Archive de la catégorie ‘Année 2008 / 2009’

Chartres 2009 [4]

Dimanche 14 juin 2009

3ème mystère joyeux : la nativité de Notre Seigneur.

Fruit du mystère : le renoncement à soi-même et l’esprit de pauvreté.

St Luc 2,12 « Et voilà le signe qui vous est donné: vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire.» Voilà quelque chose d’inimaginable: le Sauveur des hommes, Dieu, se manifeste sous la forme d’un enfant et en premier lieu est adoré par les bergers !!!  « Je ne puis craindre un Dieu qui s’est fait pour moi si petit… Je L’aime car Il n’est pour moi qu’amour et miséricorde» dit Ste Thérèse de Lisieux.
Pauvreté spirituelle: «  Heureux les pauvres en esprit » Jésus demande aux siens le détachement intérieur à l’égard des biens temporels (qu’ils les possèdent ou en soient dépourvus), afin d’être capables de désirer et de recevoir les vraies richesses, que sont entre autres, la bonté et l’amour miséricordieux  de Jésus. «Aimez Dieu et vous vous détacherez de tout , détachez-vous de tout et vous aimerez Dieu » St Alphonse de Liguori. «Il faut, dit Ste Thérèse de Lisieux faire chanter tout son passé, même et surtout celui dont nous ne sommes pas fiers. Le Seigneur veut s’en servir pour nous révéler la profondeur de son Amour. »
A Sr Faustine « Ma fille quand tu t’approches de la Sainte Confession, de cette source de ma Miséricorde, le Sang et l’Eau qui sont sortis de mon Cœur se déversent sur ton âme et l’ennoblissent. Chaque fois que tu te confesses, plonge-toi toute entière, dans ma Miséricorde avec une grande confiance, pour que je puisse répandre en ton âme toutes les largesses de ma grâce…Ici la misère de l’âme rencontre le Dieu de Miséricorde… Les torrents de ma grâce inondent les âmes humbles.
St Curé d’Ars :« Il sort du cœur de Dieu une transpiration de tendresse et de miséricorde pour noyer les péchés du monde ». Padre Pio « La confession est le bain de l’âme ».
Demandons au Seigneur par la main de Marie, de nous aider à prier régulièrement pour faire la vérité en nous et ainsi nous approcher en toute confiance et amour des Sacrements de la Confession et de l’Eucharistie.

Chartres 2009 [3]

Samedi 13 juin 2009

2ème mystère joyeux : la Visitation.

Fruit du mystère : la charité envers le prochain.

Ecoutons St Luc, 1, 41-44 : «Or quand Elisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors Elisabeth fut remplie de l’Esprit-Saint, et s’écria d’une voix forte : «Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi? Car, lorsque j’ai entendu tes paroles de salutation, l’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi.» L’esprit-Saint qui est l’Esprit d’Amour et qui sonde les cœurs, fait découvrir à Elisabeth que Marie est mère du Seigneur. Quelle joie pour ces deux mamans qui ont cru à la parole du Seigneur et qui ont accepté la vie!!! Regardons un peu ce que nous dit Benoît XVI dans son encyclique « Deus Caritas est » : Deus Caritas est: c’est-à-dire : Dieu est Amour: celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu en lui.(1Jean 4,16). Et encore : «il n’y a pas de crainte dans l’amour, l’amour chasse la crainte.» (1Jn 4,18). Posons-nous la question de savoir qui est mon prochain ?
« Celui qui a besoin de moi et que je peux aider, celui-là est mon prochain » et « Jésus s’identifie à ceux qui sont dans le besoin »  « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Mat, 25, 40. « L’amour de Dieu et l’amour du prochain se fondent l’un dans l’autre: dans le plus petit, nous rencontrons Jésus lui-même, et en Jésus nous rencontrons Dieu. » (Benoît XVI)
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même »  est un commandement de Jésus, vers lequel toute une vie de foi doit tendre.
« Il consiste précisément dans le fait que j’aime aussi, en Dieu et avec Dieu, la personne que je n’apprécie pas. Cela ne peut se réaliser qu’à partir de la rencontre intime avec Dieu, une rencontre qui est devenue communion de volonté pour aller jusqu’à toucher le sentiment…Je vois avec les yeux du Christ et je peux donner à l’autre bien plus que les choses qui lui sont extérieurement nécessaires: je peux lui donner le regard d’amour dont il a besoin. »(Benoît XVI)
Demandons au Seigneur par la main de Marie, de nous donner l’Esprit-Saint qui nous aidera à nous convertir chaque jour un peu plus, pour devenir de véritables porteurs du Christ, donnés au prochain.

