Chartres 2009 [8]

L’apostolat et le martyre de Saint Paul.

L’enseignement de Saint Paul est considéré par l’Eglise comme central. Saint Paul , le premier grand converti de l’histoire chrétienne, est aussi le théoricien du christianisme, le premier théologien. C’est pour cette raison que nous devons toujours mieux connaitre et faire connaitre Saint Paul. On peut dire que Saint Paul est sans doute le plus grand communicateur  de la bonne nouvelle de la rédemption du Christ.
Un premier trait du caractère de Saint Paul est sa grande capacité pour l’action, son esprit entreprenant. Saint Paul avait un tempérament actif. Il s’est dépensé sans compter au service du Christ et de l’Eglise. Il a pris des initiatives de grande importance. Il a entrepris de nombreux voyages.
Une  caractéristique des tempéraments actifs est qu’ils ne se découragent pas lorsqu’ils rencontrent des obstacles, mais qu’ils en sont plutôt stimulés. Saint Paul a affronté tous les obstacles imaginables, il a été fouetté, lapidé, il a fait naufrage, etc… Malgré toutes les peines et tous les dangers, il n’a jamais renoncé à évangéliser, il a toujours « trouvé en Dieu le courage d’annoncer l’Evangile au milieu de beaucoup de lutte ».
Un deuxième trait de son caractère est la richesse de son affectivité. Paul a exploité à plein toutes ses capacités d’émotion et d’affection, pour aimer le Christ, d’abord, et puis toutes les personnes que le Christ lui confiait. Il écrit dans la lettre aux Galates : « Je suis crucifié avec le Christ ; ma vie, ce n’est plus moi qui la vis, c’est le Christ qui vit en moi ». Saint Paul nous enseigne ainsi à investir dans notre vie chrétienne toutes nos capacités d’action et d’affection.
Quant à la capacité de réflexion, il suffit de lire quelques chapitres de ses lettres pour se rendre compte de la profondeur de sa pensée.
Dans ses rapports avec les personnes, Saint Paul manifeste une grande spontanéité. Lorsqu’il écrit à ses chrétiens, il s’exprime de façon très naturelle, sans se préoccuper de son style. Il reconnait lui-même qu’il n’est qu’un « profane en fait d’éloquence » et qu’il n’a pas annoncé l’Evangile « avec le prestige de la parole ou de la sagesse ».
Impulsif, Paul ne prend pas le temps de corriger ses phrases, qui sont souvent irrégulières, il va de l’avant. Extraverti, il exprime sans hésiter ses réactions et ses sentiments. Il parle très volontiers de lui-même. Un caractère qui s’affirme ainsi lui-même est naturellement porté à s’opposer aux autres, et vivre avec Paul n’était pas tellement facile, comme en témoignent les conflits avec Barnabé, ou encore Saint Pierre. Il est évident que le caractère de Paul n’était pas sans présenter des dangers, et il a lutté contre son caractère.
Saint Paul va effectuer 4 voyages à travers le bassin méditerranéen, qui vont le mener d’Antioche, ville située au nord de la Syrie, jusqu’à Rome, terme de ses pérégrinations, où il subira le martyre. Au début des années 40, saint Barnabé est envoyé par l’Eglise de Jérusalem à Antioche. Il va chercher à Tarse l’aide de Paul et évangélise avec un grand succès. C’est la première fois que le nouvel apôtre prêche aussi à des non juifs. Une communauté mixte se constitue. Et c’est à Antioche, pour la première fois, que les disciples furent appelés « chrétiens ». Cette invention du titre de chrétien est l’un des plus beaux fruits de la prédication de saint Paul dans cette ville. Ils vont ensuite à Chypre, puis à Antioche de Pisidie (en Turquie actuelle), et reviennent à Antioche.
Se pose alors le problème de la circoncision pour les non juifs ayant embrassé le christianisme. L’assemblée de Jérusalem, qui réunit les apôtres, en 49, ce qui constitue le premier concile, décide l’ouverture de la foi chrétienne aux païens sans leur imposer les principes de la loi juive, la Thora. Les principaux responsables de l’Eglise, Pierre, Jacques, Jean, Paul, Barnabé, ouvrent le champ missionnaire aux juifs et aux « gentils », c’est-à-dire aux païens non juifs.
Le deuxième voyage de Saint Paul se déroule entre 50 et 52. Paul retourne en Asie Mineure afin de visiter les communautés précédemment fondées, puis il gagne la Macédoine et la Grèce. A Philippes, en Macédoine, Paul est battu et emprisonné, mais grâce à son titre de citoyen romain, il sera libéré et rejoindra Corinthe. Il s’en retournera à Césarée, ville située au bord de la mer, au nord-ouest de Jérusalem, en passant par Ephèse.
Le troisième voyage de Paul, entre 53 et 58, est voué à la consolidation des communautés existantes. Il traverse à nouveau la Galatie et la Phrygie (dans la Turquie actuelle), puis retourne en Macédoine. Il séjourne en suite à Corinthe et regagne enfin Jérusalem par la mer. C’est à Jérusalem qu’il va être arrêté, à la suite d’incidents survenus au Temple, provoqués par des juifs qui refusent l’ouverture de la religion chrétienne aux non juifs. Il est conduit à la forteresse de Jérusalem, mais échappe à la flagellation car il est citoyen romain : c’est un premier procès devant le sanhédrin. A la suite d’un complot de zélotes visant à le tuer, il est transféré à Césarée : deuxième procès devant le procurateur Félix, en 57-59. Puis, selon la lenteur judiciaire  déjà à l’époque, un troisième procès a lieu devant son successeur Festus, deux ans après. Enfin un quatrième procès se déroule devant le roi Agrippa II : « Cet homme n’a rien fait qui mérite la mort ou les chaines… Il aurait pu être remis en liberté s’il n’en avait appelé à César ».
Saint Paul arrive donc à Rome en 61, après un long et périlleux voyage, pour y être jugé. Le procès s’éteint faute d’accusateurs après deux années de résidence surveillée qu’il a employées à évangéliser et à écrire les épitres de la captivité. Mais, après l’incendie de 64, Néron, menacé, accuse Saint Paul d’être un des chefs de la rébellion. Il est arrêté et enchainé dans la prison Mamertine. Il sera condamné à la mort par décapitation, comme citoyen romain. Cela aura lieu hors de la muraille aurélienne, sur la via Ostiense, en 67, à l’emplacement de l’actuelle basilique majeure de Saint Paul Hors les Murs.

Saint Paul s’est livré totalement au Christ, il l’a reconnu comme Messie et comme Rédempteur. La caractéristique principale à retenir de son exemple est très certainement son lien avec le Christ : comme le dit Benoît XVI : « Ce qui compte c’est de placer Jésus-Christ au centre de sa propre vie, de manière à ce que notre identité soit essentiellement marquée par la rencontre, la communion, avec le Christ et sa Parole ».

Une réponse à “Chartres 2009 [8]”

  1. Babougifs dit :

    bravo!

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