méditation

« Bien avant l’aube, Jésus se leva, sortit, et alla dans un endroit désert.

Là, il priait »

Jésus lui-même, Dieu et Seigneur, dont la force n’avait pas besoin d’un appui dans la retraite, ni n’était entravée par la société des hommes, a eu soin pourtant de nous laisser un exemple. Avant son ministère de prédication et de miracles, il s’est soumis, dans la solitude, à l’épreuve de la tentation et du jeûne (Mt 4,1s). L’Écriture nous rapporte que, délaissant la foule des disciples, il gravissait seul la montagne pour prier (Mc 6,46). Puis à l’heure où sa passion était imminente, il abandonne ses disciples, et il s’en va prier seul (Mt 26,36) : exemple qui fait saisir entre tous combien la solitude est avantageuse à la prière, puisqu’il ne veut pas prier a côté de compagnons, même des apôtres.

Il ne faut pas passer sous silence un tel mystère qui nous concerne tous. Lui, le Seigneur, le Sauveur du genre humain, offre en sa personne un vivant exemple. Seul au désert, il se donne à la prière et aux exercices de la vie intérieure — le jeûne, les veilles et les autres fruits de pénitence — surmontant ainsi les tentations de l’Adversaire par les armes de l’Esprit.

O Jésus, j’accepte qu’à l’extérieur, il n’y ait personne avec moi ; mais que ce soit pour qu’à l’intérieur je sois davantage avec toi. Malheur à l’homme seul, si tu n’es pas seul avec lui ! Et combien d’hommes demeurent dans la foule et sont vraiment seuls, parce qu’ils ne sont pas avec toi. Je voudrais, avec toi, n’être jamais seul. Car, en ce moment personne n’est avec moi, et pourtant je ne suis pas seul : je suis à moi-même une foule.

Guigues le Chartreux (1083-1136), prieur de la Grande Chartreuse

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