Archive pour juin 2009

Petite citation à méditer [26]

Samedi 27 juin 2009

Donne tes mains pour servir et ton coeur pour aimer. 

Mère Térésa.

Chartres 2009 [14]

Vendredi 26 juin 2009

5ème mystère : la mort de Jésus sur la croix.

Fruit de ce mystère : la mort à soi-même.

« Après cela, sachant que désormais tout était achevé, pour que fût accomplie l’Ecriture, Jésus dit : j’ai soif ! » IL y avait là un vase plein de vinaigre. On fixa donc, à une branche d’hysope, une épongez pleine de vinaigre et on l’approcha près de sa bouche. Lors donc que Jésus eut pris le vinaigre, il dit « Tout est achevé » et, inclinant la tête, Il remit l’esprit ».
Nous vous contemplons, Ô Christ en Croix, et dans l’espérance et faisons nôtres les paroles de Saint Paul  » A cause du Christ, je regarde toutes choses comme de la balayure …. »  » Oubliant ce qui est derrière moi, et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but, pour remporter le prix auquel Dieu m’a appelé d’en haut, en Jésus-Christ » (Ph 3 8-14)

Chartres 2009 [13]

Jeudi 25 juin 2009

4ème mystère : le portement de croix.

Fruit de ce mystère : la force et la patience dans les épreuves.

« Celui qui veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive », ce programme que Vous nous tracez, Seigneur Jésus… Nous sommes souvent tentés d’en refuser l’âpreté, car nous avons tous été créés pour le bonheur.
Qu’il faut de force et de patience pour supporter quotidiennement non seulement les difficultés extérieures mais également nos limites et nos misères intérieures… Sur cette voie douloureuse, Seigneur Jésus, Vous êtes notre « premier de cordée ». Soyons persévérants, comme Saint Paul nous exhorte : « Que le Seigneur dirige vos cœurs vers l’amour de Dieu et vers la constance du Christ » (Th 3, 5)

Chartres 2009 [12]

Mercredi 24 juin 2009

3ème mystère : le couronnement d’épines.

Fruit de ce mystère : la mortification de l’esprit et du cœur.

« Et les soldats, tressant une couronne avec des épines,  la lui posèrent sur la tête, et ils le revêtirent d’un manteau pourpre, et il lui disaient « salut, Roi des juifs » et ils lui donnaient des coups. »
Par ces actes infâmants, ce n’est pas seulement dans votre chair que les soldats vous font souffrir, Seigneur, c’est une humiliation contre votre esprit et votre Royauté. Et nous Seigneur, ne sommes nous pas comme ces soldats chaque fois que nous péchons par orgueil ? Donnez nous en toute chose l’humilité qui nous permette de Vous reconnaître véritablement comme notre Roi.

Chartres 2009 [11]

Mardi 23 juin 2009

2ème mystère : la flagellation de notre Seigneur.

Fruit de ce mystère : la mortification du corps.

Saint Paul nous dit :  » Nous sommes héritiers de Dieu et co-héritiers du Christ si toutefois nous souffrons avec Lui, pour être glorifiés avec Lui. Car j’estime que les souffrances du temps présent sont sans proportion avec la gloire à venir qui sera manifestée avec nous (Romains 8 17-18). »
C’est à cause de chacun de nos péchés que Vous avez souffert, Seigneur et nous Vous offrons nos mortifications et souffrances physiques en consolation des vôtres. Puissent-elles, comme dit Saint Paul, nous permettre de participer à votre gloire.

Chartres 2009 [10]

Lundi 22 juin 2009

Mystères douloureux du samedi

1er mystère douloureux : L’agonie de Notre Seigneur.

Fruit de ce mystère : la contrition de nos péchés.

