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Archive pour octobre 2008

Femme pour L’aimer [26]

Jeudi 16 octobre 2008

Moment lumière. 

Prends le temps de penser,
Prends le temps de prier
Prends le temps de vivre
Voici la source de la force
Voici la plus grande force sur terre
C’est la musique de l’âme.

Prends le temps de jouer
Prends le temps d‘aimer et d’être aimé
Prends le temps de donner
Voici le secret de perpétuelle jeunesse
Voici le privilège donné par Dieu
Ce jour est trop court pour être égoïste.

Prends le temps de lire
Prends le temps d’être amical
Prends le temps de travailler
Voici la fontaine de sagesse
Voici la route vers le bonheur
Voici le prix du succès

Prends le temps de faire la charité,
C’est la clef du ciel.

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Route de Cléry, édition 2008

Mercredi 15 octobre 2008

Chères guides aînées,

Pour la toussaint le feu bienheureuse mère Térésa sera présent à la route de Cléry,
du jeudi 30 octobre au dimanche 2 novembre.

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Le thème sera : sur les pas de Saint Paul.

 

B.P.

Mardi 14 octobre 2008

B.P.

BP
 

1. C’était il y a bien longtemps
Au bon vieux temps de nos parents
Vivait dans un coin d’Angleterre
Un vieux chef révolutionnaire
C’était, c’était notre grand chef B.P.

2. En bras de chemise, pantalon court
Drôle de chapeau à large bord
On pouvait le voir le jour
Faire la marche des zoulous dehors
C’était, c’était notre grand chef B.P.

3. Il avait appris des zoulous
Des rites de l’initiation
Et comment d’un jeune un peu fou
On fait un très brave garçon
C’était, c’était notre grand chef B.P.

4. Un jour il emmena camper
Sous la tente, dans l’île de Brownsea
Une vingtaine de fous déchaînés
Qui s’en reviennent assagis
C’était, c’était notre grand chef B.P.

5. Le scoutisme ainsi inventé
Au monde entier se propagea
Certains le disent périmé
C’est qu’ils ne le connaissent pas
Car c’est, car c’est le secret de la vie

6. N’entends-tu pas Baden Powell
Te lancer son plus bel appel
Il faut observer la loi scoute
Et être tout à son écoute
Ecoute, les scouts, les héritiers de B.P. !

Homélie du Saint Père à Randwick [JMJ 2008]

Dimanche 12 octobre 2008

Aujourd’hui nous vous proposons le texte de l’homélie du Saint Père à Randwick. 

Bonne lecture  et

Bon dimanche !

Les GA.

