Archive de la catégorie ‘Année 2008 / 2009’

L’existence de Dieu [19]

Vendredi 6 février 2009

V/ Les conséquences de l’aveu de l’existence de Dieu :

 Reconnaitre l’existence de Dieu, c’est s’engager : de l’acceptation de l’existence de Dieu découle plusieurs conséquences :

- Le devoir de le reconnaitre (en privé ou en public) : c’est la vertu de la religion, manifestée dans l’adorartion et dans la prière (2096-98).

- Considérer que seul Dieu peut être la fin de notre existence et que nous ne pouvons donc trouvez le bonheur total qu’en lui.

- Reconnaissance de Dieu et pratique de la religion disposent à accomplir la volonté de Dieu et nous préparent ainsi à recevoir la foi et la révélation divine.

L’existence de Dieu [18]

Jeudi 5 février 2009

IV/ La décision de croire en Dieu, au-delà de la raison

A. Les arguments métaphysiques sont supra-rationnels

 Les arguments développés ne sont pas au sens strict scientifiques. On ne pourra jamais réellement imaginer Dieu, il n’est qu’au bout d’une perception intuitive de l’intelligence.

C’est la même chose que d’imaginer l’infini des sentiments d’une personne dont on peut seulement juger scientifiquement l’apparence externe.

Ainsi, les arguments métaphysiques sont au-delà de la raison physique. D’après St Thomas d’Aquin l’achèvement scientifique se fait par la sagesse de la raison métaphysique : il légitime alors ce mode de pensée si particulier.

B. Le « soupçon » est infra-rationnel

 Le soupçon semble infrarationel, car il refuse d’opposer des arguments à des arguments. On n’essaie pas de critiquer au niveau même de l’argumentation (principe de causalité, non-régression à l’infini, situation de hasard…) mais on préjuge d’une motivation psychologique ou sociale cachée.

Ainsi tout soupçon est réducteur : on ne peut expliquer un être humain uniquement par son soubassement psychologique ou social. Ne voir en l’homme que de l’inconscient, du ressentiment, ou un conditionnement social, c’est réduire l’homme à ce qu’il a de moins humain. Certes tout homme a une psychologie et un rapport social, mais tout ne s’explique pas par ces paramètres…

C. Décider de croire

 Tôt ou tard surgit la question du sens de la vie et celle de l’existence de Dieu resurgit. C’est ce qui motive au fond le devoir moral d’être en quête de la vérité : en effet, tout tient à vouloir la chercher ou refuser de la chercher. En d’autres termes, l’accès à Dieu n’est pas une pure question intellectuelle, elle est aussi morale. Voilà pourquoi on peut être intelligent et agnostique voire même athée.

 Mais on peut faire le pari de pascal : « Vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien, et deux choses à engager : votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude; et votre nature a deux choses à fuir : l’erreur et la misère. Votre raison n’est pas plus blessée, en choisissant l’un que l’autre, puisqu’il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte, en prenant choix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est, sans hésiter. », Pensées, Blaise Pascal (1670)

 Remarque : on peut explorer le “dubito, ergo Deus est” de Descartes reprit avec fruits par Jean Guiton dans son testament philosphique : Le doute de l’existence de Dieu rassure car s’il était compréhensible, démontrable, soit finalement à notre portée, il ne serait plus Dieu puisque plus transcendant…

L’existence de Dieu [16]

Dimanche 1 février 2009

B. De l’esprit humain à Dieu

1. L’esprit dépasse la matière

 Les capacités de l’esprit humain sont étonnantes.

- Quand je prononce le mot arbre, jemet dans ma tête tou les arbres. La connaissance est un devenir intentionnel et non physique.

- Je met dans ma tête des quelques cm3 des distances en années-lumières, je comprend malgré mon âge l’âge terrestre de 4,5 milliards d’années.

- Je peux imaginer un pentagone et y penser d’accord, mais je peux aussi penser à un chiliogone (pllygone régulier à 1000 cotés) sans qu’il soit possible de l’imaginer.

- Je peux conçevoir l’infini.