A Gethsémani, Jésus dit : « Ainsi, vous n’avez pas eu la force de veiller une heure avec moi ? Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible » (Mt, 40 41).
Entendons en nos âmes cette demande que vous nous faites, Seigneur, et n’ayons pas peur de prier sans relâche, afin de reconnaître humblement nos péchés. Donnez nous la grâce d’un sincère repentir et d’une lutte ardente contre nos péchés. Saint Paul nous dit :  » Il est fidèle le Seigneur, Il vous affermira et vous gardera du Mauvais » (Th 3-4)

Petite citation à méditer [25]

Dimanche 21 juin 2009

On ne fait pas de grandes choses, mais seulement des petites avec un amour immense. 

Mère Térésa.

Chartres 2009 [9]

Samedi 20 juin 2009

En début d’après-midi

« Qu’est-ce que la vérité, dit Pilate ?  » Jn 18, 38


Jésus est amené à Pilate, lequel semble bien mal à l’aise avec toute cette agitation dans le peuple.
Pilate l’interroge: « Es-tu le roi des juifs ? » Mais Jésus ne lui répond pas directement. Il lui dit: « Mon royaume n’est pas de ce monde ». Et Pilate réitère sa question. Alors Jésus affirme: « Tu le dis, je suis roi, je suis né pour cela, pour rendre témoignage à la vérité ». Et alors Pilate pose la question, la grande question, toujours actuelle: « Qu’est-ce que la vérité ?  » La dernière déclaration de Jésus à Pilate sera: « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi s’il ne t’avait été donné d’en-haut ». En effet la royauté du Christ, royauté sur les âmes, est également une royauté sur les hommes.

Voyons ce que recouvre le mot « Vérité ».

Spontanément, on appelle vérité quelque chose qui est  vrai , par opposition à quelque chose qui est faux. Quelque chose de réel lui correspond. L’idée de vérité suppose donc un objet connu, un sujet qui connait, et une relation d’accord entre les deux.
Cette notion de vérité correspond au réalisme, représenté par la pensée courante, la philosophie, l’attitude spontanée de la science expérimentale. L’esprit humain ne crée pas la vérité, il doit s’attacher à la découvrir dans tous les domaines. Le réel est ce qu’il est, indépendamment de nos désirs, de nos caprices ou des modes. Ces notions fondamentales semblent de plus en plus méconnues de nos jours.
Définir la vérité est facile pour quelque chose de matériel, mais difficile pour les réalités morales ou spirituelles. Ce qui fait la valeur d’un scientifique, d’un historien, d’un philosophe, c’est la recherche de la vérité. La recherche de la vérité fait partie de la nature humaine.

Alors quels sont les obstacles à la recherche et à la définition de la vérité ?

