa prière et nous accompagne sur ce chemin de confiance et de gratuité dans l’amour.

« Qu’elle est donc grande la puissance de la Prière ! On dirait une reine ayant à chaque instant libre accès auprès du roi et pouvant obtenir tout ce qu’elle demande. Il n’est point nécessaire pour être exaucée de lire dans un livre une belle formule composée pour la circonstance ; s’il en était ainsi… hélas ! Que je serais plaindre !… En dehors de l’office Divin que je suis bien indigne de réciter, je n’ai pas le courage de m’astreindre à chercher dans les livres de belles prières, cela me fait mal à la tête, il y en a tant !… et puis elles sont toutes plus belles les unes que les autres… Je ne saurais les réciter toutes et ne sachant laquelle choisir, je fais comme les enfants qui ne savent pas lire, je dis tout simplement au Bon Dieu ce que je veux lui dire, sans faire de belles phrases, et toujours Il me comprend… Pour moi, la prière, c’est un élan du cœur, c’est un simple regard jeté vers le Ciel, c’est un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme au sein de la joie ; enfin c’est quelque chose de grand, de surnaturel, qui me dilate l’âme et m’unit à Jésus. » (Ms C, 25rv)

Femmes pour L’aimer [8]

Lundi 1 septembre 2008

Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582)

«Il ne s’agit pas de penser beaucoup mais de beaucoup aimer.»

«Ce qui importe avant tout, c’est d’entrer en nous-mêmes pour y rester seul à seul avec Dieu.»

«Dieu ne se gagne que par l’amour.»

« Souveraine Majesté, Éternelle Sagesse,
Bonté douce à mon âme,
Dieu, mon Seigneur,
Qu’ordonnez-vous qu’il soit fait de moi ?
Je suis vôtre puisque vous m’avez créée,
Vôtre, puisque vous m’avez rachetée,
Vôtre, puisque vous m’avez supportée,
Vôtre, puisque vous m’avez appelée,
Vôtre, puisque vous m’avez attendue,
Vôtre, puisque je ne me suis pas perdue…
Voici mon cœur, Je le remets entre vos mains
Voici mon corps, ma vie, mon âme,
Ma tendresse et mon amour…
Si vous me voulez dans la joie,
Par amour pour vous je veux me réjouir
Si vous me commandez des travaux,
Je veux mourir à l’ouvrage.
Dites-moi seulement où, comment et quand.
Parlez, ô doux Amour, parlez.
Je suis vôtre, pour vous je suis née,
Que voulez-vous faire de moi ? »

« Celui qui veut s’adonner à l’oraison doit se figurer qu’il entreprend de faire, dans un sol ingrat et couvert de ronces, un jardin dont la beauté charme les yeux du Seigneur. C’est le divin Maître lui-même qui arrache les mauvaises herbes et doit planter les bonnes. Or, nous supposons cela fait, quand une âme est résolue de se livrer à l’oraison, et que déjà elle s’y exerce. C’est maintenant à nous, comme bons jardiniers, de travailler, avec le secours de Dieu, à faire croître ces plantes. Nous devons les arroser avec le plus grand soin ; alors, loin de se flétrir, elles porteront des fleurs dont le doux parfum attirera le divin Maître. Souvent pour son plaisir il visitera ce jardin, et il y prendra ses délices au milieu des vertus qui en sont les fleurs.
 Voyons maintenant comment on peut arroser, afin de savoir ce que nous avons à faire, ce qu’il doit nous en coûter de labeurs et de temps, et si le gain excédera la peine.

  Il y a, ce me semble, quatre manières d’arroser un jardin : la première, en tirant de l’eau d’un puits à force de bras, et c’est là un rude travail ; la seconde, en la tirant à l’aide d’une noria, et l’on obtient ainsi, avec moins de fatigue, une plus grande quantité d’eau, comme j’en ai moi-même quelquefois fait l’épreuve ; la troisième, en faisant venir l’eau d’une rivière ou d’un ruisseau ; cette manière l’emporte de beaucoup sur les précédentes : le sol est plus profondément humecté, il n’est pas nécessaire d’arroser si souvent, et le jardinier a beaucoup moins de fatigue ; la quatrième enfin, et sans comparaison la meilleure de toutes, est une pluie abondante, Dieu lui-même se chargeant alors d’arroser sans la moindre fatigue de notre part.   Je vais appliquer à mon sujet ces quatre manières de donner à un jardin l’eau si nécessaire à son entretien, qu’il ne saurait en être privé sans périr. Je parviendrai ainsi, ce me semble, à donner une certaine idée des quatre degrés d’oraison auxquels parfois, dans sa bonté, le Seigneur a bien voulu élever mon âme. Daigne ce Dieu de bonté m’accorder la grâce de m’exprimer de manière à être utile à l’un de ceux qui m’ont imposé l’obligation d’écrire, et qui, en quatre mois, a été conduit par le Seigneur bien au delà du terme où je n’étais arrivé qu’après dix-sept ans ! Ses dispositions étaient meilleures : aussi, sans aucun travail de sa part, voit-il le jardin de son âme arrosé par ces quatre eaux ; et s’il ne reçoit encore que quelques gouttes de la quatrième, il ne saurait, tant il est fidèle, tarder à se plonger, avec l’aide du Seigneur, dans cette eau céleste. Il va trouver sans doute bien plaisante ma manière de m’expliquer : eh bien ! Qu’il en rie, je lui déclare que j’y consens de grand cœur. »

Les quatre degrés d’oraison.

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