Archive pour mars 2009

Petite citation à méditer [18]

Dimanche 29 mars 2009

« Il faut travailler en ce monde, il faut combattre. On aura bien le temps de se reposer toute l’éternité. »

St Curé d’Ars

L’amitié [4]

Samedi 28 mars 2009

 

Deus Caritas Est

18. L’amour du prochain se révèle ainsi possible au sens défini par la Bible, par Jésus. Il consiste précisément dans le fait que j’aime aussi, en Dieu et avec Dieu, la personne que je n’apprécie pas ou que je ne connais même pas. Cela ne peut se réaliser qu’à partir de la rencontre intime avec Dieu, une rencontre qui est devenue communion de volonté pour aller jusqu’à toucher le sentiment. J’apprends alors à regarder cette autre personne non plus seulement avec mes yeux et mes sentiments, mais selon la perspective de Jésus Christ. Son ami est mon ami. Au-delà de l’apparence extérieure de l’autre, jaillit son attente intérieure d’un geste d’amour, d’un geste d’attention, que je ne lui donne pas seulement à travers des organisations créées à cet effet, l’acceptant peut-être comme une nécessité politique. Je vois avec les yeux du Christ et je peux donner à l’autre bien plus que les choses qui lui sont extérieurement nécessaires: je peux lui donner le regard d’amour dont il a besoin. Ici apparaît l’interaction nécessaire entre amour de Dieu et amour du prochain, sur laquelle insiste tant la Première Lettre de Jean. Si le contact avec Dieu me fait complètement défaut dans ma vie, je ne peux jamais voir en l’autre que l’autre, et je ne réussis pas à reconnaître en lui l’image divine. Si par contre dans ma vie je néglige complètement l’attention à l’autre, désirant seulement être «pieux» et accomplir mes «devoirs religieux», alors même ma relation à Dieu se dessèche. Alors, cette relation est seulement «correcte», mais sans amour. Seule ma disponibilité à aller à la rencontre du prochain, à lui témoigner de l’amour, me rend aussi sensible devant Dieu. Seul le service du prochain ouvre mes yeux sur ce que Dieu fait pour moi et sur sa manière à Lui de m’aimer. Les saints – pensons par exemple à la bienheureuse Teresa de Calcutta – ont puisé dans la rencontre avec le Seigneur dans l’Eucharistie leur capacité à aimer le prochain de manière toujours nouvelle, et réciproquement cette rencontre a acquis son réalisme et sa profondeur précisément grâce à leur service des autres. Amour de Dieu et amour du prochain sont inséparables, c’est un unique commandement. Tous les deux cependant vivent de l’amour prévenant de Dieu qui nous a aimés le premier. Ainsi, il n’est plus question d’un «commandement» qui nous prescrit l’impossible de l’extérieur, mais au contraire d’une expérience de l’amour, donnée de l’intérieur, un amour qui, de par sa nature, doit par la suite être partagé avec d’autres. L’amour grandit par l’amour. L’amour est «divin» parce qu’il vient de Dieu et qu’il nous unit à Dieu, et, à travers ce processus d’unification, il nous transforme en un Nous, qui surpasse nos divisions et qui nous fait devenir un, jusqu’à ce que, à la fin, Dieu soit «tout en tous» (1 Co 15, 28).

Le Bon Dieu sans confession?

Vendredi 27 mars 2009

 

Nous vous proposons aujourd’hui un article sur la confession… utile en ce temps de carême. 

Le Bon Dieu sans confession ?
 

 Quel étrange paradoxe, le sacrement de la réconciliation semble en perte de vitesse alors qu’on ne s’est jamais autant confessé… à son psy, à la radio ou même à la télévision.

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Dans le Nouveau Testament Jésus-Christ se présente comme celui qui libère de la servitude du péché. Il le dit lui-même quand il affirme que «le Fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés.» (Marc 2, 10). Le Christ veut que cette mission, que le Père lui a confiée, se poursuive dans son Eglise: «Jésus souffla vers eux (les apôtres) et leur dit: Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous enlèverez les péchés, ils leur seront enlevés; quand vous les maintiendrez, ils seront maintenus.» (Jean 20, 22-23). Depuis lors, à travers les aléas de l’histoire humaine, l’Eglise poursuit cette charge que le Sauveur lui a confiée.