Ces obstacles ont différentes dénominations, mais ont tous en fait des caractères communs et correspondent peu ou prou à la même chose. Par exemple le subjectivisme : à chacun sa vérité, et ceci peut concerner aussi bien les réalités morales ou spirituelles que les réalités matérielles ou historiques. Le subjectivisme apprécie la réalité en fonction de ses préjugés, dûs  à l’éducation, la formation, sans tenir compte des faits, c’est-à-dire du réel. L’idéalisme, c’est à peu près la même chose, je forge une idée directrice et je veux ramener la réalité à cela.
Le relativisme prétend que toutes les choses se valent, une théorie ou une religion n’est pas supérieure à une autre. Le relativisme est un frère jumeau du libéralisme. Il faut d’emblée préciser le sens des mots ; nous parlerons ici du libéralisme au sens philosophique et non pas au sens économique, celui de l’économie de marché.
Pour le libéral, toutes les vérités se valent, d’où une relativité des vérités, car chacune aurait une parcelle de vérité. La vérité du libéral (on rappelle au sens philosophique du mot), c’est qu’il n’y a pas de vérité : c’est très paradoxal !
Ceci explique comment on peut être prisonnier d’une idéologie. Que va faire le libéral en face d’une vérité (au sens d’idéologie ou système de pensée) dont les fruits sont pourris ? Il va laisser faire le mal, il va tout laisser faire, car au nom de quoi pourrait-il intervenir ? Il s’est lui-même ôté le droit d’intervenir. Ce qui montre qu’en réalité le libéralisme conduit à une faiblesse de l’esprit.
Mais une objection va vite arriver: « et la tolérance? » va dire le libéral. Et bien, pouvons-nous lui répondre, je ne tolère pas ce qui n’est pas la vérité, ce qui est l’erreur. Prouvez-moi ce qui est l’erreur, prouvez-moi  que l’embryon n’est pas un être humain dès le début de sa conception. Comme le disait le Professeur Lejeune, dans la première cellule constituée de la réunion de l’ovule et du spermatozoïde, il  y a, dans une prodigieuse miniaturisation, la programmation de tout l’être humain. Si ce n’est pas un être humain au point  de départ, alors qu’est-ce que c’est ? Le scientifique dit que c’est une cellule, ou que c’est une cellule vivante qui va se développer sous certaines conditions.
Pourquoi se croit-on obligés de faire des états généraux de la bioéthique ? Il y a bien des problèmes sous-jacents, liés à la nature de l’être humain, il y a comme une gêne…, sauf pour  les militants de la culture de mort. Si l’embryon n’est pas un être humain, pourquoi faire une loi ? A-t-on besoin d’une loi pour arracher une dent ou enlever une tumeur ?
Notre formation catholique doit  nous permettre de déceler les failles des  systèmes de pensée, politiques ou philosophiques. Le catholicisme est la révélation d’une doctrine, il faut donc la connaitre pour montrer que précisément , le catholicisme colle au plus près de la réalité. Alors revenons à la question de départ : qu’est-ce que la vérité ?

La vérité, c’est le Christ. Il nous le dit lui-même :
– la vérité de ce que je suis, Fils de Dieu. Cette vérité se révèle à travers les étapes de sa vie.
– la vérité de ce que je proclame, c’est l’Evangile, la bonne nouvelle du salut apportée au monde.
– la vérité de ce que j’ai fait, c’est-à-dire tout le bien que Jésus a fait sur terre, notamment les miracles.
Tout cet ensemble, c’est la Bonne Nouvelle, la personne même du Fils de Dieu fait homme, venu sur terre pour nous racheter. Sans Jésus, l’être humain se perd. D’où la nécessité pour nous de connaitre la vérité, par la foi. L’Eglise catholique nous enseigne que la foi est essentiellement un assentiment surnaturel de l’intelligence à la vérité révélée par Dieu, et cet assentiment se fait par la grâce. L’acte de foi est un acte d’intelligence, d’adhésion à une vérité obscure dans ses « comment » et ses « pourquoi », mais cependant certaine car révélée par Dieu.

Chartres 2009 [8]

Vendredi 19 juin 2009

L’apostolat et le martyre de Saint Paul.

