La vie d’Oraison [8]

4- En route vers une plénitude.

L’oraison thérésienne porte en soi une dynamique vers la plénitude de l’amour. Elle est relation d’amour et l’amour est toujours en progrès. On ne parvient pas à l’union à Dieu sans s’y engager à 100% !

3 Réponses à “La vie d’Oraison [8]”

  1. MATHIAS dit :

    Bonjour,

    je vais qu’on me dise concrètement la vie d’oraison ce que c’est et que faire pour parvenir à la plénitude de l’amour par les actes.

  2. Jarlot dit :

    la vie d’oraison est justement le moyen pour arriver à la plénitude de l’amour par les actes.
    Avoir une vie d’oraison consiste à choisir de donner chaque jour un quart d’heure ou plus (selon l’emploi du temps de chacun) à Dieu seul dans le but de mieux le connaitre. Car comment aimer une personne que l’on ne connait pas. Attention, l’oraison n’est pas une rêverie où l’on cherche à sentir la présence de Dieu. Elle doit être nourri par des textes: l’Evangile est le premier à utiliser absolument tant il est riche. et surtout, méditer l’Evangile nous fait connaitre Jésus non plus comme un Dieu lointain mais comme cet Homme à la fois Dieu rédempteur et Homme ami de l’âme au quotidien. On peut méditer sur une page, une phrase, un évènement dans son ensemble. Pour être concrête, à la fin de l’oraison, il faut pour que elle porte des fruits, voir en quoi ce que l’on a pu approfondir pendant l’oraison peut s’appliquer dans notre vie quotidienne et prendre une résolution pour la journée. pour ma part, je conseillerais d’ailleurs de mettre ce moment en début de journée car ainsi il éclaire toute la journée. cette oraison permet de donner à chaque journée une lumière spirituelle; et peu à peu, en avancant dans la connaissance de l’amour de Dieu, notre ame ne peut que vouloir aimer plus. Libre à nous alors avec l’aide de Dieu de combler d’amour chacun de nos actes… même les plus petits. Ce qui est sur, c’est qu’il n’y a pas d’autres solutions que la connaissances spirituelle de la Dieu pour parvenir à la plénitude de l’amour par les actes.

    Ceci dit tout cela se fait trés trés lentement; pour qu’une vie d’oraison porte du fruit, il faut de l’endurance. Il y a des jours où Dieu nous innonde de Grâces et ceux où c’est la panne sèche! Et c’est cela le plus difficile… ne pas se décourager et continuer toujours…

    Pour plus d’aide concrète, tu peux chercher la méthode de Saint Ignace de Loyola sur la méditation. C’est avec cà que j’ai commencé et que je continue…

    Bon courage! A la grâce de Dieu.

  3. Abbé de MONTJOYE dit :

    Voici encore quelques conseils pour comprendre ce qu’est la vie d’oraison. on n’en parlera jamais assez tant elle est ESSENTIELLE à qui veut progresser dans la vie spirituelle. Si vous voulez en savoir plus, je peux vous fournir une petitebibliographie sur le sujet, avec quelques commentaires. Bonne lecture.

    « Il n’y a qu’un chemin pour aller à Dieu, c’est l’oraison ; si on vous en indique un autre, on vous trompe » (sainte Thérèse d’Avila)