Chartres 09 [2]

Mercredi 10 juin 2009

Mystères Joyeux du samedi

1er mystère joyeux : l’Annonciation.

Fruit du mystère : la vertu d’humilité.

« Si haut que soit le Seigneur, il voit le plus humble ! » chantons-nous dans le psaume 138. Dieu s’adresse aux humbles qui savent que sans Dieu ils ne peuvent rien faire. Il l’affirme lui-même : « Sans Moi, vous ne pouvez rien faire ». De fait l’humble s’ouvre devant Dieu en lui confiant ses faiblesses, et c’est dans ces faiblesses là que la puissance de Dieu se déploie, c’est-ce que nous dit St Paul dans sa 2ème lettre aux Corinthiens: «J’ai dans ma chair une écharde qui est là pour me gifler, pour m’empêcher de me surestimer. Par trois fois, j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi. Mais il m’a déclaré: « Ma grâce te suffit, ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse »». L’humilité, c’est la crainte respectueuse de Dieu, c’est se sentir petit devant Dieu, c’est reconnaître que Dieu est notre Créateur, que nous lui devons tout. L’humilité invite à la louange, à la joie d’être l’enfant adoptif d’un Père si Bon. Avec quelle foi, quelle joie et quelle humilité, Marie accueille l’annonce de la venue du Sauveur !!! Cependant, Marie toute pleine de grâces a bien les pieds sur terre: Marie dans sa foi, cherche à comprendre: « comment cela pourra-t-il se faire puisque je ne connais point d’homme ? » L’humilité dans la foi permet à Marie de dire oui en toute confiance au Seigneur ; Marie par sa foi croit que « rien n’est impossible à Dieu ». Devant la grandeur de sa mission, Marie simplement veut rester à sa place: « Voici la servante du Seigneur, que tout se passe pour moi selon ta parole» Marie en disant oui au Seigneur, dit oui à la vie, à la vie en abondance. (« Moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » nous dit Jésus en Jean 10,10 ) Demandons au Seigneur, la grâce de nous libérer de nos peurs pour que nous entrions dans la confiance avec le Seigneur, avec nous-mêmes et avec les autres. Ainsi nous pourrons répondre oui à ses appels, nous pourrons répondre oui à l’annonce d’une vie nouvelle.

Chartres 09 [1]

Lundi 8 juin 2009

SAMEDI 30 MAI 2009

« Royaume de vérité et de vie »

sous le patronage de Saint Paul apôtre

Présentation du pèlerinage
1. Qu’est-ce qu’un pèlerinage ?
- un condensé de vie chrétienne, car toute notre vie est un vaste pèlerinage vers le ciel.
- Une pénitence
- Une prière
- Une marche, qui nous rappelle l’importance de notre corps, et qui nous rappelle que Dieu s’est incarné.
- Un arrachement
- Une tension vers le ciel, vers Notre-Dame

2. Le thème de cette année.

Que nous manque-t-il donc aujourd’hui ? Que manque-t-il pour que les joies du paradis commencent à être vécues dès ici bas? Il ne nous manque qu’une chose : que nous soyons décidés à n’appartenir qu’à Dieu. C’est ce qui manque dans chacune de nos journées, c’est ce qui manque aussi à nos familles, à toutes nos institutions et en premier lieu à nos hommes politiques qui ne dureront que ce que dureront leurs programmes de communication. Mais encore ? Qu’est-ce que cela signifie ?
En 1925, le pape Pie XI instituait la fête du Christ-Roi et justifiait son introduction dans la sainte liturgie dans l’encyclique « Quas Primas ». Dans les textes de la messe (nous aimons tirer nos leçons de la liturgie), nous trouvons expliquée la nature du Royaume de Notre-Seigneur. Dans la préface, cette appartenance au Roi du ciel et de la terre, est expliquée par trois séries d’expressions.
Royaume de vérité et de vie – Royaume de sainteté et de grâce – Royaume de justice, d’amour et de paix
Voilà notre programme bien tracé pour trois jours de pèlerinage. Comme nous le faisons d’habitude, nous veillerons à ce que l’étendue de nos développements n’exclue aucun aspect important, ni l’appartenance de nos âmes à Dieu, ni le respect de la loi divine par nos institutions. Dans notre pèlerinage, nous honorerons donc le Christ comme roi de nos âmes et aussi comme roi des nations.