L’enseignement de Saint Paul est considéré par l’Eglise comme central. Saint Paul , le premier grand converti de l’histoire chrétienne, est aussi le théoricien du christianisme, le premier théologien. C’est pour cette raison que nous devons toujours mieux connaitre et faire connaitre Saint Paul. On peut dire que Saint Paul est sans doute le plus grand communicateur  de la bonne nouvelle de la rédemption du Christ.
Un premier trait du caractère de Saint Paul est sa grande capacité pour l’action, son esprit entreprenant. Saint Paul avait un tempérament actif. Il s’est dépensé sans compter au service du Christ et de l’Eglise. Il a pris des initiatives de grande importance. Il a entrepris de nombreux voyages.
Une  caractéristique des tempéraments actifs est qu’ils ne se découragent pas lorsqu’ils rencontrent des obstacles, mais qu’ils en sont plutôt stimulés. Saint Paul a affronté tous les obstacles imaginables, il a été fouetté, lapidé, il a fait naufrage, etc… Malgré toutes les peines et tous les dangers, il n’a jamais renoncé à évangéliser, il a toujours « trouvé en Dieu le courage d’annoncer l’Evangile au milieu de beaucoup de lutte ».
Un deuxième trait de son caractère est la richesse de son affectivité. Paul a exploité à plein toutes ses capacités d’émotion et d’affection, pour aimer le Christ, d’abord, et puis toutes les personnes que le Christ lui confiait. Il écrit dans la lettre aux Galates : « Je suis crucifié avec le Christ ; ma vie, ce n’est plus moi qui la vis, c’est le Christ qui vit en moi ». Saint Paul nous enseigne ainsi à investir dans notre vie chrétienne toutes nos capacités d’action et d’affection.
Quant à la capacité de réflexion, il suffit de lire quelques chapitres de ses lettres pour se rendre compte de la profondeur de sa pensée.
Dans ses rapports avec les personnes, Saint Paul manifeste une grande spontanéité. Lorsqu’il écrit à ses chrétiens, il s’exprime de façon très naturelle, sans se préoccuper de son style. Il reconnait lui-même qu’il n’est qu’un « profane en fait d’éloquence » et qu’il n’a pas annoncé l’Evangile « avec le prestige de la parole ou de la sagesse ».
Impulsif, Paul ne prend pas le temps de corriger ses phrases, qui sont souvent irrégulières, il va de l’avant. Extraverti, il exprime sans hésiter ses réactions et ses sentiments. Il parle très volontiers de lui-même. Un caractère qui s’affirme ainsi lui-même est naturellement porté à s’opposer aux autres, et vivre avec Paul n’était pas tellement facile, comme en témoignent les conflits avec Barnabé, ou encore Saint Pierre. Il est évident que le caractère de Paul n’était pas sans présenter des dangers, et il a lutté contre son caractère.
Saint Paul va effectuer 4 voyages à travers le bassin méditerranéen, qui vont le mener d’Antioche, ville située au nord de la Syrie, jusqu’à Rome, terme de ses pérégrinations, où il subira le martyre. Au début des années 40, saint Barnabé est envoyé par l’Eglise de Jérusalem à Antioche. Il va chercher à Tarse l’aide de Paul et évangélise avec un grand succès. C’est la première fois que le nouvel apôtre prêche aussi à des non juifs. Une communauté mixte se constitue. Et c’est à Antioche, pour la première fois, que les disciples furent appelés « chrétiens ». Cette invention du titre de chrétien est l’un des plus beaux fruits de la prédication de saint Paul dans cette ville. Ils vont ensuite à Chypre, puis à Antioche de Pisidie (en Turquie actuelle), et reviennent à Antioche.
Se pose alors le problème de la circoncision pour les non juifs ayant embrassé le christianisme. L’assemblée de Jérusalem, qui réunit les apôtres, en 49, ce qui constitue le premier concile, décide l’ouverture de la foi chrétienne aux païens sans leur imposer les principes de la loi juive, la Thora. Les principaux responsables de l’Eglise, Pierre, Jacques, Jean, Paul, Barnabé, ouvrent le champ missionnaire aux juifs et aux « gentils », c’est-à-dire aux païens non juifs.
Le deuxième voyage de Saint Paul se déroule entre 50 et 52. Paul retourne en Asie Mineure afin de visiter les communautés précédemment fondées, puis il gagne la Macédoine et la Grèce. A Philippes, en Macédoine, Paul est battu et emprisonné, mais grâce à son titre de citoyen romain, il sera libéré et rejoindra Corinthe. Il s’en retournera à Césarée, ville située au bord de la mer, au nord-ouest de Jérusalem, en passant par Ephèse.
Le troisième voyage de Paul, entre 53 et 58, est voué à la consolidation des communautés existantes. Il traverse à nouveau la Galatie et la Phrygie (dans la Turquie actuelle), puis retourne en Macédoine. Il séjourne en suite à Corinthe et regagne enfin Jérusalem par la mer. C’est à Jérusalem qu’il va être arrêté, à la suite d’incidents survenus au Temple, provoqués par des juifs qui refusent l’ouverture de la religion chrétienne aux non juifs. Il est conduit à la forteresse de Jérusalem, mais échappe à la flagellation car il est citoyen romain : c’est un premier procès devant le sanhédrin. A la suite d’un complot de zélotes visant à le tuer, il est transféré à Césarée : deuxième procès devant le procurateur Félix, en 57-59. Puis, selon la lenteur judiciaire  déjà à l’époque, un troisième procès a lieu devant son successeur Festus, deux ans après. Enfin un quatrième procès se déroule devant le roi Agrippa II : « Cet homme n’a rien fait qui mérite la mort ou les chaines… Il aurait pu être remis en liberté s’il n’en avait appelé à César ».
Saint Paul arrive donc à Rome en 61, après un long et périlleux voyage, pour y être jugé. Le procès s’éteint faute d’accusateurs après deux années de résidence surveillée qu’il a employées à évangéliser et à écrire les épitres de la captivité. Mais, après l’incendie de 64, Néron, menacé, accuse Saint Paul d’être un des chefs de la rébellion. Il est arrêté et enchainé dans la prison Mamertine. Il sera condamné à la mort par décapitation, comme citoyen romain. Cela aura lieu hors de la muraille aurélienne, sur la via Ostiense, en 67, à l’emplacement de l’actuelle basilique majeure de Saint Paul Hors les Murs.

