4- qualités et devoirs du dirigé

4- qualités et devoirs du dirigé


1ère exigence (1ère qualité du cœur demandée) : DETERMINATION à suivre le Christ, à le mettre à la première place.
Si le dirigé n’est pas résolu à avancer et à en prendre les moyens, le DS ne pourra rien faire.

2e: ouverture d’âme réelle.
Pas toujours facile (surtout pour zones d’ombre…)
=> confiance nécessaire (confiance voulue, recherchée, fruit d’un combat < confiance en Dieu)
=> simplicité : dire en toute simplicité au DS ce qu’il a besoin de savoir : les fautes et leurs racines, les tentations, les luttes, les efforts, les attraits pour le bien, les actes de vertu …

Le DS n’est pas un voyant qui pourrait tout deviner sans qu’on l’éclaire.
Pour bien conduire une âme, le directeur doit connaître ce qu’il y a de principal dans sa vie passée, ses fautes les plus habituelles, les efforts déjà tentés pour s’en corriger, les résultats obtenus, afin de bien voir ce qui reste à faire ; puis les dispositions présentes, les attraits, les répugnances, le genre de vie qu’on mène, les tentations qu’on éprouve et la tactique qu’on emploie pour les vaincre, les vertus dont on sent davantage le besoin et les moyens employés pour les acquérir, le tout en vue de donner des conseils plus précis.

C’est alors qu’on peut plus facilement dresser un programme de direction, programme souple qui s’adapte à l’état actuel du pénitent pour le rendre meilleur. On ne peut en effet conduire toutes les âmes de la même façon ; il faut les prendre au degré où elles sont, pour les aider à monter graduellement, sans brûler trop d’étapes, le sentier escarpé de la perfection.

3e foi en Dieu, en sa Providence, en sa bienveillance paternelle.
Croire qu’Il nous regarde, qu’il nous entend, qu’il nous parle (par les personnes, les évènements, …), qu’Il nous appelle, qu’Il nous aime.

4e laisser place au conseil et pratiquer l’obéissance :
Si écoute par le DS primordiale, conseil suit généralement écoute.
Application des conseils par dirigé manifeste confiance faite au Seigneur.

Rien de moins surnaturel que de vouloir faire entrer DS dans nos sentiments et nos idées ; rien aussi de plus nuisible au bien de l’âme ; car ce n’est pas alors la volonté de Dieu qu’on cherche, mais la sienne propre, avec cette circonstance aggravante qu’on abuse d’un moyen divin pour une fin égoïste. Notre unique désir doit être de connaître la volonté divine par l’intermédiaire de notre directeur, et non de lui extorquer une approbation par des procédés plus ou moins habiles : on peut tromper son directeur, on ne trompe pas celui qu’il représente.

Sans doute notre devoir est de lui faire connaître nos goûts et nos répugnances, et si nous voyons des difficultés, une sorte d’impossibilité à mettre en pratique tel conseil, nous devons le dire en toute simplicité ; mais, quand nous l’avons fait, il ne reste plus qu’à se soumettre. Notre directeur peut à la rigueur se tromper ; nous ne nous trompons point en lui obéissant, sauf naturellement s’il nous conseillait quelque chose de contraire à la foi ou aux mœurs ; dans ce cas, il faudrait changer de directeur.

Insistons sur le fait que c’est l’obéissance qui assure l’efficacité de la DS (dans les domaines que nous déterminons => notre liberté reste première).
Si nous obéissons au DS c’est parce que nous avons fait choix de lui obéir (rappel : nous pouvons en changer)
Mais sans contrainte, scrupule ou précipitation. Cf SFS :
Et s’il vous advient de laisser quelque chose que je vous ordonne, ne vous mettez point en scrupule; car voici la règle générale de notre obéissance écrite en grosses lettres :
IL FAUT TOUT FAIRE PAR AMOUR, ET RIEN PAR FORCE. IL FAUT PLUS AIMER L’OBÉISSANCE QUE CRAINDRE LA DÉSOBÉISSANCE.


Je vous laisse l’esprit, de liberté, non pas celui qui exclut l’obéissance, car c’est la liberté de la chair; mais celui qui exclut la contrainte et le scrupule, ou empressement.
Si vous aimez bien fort l’obéissance et soumission, je veux que s’il vous vient occasion juste ou charitable de laisser vos exercices, ce soit une espèce d’obéissance, et que ce manquement soit suppléé par l’amour.
SFS lettre à Ste Jeanne de Chantal, 14 oct 1604

Exemple significatifs dans la vie des saints : Jésus demande quelque chose à l’âme, le DS demande autre chose ; et le Seigneur demande ensuite d’obéir malgré tout au DS (cf : TA, Ste Marguretite-Marie, Ste Faustine…)
 

Pour les scrupuleux : obéissance stricte réclamée.

Le dirigé doit avoir pour le DS un respect filial, voyant en lui l’instrument dont Dieu se sert pour le conduire à Lui. L’amitié est possible, pourvu que ce respect ne soit pas atteint

Ayez en lui une extrême confiance mêlée d’une sacrée révérence, en sorte que la révérence ne diminue point la confiance, et que la confiance n’empêche point la révérence; confiez. vous en lui avec le respect d’une fille envers son père, respectez-le avec la confiance d’un fils envers sa mère: bref, cette amitié doit être forte et douce, toute sainte, toute sacrée, toute divine et toute spirituelle.
SFS IVD I,4
 

Une réponse à “4- qualités et devoirs du dirigé”

  1. Angélique dit :

    Bonjour,

    Merci pour cet article très intéressant et utile. Il m’aide beaucoup. Je suis en train d’écrire une lettre à mon directeur spirituel (je ne peux pas aller le voir pendant l’hiver) et j’ai beaucoup de mal à m’exprimer, surtout que j’ai beaucoup de choses à lui dire. Votre article m’aide à ne pas trop me poser de questions sur la « forme » et à m’en poser plus sur le « fond ».

    En union de prière
    Angélique

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