Archive de la catégorie ‘Année 2007 / 2008’

Femmes pour L’aimer [8]

Lundi 1 septembre 2008

Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582)

«Il ne s’agit pas de penser beaucoup mais de beaucoup aimer.»

«Ce qui importe avant tout, c’est d’entrer en nous-mêmes pour y rester seul à seul avec Dieu.»

«Dieu ne se gagne que par l’amour.»

« Souveraine Majesté, Éternelle Sagesse,
Bonté douce à mon âme,
Dieu, mon Seigneur,
Qu’ordonnez-vous qu’il soit fait de moi ?
Je suis vôtre puisque vous m’avez créée,
Vôtre, puisque vous m’avez rachetée,
Vôtre, puisque vous m’avez supportée,
Vôtre, puisque vous m’avez appelée,
Vôtre, puisque vous m’avez attendue,
Vôtre, puisque je ne me suis pas perdue…
Voici mon cœur, Je le remets entre vos mains
Voici mon corps, ma vie, mon âme,
Ma tendresse et mon amour…
Si vous me voulez dans la joie,
Par amour pour vous je veux me réjouir
Si vous me commandez des travaux,
Je veux mourir à l’ouvrage.
Dites-moi seulement où, comment et quand.
Parlez, ô doux Amour, parlez.
Je suis vôtre, pour vous je suis née,
Que voulez-vous faire de moi ? »

« Celui qui veut s’adonner à l’oraison doit se figurer qu’il entreprend de faire, dans un sol ingrat et couvert de ronces, un jardin dont la beauté charme les yeux du Seigneur. C’est le divin Maître lui-même qui arrache les mauvaises herbes et doit planter les bonnes. Or, nous supposons cela fait, quand une âme est résolue de se livrer à l’oraison, et que déjà elle s’y exerce. C’est maintenant à nous, comme bons jardiniers, de travailler, avec le secours de Dieu, à faire croître ces plantes. Nous devons les arroser avec le plus grand soin ; alors, loin de se flétrir, elles porteront des fleurs dont le doux parfum attirera le divin Maître. Souvent pour son plaisir il visitera ce jardin, et il y prendra ses délices au milieu des vertus qui en sont les fleurs.
 Voyons maintenant comment on peut arroser, afin de savoir ce que nous avons à faire, ce qu’il doit nous en coûter de labeurs et de temps, et si le gain excédera la peine.

  Il y a, ce me semble, quatre manières d’arroser un jardin : la première, en tirant de l’eau d’un puits à force de bras, et c’est là un rude travail ; la seconde, en la tirant à l’aide d’une noria, et l’on obtient ainsi, avec moins de fatigue, une plus grande quantité d’eau, comme j’en ai moi-même quelquefois fait l’épreuve ; la troisième, en faisant venir l’eau d’une rivière ou d’un ruisseau ; cette manière l’emporte de beaucoup sur les précédentes : le sol est plus profondément humecté, il n’est pas nécessaire d’arroser si souvent, et le jardinier a beaucoup moins de fatigue ; la quatrième enfin, et sans comparaison la meilleure de toutes, est une pluie abondante, Dieu lui-même se chargeant alors d’arroser sans la moindre fatigue de notre part.   Je vais appliquer à mon sujet ces quatre manières de donner à un jardin l’eau si nécessaire à son entretien, qu’il ne saurait en être privé sans périr. Je parviendrai ainsi, ce me semble, à donner une certaine idée des quatre degrés d’oraison auxquels parfois, dans sa bonté, le Seigneur a bien voulu élever mon âme. Daigne ce Dieu de bonté m’accorder la grâce de m’exprimer de manière à être utile à l’un de ceux qui m’ont imposé l’obligation d’écrire, et qui, en quatre mois, a été conduit par le Seigneur bien au delà du terme où je n’étais arrivé qu’après dix-sept ans ! Ses dispositions étaient meilleures : aussi, sans aucun travail de sa part, voit-il le jardin de son âme arrosé par ces quatre eaux ; et s’il ne reçoit encore que quelques gouttes de la quatrième, il ne saurait, tant il est fidèle, tarder à se plonger, avec l’aide du Seigneur, dans cette eau céleste. Il va trouver sans doute bien plaisante ma manière de m’expliquer : eh bien ! Qu’il en rie, je lui déclare que j’y consens de grand cœur. »

Les quatre degrés d’oraison.