Homélie du Saint Père à Randwick


Chers amis,
« Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous » (Actes 1,8). Nous avons vu cette promesse s’accomplir ! Le jour de la Pentecôte, comme nous l’entendions dans la première lecture, le Seigneur ressuscité, assis à la droite du Père, envoya l’Esprit sur les disciples réunis dans la chambre haute. Avec la force de cet Esprit, Pierre et les apôtres partirent annoncer l’Évangile jusqu’aux extrémités de la Terre. À travers les âges, dans toutes les langues, l’Église dans le monde entier continue à proclamer les merveilles de Dieu et à appeler tous les peuples et nations à la foi, à l’espérance et à une vie nouvelle dans le Christ.
Je suis venu en ces jours, en tant que successeur de Saint Pierre, dans ce magnifique pays qu’est l’Australie. Je suis venu, mes jeunes frères et sœurs, pour vous conforter dans votre foi et pour vous encourager à ouvrir votre cœur à la force de l’Esprit du Christ et à la richesse de ses dons. Je prie que cette belle assemblée, qui unit des jeunes « de toutes les nations qui sont sous le ciel » (cf. Actes 2,5), soit une nouvelle chambre haute. Puisse le feu de l’Amour de Dieu descendre remplir votre cœur, vous unisse toujours plus étroitement au Seigneur et à son Église, et vous envoie de l’avant, nouvelle génération d’apôtres, pour mener le monde à Dieu.
« Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous ». Ces mots du Seigneur ressuscité prennent un sens particulier pour les jeunes qui vont être confirmés, marqués du don de l’Esprit Saint, à la messe d’aujourd’hui. Mais ils sont également adressés à chacun d’entre nous – à tous ceux qui ont reçu, dans le baptême, le don de l’Esprit de la réconciliation et d’une vie nouvelle, qui l’ont accueilli dans leur cœur le jour de leur confirmation comme leur soutien et leur guide, et qui grandissent chaque jour dans ses dons de grâce par la Sainte Eucharistie. À chaque messe en effet, le Saint Esprit descend à nouveau, invoqué par la prière solennelle de l’Église, non seulement pour transformer nos offrandes du pain et du vin en corps et sang du Seigneur, mais aussi pour transformer nos vies, pour faire de nous, par sa force, « un seul corps, un seul esprit dans le Christ ».
Mais quelle est cette « force » de l’Esprit Saint ? C’est la force de la vie divine ! C’est la force de ce même esprit qui plana sur les eaux à l’aube de la création et qui, quand vint la plénitude des temps, ressuscita Jésus des morts. C’est la force qui nous montre, à nous et à notre monde, la venue du Royaume de Dieu. Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus déclare qu’un nouvel âge a commencé, dans lequel l’Esprit Saint sera déversé sur toute l’humanité. (cf. Luc 4:21). Il est venu lui-même parmi nous pour nous donner cet Esprit. Comme la source de notre vie nouvelle dans le Christ, le Saint Esprit est aussi, d’une manière très réelle, l’âme de l’Église, l’Amour qui nous unit au Seigneur et les uns avec les autres, et la lumière qui nous ouvre les yeux pour voir tout autour de nous les merveilles de la grâce de Dieu.
Ici en Australie, cette grande « terre australe du Saint Esprit », nous avons tous eu une expérience inoubliable de la présence et de la force de l’Esprit dans la beauté de la nature. Nos yeux ont été ouverts pour voir le monde qui nous entoure tel qu’il est réellement : « chargé » comme dit le poète « de la grandeur de Dieu », rempli de la gloire de son amour créateur. Ici aussi, dans cette grande assemblée de jeunes chrétiens du monde entier, nous avons eu une expérience intense de la présence et de la force du Saint-Esprit dans la vie de l’Église. Nous avons vu l’Église telle qu’elle est réellement : le Corps du Christ, une communauté d’amour vivante, embrassant des gens de toutes races, pays et langues, de tous temps et de tous lieux, dans l’unité née de notre foi dans le Christ ressuscité.
La force de l’Esprit ne cesse jamais de remplir l’Église de vie ! Par la grâce des sacrements de l’Église, cette force circule au plus profond de notre être, comme une rivière souterraine qui nourrit notre esprit et nous attire toujours plus près de la source de la vraie vie : le Christ. Saint Ignace d’Antioche, qui est mort martyr à Rome au début du second siècle, nous a laissé une splendide description de la force de l’Esprit demeurant en nous. Il parlait de l’Esprit comme d’une fontaine d’eau vive jaillissant dans son cœur et murmurant : « viens, viens vers le Père » (cf. Ad Rom., 6,1-9).
Cependant, cette force, la grâce de l’Esprit, n’est pas quelque chose que nous pouvons mériter ou atteindre, mais que nous pouvons seulement recevoir comme un don. L’amour de Dieu ne peut déployer sa force que lorsque nous le laissons nous convertir de l’intérieur. Nous devons le laisser pénétrer l’épaisse carapace de notre indifférence, de notre lassitude spirituelle, de notre conformité aveugle à l’esprit de notre temps. Alors seulement, pouvons-nous laisser cet amour enflammer notre imagination et modeler nos aspirations les plus profondes. C’est pourquoi la prière est si importante : la prière quotidienne, la prière personnelle dans le secret de nos cœurs et devant le Saint Sacrement, et la prière liturgique au cœur de l’Église. La prière est pure réceptivité à la grâce de Dieu, amour en action, communion avec l’Esprit qui demeure en nous, nous conduisant, par Jésus, vers notre Père céleste. Par la force de son Esprit, Jésus est toujours présent dans nos cœurs, attendant calmement que nous fassions silence, que nous entendions sa voix, que nous trouvions notre réconfort dans son amour, que nous recevions sa « force venue d’en haut », qui nous permettra de devenir le sel et la lumière de notre monde.
À son Ascension, le Seigneur ressuscité dit à ses disciples : « Vous serez mes témoins … jusqu’aux extrémités de la terre » (Actes 1,8). Ici, en Australie, remercions le Seigneur pour le don de la foi, qui est descendu sur nous comme un trésor transmis de génération en génération dans la communion de l’Église. Ici, en Océanie, rendons grâce d’une manière particulière pour tous ces missionnaires héroïques, prêtres et religieux dévoués, parents et grands-parents chrétiens, enseignants et catéchistes qui édifièrent l’Église sur ces terres – des témoins comme Mary Mac Killop, Saint Pierre Chanel, Bienheureux Pierre To Rot et tant d’autres ! La force de l’Esprit, révélée dans leur vie, est toujours à l’œuvre dans les bonnes choses qu’ils ont laissées derrière eux, dans la société qu’ils ont modelée et qui vous est confiée.
Chers jeunes, laissez-moi maintenant vous poser une question. Et vous, qu’allez-vous laisser à la prochaine génération ? Bâtissez-vous votre vie sur des fondations solides, construisez-vous quelque chose qui perdurera ? Vivez-vous votre vie de manière à laisser la place à l’Esprit au milieu d’un monde qui veut oublier Dieu, voire le rejeter au nom d’une fausse conception de la liberté ? Comment utilisez-vous les dons que vous avez reçus, la « force » que l’Esprit Saint s’apprête à libérer en vous ? Quel héritage allez-vous transmettre à la jeune génération à venir ? Quelle différence allez-vous faire ?
La force de l’Esprit Saint ne fait pas que nous éclairer et nous consoler. Elle nous indique aussi le futur, la venue du Royaume de Dieu. Quelle magnifique vision d’une humanité rachetée et renouvelée pouvons-nous voir dans le nouvel âge promis par l’Évangile d’aujourd’hui ! Saint Luc nous dit que Jésus-Christ est l’accomplissement de toutes les promesses de Dieu, le Messie qui possède pleinement l’Esprit-Saint afin de le répandre sur tous les hommes. L’effusion de l’Esprit du Christ sur l’humanité est une promesse d’espérance et de délivrance de tout ce qui nous appauvrit. Elle rend aux aveugles la vue ; libère les opprimés, et crée l’unité dans et à travers la diversité (cf. Luc 4,18-19; Is 61,1-2). Cette force peut créer un monde nouveau : elle peut « renouveler la face de la terre » (cf. Ps 104,30) !
Ayant reçu la force de l’Esprit, et s’appuyant sur la riche vision de la foi, une nouvelle génération de chrétiens est appelée à construire un monde dans lequel le don de la vie de Dieu est accueilli, respecté et chéri – et non rejeté, craint comme une menace et détruit. Un nouvel âge dans lequel l’amour n’est pas cupide ni égoïste, mais pur, fidèle et authentiquement libre, ouvert aux autres, respectueux de leur dignité, cherchant leur bien, rayonnant de joie et de beauté. Un nouvel âge dans lequel l’espérance nous libère de la superficialité, de l’apathie et de l’égocentrisme qui affaiblissent nos âmes et empoisonnent nos relations. Chers jeunes amis, le Seigneur vous demande d’être les prophètes de ce nouvel âge, les messagers de son amour, attirant les hommes vers le Père et construisant un futur rempli d’espérance pour l’humanité entière.
Le monde a besoin de ce renouveau ! Dans tant de nos sociétés, parallèlement à la prospérité matérielle, se répand le désert spirituel : un vide intérieur, une peur indéfinissable, un sentiment caché de désespoir. Combien de nos contemporains se sont creusé des citernes lézardées et vides (cf. Jr 2:13) dans leur quête désespérée de sens – le sens ultime que seul l’amour peut donner ? C’est le grand don libérateur que nous apporte l’Évangile : il révèle notre dignité d’hommes et de femmes créés à l’image de Dieu et à sa ressemblance. Il révèle la sublime vocation de l’humanité : trouver la plénitude dans l’amour. Il révèle la vérité sur l’homme et la vérité sur la vie.
L’Église aussi a besoin de ce renouveau ! Elle a besoin de votre foi, de votre idéalisme et de votre générosité afin de pouvoir rester jeune dans l’Esprit (cf. Lumen Gentium, 4) ! Dans la deuxième lecture d’aujourd’hui, Paul nous rappelle que tout chrétien a reçu un don destiné à construire le Corps du Christ. L’Église a tout particulièrement besoin des dons des jeunes, de tous les jeunes. Elle a besoin de grandir dans la force de L’Esprit qui, aujourd’hui encore, donne de la joie à votre jeunesse et vous inspire à servir le Seigneur avec joie. Ouvrez vos cœurs à cette force ! Je lance cet appel d’une manière particulière à ceux d’entre vous que le Seigneur appelle à la prêtrise et à la vie consacrée. N’ayez pas peur de dire « oui » à Jésus, de trouver votre bonheur en faisant sa volonté, en vous donnant complètement pour parvenir à la sainteté, et en mettant tout vos talents aux services des autres !
Dans quelques instants, nous célébrerons le sacrement de Confirmation. L’Esprit Saint descendra sur les confirmands ; ils seront « scellés » par le don de l’Esprit et envoyés pour être les témoins du Christ. Que signifie recevoir le « sceau » de l’Esprit Saint ? Cela signifie être marqué de manière indélébile, transformé de manière inaltérable, être une nouvelle création. Pour ceux qui ont reçu ce don, rien ne sera comme avant ! Être « baptisé » en un seul Esprit (cf. 1 Co 12,13) signifie être embrasé de l’amour de Dieu. Être « abreuvé » de l’Esprit signifie être rafraîchi par la beauté du plan de Dieu pour nous et pour le monde, et devenir à notre tour une source de rafraîchissement spirituel pour les autres. Être « scellé de l’Esprit » signifie ne pas avoir peur de défendre le Christ, laissant la vérité de l’Évangile imprégner notre manière de voir, de penser et d’agir, tandis que nous œuvrons pour le triomphe de la civilisation de l’amour.
Alors que nous prions pour les confirmands, demandons que la force du Saint-Esprit ravive la grâce de notre propre confirmation. Qu’il répande ses dons en abondance sur vous qui êtes ici présents, sur la ville de Sydney, sur cette terre australienne et sur tout son peuple ! Que chacun d’entre nous soit renouvelé dans l’esprit de sagesse et d’intelligence, l’esprit de conseil et de force, l’esprit de science et de piété, l’esprit d’admiration et de crainte face à la présence de Dieu !
Par l’intercession aimante de Marie, Mère de l’Eglise, que ces vingt-troisièmes Journées Mondiales de la Jeunesse soient vécues comme une nouvelle chambre haute, depuis laquelle, chacun d’entre nous, brûlant du feu et de l’amour de l’Esprit Saint, se mette en route pour proclamer le Christ ressuscité et attirer tous les cœurs à lui ! Amen.

