Chartres 2009 [7]

Samedi après-midi : Saint Paul

La jeunesse et la conversion de Saul.

Nous marchons aujourd’hui sous le patronage de Saint Paul, qui a été choisi par notre Saint Père le Pape comme patron de cette année, dite année paulinienne. En effet , Benoît XVI a officiellement ouvert l’année Saint Paul lors des premières vêpres de la solennité des apôtres Pierre et Paul le 28 juin 2008, en la basilique Saint-Paul-hors –les-murs, et cette année s’achèvera donc le 29 juin prochain.
Saint Paul est une grande figure de l’Eglise, et nous allons voir son itinéraire, le début de sa vie de juif pieux, fidèle jusqu’à l’excès à la foi de ses pères, puis son rôle de persécuteur des chrétiens, sa conversion qui le transforme en apôtre, et enfin son martyre pour le Christ.
Le berceau familial de Paul est situé à Tarse, en Cilicie, région méridionale de l’Anatolie, c’est-à-dire la Turquie orientale actuelle. Cette région est alors sous domination romaine, elle est peuplée de païens hellénisés et d’israélites. Disposant d’universités et d’un port, Tarse était une ville où cohabitaient la culture et le commerce. On y parlait le grec et le latin, et également l’hébreu. Ses habitants prospéraient grâce à l’exportation de tentes confectionnées à l’aide d’une étoffe en poil de chèvre, que l’on appelait «  cilicium », d’où sans doute le nom donné à la Cilicie. Saint Paul est né vers l’an 8 probablement, dans une famille juive. Il reçoit le nom de Saul ; comme son père est citoyen romain, il lui donne, selon l’habitude, un 2ème prénom, Paul.
Paul était fier de ses origines, comme il l’était de sa citoyenneté romaine, acquise de son père en héritage, qui l’avait sans doute obtenue pour services rendus à l’Empire, et non contre une somme d’argent comme c’était le cas le plus fréquent.
Pour toute présence chrétienne, il n’y a plus aujourd’hui à Tarse que deux religieuses italiennes de la congrégation des Filles de l’Eglise. Toute paroisse ayant disparu dans la ville natale de l’Apôtre, elles doivent se rendre à Mersine, à 28 km de là, pour assister à la messe. Saul est élevé dans le respect de la loi de Moïse. Il a un caractère fort, affirmé, un tempérament passionné, il se consacre tout entier à sa tâche.
A l’âge de 15 ans, il quitte sa ville natale pour aller étudier à Jérusalem sous la direction du rabbin Gamaliel. Il apprend le métier de tisserand, pour faire des tentes en poil de chèvre, métier qu’il pratiqua souvent durant son apostolat itinérant, afin de ne pas être à la charge des communautés chrétiennes qu’il fondait , ou de celles qui l’accueillaient. Très influencé par un judaïsme exacerbé, il va lutter violement contre ceux qui proclament que le Messie est venu en la personne de Jésus-Christ. Paradoxalement, Dieu prépare le futur apôtre car il est obligé d’étudier la doctrine nouvelle pour la combattre. Il assiste au martyre d’Etienne, il devient persécuteur des chrétiens et complice de leurs supplices.
Mais un jour, sur la route de Damas, Saul va devenir le premier grand converti de l’histoire chrétienne. Cet évènement capital pour le christianisme naissant s’est déroulé peu de temps après la mort du Christ, probablement dans les années 33-35.
Saul part pour la ville de Damas avec une escorte en vue d’arrêter les chrétiens de la ville et de les ramener à Jérusalem pour les juger et les châtier. Saint Paul nous raconte lui-même la scène : « En chemin, vers midi, je vis, venant du ciel et plus éclatante que le soleil, une lumière qui resplendit autour de moi et de ceux qui m’accompagnaient. Tous nous tombâmes à terre, et j’entendis une voix qui me disait en langue hébraïque : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? ». Je répondis : « Qui es-tu Seigneur ? ». Le Seigneur dit : « Je suis Jésus que tu persécutes. Mais relève-toi et tiens-toi debout. Car voici pourquoi je te suis apparu : pour t’établir serviteur et témoin de la vision dans laquelle tu viens de me voir et de celles où je me montrerai encore à toi. C’est pour cela que je te délivrerai du peuple et des nations païennes, vers lesquelles je t’envoie, moi, pour leur ouvrir les yeux, afin qu’elles reviennent des ténèbres à la lumière et de l’empire de Satan à Dieu, et qu’elles obtiennent, par la foi en moi, la rémission de leurs péchés et une part d’héritage avec les sanctifiés ».
Il s’agit d’une conversion dans le sens profond du terme, une ouverture du cœur à Dieu, l’irruption de la grâce et la transformation totale de la personne, sans retour en arrière. Paul ne vit plus par  lui-même car le Christ vit en lui. Saint Paul est aveuglé par la révélation du Christ au sens strict, il perd la vue, c’est un aveugle qui arrive à Damas. Trois jours durant il reste sans voir, il ne boit et ne mange pas.
Il y avait à Damas un disciple de Jésus du nom d’Ananie. Le Seigneur l’appela dans une vision et lui demanda d’aller trouver Saul, de lui imposer les mains et de lui rendre la vue. Ananie objecte que ce Saul est un dangereux persécuteur de chrétiens, mais le Seigneur lui répond que cet homme doit faire parvenir le nom du Christ auprès des peuples et des rois : « Et moi je lui ferai découvrir tout ce qu’il lui faudra souffrir pour mon Nom ».
Ananie va donc trouver Paul, et il le baptise. C’est le baptême qui va lui rendre la vue. Un nouveau monde se révèle alors au nouvel apôtre, et c’est un monde transformé par le Christ. Saul était aveugle face à la vérité qu’est le Christ et Paul retrouve la vue une fois qu’il s’est ouvert à la vraie foi, c’est-à-dire une fois qu’il est baptisé. Paul comprend que le Salut ne peut venir que de Jésus, crucifié et ressuscité. La vie que Jésus nous apporte s’offre à tous et non pas seulement au peuple élu : Saint Paul va donc évangéliser le monde païen.

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