- J’ai conscience de moi et je peux effectuer un retour sur mes actes en en jugeant la valeur  

En fait l’esprit humain transgresse le donné physique. D’ou vient cette capacité qui est au-delà du corps ? Comme l’effet doit garder une certaine proportion avec la cause, seul un esprit infini peut être à l’origine de l’esprit humain. La matière ne peut donner plus que ce qu’elle a dans les limites de l’espace et du temps.

Si l’esprit humain transgresse la finitude spatio-temporelle de la matière, cette capacité doit s’expliquer par une origine spirituelle et infini.

2. Y a-t-il une justice ?
 

On peut croire avec Nietzsche que le désir de justice n’est qu’un ressentiment des faibles. Mais on peut  croire en la justice et en l’unité du bonheur et de la moralité : cela suppose d’un Dieu juge suprême et d’une survivance de la personne après la mort. Si on croit au bien et au mal, il faut croire en Dieu, qui seul peut juger du bien et du mal. Seul un juge suprême pourra rendre à chacun ce qui lui est dû. Seul la vie éternelle pourra unir bonheur et vertu.
“On postule l’existence d’une cause de toute nature, distincte de la nature et contenant le principe de cette connexion, c’est-à-dire l’harmonie exacte du bonheur et de la moralité” (Kant, Critique de la raison pratique)

L’existence de Dieu [15]

Samedi 31 janvier 2009

5/Dieu, guide intelligent de toutes choses

“Enfin, la cinquième voie remonte à Dieu par le gouvernement des choses.
Nous voyons que les choses privées de connaissance comme les corps naturels agissent en vue d’une fin, ce qui nous est manifesté par ceci que toujours, ou le plus souvent, ils agissent de la même manière de façon à réaliser le meilleur : d’où il devient clair que ce n’est point par hasard, mais en vertu d’une tendance déterminée qu’ils parviennent à leur fin. Or, ce qui est privé de connaissance ne peut tendre à une fin que dirige par un être connaissant et intelligent, comme la flèche par le sagittaire.

Il y a donc quelque être intelligent, par lequel toutes choses naturelles sont orientées vers leur fin et cet être, nous le disons Dieu. “

 

EN FAIT :  Tout ce qui est ordonné vers une fin suppose un esprit. Or toutes les choses naturelles sont ordonnées vers une fin. Il doit donc il y avoir un esprit par lequel les être naturels sont ordonnées vers une fin.

L’existence de Dieu [14]

Vendredi 30 janvier 2009

4/Dieu, modèle parfait

“La quatrième voie procède des degrés qu’on remarque dans les choses.
On voit en effet dans les choses du plus ou moins bon, du plus ou moins vrai, du plus ou moins noble, et ainsi d’attributs semblables. Or, le plus et le moins se disent des choses diverses selon que diversement ces choses se rapprochent de ce qui réalise le maximum ; par exemple, on dira plus chaud ce qui se rapproche davantage du maximum de chaleur. Il y a donc quelque chose qui est souverainement vrai, souverainement bon, souverainement noble, et par conséquent aussi souverainement être, car, comme le fait voir Aristote dans la Métaphysique, ce qui est souverain en vérité est aussi souverain quant à l’être. D’autre part, ce qu’on dit souverainement tel, en genre quelconque, est cause de tous les cas de ce genre, comme le feu, chaud au maximum est cause de la chaleur de tout le reste, ainsi qu’il est dit au même livre.
Il y a donc quelque chose qui est pour tous les êtres, cause d’être, de bonté et de toute perfection. C’est ce que nous disons Dieu.”

EN FAIT :  L’imparfait renvoit en effet toujours à quelque chose qui est plus parfait. Or, il y a des choses moins parfaites, moins vraies, moins bonnes – et qui ont donc moins d’être – que d’autres. Ces degrés de perfection impliquent nécessairement l’existence d’un « maximum ». Or, puisque ce qu’il y a de mieux dans un genre doit être la cause de tout ce qu’il y a dans le genre, (par exemple : ce qu’il y a de parfait dans la bonté doit être la cause de la bonté que l’on trouve dans toutes les choses). Il faut donc conclure qu’il doit y avoir quelque chose qui est cause des êtres et de toutes leurs perfections.