Que Votre règne arrive

Vendredi 29 mai 2009

 

Et vous… avec qui marchez-vous ce ouiquande ?

 .

Chartres 09

La vie d’oraison [9]

Jeudi 28 mai 2009

 

A lire !

Le commentaire de notre abbé sur l’oraison,

c’est ici :

http://feubnxmtheresa.unblog.fr/2008/12/20/la-vie-doraison-8/#comment-340

Etre apôtre, comment ? [2]

Samedi 23 mai 2009

Bnx Charles de Foucauld,

lettre à Louis Massignon,

Tamanrasset, 1er août 1916

 charlesdefoucauldcoeur.jpg

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Pensez beaucoup aux autres, priez beaucoup pour les autres.
Vous dévouer au salut du prochain par les moyens en votre pouvoir, prière, bonté, exemple, etc… c’est le meilleur moyen de prouver à l’Epoux divin que vous l’aimez : « Tout ce que vous faites à un de ces petits, c’est à moi que vous le faites »…
L’aumône matérielle qu’on fait à un pauvre, c’est au créateur de l’Univers qu’on la fait, le bien qu’on fait à l’âme d’un pécheur, c’est à la pureté incréée qu’on le fait… Dieu a voulu qu’il en fût ainsi pour donner à cette charité envers le prochain dont il a fait le deuxième devoir « semblable au premier » une véritable similitude avec ce premier de l’amour de Dieu… Il n’y a pas, je crois, de parole de l’Evangile qui ait fait sur moi une plus profonde impression et transformé davantage ma vie que celle-ci : « Tout ce que vous faites à un de ces petits, c’est à moi que vous le faites ». Si on songe que ces paroles sont celles de la Vérité incréée, celles de la bouche qui a dit « Ceci est mon corps… Ceci est mon sang », avec quelle force on est porté à chercher et à aimer Jésus dans ces « petits », ces pécheurs, ces pauvres, portant tous ses moyens matériels vers le soulagement des misères temporelles…

Etre Apôtre… comment ? [1]

Samedi 16 mai 2009

« Etre Apôtre… comment ? »

Bienheureux Charles de Foucauld,

lettre à Joseph Hours, Assekrem,

le 3 mai 1912

 Monsieur,

 Je reçois votre lettre, qui me dit, sur le besoin qu’a partout, en France comme en pays de missions, l’œuvre ecclésiastique d’être renforcée d’une œuvre laïque, des choses bien vraies – que je pense moi-même depuis longtemps… Comme vous le dites, les mondes ecclésiastiques et laïcs s’ignorent tellement que le premier ne peut donner à l’autre.
 Il est certain qu’à côté des prêtres, il faut des Priscille et des Aquila, voyant ceux que le prêtre ne voit pas, pénétrant où il ne peut pénétrer, allant à ceux qui le fuient, évangélisant par un contact bienfaisant, une bonté débordante sur tous, une affection toujours prête à se donner, un bon exemple attirant ceux qui tournent le dos au prêtre et lui sont hostiles de parti pris. […]

 La charité, qui est le fond de la religion (« le premier devoir est d’aimer Dieu, le deuxième, semblable au premier, est d’aimer son prochain comme soi-même »), oblige tout chrétien à aimer le prochain, c’est-à-dire tout humain, comme soi-même, et par conséquent à faire du salut du prochain, comme de son propre salut, la grande affaire de sa vie. Tout chrétien doit donc être apôtre : ce n’est pas un conseil, c’est un commandement, le commandement de la charité.

 Être apôtre, par quel moyen ? Par ceux que Dieu met à sa disposition : les prêtres ont leurs supérieurs qui leur disent ce qu’ils doivent faire…Les laïcs doivent être apôtres envers tous ceux qu’ils peuvent atteindre : leurs proches et leurs amis d’abord, mais non eux seuls, la charité n’a rien d’étroit, elle embrasse tous ceux qu’embrasse le Cœur de Jésus.