Femmes pour L’aimer [6]

Samedi 9 août 2008

Jour 2: la contemplation de l’amour divin.  

La prière contemplative n’est pas le fruit d’une technique, mais elle est un don à accueillir. Sainte Jeanne de Chantal disait : « La meilleure méthode d’oraison c’est de ne pas en avoir, car l’oraison ne s’obtient pas par artifice mais par grâce. »

Dieu se donne librement et gratuitement à l’homme. Sainte Thérèse d’Avila affirmait que « tout l’édifice de l’oraison est fondé sur l’humilité. » c’est à dire que la conviction que de nous-mêmes nous ne pouvons rien mais que c’est Dieu et lui seul qui peut produire en notre vie un bien quelconque.

L’appel à l’oraison, à la vie mystique, à l’union à Dieu dans la prière est aussi universel que l’appel à la sainteté, parce que l’un ne va pas sans l’autre.

La foi et la confiance sont les bases de l’oraison. La vie d’oraison comporte une part de combat, et dans ce combat l’arme essentielle est la foi.

Dieu est présent, Dieu est là auprès de nous, nous regarde et mous aime. Il est là, non pas parce que nous le méritons ou le sentons, Il est là parce qu’Il l’a promis.
« Celui qui vient à moi, je ne le jettera pas dehors. » (Jn 6,37).

Nous devons croire que nous sommes tous appelés à rencontrer Dieu dans la prière et que Dieu donne la grâce nécessaire pour cela.

L’oraison est source d’une infinité de biens. Elle nous transforme intimement, nous sanctifie, nous guérit, nous fait connaître et aimer Dieu, nous rends fervents et généreux dans l’amour du prochain.

« Demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, et à qui frappe ou ouvrira. » (Lc 11, 9-10)

Qui persévère dans la confiance recevra infiniment plus que ce qu’il ose demander ou espérer.

On doit prier non pour se rechercher soi-même, pour se faire plaisir, mais pour faire plaisir à Dieu.

Femmes pour L’aimer [5]

Jeudi 7 août 2008

Jour 1: l’exemple des Saintes Femmes de Jérusalem. 

Dans les villages et sur les routes de Galilée, les femmes côtoient Jésus pendant les trois ans de sa vie publique.

L’une d’elles, une pécheresse de la ville, portant un flacon de parfum se jette, tout en pleurs, aux pieds de Jésus. Elle les baigne de ses larmes et les essuie avec ses cheveux, les couvre de baisers et répand sur eux du parfum.
Au pharisiens qui murmure qu’une personne qui se dit prophète ne devrait pas se laisser approcher par une femme impure, Jésus répond : « si je te déclare que ses péchés si nombreux sont pardonnés, c’est parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. » (Lc 7, 36-48)

Après avoir été ainsi pardonné ou guéries, les unes retournent chez elles, d’autres décident de la suivre et de le servir. Pour Marie, surnommée Magdeleine, parce qu’elle est du village de Magdala, le passage de Jésus provoque un bouleversement total.
Elle a tout ce qu’il faut pour être heureuse, des biens suffisants, mais elle est possédée par sept démons.
Quand elle rencontre Jésus, elle est guérie de ses démons et celle décide alors de suivre Jésus et de mettre ses biens à sa disposition. Celles qui, à l’exemple de Marie de Magdala suivent Jésus de villes en villages, de Galilée jusqu’à Jérusalem, prennent soin du quotidien, de l’intendance. Il y a Jeanne, Suzanne, Marie, mère de Jacques, Salomé, et la mère des fils de Zébédée.
Leur mode de vie est simple, la nourriture frugale. Les femmes font les gestes de toujours pour faire cuire le pain et griller le poisson que les hommes on,t péché durant la nuit.

Elles sentent aussi que le but de se service pourrait ne pas se limiter à la satisfaction d’avoir des bons repas et un lieu agréable pour se reposer.
Jésus leur dit : « Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n’est elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’amassent pas dans les greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? ne vous inquiétez donc pas en disant : Qu’allons nous manger ? Qu’allons nous boire ? de quoi allons nous nous vêtir ? Cherchez d’abord le Royaume et la Justice de Dieu, et tout cela vous sera donné par surcroît. » (Mt 6, 25-34)

Les femmes comprennent de mieux en mieux que l’ont peut choisir de servir : ce n’est pas un sort qui leur est réservé ni la conséquence d’une manque de compétence. Servir devient la possibilité de s’identifier à celui qui aime Jésus. Plus on le sert et plus on devient son ami.

« Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. » (Jn 2, 26)
Quand Jésus est crucifié au Golgotha, les femmes, qui l’ont suivi depuis la Galilée, affrontent cette épreuve, le cœur brisé, incapables d’exprimer, autrement que par leur présence, combien elles croient en Jésus et en sa mission, malgré cet échec apparent.
Les femmes sont là, à la naissance et à la mort. Elles sont là jusqu’au bout, parce que >Jésus est en droit de compter sur elles pour cet accompagnement.
C’est un accompagnement silencieux : elles ont veillé biens des mourants et savent qu’une simple présence est un baume sur la douleur. Les femmes assurent cette simple mission de présence.

Marie Madeleine devient la figure emblématique de la pécheresse au grand cœur, tant de fois peinte au cours des siècles.
La représentation qui l’a dépeint le mieux dans une attitude rendue particulièrement belle par sa simplicité est celle de la rencontre au tombeau.
A genoux, elle tend une main suppliante vers Jésus : c’est l’instant où elle voit la gloire du ressuscité ; il est encore plus beau que le plus beau des enfants des hommes. Celui qu’elle ne peut toucher lui transperce le cœur : elle est éblouie de l’amour infini de Dieu.
En un instant, elle s’est sentie appelée à un amour différent qui survit à l’absence du corps, dans une croyance absolu de la présence invisible.

Elle ne baisera plus ses pieds, elle ne parfumera plus sa tête, mais elle vivre de sa vie, tout son corps de Ressuscité lui sera une présence vivante qu’elle contemplera et qu’elle aimera de tout son cœur.

Après l’Ascension et la Pentecôte, les apôtres fondent des communautés, rendent témoignage et annoncent la parole du seigneur.
Les saintes femmes continuent à accompagner discrètement. Leur compréhension de la personne de Jésus devient une référence et les gestes pour le servir, un modèle de conversion.

Au delà de la légende, les gestes et les actions des femmes de l’Evangile ont toujours inspiré la vie de celles qui s’attachent à Jésus et veulent le servir.
Se sentant incapables d’aimer le Christ comme elle le voulait, Sainte Thérèse d’Avila demande à Marie-Madeleine de la guider sur le chemin de la conversion, pour aimer Jésus comme elle l’a aimé lorsqu’elle l’a vu mourir sur la croix et vivre dans la contemplation alors qu’elle était privée de sa présence.
Premiers témoins de la résurrection, elles ne transmettent pas la Bonne nouvelle de Jésus par des discours aux juifs ou aux païens comme le font les apôtres. Elles sont porteuses de vie, porteuses d’amour.

Que l’exemple des Saintes Femmes nous conduisent à notre tour sur le chemin de la conversion, qu’elle nous permettent d’arriver à cette simplicité de vie.
Qu’à leur exemple toute notre vie se soit qu’un don de nous-mêmes par amour du Christ.

Prions Sainte Marie-Madeleine, qu’elle nous obtienne un plus grand amour de la personne de Jésus, pour qu’à notre tour nous le suivions.

Que notre Route soit une quête de l’amour divin.

Femmes pour L’aimer [3]

Dimanche 3 août 2008

  »Rester immobile ne sert à rien.

Il faut choisir entre progresser ou régresser.

Allons donc de l’avant et le sourire aux lèvres. »

B.P.

Femmes pour L’aimer [2]

Samedi 2 août 2008

Moment lumière. 

Vie pauvre, vie dure, vie pure;

Bref, vie saine et vie vraie.

Plus notre civilisation se fera antihumaine,

Plus nécessaire sera la route

Pour nous remettre souvent dans le vrai climat de notre nativité…

Sur la route, rien ne sépare, tout forge l’unité.

On part en raid. La route fait la souplesse.


 
Père Paul Doncoeur

Route 2008, Femmes pour L’aimer [1]

Vendredi 1 août 2008

Quo vadis ?