Femme pour L’aimer [25]

Vendredi 10 octobre 2008

Moment lumière. 

 

Pourquoi ces temps d’arrêt sur nos routes quotidiennes, pressantes, encombrées, harcelées?

Parce que, en route, halte souvent s’impose: pour s’asseoir sur la borne ou le tronc, reprendre forces et souffle, s’accorder eau fraîche, nourriture, arrimer son sac, ôter le caillou du soulier.

Contempler l’arbre, cueillir la fleur, goûter le fruit, observer l’animal sauvage ou familier, épier, envier l’oiseau rapide.

Réconforter le compagnon, rencontrer le passant, saluer l’habitant, bavarder avec l’enfant.

Juger du relief, vérifier l’orientation, évaluer les distances prévoir étape et gîte du soir.

Entendre l’appel, toujours neuf, de la route.

Ecouter le vent, embrasser l’horizon, lever les yeux vert la montagne, admirer le ciel, s’agrandir de tt l’univers.

Saluer la Madone, adorer le Crucifié, se recueillir en dieu, se réjouir en Dieu, se fortifier en Dieu …

Et reprendre la route plus lucide, plus fort, plus ardent.

Père Edmond Barbotin.

 

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Femme pour L’aimer [24]

Mardi 7 octobre 2008

Chiara Badano
29 octobre 1971 – 7 octobre 1990

L’histoire de Chiara Badano est simple et extraordinaire à la fois.

