L’existence de Dieu [18]

IV/ La décision de croire en Dieu, au-delà de la raison

A. Les arguments métaphysiques sont supra-rationnels

 Les arguments développés ne sont pas au sens strict scientifiques. On ne pourra jamais réellement imaginer Dieu, il n’est qu’au bout d’une perception intuitive de l’intelligence.

C’est la même chose que d’imaginer l’infini des sentiments d’une personne dont on peut seulement juger scientifiquement l’apparence externe.

Ainsi, les arguments métaphysiques sont au-delà de la raison physique. D’après St Thomas d’Aquin l’achèvement scientifique se fait par la sagesse de la raison métaphysique : il légitime alors ce mode de pensée si particulier.

B. Le « soupçon » est infra-rationnel

 Le soupçon semble infrarationel, car il refuse d’opposer des arguments à des arguments. On n’essaie pas de critiquer au niveau même de l’argumentation (principe de causalité, non-régression à l’infini, situation de hasard…) mais on préjuge d’une motivation psychologique ou sociale cachée.

Ainsi tout soupçon est réducteur : on ne peut expliquer un être humain uniquement par son soubassement psychologique ou social. Ne voir en l’homme que de l’inconscient, du ressentiment, ou un conditionnement social, c’est réduire l’homme à ce qu’il a de moins humain. Certes tout homme a une psychologie et un rapport social, mais tout ne s’explique pas par ces paramètres…

C. Décider de croire

 Tôt ou tard surgit la question du sens de la vie et celle de l’existence de Dieu resurgit. C’est ce qui motive au fond le devoir moral d’être en quête de la vérité : en effet, tout tient à vouloir la chercher ou refuser de la chercher. En d’autres termes, l’accès à Dieu n’est pas une pure question intellectuelle, elle est aussi morale. Voilà pourquoi on peut être intelligent et agnostique voire même athée.

 Mais on peut faire le pari de pascal : « Vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien, et deux choses à engager : votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude; et votre nature a deux choses à fuir : l’erreur et la misère. Votre raison n’est pas plus blessée, en choisissant l’un que l’autre, puisqu’il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte, en prenant choix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est, sans hésiter. », Pensées, Blaise Pascal (1670)

 Remarque : on peut explorer le “dubito, ergo Deus est” de Descartes reprit avec fruits par Jean Guiton dans son testament philosphique : Le doute de l’existence de Dieu rassure car s’il était compréhensible, démontrable, soit finalement à notre portée, il ne serait plus Dieu puisque plus transcendant…

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