La direction spirituelle [annexe 1]

Annexe 1 : Petit Journal de sainte Faustine

Sainte Faustine

936. Je noterai encore un mot à propos de mon directeur de conscience. C’est étrange qu’il y ait si peu de prêtres capables de donner à l’âme puissance, courage et force, pour qu’elle continue d’avancer sans fatigue. Sous une telle direction, l’âme, même si elle a peu de forces peut faire beaucoup pour la gloire de Dieu. Et j’ai découvert ici un secret c’est que le confesseur ou plutôt le directeur ne dédaigne pas les plus petites choses que l’âme lui présente. Quand l’âme s’aperçoit qu’elle est contrôlée en cela, elle commence à s’y exercer et ne manque pas la plus petite occasion de pratiquer cette vertu et elle évite les moindres fautes. Et de ces efforts s’élève dans l’âme un temple très beau, bâti de ces petites pierres. Si, au contraire, l’âme se rend compte que le directeur dédaigne ces petites choses, elle aussi commencera à les dédaigner. Elle cessera d’en rendre compte à son confesseur. Et ce qui est pire encore, elle commencera à se négliger dans les petits détails. Ainsi, au lieu d’avancer, elle reculera lentement. Et elle ne s’en apercevra que lorsqu’elle tombera en des fautes plus graves. Ici se pose une sérieuse question : qui est fautif ? Elle ou le confesseur, c’est-à-dire le directeur ? Je pencherais plutôt pour le directeur. Il me semble qu’il faut imputer toute la faute à l’imprudence du directeur. La faute de l’âme est qu’elle s’est elle-même choisie son directeur. Le directeur aurait pu mener l’âme à la sainteté par les voies de la volonté divine. L’âme devrait prier très ardemment et très longtemps pour avoir un directeur.

937. Et elle devrait demander que Dieu daigne Lui-même, lui en choisir un. Ce qui commence en Dieu, sera à Dieu. Et ce qui commence d’une manière purement humaine restera humain. Dieu est si miséricordieux que pour aider l’âme, Il lui assigne Lui-même un chef spirituel. Et Il donnera à l’âme la connaissance de la personne à qui l’âme doit dévoiler comme devant Jésus Seul, ses plus secrètes profondeurs. Lorsque l’âme considèrera et reconnaîtra que c’est Dieu qui dirige cela, qu’elle prie bien ardemment pour ce directeur afin qu’il puisse bien la connaître à la lumière divine. Qu’elle ne change pas de directeur, à moins que ne survienne quelque chose de sérieux ! Comme elle a beaucoup prié pour connaître la volonté divine avant le choix du directeur, de même si elle veut en changer, qu’elle prie beaucoup et ardemment pour savoir si c’est vraiment la volonté divine qu’elle en choisisse un autre. Si elle ne voit pas la volonté formelle de Dieu, qu’elle n’en change pas ! Car seule l’âme n’ira pas loin et Satan ne désire que cela, que l’âme qui aspire à la sainteté se dirige elle-même. Et alors il n’y a pas de doute, elle n’arrivera pas à la sainteté. Il y a une exception, c’est lorsque Dieu dirige l’âme directement Lui-même.

938. Mais le directeur s’apercevra tout de suite que l’âme est dirigée par Dieu seul. Dieu lui permettra de reconnaître cela clairement et distinctement. Dans ce cas l’âme doit être sous un contrôle plus strict encore que d’autres. Et le rôle du directeur consistera moins à diriger et à indiquer la voie que l’âme doit suivre, qu’à juger et à approuver que l’âme est dans la bonne voie et qu’un bon esprit la dirige. Le directeur devrait être non seulement saint, mais aussi expérimenté et prudent. L’âme devrait préférer son opinion à l’opinion de Dieu même. Alors elle sera à l’abri des illusions et des déviations. L’âme qui ne soumettrait pas ses inspirations au strict contrôle de l’Eglise, c’est-à-dire de son directeur, par cela même fait supposer qu’un mauvais esprit la dirige. Le directeur doit être très prudent à cet égard et il doit éprouver l’âme par obéissance. Satan peut se dissimuler sous le manteau de l’humilité. Mais il ne sait pas se revêtir du manteau de l’obéissance.
Et là toute son action le trahit. Mais le directeur ne devrait pas avoir trop peur. Car si Dieu remet cette âme exceptionnelle sous sa protection, Il lui donnera aussi une grande lumière divine à cet égard. Autrement comment pourrait-il juger les grands mystères qui se passent entre l’âme et Dieu ?

939. J’ai beaucoup souffert moi-même et j’ai été très éprouvée sous ce rapport. C’est pourquoi j’écrit seulement ce que j’ai moi-même éprouvé. J’ai fait beaucoup de neuvaines et de pénitences, j’ai récité beaucoup de prières avant que Dieu ne m’envoie le prêtre qui comprendrait mon âme. Il y aurait beaucoup plus d’âmes saintes, s’il y avait plus de directeurs expérimentés et saints. Plus d’une âme, qui aspire sincèrement à la sainteté ne sait pas se débrouiller seule quand viennent les moments d’épreuves. Et elle quitte alors la voie de la perfection. Ô Jésus, donnez-nous des prêtres zélés et saints !

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