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Sa naissance le 29 octobre 1971 à Sassano (Italie du Nord-Ouest) comble de joie ses parents qui, depuis onze années espéraient un tel événement. Bien que la famille ne dispose que de modestes revenus, le papa est camionneur, la maman quitte son poste d’ouvrière dans une entreprise de pâtisserie pour « suivre sa fille ». Chiara, enfant joyeuse et vive, sait se réjouir des petites choses et se montrer généreuse. Dans un devoir d’école, elle demande à Jésus pour Noël non pas des jouets mais « la santé pour mamie Gilda et toutes les personnes qui ne vont pas bien ». A neuf ans, elle fait une rencontre fondamentale pour le reste de sa vie avec « l’idéal de l’unité », lors d’un rassemblement d’enfants du Mouvement des Focolari. Son enthousiasme est tel qu’elle va entraîner ses parents à participer au Familyfest en 1981, un festival mondial de familles organisé par les Focolari. Ce sera le début de leur conversion…

En parcourant les cahiers d’école de Chiara, on note son émerveillement devant la vie. Adolescente, elle aime retrouver ses copains et copines dans un café les soirs de week-end. Elle adore chanter et danser, ne supporte pas de rester immobile et aimerait bien être hôtesse. Très sportive, elle pratique la natation, le tennis et les balades en montagne. C’est précisément lors d’un match de tennis qu’elle éprouve une douleur subite et lancinante à l’épaule. Les médecins, qui au début avaient diagnostiqué un simple cal osseux, doivent se rendre à l’évidence. Il s’agit en fait d’une forme de cancer des os parmi les plus graves et les plus douloureuses. Chiara accueille la nouvelle avec courage. Après un long silence, sans pleurs ni rébellion, elle dit : « Je suis jeune, je m’en sortirai ! ». Pour elle, commence en fait une rapide ascension vers la sainteté.

Examens médicaux, opérations chirurgicales, chimiothérapie. Rien n’y fait et le mal galope, atteignant la moelle épinière. Ses jambes sont désormais paralysées. Les soins s’avèrent très douloureux. Chiara refuse cependant la morphine parce cela lui enlèverait toute lucidité. Elle se dit convaincue que la souffrance embrassée rend libre. Sa force, elle la puise dans sa foi, dans sa découverte  à travers la spiritualité des Focolari  de Jésus, de « Jésus abandonné » qui a pris sur lui toutes les souffrances lors de son cri d’abandon sur la croix. « L’important, c’est de faire la volonté de Dieu. J’avais des projets personnels, mais Dieu avait les siens pour me garder avec lui. Jésus m’a envoyé cette maladie au moment juste. Vous ne pouvez imaginer quelle est ma relation avec Jésus maintenant ! Il me semble qu’il m’appelle à quelque chose de plus, de plus grand… raconte Chiara à ses amis. Peut-être vais-je rester sur un lit pendant des années. Je n’en sais rien. Pour moi, il n’y a que la volonté de Dieu qui importe : la faire bien, vivre l’instant présent, entrer dans le ‘jeu’ de Dieu […] Un autre monde m’attend et je n’ai qu’à m’abandonner. Je sens que je fais partie d’un projet splendide qu’on me dévoile peu à peu. » Ces paroles fortes accompagnent son témoignage de vie.

Chiara offre tout ce qu’elle vit pour les jeunes, pour son diocèse, pour ceux qui sont loin de la foi, pour les missions, pour les Focolari. Le jour de ses 18 ans, elle reçoit une importante somme d’argent… qu’elle s’empresse de donner à un ami qui travaille en Afrique auprès d’enfants pauvres et malades. Sa chambre, d’abord à l’hôpital, puis à la maison, devient lieu de rencontres, d’apostolat et d’unité. C’est son « église ». Les médecins sont touchés par son attitude. L’un d’eux, Antonio Delogu, commente : « »Son sourire et ses grands yeux lumineux nous prouvaient que la mort n’existe pas, il n’y a que la vie. » La chimiothérapie lui fait perdre ses cheveux auxquels elle tenait tant. A chaque mèche qui se détache, elle prononce un simple et intense « Pour toi, Jésus ».

Un dialogue lumineux de foi et d’amour surnaturel s’établit avec sa maman qui passe d’interminables journées auprès d’elle. « Maman, est-ce juste de mourir à 18 ans ? « ,  » Je ne sais pas si c’est juste. Mais si Dieu a ce dessein sur toi, nous devons faire sa volonté » ; « Maman, cela me plairait tellement de faire de la bicyclette, et Dieu m’a pris mes jambes. », « Jésus t’a pris tes jambes, mais il t’a donné des ailes ! », « Tu as raison. Si on me demandait si je voulais me promener, je dirai non parce que, telle que je suis, je suis plus proche de Jésus »…

Chiara Lubich, la fondatrice des Focolari, la suit au long de sa maladie et entretient avec elle une correspondance vitale (voir encadré). « Je lui dois tout » affirme l’adolescente, au point de lui demander un « nom nouveau » pour marquer son adhésion particulière à l’idéal de l’unité. Ce sera : Chiara Luce (Claire Lumière) telle une lumière qui illumine tant de personnes.

Nombre de personnes viennent lui rendre visite. « Si au début, nous venions la voir pour la soutenir, bien vite nous avons compris qu’elle nous attirait comme un aimant » commente un jeune. Tous ceux qui viennent la voir expérimentent près d’elle une « atmosphère de paradis ». Assis sur un tabouret au pied du lit de Chiara, l’évêque du diocèse (Aqui) Mgr Martino, est frappé par la profondeur spirituelle de Chiara : « Son apprentissage de la sainteté est soutenu par son idéal de vie, par sa générosité, par sa disponibilité à l’amour si caractéristique des adolescents […] Je sentais aussi en elle la présence de l’Esprit Saint qui la rendait capable de transmettre à ceux qui l’approchaient sa façon d’aimer Dieu et tous les hommes. » Emu, le cardinal Saldarini lui demande un jour : « Tu as des yeux merveilleux, une lumière merveilleuse. D’où te vient-elle ? ». Et Chiara Luce de répondre simplement : « Je m’efforce d’aimer beaucoup Jésus. »

« Si tu le veux, toi, Jésus, moi aussi je le veux » ne cesse de répéter Chiara Luce alors que le mal progresse inexorablement et que la souffrance la tenaille. « Je me sens si petite et le chemin à parcourir est si ardu ! Mais c’est l’Epoux qui vient à ma rencontre…  » reprend-elle, rappelant en cela ce qu’a vécu la « petite » Thérèse de Lisieux. Jésus abandonné est tellement son Epoux que Chiara Luce désire se préparer particulièrement à sa rencontre. Elle choisit une robe blanche avec une petite ceinture rose et la fait essayer à une amie pour voir l’effet produit. Ce sera sa robe pour « les noces », ses funérailles. C’est elle qui choisit les fleurs, les chants, les lectures et donne pour consigne à sa mère : « Quand tu me prépareras sur mon lit de mort, maman, tu ne devras pas pleurer, mais répéter ‘Maintenant Chiara Luce voit Jésus’. » Ainsi, le dimanche 7 octobre 1990, le jour de Notre-Dame du Rosaire, à quatre heures du matin, elle adresse ses dernières paroles à sa mère : « Sois heureuse car je le suis ! » Son dernier don sera celui de ses yeux qui, greffés, permettront à deux garçons de retrouver la vue.