Saint Paul s’est livré totalement au Christ, il l’a reconnu comme Messie et comme Rédempteur. La caractéristique principale à retenir de son exemple est très certainement son lien avec le Christ : comme le dit Benoît XVI : « Ce qui compte c’est de placer Jésus-Christ au centre de sa propre vie, de manière à ce que notre identité soit essentiellement marquée par la rencontre, la communion, avec le Christ et sa Parole ».

Chartres 2009 [7]

Jeudi 18 juin 2009

Samedi après-midi : Saint Paul

La jeunesse et la conversion de Saul.

Nous marchons aujourd’hui sous le patronage de Saint Paul, qui a été choisi par notre Saint Père le Pape comme patron de cette année, dite année paulinienne. En effet , Benoît XVI a officiellement ouvert l’année Saint Paul lors des premières vêpres de la solennité des apôtres Pierre et Paul le 28 juin 2008, en la basilique Saint-Paul-hors –les-murs, et cette année s’achèvera donc le 29 juin prochain.
Saint Paul est une grande figure de l’Eglise, et nous allons voir son itinéraire, le début de sa vie de juif pieux, fidèle jusqu’à l’excès à la foi de ses pères, puis son rôle de persécuteur des chrétiens, sa conversion qui le transforme en apôtre, et enfin son martyre pour le Christ.
Le berceau familial de Paul est situé à Tarse, en Cilicie, région méridionale de l’Anatolie, c’est-à-dire la Turquie orientale actuelle. Cette région est alors sous domination romaine, elle est peuplée de païens hellénisés et d’israélites. Disposant d’universités et d’un port, Tarse était une ville où cohabitaient la culture et le commerce. On y parlait le grec et le latin, et également l’hébreu. Ses habitants prospéraient grâce à l’exportation de tentes confectionnées à l’aide d’une étoffe en poil de chèvre, que l’on appelait «  cilicium », d’où sans doute le nom donné à la Cilicie. Saint Paul est né vers l’an 8 probablement, dans une famille juive. Il reçoit le nom de Saul ; comme son père est citoyen romain, il lui donne, selon l’habitude, un 2ème prénom, Paul.
Paul était fier de ses origines, comme il l’était de sa citoyenneté romaine, acquise de son père en héritage, qui l’avait sans doute obtenue pour services rendus à l’Empire, et non contre une somme d’argent comme c’était le cas le plus fréquent.
Pour toute présence chrétienne, il n’y a plus aujourd’hui à Tarse que deux religieuses italiennes de la congrégation des Filles de l’Eglise. Toute paroisse ayant disparu dans la ville natale de l’Apôtre, elles doivent se rendre à Mersine, à 28 km de là, pour assister à la messe. Saul est élevé dans le respect de la loi de Moïse. Il a un caractère fort, affirmé, un tempérament passionné, il se consacre tout entier à sa tâche.
A l’âge de 15 ans, il quitte sa ville natale pour aller étudier à Jérusalem sous la direction du rabbin Gamaliel. Il apprend le métier de tisserand, pour faire des tentes en poil de chèvre, métier qu’il pratiqua souvent durant son apostolat itinérant, afin de ne pas être à la charge des communautés chrétiennes qu’il fondait , ou de celles qui l’accueillaient. Très influencé par un judaïsme exacerbé, il va lutter violement contre ceux qui proclament que le Messie est venu en la personne de Jésus-Christ. Paradoxalement, Dieu prépare le futur apôtre car il est obligé d’étudier la doctrine nouvelle pour la combattre. Il assiste au martyre d’Etienne, il devient persécuteur des chrétiens et complice de leurs supplices.