Cher tous,

Voilà notre feu rentré de sa route ! Une aventure qui nous a conduit cette année de Figeac à Rocamadour. Notre thème de marche était « Femmes pour l’aimer ».
Tout au long de ce mois d’août, nous allons vous faire partager notre carnet de route: vies de femmes exemplaires, moments lumière, méditations, citations, chants…
Ce carnet, confectionné avec soin par notre cheftaine de feu a été notre fil conducteur spirituel de la semaine. Il sera désormais en ligne pour toutes celles qui n’ont pas de feu près de chez elles, pour toutes celles et ceux qui désirent découvrir la spiritualité guide-aînée… pour tous les curieux aussi !

Alors nous vous souhaitons à vous aussi une bonne route virtuelle, mais pas moins spirituelle !

 Les GA du feu Bienheureuse mère Térésa.

 

 *   *   *

 

Femmes pour L’aimer

femmes pr L'aimer


Au long des siècles, les femmes consolent, soignent, enseignent, servent la vérité par amour de Jésus, suivant ce qu’il a dit lui-même: « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25,40)
La première, la Vierge Marie a bercé l’Enfant-Dieu, corps et cœurs à l’unisson.
 
Mystiques silencieuses ou femmes actives, fondatrices, maîtresses d’école, mères de famille, elles deviennent des passionnées de la personne de Jésus, de Dieu qui se laisse voir et toucher, aujourd’hui comme hier. Elles le suivent dans la joie comme dans la souffrance, se mettent à genoux pour le prier et prendre soin de lui qui est vivant, pauvre et caché dans les plus petits et les plus démunis.
Tout geste de la vie quotidienne devient un acte d’adoration pour le corps sacré de Jésus qui, selon l’expression de sainte Thérèse de Lisieux, se fait « mendiant d’amour ».
 
Pendant cette route, nous essayerons de parcourir l’histoire de quelques femmes qui nous feront découvrir des formes d’engagement très novatrices. Elles nous éclairent sur ce que peut être le « génie féminin » ou la sainteté au féminin. parce qu’elles aiment Jésus, leurs gestes simples, leur seule présence souvent transformaient des situations désespérées, rendent la paix, convertissent les cœurs.
 
Bercer, consoler: des gestes auxquels notre société consacre peu de temps aujourd’hui.
 
Les Saintes femmes de l’Evangile se sont mises les premières au service de la personne de Jésus. Elles ont cherché à le voir, à la toucher, vénérant affectueusement ce corps dans lequel le Fils de Dieu s’est incarné. Au moment de sa sépulture, elles assurèrent le service de l’embaumement. ces gestes, réservés alors aux femmes, leur permirent d’être les premiers témoins et les messagères de la Résurrection. Elles ont certainement compris le mystère de l’Incarnation d’une manière existentielle, complémentaire de celle perçue par les apôtres.
 
« Je te rends grâce Seigneur pour la merveille que je suis. » Ps 138.
Et parce que nous sommes uniques, nous devons construire notre personne, sur notre chemin. Nous pouvons avoir des modèles, des repères, mais sachons que ce n’est que nous qui pourrons faire notre route avec l’aide du Seigneur. Nous devons devenir ce que Dieu veut que nous soyons, dans toute notre liberté et seulement si nous le désirons.
Le Feu veut nous aider à devenir nous-même en faisant de notre mieux pour être toujours prête à servir Dieu et les autres. A nous de nous découvrir nous-mêmes, de progresser coûte que coûte, joyeusement afin d’être celle que Dieu a voulu.

La spiritualité de la route [6]

Dimanche 25 mai 2008

IV-  La mystique de la Route

 

plerins.jpg
 

1. la vie unitive
L’union transformante en Dieu est le terme de la vie spirituelle.
La Route favorise l’union de l’âme à la divinité par :
- La fréquence de la prière
- La contemplation de la nature
- Les arrêts dans les églises
- Les méditations
- Les conversations
- Les incidents agréables qui appellent un remerciement, les désagréables une acceptation.

2. la Route et la vie
C’est une toute petite part de notre vie. Elle nous permet de faire une sorte de retraite ouverte car :
- Fuite du monde
- Eloignement de nos routines et de nos soucis communs
- Silence
- Prière
- La remise en présence de soi-même et de Dieu.

Quand on a fait le point, déterminé la position exacte où l’on se trouve, on peut mieux progresser et marcher en avant.