L’existence de Dieu [13]

Jeudi 29 janvier 2009

3/Dieu, nécessaire en soi

“La troisième voie se prend du possible et du nécessaire.
Parmi les choses, nous en trouvons qui peuvent être et ne pas être : la preuve, c’est que certaines choses s’engendrent et se corrompent, et par conséquent sont et ne sont pas. Mais il est impossible que tout soit de telle nature ; car ce qui peut n’être pas, une fois ou l’autre n’est pas. Si donc tout peut n’être pas, à une époque donnée il n’y eut rien dans les choses.

Or, s’il en était ainsi, maintenant encore rien ne serait ; car ce qui n’est pas ne commence d’être que par quelque chose qui est. Si donc alors nul être ne fut, il y eut impossibilité que rien commençât d’être, et ainsi, aujourd’hui, il n’y aurait rien, ce qu’on voit être faux. Donc, tous les êtres ne sont pas uniquement possibles, et il y a du nécessaire dans les choses. Or, tout ce qui est nécessaire, ou bien tire sa nécessité d’ailleurs, ou bien non.

Et il n’est pas possible d’aller à l’infini dans la série des nécessaires ayant une cause de leur nécessité, pas plus qu il ne l’est quand il s’agit des causes efficientes comme on l’a prouvé.

On est donc contraint de supposer quelque chose qui soit nécessaire par soi-même, ne prenant pas ailleurs la cause de sa nécessité, mais fournissant leur cause de nécessité aux autres nécessaires. “

EN FAIT :  Si on considère vrai que : Tous les êtres peuvent ne pas exister. Sachant que rien de ce qui peut ne pas exister ne peut durer éternellement, c’est-à-dire que tout ce qui peut ne pas exister, à un certain moment, n’existait pas. On doit en déduire que TOUS les êtres, à un certain moment, n’existaient pas. Mais s’ils n’existaient à un certain moment, alors il ne devrait rien exister maintenant ! Ce qui est absurde. Il faut donc que la première prémisse soit fausse : Il y a donc (au moins) un être dont l’existence est nécessaire.

L’existence de Dieu [12]

Mercredi 28 janvier 2009

2/Dieu, cause efficiente première

“La seconde voie se réfère à la notion de cause efficiente.
Nous constatons, à observer les choses sensibles, qu’il y a un ordre, entre les causes efficientes ; mais ce qui ne se trouve pas et qui n’est pas possible, c’est qu’une chose soit la cause efficiente d’elle-même, ce qui la supposerait antérieure à elle-même, chose impossible.

Or il n’est pas possible non plus qu’on remonte à l’infini dans les causes efficientes ; car, parmi toutes les causes efficientes en série, la première est cause des intermédiaires et les intermédiaires sont causes du dernier terme, quoi qu’il en soit du nombre des intermédiaires, qu’ils soient nombreux ou qu’il n’y en ait qu’un seul.

D’autre part, supprimez la cause, vous supprimerez aussi l’effet. Donc, s’il n’y a pas de premier dans l’ordre des causes efficientes, il n’y aura ni dernier ni intermédiaire. Or, aller à l’infini dans les causes efficientes, ce serait supprimer la première ; en conséquence, il n’y aurait ni effet dernier, ni cause efficiente intermédiaire, ce qui est évidemment faux.
Il faut donc nécessairement supposer quelque cause efficiente première, que tous appellent Dieu.”

EN FAIT :  Rien ne peut être cause de soi-même, parce que pour l’être, il faudrait qu’il ait existé avant lui-même. Ce qui est absurde. Il faut donc remonter à l’infini les causes efficientes. Mais s’il n’y avait pas de première cause efficiente, il n’y aurait pas non plus de dernier effet et encore moins de causes efficientes intermédiaires. Or, on voit bien que dans la nature, il y a un ordre de causes efficientes. Il faut donc qu’il y ait aussi une première cause efficiente.

L’existence de Dieu [11]

Mardi 27 janvier 2009

Les cinq voies de saint Thomas d’Aquin

 Dans sa Somme théologique, saint Thomas affirme que la preuve de l’existence de Dieu peut être obtenue par cinq voies. La 1ère considère le mouvement (qu’il ne faut pas comprendre comme un simple mouvement dans l’espace, mais comme toute forme de « développement »), la 2e l’enchaînement des causes (causes efficientes), la 3e la contingence et la nécessité, la 4e (qui n’est pas sans rappeler l’argument ontologique de saint Anselme) considère l’imperfection et la perfection et la 5e la finalité (cause finale). Dans les cinq cas, ces raisonnement permettent aussi de mettre en lumière un aspect de « ce qu’est Dieu ».