 Par quels moyens ? Par les meilleurs, étant donnés ceux auxquels ils s’adressent : avec tous ceux avec qui ils sont en rapport sans exception, par la bonté, la tendresse, l’affection fraternelle, l’exemple de la vertu, par l’humilité et la douceur toujours attrayantes et si chrétiennes ; avec certains sans leur dire jamais un mot de Dieu ni de la religion, patientant comme Dieu patiente, étant bon comme Dieu est bon, aimant, étant un tendre frère et priant ; avec d’autres en parlant de Dieu dans la mesure qu’ils peuvent le porter ; dès qu’ils en sont à la pensée de rechercher la vérité par l’étude de la religion, en les mettant en rapport avec un prêtre très bien choisi et capable de leur faire du bien… Surtout voir en tout humain un frère.

Etats généraux de la bioéthique

Jeudi 14 mai 2009

Les Etats généraux de la bioéthique qui ont été lancés le mercredi 4 février 2009 et devront se conclure fin juin, constituent une étape participative préalable à la seconde révision des lois de bioéthique, dont le processus est annoncé pour la fin de l’année. L’Alliance pour les Droits de la Vie est fortement impliquée dans ce débat citoyen. Elle entend y apporter sa pierre au service des convictions qui l’animent : le respect de l’intégrité et de la dignité de tout être humain, de sa conception à sa mort naturelle. Ce principe doit être concilié avec l’écoute des souffrances qui sont sous-jacentes au débat bioéthique : infertilité, handicap, maladie génétique…Pour l’Alliance, le véritable progrès scientifique doit à l’évidence respecter toute l’humanité.
 
Un Appel Bioéthique est lancé au président de la République et à M. Jean Leonetti, président du comité de pilotage des Etats généraux de la bioéthique.
 
Les signataires de cet Appel Bioéthique souhaitent apporter leur contribution au grand débat citoyen des Etats généraux de la bioéthique. Ils expriment solennellement 4 demandes qu’ils considèrent comme urgentes et essentielles pour la paix sociale et le respect des droits de l’homme.
 
Vous pouvez signer cet appel sur
http://www.adv.org/lactualite-de-lalliance/campagnes-de-lalliance/appel-bioethique/
 
 Cet appel demande de:

1.Préserver le sens de la maternité qui est d’accueillir la vie
L’accompagnement des grossesses doit protéger la maternité pour qu’elle reste une réalité naturelle et épanouissante, centrée sur l’accueil de la vie.
Pourquoi multiplier les examens angoissants, visant à traquer les anomalies du foetus qu’on n’envisage pas de soigner ?
Les diagnostics médicaux précoces doivent avoir comme objectifs de prendre soin de la mère et de son enfant et de préparer l’accueil des nouveau-nés, spécialement ceux qui ont un handicap ou une maladie.

2. Stopper l’escalade vers le bébé zéro défaut
Avec l’explosion des investigations prénatales et du diagnostic préimplantatoire, la naissance d’enfants sans défaut tend à devenir une exigence : comme si certaines vies avaient moins de valeur que d’autres.
Au lieu d’empêcher de naître les personnes handicapées déjà conçues, la société doit les aider à y prendre leur place et soutenir leurs familles.

3. Donner la priorité au droit de l’enfant sur le droit à l’enfant
La souffrance des personnes confrontées à l’infertilité doit être écoutée, mais elle ne légitime pas des modes de procréation contraires aux droits et à l’intérêt des enfants.
Un enfant a besoin de ne pas être privé délibérément d’un père ou d’une mère. Les moyens artificiels ne peuvent donc pas justifier qu’on le prive de son origine biologique ou qu’on lui impose deux pères ou deux mères.
De même, le système des mères porteuses est injuste car il programme, avant la conception, la rupture entre un enfant et celle qui l’enfantera.