La spiritualité de la route [5]

Vendredi 23 mai 2008

7. La charité individuelle et sociale
La charité c’est l’amour de Dieu et l’amour de nos frères en son nom. Et la marque de notre christianisme c’est l’amour que nous témoignons à nos ennemis.

La Route est une société de secours mutuel. Cette charité demande du tact, de la douceur, une inquiétude du bien-être physique et moral de l’autre, un sens des attentions qui font plaisir, des petits gestes qui touchent et réconfortent.

La charité sociale s’exerce d’abord à l’intérieure de notre Feu mais elle doit s’exercer aussi à l’extérieur, envers ceux que nous rencontrons et qui sont différents de nous.

Nous sommes toutes citadines et vous verrez que la Route va nous rapprocher des campagnards, des paysans, des provinciaux.

8. L’apostolat
L’apostolat le plus facile et le plus fécond est celui de l’exemple. Mais nous disposons aussi d’un autre moyen d’apostolat, plus sensible : Le Feu de joie, pendant la veillée.
Le Feu est un prétexte au rassemblement. La communication est établie par le chant, qui est alors un joyeux outil de propagande, un brillant instrument d’apostolat, plus effectif que mille discours.
Et quand les esprits sont mûrs, prêts à s’ouvrir, quelqu’un prend la parole et lit un beau texte qui continue le chant de tout à l’heure. Il chante la fraternité, la joie, la charité de Jésus. Et les auditeurs, même hostiles au christianisme l’écoutent avec recueillement, parce qu’après cette soirée, il convient qu’on se taise, qu’on écoute et qu’on médite. On fini la veillée par la prière, et vous verrez des mains qui essaient un signe de croix qu’ils n’avaient pas fait depuis longtemps.

La spiritualité de la route [4]

Jeudi 22 mai 2008

4. La simplicité
Quand on étudie la simplicité, on comprend que c’est une notion complexe…ou plutôt une notion difficile à définir.
Le simple se définit difficilement justement parce qu’il est simple. On se demande s’il est possible de définir la simplicité autrement que par approximation ou par opposition. Est simple tout ce qui n’est pas double, multiple, complexe, compliqué, contourné,…

Evidemment, la Route est l’ennemie des complications ou des « manières ». Il ne s’agit pas de chercher midi à 14h ou de tourner autour du pot !

Nous essayons de voir les choses comme elles sont et de les prendre telles quelles.
Pour les vêtements, la nourriture et en général le confort, pauvreté et simplicité se rejoignent.
Mais il y a aussi une simplicité moins externe et plus délicate : celle de l’âme qui se confie, avec l’abandon d’un petit enfant, aux mains de Jésus Christ. Toutes les spiritualités, lorsqu’on les creuse jusqu’au bout, arrivent à cette simplicité conforme aux préceptes évangéliques.
« Soyez simples comme la colombe et prudents comme le serpent »….. « Si vous ne devenez semblables à ces petits, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux. »
La Route nous oriente vers un abandon à la Providence. Elle ne laisse pas le temps pour les introspections à la loupe ni pour les étalage de science théorique.

On apprend que la volonté humaine est à la fois puissante et misérable.
La Route nous met dans un état d’indifférence où tout heur et malheur nous paraît sortir de la main de Dieu pour notre progrès spirituel, donc utile et acceptable.

La Route nous invite aussi à une simplicité envers les autres, l’acceptation des autres tels qu’ils sont.
Prendre le temps comme il vient, les gens comme ils sont et Dieu comme Il veut, tel est le secret de la simplicité qu’enseigne la Route.
Et du même coup elle enseigne aussi la force.  La route des simples, c’est la route des forts.

5. La maitrise de soi
Si la route est aimable, joyeuse et fantaisiste, elle est aussi dure, austère et sévère.

La Route exige une surveillance continue de soi-même, une prédominance de la volonté sur l’instinct, une garde autour de nos tendances, une réduction de nos paresses, de  nos convoitises,  de nos lubies, de tout ce qui nous alourdit.

