Jésus et l’amitié humaine [2]

Il faut dire de l’amitié ce que saint Augustin disait du temps : « Je sais ce qu’est le temps mais si quelqu’un me demande de le lui expliquer, je ne sais plus ». En d’autres termes, il est plus facile de savoir par intuition ce qu’est l’amitié que de l’expliquer par des mots. Il s’agit d’un attrait réciproque et d’une entente profonde entre deux personnes, mais qui n’est pas basée sur le sexe, contrairement à l’amour conjugal. C’est l’union de deux âmes, non de deux corps. En ce sens, les anciens disaient que l’amitié est avoir « une seule âme dans deux corps ». Elle peut constituer un lien plus fort qu’un lien de parenté. La parenté consiste à avoir le même sang dans les veines ; l’amitié à avoir les mêmes goûts, les mêmes idéaux, les mêmes intérêts.

Il est essentiel pour l’amitié que celle-ci soit fondée sur une recherche commune du bien et de ce qui est honnête. Dans le cas de personnes qui s’unissent pour faire le mal on ne parle pas d’amitié mais de complicité, d’une « association de malfaiteurs », comme on dit dans le jargon juridique.

L’amitié est également différente de l’amour du prochain qui doit embrasser toute personne, même celles qui ne nous aiment pas, même nos ennemis, alors que l’amitié exige la réciprocité, c’est-à-dire que l’autre réponde à notre amour.

L’amitié se nourrit d’intimité c’est-à-dire du fait de confier à un autre ce qu’il y a de plus profond et de plus personnel dans nos pensées et nos expériences. Je dis parfois aux jeunes : Vous voulez savoir quels sont vos vrais amis et faire un classement parmi eux ? Essayez de vous souvenir des expériences les plus secrètes de votre vie, positives ou négatives, voyez à qui vous les avez confiées : ce sont vos vrais amis. Et s’il existe une chose intime dans votre vie que vous n’avez révélée qu’à une seule personne, cette personne est votre plus grand ami ou amie.

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