Une histoire mouvementée…
Le sacrement de la réconciliation a évolué durant l’histoire. Dans les premiers temps (Ier-VIe siècle), il est accordé aux seuls pécheurs publics et une seule fois dans la vie. Il est réservé aux péchés graves et se caractérise par une longue pénitence. Du VIIe au XIe siècle, sous l’impulsion des moines, le sacrement se «tarifie» et peut se renouveler. A partir du XIe, la réconciliation se «privatise» de plus en plus. Dès le XVIe, sous l’impulsion du Concile de Trente, la confession devient un élément central de la pratique pastorale et sa fréquence est proposée comme un pivot de la vie spirituelle. Le Concile Vatican II renouvelle la discipline pénitentielle en soulignant sa dimension ecclésiale et communautaire avec les célébrations pénitentielles. D’aucuns ont pu croire que cela justifiait les absolutions collectives (qui sont réservées à certaines circonstances exceptionnelles). Plus récemment, le Saint-Siège et les évêques suisses ont rappelé l’obligation de la confession et de l’absolution individuelle pour ce sacrement, sans négliger les bienfaisantes cérémonies pénitentielles.

… pour une réalité qui ne change pas
Malgré les changements intervenus au long des siècles, «on discerne la même structure fondamentale. Elle comporte deux éléments également essentiels; d’une part, les actes de l’homme qui se convertit sous l’action de l’Esprit Saint (…); d’autre part, l’action de Dieu par l’intervention de l’Eglise. L’Eglise qui, par l’évêque et ses prêtres, donne au nom de Jésus-Christ le pardon des péchés (…)» (CEC 1448)
On pourrait dire que la théologie du sacrement est synthétisée dans la prière d’absolution (cf. encadré): «Le Père des miséricordes est la source de tout pardon. Il réalise la réconciliation des pécheurs par la Pâque de son Fils et le don de son Esprit, à travers la prière et le ministère de l’Eglise.» (CEC 1449)

Se confesser directement à Dieu?
Ne peut-on pas directement se confesser à Dieu? Oui, bien sûr, mais on ne peut en rester là. Cela contredirait la «logique de l’Incarnation»: Dieu s’est fait homme pour sauver les hommes. La grâce veut nous pacifier réellement et de façon humainement concrète. Le prêtre ne prend pas la place du Sauveur, mais il doit être sacramentellement les yeux, les oreilles, le cœur, les mains, la miséricorde.

Quand se confesser?
Tout en se défiant d’une vision légaliste du sacrement de la réconciliation, l’Eglise enseigne qu’il y a dans la vie humaine des moments où la confession devient indispensable: dès que l’on a conscience d’avoir péché gravement, une fois par an durant le temps de Pâques. Une chose est le service minimum et une autre, très différente, est ce qui est nécessaire pour maintenir l’organisme spirituel en bonne santé, et augmenter l’amour du Christ dans la vie du croyant!
La confession fréquente est d’une grande utilité pour la vie chrétienne. Les auteurs spirituels conviennent que bien des avantages y sont attachés: elle augmente la vraie connaissance de soi, favorise l’humilité chrétienne, tend à déraciner les mauvaises habitudes, combat la négligence spirituelle, purifie la conscience se prête à la direction spirituelle, augmente la grâce et surtout nous met en relation très profonde et très réelle avec le Dieu vivant et vrai, le Dieu sauveur.