2000 personnes, au moins, de tous âges et de tous milieux sociaux, croyants ou non, assistent à ses obsèques. Il y règne une atmosphère de joie simple. Mgr Martino qualifie dans son homélie Chiara Luce de « fruit de la famille chrétienne, d’une communauté de chrétiens, d’un mouvement qui vit l’amour réciproque et rayonne de la présence de Jésus ». Tout ne s’arrête pas là. Bien au contraire. Des personnes qui apprennent l’histoire de Chiara Luce se sentent poussées à vivre plus radicalement l’Evangile, à mettre Dieu à la première place dans leur vie. Sa tombe est même devenue un lieu de pèlerinage accueillant fleurs, offrandes pour « ses » petits amis d’Afrique, lettres et demandes de grâces. Sa sainteté est devenue contagieuse… A tel point que, le 7 décembre 1998, la Congrégation pour la cause des saints a fait savoir à l’évêque du diocèse d’Aqui qu’aucun obstacle ne s’opposait à l’enquête diocésaine en vue de la béatification de la « servante de Dieu », Chiara Badano. Dans quelques mois, son dossier sera soumis au Vatican. « Soyez une génération de saints ! » répète toujours Chiara Lubich aux jeunes Focolari. Chiara Luce, par sa vie, ses vertus prouvées, sa charité sans limite et sa confiance totale en Dieu, est un reflet de l’unique sainteté, celle de Dieu. Ainsi, est-il tout à fait possible d’être sainte à 18 ans !

Marche pour la Vie 2009

Dimanche 5 octobre 2008

 Nous sommes tous attachés au combat pour la Vie, alors allons tous à la marche pour la vie le 25 janvier prochain !

http://www.dailymotion.com/video/k7hAKsIjSDQGGdN0Gm

Sans oublier…

La Life Parade samedi 18 octobre !

LIfe parade 08 

www.lifeparade.org

Le Feu – mot de rentrée

Samedi 4 octobre 2008

Chères guides-aînées,

L’année a commencé, vous êtes montées au Feu en septembre, l’année dernière ou il y a deux ou trois ans. Peu importe ! Nous sommes toutes réunies pour la même raison : la grande aventure de la vie chrétienne !!!

Et quand on se lance dans cette grande aventure de la vie chrétienne c’est comme pour l’escalade ou la voile…il faut un guide sûr, une carte d’état-major et une trousse de secours.

Vous l’avez compris, le Feu veut nous aider à nous lancer dans cette grande aventure.

Nous allons jouer sur deux  symboliques : le feu, emblème de la charité et la Route à l’image de Jésus : « Je suis le chemin, la Vérité et la Vie. »

L’année dernière j’en avais parlé lors d’un topo sur la Route que vous pouvez trouver sur le blog.

Là, je m’arrêterai juste sur le mot « chemin ».

Qu’est-ce qu’un chemin ? Un chemin vient toujours de quelque part et va toujours quelque part.
Sinon ce n’est pas un chemin. S’il ne mène à rien, c’est une impasse.
Jésus est le vrai chemin car il sait d’où il vient et où il va. Il vient de Dieu et il retourne auprès de Dieu. Donc il sait où il nous mène.

Toute la vie chrétienne peut être comparée à une route qui nous conduit en un lieu sûr. Voilà la réponse à donner à tous ceux qui se demandent : quel est le sens de la vie ? Que faisons-nous sur terre ?
Toutes ces questions Jésus est venu les résoudre. Il invite à se mettre en route.

Ce chemin que Jésus nous propose de suivre est un vrai chemin. Il vient du ciel et nous conduit au ciel.
Ce chemin est bien balisé. Tout au long, on trouve des indications précises, qui permettent d’avancer en toute sécurité. Ce chemin n’est pas une autoroute que l’on parcourt à toute vitesse en voiture climatisée ! C’est une bonne vieille route sur laquelle il faut aller à pied ! Il faut se donner de la peine pour avancer !

Ce chemin change sans cesse  d’aspect. Parfois il est large et spacieux et on y marche facilement. Et puis d’autre fois, il ya des passages délicats et on a envie de renoncer.
Parfois, le chemin monte, exposé au soleil, c’est fatigant et pénible. Parfois il descend brutalement et on risque de tomber. On ne passe qu’un par un et encore si on n’a pas trop de bagages. Ceux qui sont trop chargés devront abandonner quelque chose sous peine de ne pas passer.
Il faut faire une totale confiance au guide : s’il nous dit que nous pouvons y aller, il sait de quoi il parle. D’autant que si  nous tombons, il sait nous relever.
Sur ce chemin, nous ne sommes pas seules. C’est une file continue de marcheurs. En tête il y a le Seigneur, il marche devant. Il connaît la Route. Comme le Bon Berger, il conduit son troupeau. Entre tous ces marcheurs, un courant passe. C’est l’Esprit Saint. Il donne courage et force intérieure.
Sur ce chemin, de nombreux carrefours invitent à faire le point, à prendre la bonne direction. Et il est vital de ne pas se tromper de route, de ne pas dévier.