6. La pureté
Si l’on reprend le cliché de la ville tentaculaire, on peut aussi parler de la ville tentatrice.
L’air intoxique, le surmenage énerve et déprime, l’ambiance excite, l’exemple démoralise.
La pureté a toujours été un combat, mais dans nos grandes villes modernes, elle exige plus d’héroïsme que jamais.
La Route nous tire hors des villes, de leur atmosphère, de leurs vacarmes et de leur influence pour nous transporter dans la paix des campagnes.
Et là, l’amour ne nous apparaît plus comme la rencontre brutale de deux égoïsmes frénétiques, mais comme une insertion dans la fécondité de la nature, comme une coopération à l’œuvre créatrice.
La Route nous aménage une vie pleinement humaine, telle que Dieu la voulait pour l’homme. Une vie réglée par le cours du soleil. Une vie coupée de contemplation et d’action, coupée de travaux du corps et de l’esprit ce qui aboutit à l’équilibre.

Elle nous permet aussi de belles amitiés, fondées sur une estime réciproque, sur une communauté de goût et d’idéal, sur un sentiment de fraternité chrétienne.

La spiritualité de la route [3]

Mercredi 21 mai 2008

III- Ce que nous apporte la Route.

La Route peut être un auxiliaire, un instrument qui nous aide à nous débarrasser  des obstacles qui nous barrent l’entrée de la grâce.
Nous ne devons donc pas jeter sur la route un regard purement naturel, en ne considérant que l’air pur, le plaisir des muscles qui fonctionnent bien et l’agrément de quelques heures avec des amies.

Nous devons vivifier la route par un esprit surnaturel qui va métamorphoser des actes apparemment identiques.
Il faut se laisser faire par la Route.

Mais, attention, pas d’exclusivisme étroit ! La Route n’est qu’une activité entre mille autres, celle qui correspond aux heures de loisirs et de détente.
Elle doit avoir dans notre vie spirituelle la part qui lui revient et pas davantage.

1. La pauvreté
La pauvreté, première des béatitudes, est le commencement de toute ascèse.
Ce n’est pas simplement le détachement des biens matériels, l’élagage du superflu, la réduction au nécessaire vital, c’est le dépouillement de soi-même, de son amour propre, de sa volonté propre.

L’Evangile conseille, ordonne la pauvreté !
Plus on avance sur la route et plus on constate que l’absolu nécessaire est une chose relative et combien les conventions mondaines de la mode, du luxe ou de la vanité sont inadaptées à la vie réelle.
On apprend beaucoup sur la route.
La route nous apprend à vivre longtemps et bien avec peu de ressources. Elle nous prouve que les plaisirs dignes de l’homme, ne s’achète pas dans les grands magasins et moins encore dans les bistrots et dans les boites de nuit.
L’optique de la route, qui remet les être en leur lieu naturel, situe les biens matériels à leur rang de moyen.

La Route est l’école qui nous apprend à maitriser la matière, à terrasser l’avarice, grâce à qui nous possèderons le Royaume des Cieux.

2. L’humilité
C’est la connaissance de soi-même, de son insignifiance devant Dieu, de ses péchés, c’est l’acceptation de notre place, c’est-à-dire la dernière.

Qu’est-ce qui est humiliant pendant la Route ?
Se costumer en guide, surprendre le regard ironiquement pitoyable des gens…

Lorsque nous étions enfant, on peut dire que l’uniforme nous attirait. Adulte, il nous révulse ! Et celles qui vont dominer cette répulsion font le premier pas vers l’humilité.
Et c’est humiliant aussi d’avoir besoin des autres, de faire l’aumône pour un toit,…

3. L’obéissance
Elle résume toutes les vertus. Elle consiste, ordinairement, dans une soumission humaine à l’autorité divine et aux autorités qui la représente sur terre. C’est une acceptation libre, digne et intelligente. L’obéissance doit être une crainte amoureuse et respectueuse et non pas servile.
L’obéissance est le commencement de la sagesse.

La marche en groupe exige une règle et une autorité qui l’applique. Il faut bien savoir à quelle heure on partira, quel chemin l’on prendra…

Même si la générosité ne doit pas manquer dans un Feu et faire place à la spontanéité, la bonne volonté ne suffit pas. Le rôle de la cheftaine est de mettre un frein à l’activité de ces « Marthe » et d’obliger quelques fois ces « Marie » à sortir d’une contemplation qui se rapproche de la « flemmenza communis » plus que de l’extase mystique !

Il faut ravaler ses préférences, accepter des tâches qui ne nous plaisent pas et se résigner à quelques petites injustices.

12345...8