4. Soutenir la recherche qui respecte l’embryon humain
L’embryon humain ne peut pas être traité comme un objet. Il n’est pas juste de congeler des embryons humains vivants. Il n’est pas juste de les utiliser pour des expérimentations ou des modes de procréation impliquant leur destruction.
Les moyens financiers doivent aller aux recherches thérapeutiques respectant les droits de l’homme : sang du cordon ombilical, cellules-souches adultes… C’est le moment de décréter un moratoire en faveur de l’embryon humain, autrement dit d’arrêter de le congeler et de l’utiliser comme matériel de laboratoire.
 
A la suite de beaucoup, faites entendre votre voix!

Amicalement, et en union de Prières !
+Pro Vie+

Alors : Heureux ?

Lundi 4 mai 2009

Alors : Heureux ?

Si nous prenons notre vie de baptisé au sérieux, si nous avons compris qu’elle est pour nous un vrai appel à la sainteté, et que Dieu s’est engagé à nous en donner les moyens, nous avons certainement rencontré quelques luttes intérieures, sinon extérieures, et pu constater à la fois notre besoin de Dieu et de sa force, et le désir de Dieu de combler tous nos manques. Il n’attend que nos bras tendus. Pas les bras d’un enfant capricieux, mais ceux d’un enfant aimant et tout abandonné à l’Amour de son Père. Nous le savons : grands désirs, humilité et confiance sont les marques de l’enfance spirituelle, cette « petite voie toute droite » qui peut nous conduire très vite et facilement (mais non sans efforts !) à une grande sainteté. La question de notre bonheur n’est pas incongrue, car elle correspond en vérité et très exactement à ce que Dieu VEUT pour nous. Nous avons, hélas ! Une telle conception de la morale chrétienne, plus ou moins marquée sans doute par le jansénisme, que le bonheur et sa recherche nous apparaissent peut-être suspects et entachés d’égoïsme.
Comme le démon a bien réussi son coup, en rendant la morale chrétienne, et par ricochet la volonté de Dieu et Dieu Lui-même, sévère, triste, finalement détestable ! On reconnaît bien là la patte de celui qui est père du mensonge ! Il nous suffit pourtant d’ouvrir notre Bible et d’écouter la Parole de Dieu pour comprendre que le plan de Dieu sur nous, dès l’origine, est une invitation à partager son bonheur, non seulement au ciel, mais dès ici-bas. Les conséquences du péché originel ont rendu cette quête du bonheur incertaine, sinon périlleuse, mais Dieu n’a pas renoncé à son plan et ne nous a pas rejetés. Il continue à nous appeler au bonheur, et dès ici-bas. Mais à quel bonheur ?
La Croix elle-même, que nous rencontrons sur notre route, peut être source d’une joie mystérieuse, parce que féconde. « Fac me cruce inebriari » « Fais que je m’enivre de la croix » (séquence Stabat Mater). Les saints de tous les temps ne cessent de nous le dire chacun à sa façon. Pourquoi refuser de les croire ? Pourquoi nous obstiner à fermer les yeux et les oreilles devant cette grande révélation du dessein d’amour de Dieu sur nous, révélation prodigieuse qui pourrait nous libérer de toutes nos angoisses existentielles ? Pourquoi ne pas essayer de les suivre, de les imiter, dans ce qu’ils ont d’imitable, c’est-à-dire dans leur propre imitation et suite du Christ ? Pourquoi tarder, perdre du temps, alors que chaque jour nous est donné pour élargir notre cœur, le purifier et le rendre digne du plus grand bonheur qui soit : celui du Dieu trois fois saint ! « Cela Je vous l’ai dit pour que MA joie soit EN VOUS, et que votre joie soit PARFAITE » (Jn 15,11).
Entre la première prédication du Seigneur dans la synagogue de Nazareth (Lc 4, 16-22) et le discours après la Cène, tout l’enseignement de Jésus pendant sa vie publique est comme serti de ces promesses de bonheur.
Redisons-le donc : la vie chrétienne est source de joie, d’une joie très pure et très forte à la fois. Au risque d’être incompris, je dirai même que la vie selon le Christ est ici-bas la seule joie parfaite, parce que seule elle peut avoir une saveur d’éternité.