Il n’y a qu’une voie qui mène à la Vie éternelle, au vrai bonheur, au bonheur qui ne trompe pas, au bonheur qui dure éternellement. Toues les autres propositions ne sont que des leurres, même si leurs apparences sont très attrayantes.
Le plus grand danger est le découragement. La tentation est forte de s’arrêter et de s’installer au bord de la route pour regarder les autres passer.
Quand la marche est trop difficile, n’accusons pas le chemin mais regardons plutôt s’il n’y a pas un petit caillou dans notre chaussure. C’est souvent lui, et non le chemin, qui nous empêche d’avancer.

Sur ce chemin, la plus grande joie, c’est cette paix du cœur que donne la certitude d’être dans la bonne direction, de savoir où l’on va.

Et pour avancer sur ce chemin qui mène à Dieu, nous avons besoin, non de facilités, mais d’exigences.
Il ne suffit pas de regarder les exploits des sportifs. Il faut s’entraîner tous les jours. Nous sommes à un âge de quête d’exigences, en vue d’un Bien supérieure.
C’est une erreur fréquente de penser qu’il faut tout faire pour faciliter la tâche des jeunes qui ont soif d’exigence. On craint de mettre la barre trop haute.
Erreur fatale ! Ce ne sont pas les exigences qui font peur, c’est l’absence d’exigence !

Alors ayons des exigences !
La montagne à vache de la spiritualité n’attire pas les montagnards du Bon Dieu que nous sommes. Nous aspirons à des sommets plus hauts.
En dépit des discours actuels, montrons qu’il existe aujourd’hui des jeunes remplis d’idéal, à la recherche d’exigences fortes, prêts à payer de leur personne, à prendre des routes escarpées.

Comment ne pas évoquer ici la figure de Mère Teresa ? Ce qu’elle demandait à ses sœurs dépassait ce qui est humainement raisonnable. Et c’est ça qui intéresse !  Ce qu’elle demandait, elle le vivait et ce qu’elle vivait, attirait et donnait envie d’être vécu.
Et pour cela, nous ne pouvons nous débrouiller seul. Ce lui qui veut ce lancer en solitaire dans une grande aventure sera bien inspiré de prendre quelques conseil avant de partir.
De même qu’il faut apprendre a faire de l’escalade, à traverser un glacier, à piloter un voilier, il faut apprendre à prier. Nous avons besoin d’un guide qui nous enseigne avant tout le discernement, c’est-à-dire l’art de distinguer les bonnes pensées des mauvaises.
Tout le monde est appelé à imiter le Christ et à s’engager résolument à ça suite. Tout le monde est appelé à réaliser son humanité et à s’épanouir.
Là commence l’aventure. Si l’on voit tant de gens échouer dans cette entreprise, c’est qu’ils n’ont pas pris le bon chemin. Et s’ils n’ont pas pris le bon chemin, c’est qu’ils ont été mal conseillés. Mais ont-ils seulement demandé conseil ?
Dans la vie spirituelle, comme dans la vie sportive et dans la vie civique, il est nécessaire d’être accompagné. Suivant l’époque, on a parlé de maitre spirituel, de directeur spirituel ou de conseiller spirituel. Il s’agit toujours de quelqu’un appelé à transmettre son expérience à quelqu’un désireux de progresser.
Si nous sommes toutes montées au Feu, c’est que nous avons toutes envie de progresser. Donc il nous faut un conseiller spirituel, une marraine pour nous conseiller et nous écouter sur notre vie de jeune fille chrétienne dans le monde, et une équipe soudée pour ne pas nous décourager sur la route.
Voila ce que c’est le Feu. C’est un lieu ou nous avons des exigences car nous voulons prendre cette Route qui nous conduira toutes vers le Bonheur.

Je vous souhaite donc à toutes une bonne Route !

Bienvenue au Feu Bienheureuse Mère Teresa,

FSS,

Véronique, cheftaine de feu.

Femme pour L’aimer [23]

Vendredi 3 octobre 2008

Claire de Castelbajac (1953-1975).

Le privilège de Claire fut de comprendre et de nous faire comprendre que la confiance totale engendre la joie des enfants de Dieu et que notre vocation au bonheur peut et doit se réaliser en partie sur cette terre.

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«  Jésus… dites bien à Notre Père que je l’adore et que je propagerai sa Gloire autant que je le pourrai. Dites à Notre Mère que j’essaie d’avoir sa pureté et sa gentillesse. Dites au Saint-Esprit qu’il faut qu’il m’aide à vous aimer encore plus. Merci et à demain. »
Notes dans un cahier à l’âge de 13 ans

« J’ai du bonheur en trop, ça déborde. Voulez-vous que je vous le donne ? Je suis contente, contente, toute remplie d’un bonheur (la joie des enfants de Dieu, peut-être ?) d’un bonheur qui ne peut pas se définir. »

Née le 26 octobre 1953 dans une famille profondément chrétienne, Claire reçoit dès son plus jeune âge une éducation religieuse solide, qui l’enracine dans une foi vivante. Sa nature généreuse et passionnée se trouve ainsi orientée vers Dieu, même s’il y a des jours de découragement : « Je ne veux plus être sainte, c’est trop difficile ! » Dès son enfance, la Croix du Christ la marque de son empreinte par le biais de la maladie : à quatre ans, une toxicose aiguë, dont elle ressentit longtemps les séquelles tenaces et fâcheuses, faillit l’emporter ; puis ce fut une succession de maux : infection intestinale, congestion pulmonaire, diphtérie, etc. Mais ces ennuis de santé n’entament pas sa bonne humeur. Dès qu’elle est en âge de le comprendre, sa mère lui propose d’offrir ses souffrances à Jésus, de les supporter en pensant à Lui. Claire, pour qui offrir signifie donner, proteste aussitôt : « Je ne veux pas le lui offrir, je ne veux pas qu’il ait mal au ventre à ma place ! ». Mais quelques années après – elle a dix ans – elle confie, un jour de forte fièvre, qu’elle a « demandé dans sa prière d’être malade pour la conversion des pécheurs »