    Ce genre de formule pourrait passer pour excessive si elle était due à la plume d’un auteur de troisième ou quatrième catégorie, mais jaillie de la vie spirituelle de sainte Thérèse d’Avila, elle nous oblige à l’assentiment. Ce n’est pas rien d’être Docteur de l’Eglise et spécialement Docteur de la vie mystique. Et en disant « vie mystique », nous n’entendons pas parler bien sûr seulement de celle des grands contemplatifs favorisés de phénomènes extraordinaires. Tout chrétien, tout baptisé est appelé à une vie mystique, puisque c’est la vie de Dieu en nous, c’est l’épanouissement naturel de l’union de notre âme avec Dieu. Il est sûr que si notre vie de prière se limite à un Pater et un Ave le soir et le matin, nous ne risquons pas de connaître cet épanouissement auquel notre âme aspire – entendez-vous son cri ? –
    Les chrétiens de bonne volonté ignorent souvent ce puissant moyen de renforcer l’union divine, et par conséquent de se purger des péchés qui sont le premier obstacle à cette union. Cela est si vrai qu’un Père du désert nous enseigne que notre conversion est plus affaire de prière que d’effort. Mais comment prier plus sans se lasser ? Comment arriver surtout à cette prière perpétuelle demandée par le Sauveur lui-même? Ces questions peuvent surprendre, car en vérité elles témoignent justement d’un manque d’expérience des voies de Dieu et des voies qui mènent à Dieu.
    Tout d’abord comme je l’évoquais plus haut, pour trop de chrétiens, la prière se résout à la prière vocale, à réciter des formules : prières des psaumes, des saints, de l’Eglise, neuvaines, litanies, chapelets divers … On peut parfois être écrasé, pour ne pas dire assommé par de telles accumulations qui loin de libérer notre prière finissent par l’étouffer. L’attitude à avoir face à toutes ces prières, si belles soient-elles, fussent-elles inspirées par le saint-Esprit comme les psaumes, c’est de s’en servir pour autant qu’elles nous aident à monter vers Dieu, et à nous en dégager pour autant qu’elles ne nous sont plus nécessaires. A chacun son rythme ! Il y a un équilibre à trouver, équilibre toujours fluctuant selon nos propres dispositions intérieures. Cela paraît une évidence, mais certaines personnes ont comme des scrupules à se dégager des prières vocales et restent à cause de cela comme paralysées dans leur vie spirituelle. La prière vocale doit être subordonnée à l’oraison mentale, comme le moyen à la fin. Comment faire ? Comment « remplir » une prière silencieuse, pour qu’elle ne devienne pas vide de Dieu, pleine du reste, pour qu’elle reste une prière ?
    La tradition chrétienne nous parle tout d’abord de la méditation, dans laquelle l’âme, prenant appui sur un texte (Ecriture Sainte, livre de méditation ou de spiritualité, bulletin paroissial …) s’applique à scruter une parole ou une scène particulière (spécialement la vie du Christ) sur laquelle on réfléchit. On se représente par l’imagination comment les choses se sont passées ; on se demande quel est le sens profond de telle parole… On peut aussi méditer sur un mystère de la foi. Plus nous méditerons sur les vérités de foi, plus nous les goûterons, et plus notre foi sera forte, vivante et éclairée. Dans la méditation, la mémoire et l’intelligence ont encore une part active, même si leur exercice est appelé à déboucher sur des « affections » qui sont le fruit de la volonté et du cœur. Il existe de nombreuses méthodes reconnues et approuvées par l’Eglise, correspondant à différentes familles spirituelles. Chacune insiste cependant sur cette rumination silencieuse d’une parole, d’une phrase, d’un paragraphe ou d’une page (rarement plus, après on se retrouve simplement à faire une lecture spirituelle) en vue de produire des affections et résolutions. Le but de la méditation, c’est d’apprendre à vivre sous le regard de Dieu, c’est de rectifier jour après jour la trajectoire qui dévie. Saint François de Sales, qui est aussi Docteur de la vie spirituelle, nous dit de la méditation qu’elle n’est « autre chose qu’une attentive et réitérée pensée, propre à produire des affections ou bonnes ou mauvaises » (TAD, VI,2). La petite Thérèse encore enfant décrivant ses méditations secrètes disait simplement : « Je pense. » Mais méditer, c’est diriger sa pensée, non pas se laisser mener sur les flots de l’imagination. Si la mémoire et l’intelligence ont leur rôle, ce n’est pas cependant un exercice scolaire de recherche théologique Ecoutons quelques conseils donnés par saint Ignace dans ses Exercices Spirituels : « Ce n’est pas l’abondance de la science qui rassasie l’âme et la satisfait ; mais c’est le sentiment et le goût intérieur des vérités qu’elle médite » (II° annotation) Dès lors, « Si j’éprouve (dans une seule considération) les sentiments que je voulais exciter en moi, je m’y arrêterai et je m’y reposerai, jusqu’à ce que mon âme soit pleinement satisfaite » (idem IV° addition) « S’il arrive qu’une ou deux paroles fournissent, même pendant l’heure entière, une matière suffisante à la réflexion et que l’on trouve à les méditer du goût et de la consolation spirituelle, on ne se mettra point en peine de passer outre » (idem II° manière de prier).
    On comprend alors que la méditation est en fait un moyen de parvenir à l’oraison mentale ou contemplative. L’âme peut passer de l’une à l’autre sans s’en rendre compte. Donnons quelques citations qui nous aideront à la comprendre et à en saisir l’importance : « L’oraison mentale n’est, à mon avis, qu’un commerce intime d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé » (Ste. Thérèse d’Avila). « L’oraison, c’et l’attitude de l’âme tournée vers Dieu » (Saint Augustin) » ; Saint François de Sales la définit « une amoureuse, simple et permanente attention de l’esprit aux choses divines », et saint Jean de la Croix la décrit : «L’âme se plaît à se trouver seule avec Dieu, fixant sur Lui son attention affectueuse sans considération particulière ». « Pourvu que votre âme regarde Dieu et s’occupe en Lui, cela suffit pour une bonne oraison » (Monsieur Olier) Et sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus parlait de ses oraisons en disant : « Je ne Lui dis rien ; je L’aime ! ». On retrouve la simplicité du regard du paysan d’Ars disant : « Je l’avise et Il m’avise. ». Cette simplicité du regard est comme la pointe de l’oraison. Dans sa langue savoureuse, Saint François de Sales, toujours dans son traité de l’Amour de Dieu nous dit « La méditation est mère de l’amour, mais la contemplation est sa fille » (TAD VI,3) Il faudrait en fait lire entièrement les livres VI et VII (lire les extraits ci-dessous).