Mais un jour, sur la route de Damas, Saul va devenir le premier grand converti de l’histoire chrétienne. Cet évènement capital pour le christianisme naissant s’est déroulé peu de temps après la mort du Christ, probablement dans les années 33-35.
Saul part pour la ville de Damas avec une escorte en vue d’arrêter les chrétiens de la ville et de les ramener à Jérusalem pour les juger et les châtier. Saint Paul nous raconte lui-même la scène : « En chemin, vers midi, je vis, venant du ciel et plus éclatante que le soleil, une lumière qui resplendit autour de moi et de ceux qui m’accompagnaient. Tous nous tombâmes à terre, et j’entendis une voix qui me disait en langue hébraïque : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? ». Je répondis : « Qui es-tu Seigneur ? ». Le Seigneur dit : « Je suis Jésus que tu persécutes. Mais relève-toi et tiens-toi debout. Car voici pourquoi je te suis apparu : pour t’établir serviteur et témoin de la vision dans laquelle tu viens de me voir et de celles où je me montrerai encore à toi. C’est pour cela que je te délivrerai du peuple et des nations païennes, vers lesquelles je t’envoie, moi, pour leur ouvrir les yeux, afin qu’elles reviennent des ténèbres à la lumière et de l’empire de Satan à Dieu, et qu’elles obtiennent, par la foi en moi, la rémission de leurs péchés et une part d’héritage avec les sanctifiés ».
Il s’agit d’une conversion dans le sens profond du terme, une ouverture du cœur à Dieu, l’irruption de la grâce et la transformation totale de la personne, sans retour en arrière. Paul ne vit plus par  lui-même car le Christ vit en lui. Saint Paul est aveuglé par la révélation du Christ au sens strict, il perd la vue, c’est un aveugle qui arrive à Damas. Trois jours durant il reste sans voir, il ne boit et ne mange pas.
Il y avait à Damas un disciple de Jésus du nom d’Ananie. Le Seigneur l’appela dans une vision et lui demanda d’aller trouver Saul, de lui imposer les mains et de lui rendre la vue. Ananie objecte que ce Saul est un dangereux persécuteur de chrétiens, mais le Seigneur lui répond que cet homme doit faire parvenir le nom du Christ auprès des peuples et des rois : « Et moi je lui ferai découvrir tout ce qu’il lui faudra souffrir pour mon Nom ».
Ananie va donc trouver Paul, et il le baptise. C’est le baptême qui va lui rendre la vue. Un nouveau monde se révèle alors au nouvel apôtre, et c’est un monde transformé par le Christ. Saul était aveugle face à la vérité qu’est le Christ et Paul retrouve la vue une fois qu’il s’est ouvert à la vraie foi, c’est-à-dire une fois qu’il est baptisé. Paul comprend que le Salut ne peut venir que de Jésus, crucifié et ressuscité. La vie que Jésus nous apporte s’offre à tous et non pas seulement au peuple élu : Saint Paul va donc évangéliser le monde païen.

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