Claire gardera brûlant au fond de son cœur ce désir de sainteté confié, alors qu’elle a six ans, à sa mère – et dont elle lui parlera souvent – et annoncé un jour à son père en ces termes :
« - Vous savez ce que je veux être plus tard ?
- Oui, je le devine. Tu veux être religieuse.
- Non, c’est plus fort que ça.
- Alors je ne devine pas…

- Je veux être sainte, voilà ! C’est plus fort que d’être religieuse, hein ? »

Ainsi, alors qu’elle est pensionnaire à Toulouse, elle note dans son carnet intime : « Je voudrais bien savoir ce que je ferai quand je serai grande. Être mère de famille. J’aimerais tant avoir des enfants pour moi toute seule : mes enfants [...] Être missionnaire en Afrique, comme Albert Schweitzer. Que c’est beau de donner sa vie pour le bon Dieu ! Mais quitter sa maison, sa patrie, ses parents, c’est un dur sacrifice, mais si les missionnaires l’ont fait, pourquoi pas moi ? ‘S’ils ont été saints, pourquoi pas moi ?’, disait saint Augustin. Et que j’aimerais mourir comme Jésus sur la Croix, mourir par le martyre, c’est beau, et avec l’aide de l’Esprit-Saint, n’y arriverais-je pas ? Et Jésus mort sur la Croix, couronné d’épines, flagellé, insulté, profané [...], Lui mon Dieu, en qui je crois, j’espère et j’ai confiance, n’a-t-il pas souffert horriblement pour nos péchés ? Et au lieu d’aller porter la Bonne Nouvelle à ses pauvres afin qu’ils souffrent moins, nous restons dans un bon fauteuil, au coin du feu, tranquillement [...] ! C’est inadmissible, alors que tant de peuples nous attendent pour connaître le Christ ! »

Il ne faudrait pas croire que la ferveur de Claire lui fut toujours facile et naturelle ; mais ayant développé une grande force de volonté, elle fait des efforts même quand cela lui coûte beaucoup, comme en témoigne cette lettre à une amie : « L’autre jour, une cousine déclare (heureusement sans témoin) qu’elle m’admire beaucoup et cherche en tout à me copier. Non seulement je n’en ai été aucunement flattée, mais je l’ai franchement engueulée d’avoir si mauvais goût et je lui ai dit que si elle ne rétractait pas ses paroles, je me sentirais obligée d’être quelqu’un de bien devant elle. Elle ne s’est pas rétractée, hélas !… mais j’ajoute que je ne l’ai pas revue depuis trois semaines. [...] Sans rigoler, tu te rends compte de la responsabilité qu’on a ! [...] Alors je choisis d’être hippie. Ça m’a toujours tentée, dès l’apparition du mot, par son orthographe bizarre et sa sonorité séduisante. Imagine : libre de toutes entraves. [...] Donc avec cette vie de rêve, on n’aurait aucun exemple à donner, et il paraît en plus, qu’entre hippies il n’y a aucune haine particulière, parce que personne n’a à se préoccuper du voisin, et qu’il y a du soleil pour tout le monde. Ah ! Pouvoir vivre sans s’interdire certaines choses sous prétexte que ça choque des gens ! En d’autres temps j’aurais déchiré cette lettre idiote, mais en toute franchise, je te l’envoie. As-tu prié pour ta pauvre Clarita qui perd la boule ? »

Après ses études secondaires et une année universitaire à Toulouse, Claire qui a alors dix-huit ans et demi, part pour Rome où elle a réussi le concours d’entrée de l’Institut de Restauration. La ville éternelle où elle fait l’expérience de la liberté et de l’indépendance lui offre de nombreuses tentations, particulièrement sur le plan de la pureté. Elle sollicite auprès de sa famille force prières, et elle-même répète inlassablement cette invocation qu’elle aime tant : « Ô Marie Immaculée, je vous confie la pureté de mon cœur. Soyez-en la gardienne pour toujours ».

Si jusque là les variations sur le thème du bonheur se succédaient pour former une symphonie inaltérable : « Je suis heureuse plus que tout au monde ! », « Je suis contente, contente, contente ! », « Je suis très heureuse ! J’ai du bonheur en trop, ça déborde. Voulez-vous que je vous en donne ? », « Je suis en pleine plénitude de bonheur ! », les difficultés romaines vont permettre à Claire de vraiment prendre conscience de la source de tout bonheur : l’union à Dieu. « Je me dis qu’au milieu de cette boue païenne, il faut que je fleurisse par Dieu, donc vivre Dieu, donc la joie de Dieu. [...] Je dois être gaie sous peine de manquer de témoignage. [...] Je ne vis plus comme je le devrais, je suis pleine de résolutions que j’oublie tout le temps. Et ma première est celle-ci : être joyeuse (sans forcer) quoi qu’on fasse : vachement dur ! [...] Il me faut d’urgence du calme et une retraite. » « Il faut absolument que je témoigne de Dieu dans la joie… Suffit pas de belles phrases. »

Prise au piège d’une vie artificielle et brillante, Claire ne perçoit pas tout de suite qu’elle suit une mauvaise voie. La réflexion d’une de ses amies : « Tu verras ma pauvre fille, tu y viendras à notre athéisme. Je ne te donne pas un an pour que tu sois comme nous », ajouté à un sentiment de mécontentement d’elle-même et à un demi-échec dans ses études, lui sert de tremplin pour repartir dans la voie sur laquelle Dieu l’attend. Cette épreuve dans sa foi, qui fut pour elle une purification, consolide sa vocation missionnaire auprès des personnes qu’elle fréquente. Vocation au bonheur. « Je voudrais donner du bonheur à tous ceux que j’approche et semer la joie. La petite Thérèse attendait d’être au ciel pour faire des heureux. Moi, je veux en faire sur la terre ».

