2- nécessité de la direction spirituelle

2- nécessité de la direction spirituelle

« Cassien, qui avait passé de longues années au milieu des moines de Palestine, de Syrie et d’Egypte, a consigné leur doctrine et la sienne dans deux ouvrages. Or, dans le premier, le livre des Institutions, il presse vivement les jeunes cénobites d’ouvrir leur cœur au vieillard chargé de leur conduite, de lui manifester sans fausse honte leurs pensées les plus secrètes, et de s’en remettre complètement à sa décision pour le discernement de ce qui est bon et de ce qui est mauvais. Il revient sur ce point dans ses Conférences, et après avoir exposé les dangers auxquels s’exposent ceux qui ne consultent pas les anciens, il conclut que le meilleur moyen de triompher des tentations les plus dangereuses, c’est de les manifester à un sage conseiller, ce qu’il appuie sur l’autorité de Saint Antoine et de l’abbé Sérapion.

Ce que Cassien enseigne aux moines d’Occident, S. Jean Climaque l’inculque aux moines d’Orient, dans l’Echelle du Paradis. Aux débutants, il fait remarquer que ceux qui veulent sortir d’Egypte et dompter leurs passions déréglées, ont besoin d’un Moïse qui leur serve de guide. Aux âmes qui progressent il déclare que, pour suivre Jésus-Christ et jouir de la sainte liberté des enfants de Dieu, il faut confier avec humilité le soin de son âme à un homme qui soit le représentant du divin Maître, et le bien choisir, parce qu’il faudra lui obéir avec simplicité, malgré les petits défauts qu’on remarquerait en lui, la seule chose à redouter étant de suivre son propre jugement.

Saint Bernard veut que les novices dans la vie religieuse aient un guide, un père nourricier qui les instruise, les conduise, les console et les encourage. Aux personnes plus avancées, par exemple, au chanoine régulier Ogier, il déclare que celui qui se constitue son propre maître ou directeur, se fait le disciple d’un sot ; et il ajoute : « j’ignore ce que les autres pensent d’eux-mêmes à ce sujet ; pour moi, je parle d’expérience, et je déclare qu’il m’est plus facile et plus sûr de commander à beaucoup d’autres que de me conduire moi seul »

(Epist. LXXXVII, 7).  In : Tanquerey
= fait d’expérience

1) En exposant une situation, on l’éclaircit
La présence d’un auditeur et la nécessité de nous faire comprendre nous stimule à mettre nos idées au clair.

2) Nous sommes trop près de nous-mêmes pour bien nous voir.
Que d’illusions seraient dissipées par un regard extérieur
besoin de recul => regard extérieur
aide à se connaître et à se comprendre
=/= démission de nos responsabilités
Amour de soi nécessaire
Et suppose Connaissance
On peut être de bon conseil pour les autres et avoir soi-même besoin d’une aide extérieure.

3) La direction donne confiance et courage

Est-ce utile pour tous ?
OUI
Pour toute personne qui veut progresser, quel que soit son degré d’avancement
Surtout pour les âmes avancées.
« Tout chrétien doit s’appliquer, quand il le peut, à communiquer avec un guide instruit, et le plus éclairé sera le meilleur. Celui qui suit la voie de l’oraison en a plus besoin que tout autre ; et plus on est avancé dans la spiritualité, plus il faut y avoir recours » (Ste Thérèse d’Avila, Vie, ch. XIII, p.133)
Si le Saint  Esprit est le Maître intérieur, Il passe ordinairement par des médiations.
=> danger de se prendre comme son propre directeur.

Mais DS surtout nécessaire à certains  « points de passage », certains caps de notre vie spirituelle.
Dans les périodes d’obscurité que sont certaines périodes de transition.
Si âme ne comprend pas ce que Dieu opère en elle ou réclame d’elle, risque d’achopper, de mal interpréter, …

Dans moments de « conversion » : phénomènes nouveaux => inexpérience => danger d’illusion et de fausse route.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser au premier abord, plus on progresse dans la vie spirituelle, plus la direction spirituelle est utile. En effet, c’est alors que les tentations de Satan deviennent subtiles, prennent l’apparence du bien. C’est alors que le chrétien vit une expérience qu’on appelle la nuit : avant l’union à Dieu, c’est un temps de purification et d’épreuve (d’une certaine manière, comme le purgatoire avant la vie éternelle…) ; il faut que, dans notre relation à Dieu, disparaisse tout ce qui n’est pas amour. Or, nous nous rendons compte parfois que notre foi est parfois mêlée avec les conventions sociales, avec les habitudes, avec la peur, etc. La nuit, c’est quand ces éléments disparaissent, mais que l’amour ne se fait pas encore sentir, ou qu’il se fait sentir comme un feu qui brûle ces éléments et non comme une eau douce et apaisante.
P . Laurent JESTIN, Padre Pio directeur spirituel

Et le démon peut nous tenter sous apparence de bien (se déguise en ange de lumière) : d’où la nécessité de parler avec notre DS de nos bonnes résolutions. Ne jamais faire de promesse ou vœux sans lui en parler.
On distingue trois « âges » de la vie spirituelle :
1- les commençants (voie ou vie purgative)
2- les progressants (voie ou vie illuminative)
3- les parfaits (voie ou  vie unitive)

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