Comment se confesser?
Bon nombre de personnes semblent «bloquées» par une conception trop formelle de la confession. En fait, il n’y a pas de recette ou de méthode pour bien se confesser. Le cardinal Martini propose trois étapes qui peuvent aider les personnes qui «sont dans l’incapacité de reprendre une pratique (…) formelle, à cause d’un certain malaise intérieur». Le mot latin confessio signifie: louer, reconnaître et proclamer. Tout d’abord la confession de louange: il s’agit de se mettre en présence de Dieu avec action de grâce et de reconnaître ce qu’Il accomplit dans la vie du croyant, de percevoir les signes de sa présence et de son action. Ensuite, la confession de vie: le pénitent reconnaît ce qui l’empêche d’accueillir pleinement l’amour de Dieu et du prochain. Plutôt que de s’arrêter à une simple «liste à commissions» de péchés plus ou moins graves. Il faudrait s’attacher à la source fondamentale des dysfonctionnements spirituels tels que les répertorie Jésus-Christ (Marc 7, 21): «Car c’est du dedans, du cœur des hommes, que sortent les desseins pervers: débauches, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, ruse, impudicité, envie, diffamation, orgueil, déraison. Toutes ces mauvaises choses sortent du dedans et rendent l’homme impur.» Impur, c’est-à-dire «non-saint», non «image de Dieu» comme Jésus. Pour finir la confession de foi: «La confession ne consiste pas simplement à déposer nos péchés, comme on dépose une somme sur une table. On place notre cœur dans le cœur du Christ, pour que sa toute-puissance le transforme.» De cette attitude naît la prière de repentir ou acte de contrition qui dispose le croyant à recevoir la grâce du pardon, dans la joie et la louange.

CHANOINE YANNICK-MARIE ESCHER,

RÉDACTEUR À PAROISSES VIVANTES

Petite citation à méditer [17]

Jeudi 26 mars 2009

« Un fidèle ami n’a pas de prix. »

Eccl 6,14

Jésus et l’amitié humaine [3]

Mercredi 25 mars 2009

La Bible est remplie d’éloges de l’amitié. « Un ami fidèle est un refuge assuré, celui qui en trouve un a trouvé un trésor » (Si 6, 14ss). Le banc d’essai de la véritable amitié est la fidélité. « Plus d’argent, plus d’amis », dit un dicton populaire. L’amitié qui disparaît à la première difficulté de l’ami n’est pas une vraie amitié. Le véritable ami se révèle dans l’épreuve. L’histoire est pleine d’histoires de grandes amitiés immortalisées par la littérature ; mais il y a également des exemples d’amitiés célèbres dans l’histoire de la sainteté chrétienne.

Un problème délicat concernant l’amitié est si celle-ci est possible également une fois marié. Il n’est pas dit que l’on doive couper de manière catégorique avec tous les amis que l’on possédait avant le mariage, mais une réorganisation est de toute évidence nécessaire, sous peine de difficultés et de crise au sein du couple.

Les amitiés les plus sûres sont celles qui sont cultivées ensemble, en tant que couple. Parmi les amitiés cultivées séparément, les amitiés avec des personnes du même sexe créeront moins de problèmes que celles avec des personnes de sexe opposé. Dans ces cas-là, la présomption, le fait de se croire au-dessus de tout soupçon et de tout danger, est souvent punie. Des titres de films comme « La femme de mon meilleur ami » en disent long sur le problème… Mais mis à part ce fait extrême, ce type d’amitié crée des problèmes pratiques sérieux. L’ami ne peut avoir plus d’importance que le conjoint. On ne peut sortir tous les soirs avec les amis en laissant l’autre (le plus souvent le femme !) seule à la maison.

Pour les personnes consacrées également, les amitiés les plus sûres sont les amitiés partagées avec le reste de la communauté. En parlant de Lazare Jésus ne dit pas : « Mon ami Lazare », mais « notre ami Lazare ». Lazare et ses soeurs étaient également devenus des amis des apôtres, selon le principe bien connu suivant « les amis de mes amis sont mes amis ». Les grandes amitiés entre certains saints, par exemple entre François d’Assise et Claire, étaient ainsi. François est le frère et le père de toutes les soeurs ; Claire est la soeur et la mère de tous les frères.

Padre R.Cantalamessa

Sortie à Fontainebleau

Mardi 24 mars 2009

L’album photo de la sortie est disponible !

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Pour celles qui avaient un appareil, n’hésitez pas à m’envoyer vos photos.

 

Jésus et l’amitié humaine [2]

Dimanche 22 mars 2009

Il faut dire de l’amitié ce que saint Augustin disait du temps : « Je sais ce qu’est le temps mais si quelqu’un me demande de le lui expliquer, je ne sais plus ». En d’autres termes, il est plus facile de savoir par intuition ce qu’est l’amitié que de l’expliquer par des mots. Il s’agit d’un attrait réciproque et d’une entente profonde entre deux personnes, mais qui n’est pas basée sur le sexe, contrairement à l’amour conjugal. C’est l’union de deux âmes, non de deux corps. En ce sens, les anciens disaient que l’amitié est avoir « une seule âme dans deux corps ». Elle peut constituer un lien plus fort qu’un lien de parenté. La parenté consiste à avoir le même sang dans les veines ; l’amitié à avoir les mêmes goûts, les mêmes idéaux, les mêmes intérêts.