Une véritable grâce, un pèlerinage en Terre Sainte qui lui permet de mettre ses pas dans ceux du Christ, vient parachever ce retournement, cette conversion, en lui faisant découvrir l’essentiel : « [...] un pèlerinage harassant et bouleversant au sens propre du terme. Ma vie a complètement changé d’optique en trois semaines : au-delà de ma familiarité avec la Sainte Vierge, je découvre l’Amour de Dieu, immense, étonnant et simple. [...] La charité chrétienne c’est d’aimer les autres parce que Dieu les aime. Voilà, entre autres, ce qui me bouleverse de joie divine. [...] J’espère que je ne parle pas trop en bonne sœur, mais je me sens pleine de joie divine ».

A son retour de Terre Sainte, elle reçoit son ordre de mission : participer à Assise, à la restauration des fresques de la basilique de Saint-François. Claire est chargée de la restauration de la fresque représentant sa sainte patronne, puis de celle de saint Martin, dite du Miracle de l’Hostie.

Ce temps passé à Assise est comme enveloppé de recueillement. Elle a décidé de loger chez les Bénédictines, profitant ainsi de leurs offices et de l’eucharistie quotidienne, car elle a désormais soif de paix et de silence. Aussi ce « séjour monastique » lui offre-t-il ce havre de paix tant désiré pour prier et lire (elle « dévore » les œuvres de Charles de Foucauld). Son travail lui aussi l’oriente vers le Seigneur, les fresques étant « pleines de vie spirituelle qui ne peut pas ne pas nous toucher ».

Toute tournée vers le Seigneur qui l’a ramenée auprès de Lui, Claire d’un naturel gai, pleine d’humour et de joie de vivre, revient dans la résidence familiale de Lauret transfigurée ; sa joie ne l’a pas quittée, elle s’est approfondie. Claire connaît désormais la joie parfaite dont nous parle saint Jean : « Demeurez en mon amour, [...] afin que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite » (Jn 15, 9 ; 11). Les épreuves de tous ordres que Claire a subies – la maladie depuis l’enfance, son épreuve spirituelle à Rome et les conséquences sur ses études – ont participé à cette purification qui la préparait à accueillir la mort et à entrer dans l’union divine. « Je suis tellement heureuse que si je mourais maintenant, je crois que j’irais au ciel tout droit, puisque le ciel c’est la louange de Dieu, et j’y suis déjà », confie Claire à sa mère quelques jours avant que ne se déclenche la méningo-encéphalite virale foudroyante qui doit l’emporter. Ces mêmes jours sont marqués par un pèlerinage à Lourdes, dans ce lieu marial qu’elle aime tant. Là, un mystérieux colloque entre elle et la Sainte Vierge se produit, tandis que Claire prie, prosternée devant la grotte. Leur échange silencieux est leur secret… Mais la mère de Claire voit à son visage qu’il s’est passé quelque chose et en conçoit une grande inquiétude. Sans doute a-t-elle compris, inconsciemment, que Claire possède en plénitude cette joie de Dieu tant recherchée, et que la place d’une telle âme n’est plus sur la terre.

Alors que Claire magnifiait la création par son travail artistique, le Créateur finissait de façonner le cœur de sa créature pour le grand face à face. L’ouvrage achevé, Il peut venir chercher, le 22 janvier 1975, celle qui désirait n’être qu’ « une louange vivante à Dieu », pour qu’enfin unie au chœur des Bienheureux, elle soit, à leur instar, une louange incessante.
Flèche embrasée d’absolu, Claire traversa le monde pour nous délivrer, par sa vie extérieurement si semblable à la nôtre, ce message : « Tu as pour vocation le bonheur ! »

Femmes pour L’aimer [22]

Jeudi 2 octobre 2008

Jour 5:

Claire de Castelbajac, Chiara Badano : Témoins de notre vocation au bonheur

« Soyez toujours joyeux dans le Seigneur, je le répète, soyez joyeux ». (St. Paul)


Chante… montre ta joie de vivre … quand t’es à bout de force, lorsque tu n’en vois plus la fin … si un jour il t’arrive de ne plus savoir ou tu en es, si tu n’arrives plus à te relever …  chante… et tu surmonteras tes difficultés…

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Il y a la joie qui vient de dedans et il y a celle qui vient du dehors.
Je voudrais que les deux soient tiennes
Qu’elles remplissent les heures de ton jour
Et les jours de ta vie ;


Car lorsque les deux se rencontrent et s’unissent,
Il y a un tel chant d’allégresse que ni le chant de l’alouette ni celui du rossignol ne peuvent s’y comparer.
Mais si une seule devait t’appartenir ;

Si pour toi je devais choisir
Je choisirai la joie qui vient du dedans.

J’ai besoin de quelque chose qui dure
De quelque chose qui n’a pas de fin, qui ne peut pas finir
Et la joie qui vient du dedans ne peut pas finir

Elle est comme la rivière tranquille
Toujours la même, toujours présente

Parce que la joie qui vient du dehors est comme le soleil qui se lève le matin et qui, le soir se couche.
Comme l’arc en ciel qui parait et disparaît
Comme la chaleur de l’été qui vient et se retire
Comme le vent qui souffle et passe
Comme le feu qui brûle puis s’éteint…
Trop éphémère, trop fugitive.

Elle est comme le rocher
Comme le ciel et la terre qui ne peuvent ni changer, ni passer,

Je la retrouve aux heures de silence
Aux heures d’abandon


Son chant m’arrive au travers de ma tristesse et de ma fatigue
Elle ne m’a jamais quittée

C’est Dieu ; c’est le chant de Dieu en moi


Cette force tranquille qui dirige les mondes et qui conduit les hommes et qui n’a pas de fin
Qui ne peut pas finir.

Livre du Lézard.

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