Aussi, n’ayons pas peur de chercher le bonheur, puisque Dieu nous y invite. La théologie morale, telle que l’expose saint Thomas d’Aquin (Somme Théologique IIa IIae, q.1-5), et telle que le Catéchisme de l’Église Catholique a voulu la présenter (n° 1716 – 1729, ou abrégé du CEC n° 359 à 352), s’ouvre précisément par notre vocation à la béatitude. La « morale » n’est donc pas d’abord et essentiellement une liste de préceptes et d’interdits, ou une volonté tyrannique imposant des commandements arbitraires. Chassons définitivement ces fantômes qui nous font peur ! Elle est un chemin qui conduit au bonheur. La recherche du bonheur, loin d’être un obstacle à notre progrès spirituel, en est au contraire un puissant ressort. Le tout est de ne pas partir sur une fausse piste. Pour éviter les écueils, nous avons des aides précieuses : les commandements de Dieu et de l’Église et plus largement la Parole de Dieu et l’enseignement de l’Église. Aimons à fréquenter la Parole de Dieu, en particulier l’Évangile, dans une lecture priante (la « lectio divina »). Etudions les documents du magistère.
Quelle libération de nos capacités d’aimer nous trouverons dans la fidélité à la loi de Dieu, expression de sa volonté sainte et de son Amour !
« Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande » (Jn 15,14). On peut difficilement être plus clair ! Cherchons à être toujours plus fidèles à ses commandements, résumés dans le double précepte de la charité, le « commandement nouveau » (Jn 13,34) laissé par le Seigneur à ses disciples. Un commandement qui n’abolit pas le Décalogue, mais le porte à sa perfection (cf Mt 5,17). Celui qui aime parfaitement Dieu et le prochain n’a plus besoin qu’on lui dicte une autre loi. « La charité, voilà ma seule étoile / À sa clarté je vogue sans détour » (Ste Thérèse de l‘Enfant-Jésus, PN 17 « Vivre d’Amour »). Quand bien même nous serions encore loin de la perfection d’une petite Thérèse – ce qui est sans doute le cas … – réjouissons-nous à chaque progrès accompli dans cette direction. Que la méditation du psaume 118, longue méditation (176 versets !) sur la beauté et la suavité de la loi de Dieu, nous encourage à poursuivre encore notre route : « Beati immaculati in via …» « Heureux ceux qui sont irréprochables dans leur voie, qui marchent selon la loi du Seigneur ».
Oui, cherchons le bonheur. Cherchons le vrai bonheur, un bonheur qui ne passe pas. Et soyons exigeants sur la qualité ! Cherchons-le en Dieu pour ne pas chercher en vain. Il se laisse trouver. Il rassasie le désir et le renouvelle en même temps. « Benedic anima mea Domino et omnia quae intra me sunt nomini sancto eius ; benedic anima mea Domino et noli oblivisci omnes retributiones eius, (…), qui replet in bonis desiderium tuum renovabitur ut aquilae iuventus tua » (Ps 102, 1-2 ; 5) «Bénis, ô mon âme, le Seigneur, et que tout ce qui est en moi bénisse son saint nom ! et n’oublie pas ses nombreux bienfaits. (…) C’est lui qui comble de biens tes désirs; et ta jeunesse renouvelée a la vigueur de l’aigle ». Si nous ne sommes pas heureux, c’est que nous n’avons pas cherché au bon endroit. Si nous sommes heureux, remercions le Seigneur et demandons nous si nous ne sommes pas appelés à un bonheur plus grand encore. Celui qui nous satisfait aujourd’hui ne risque-t-il pas de nous échapper ou d’être terni par la lassitude ? S’il n’est pas infini et éternel, il n’est pas encore digne de nous. « Haut les cœurs ! » « Sursum corda ! ». Nous n’en finirons jamais de découvrir les merveilles que Dieu réserve à ceux qui l’aiment. Puissions nous remercier DIEU toute l’éternité pour la joie qu’Il met déjà dans nos coeurs. « multi dicunt quis ostendet nobis bona ; signatum est super nos lumen vultus tui, Domine ; dedisti laetitiam in corde meo a fructu frumenti et vini et olei sui multiplicati sunt »
« Beaucoup disent: « Qui nous fera voir le bonheur? » Fais lever sur nous la lumière de ta face. Seigneur, tu as mis en mon cœur plus de joie qu’aux jours ou leur froment, leur vin nouveau débordent » (Ps 4,6-8).

Abbé Hugues de MONTJOYE

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