Il est essentiel pour l’amitié que celle-ci soit fondée sur une recherche commune du bien et de ce qui est honnête. Dans le cas de personnes qui s’unissent pour faire le mal on ne parle pas d’amitié mais de complicité, d’une « association de malfaiteurs », comme on dit dans le jargon juridique.

L’amitié est également différente de l’amour du prochain qui doit embrasser toute personne, même celles qui ne nous aiment pas, même nos ennemis, alors que l’amitié exige la réciprocité, c’est-à-dire que l’autre réponde à notre amour.

L’amitié se nourrit d’intimité c’est-à-dire du fait de confier à un autre ce qu’il y a de plus profond et de plus personnel dans nos pensées et nos expériences. Je dis parfois aux jeunes : Vous voulez savoir quels sont vos vrais amis et faire un classement parmi eux ? Essayez de vous souvenir des expériences les plus secrètes de votre vie, positives ou négatives, voyez à qui vous les avez confiées : ce sont vos vrais amis. Et s’il existe une chose intime dans votre vie que vous n’avez révélée qu’à une seule personne, cette personne est votre plus grand ami ou amie.

Petite citation à méditer [16]

Vendredi 20 mars 2009

« Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les Cieux »

Saint Matthieu
 
 

Jésus et l’amitié humaine [1]

Mercredi 18 mars 2009

Jésus et l’amitié humaine 

- Padre R.Cantalamessa-

Les amis de Jésus

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc 10, 38-42

« Jésus entra dans un village. Une femme appelée Marthe le reçut dans sa maison. Elle avait une soeur nommée Marie qui, se tenant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe était accaparée par les multiples occupations du service ». Le village est celui de Béthanie et la maison, celle de Lazare et de ses deux soeurs. Jésus aimait s’y arrêter pour se reposer lorsqu’il accomplissait son ministère dans les environs de Jérusalem.

Marie se réjouissait trop d’avoir le Maître, une fois de temps en temps, pour elle toute seule, de pouvoir écouter en silence les paroles de vie éternelle qu’il lui disait, également pendant ses temps de repos. Elle l’écoutait donc, assise à ses pieds comme on le fait encore aujourd’hui en Orient. Il n’est pas difficile d’imaginer le ton, entre offensé et sous-entendu, avec lequel Marthe, en passant devant eux, dit à Jésus (mais pour que sa soeur entende !) : « Seigneur, cela ne te fait rien ? Ma soeur me laisse seule à faire le service. Dis-lui donc de m’aider ».

Jésus prononça alors une phrase qui constitue à elle seule un petit évangile : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas enlevée ».

La tradition a vu dans les deux soeurs le symbole, respectivement, de la vie active et de la vie contemplative ; la liturgie, avec le choix de la première lecture (Abraham qui accueille les trois anges aux chênes de Mambré), montre voir dans cet épisode un exemple d’hospitalité. Je crois cependant que le thème le plus évident est celui de l’amitié. « Jésus aimait Marthe et sa soeur, ainsi que Lazare », lit-on dans l’Evangile (Jn 11, 5) ; lorsqu’on lui apprend la nouvelle de la mort de Lazare il dit à ses disciples : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je m’en vais le tirer de ce sommeil » (Jn 11, 11). Devant la douleur des deux soeurs, il éclate lui-même en sanglots, si bien que les personnes présentes s’exclament : « Voyez comme il l’aimait ! » (Jn 11, 36). C’est si beau et si réconfortant de savoir que Jésus a connu et cultivé ce sentiment si beau et si précieux pour nous les hommes que l’amitié.

Lundi 16 mars 2009

Activité de l’équipe inter-maitrise

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Samedi 14 mars, nous nous sommes retrouvées à Fontainebleau pour une journée sur le thème de l’amitié.

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Nous vous proposons ce mois-ci les textes sur lesquels nous avons bâti nos méditations, ainsi que nos réflexions personnelles.

Bonne lecture !

Les G.A.

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