    abbé Hugues de MONTJOYE

    Saint François de Sales nous parle de la méditation et de la contemplation :

    « Théotime, la contemplation n’est autre chose qu’une amoureuse, simple et permanente attention de l’esprit, aux choses divines; ce que vous entendrez aisément par la comparaison de la méditation avec elle.
    (…) L’oraison s’appelle méditation jusqu’à ce qu’elle ait produit le miel de la dévotion : après cela elle se convertit eu contemplation. (…) Nous méditons pour recueillir l’amour de Dieu, mais l’ayant recueilli, nous contemplons Dieu et sommes attentifs à sa bonté pour la suavité que l’amour nous y fait trouver. Le désir d’obtenir l’amour divin nous fait méditer, mais l’amour obtenu nous fait contempler; car l’amour nous fait trouver une suavité si agréable en la chose aimée, que nous ne pouvons assouvir nos esprits de la voir et considérer . » (VI,3)
    « La méditation considère par le menu et comme pièce à pièce les objets qui sont propres à nous émouvoir; mais la contemplation fait une vue toute simple et ramassée sur l’objet qu’elle aime; et la considération ainsi unie fait aussi un mouvement plus vif et fort. On peut regarder la beauté d’une riche couronne en deux sortes, ou bien voyant tous ses fleurons et toutes les pierres précieuses dont elle est composée l’une après l’autre; ou bien, après avoir considéré ainsi toutes les pièces particulières, regardant tout l’émail d’icelle ensemble d’une seule et simple vue. La première sorte ressemble à la méditation, en laquelle nous considérons, par exemple, les effets de la miséricorde divine, pour nous exciter à son amour. Mais la seconde est semblable à la contemplation, en laquelle nous regardons d’un seul trait arrêté de notre esprit toute la variété des mêmes effets, comme une seule beauté composée de toutes ces pièces qui font un seul brillant de splendeur ! » (VI,5)
    « La contemplation a toujours cette excellence, qu’elle se fait avec plaisir, d’autant qu’elle présuppose que l’on a trouvé Dieu et son saint amour, qu’on en jouit et qu’on s’y délecte en disant : J’ai trouvé celui que mon âme chérit, je l’ai trouvé, et ne le quitterai point . En quoi elle diffère d’avec la méditation, qui se. fait presque toujours avec peine, travail et discours, notre esprit allant par icelle de considération en considération, cherchant en divers endroits ou le bien-aimé de son amour, ou l’amour de son bien-aimé. » (Traité de l’Amour de Dieu VI,6)

    (on lira aussi avec profit le CEC n° 2709 à 2719)

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