1/Dieu, premier moteur immobile

“La première et la plus manifeste des voies est celle qui part du mouvement.
Il est en effet évident, nos sens nous l’attestent, que dans ce monde certaines choses se meuvent. Or, tout ce qui se meut est mû par un autre, car rien ne se meut qu’autant qu’il est en puissance par rapport à ce que le mouvement lui procure. Au contraire, ce qui meut ne le fait qu’autant qu’il est en acte ; car mouvoir, c’est faire passer de la puissance à l’acte, et rien ne peut être amené à l’acte autrement que par un être en acte, comme un corps chaud actuellement, tel le feu, rend chaud actuellement le bois qui était auparavant chaud en puissance, et ainsi le meut et l’altère. Or, il n’est pas possible que le même être envisagé sous le même rapport, soit à la fois en acte ou en puissance ; il ne le peut que sous des rapports divers : par exemple, ce qui est chaud en acte ne peut être en même temps chaud en puissance ; mais il est, en même temps, froid en puissance.

Il est donc impossible que sous le même rapport et de la même manière quelque chose soit à la fois mouvant et mû, c’est-à-dire qu’il se meuve lui-même. Donc, si une chose se meut, on doit dire qu’elle est mue par une autre. Que si, ensuite, la chose qui meut se meut à son tour, il faut qu’à son tour elle soit mue par une autre, et celle-ci par une autre encore.

Or, on ne peut ainsi procéder à l’infini, car il n’y aurait alors pas de moteur premier, et il s’en suivrait qu’il n’y aurait pas non plus d’autres moteurs, car les moteurs seconds ne meuvent que selon qu’ils sont mus par le moteur premier, comme le bâton ne meut que manié par la main.

Donc il est nécessaire de parvenir à un moteur premier qui ne soit lui-même mû par aucun autre, et un tel être, tout le monde le reconnaît pour Dieu.”

 EN FAIT :  Le simple fait que les choses (l’univers, le monde, tout ce qui contient de la matière) sont en mouvement, nous renvoit à la nécessité d’un « premier moteur », c’est-à-dire une première cause de mouvement. Pourquoi ? Parce que tout ce qui est mû, est mû par autre chose. Or, toute série de causes dépend nécessairement d’une première cause. Il y a donc nécessairement un premier moteur qui n’est pas mû.

L’existence de Dieu [10]

Lundi 26 janvier 2009

A. Du monde à Dieu
 

Croire au hasard (et non pas à l’intervention divine) serait absurde. Comme le dit le biologiste américain E. Couklin (1863-1952) : Essayer d’expliquer le début de la vie par le hasard, c’est admettre que lors de explosion d’une imprimerie, il ait pu se former un dictionnaire tout seul.  Le hasard n’explique rien. Au contraire, c’est un aveu d’impuissance ; lorsque nous disons : « J’ai rencontré untel par hasard », cela signifie : « Je l’ai rencontré et je ne sais pas pourquoi ; ce n’était pas prévu. ». Seule une intelligence peut expliquer l’ordonnance de l’univers, dans l’infiniment grand comme dans l’infiniment petit. Rien ne s’explique par soi-même, indépendamment d’autre chose. Cela, comme la majorité des preuves actuelles de l’existence de Dieu se retrouvent dans St Thomas d’Aquin.

L’existence de Dieu [9]

Vendredi 23 janvier 2009

III/ Les voies d’accès à l’existence de Dieu :

 Certains scientistes ou rationnalistes nient que Dieu puisse exister (athéisme) ou que l’on puisse en dire quoi que ce soit (agnosticisme).


 Certains « croyants » estiment aussi que le discours sur Dieu ne peut être que révélé par grâce et n’a que faire de la raison, obscurcie par le péché originel (fidéisme).

 Avec son affirmation du fait que le péché originel a certes altéré, mais n’a pas aveuglé la raison humaine, la doctrine catholique rend possible une philosophie d’inspiration chrétienne, un discours « humain » (et non mythique) sur Dieu et donc un dialogue avec toute l’humanité. Cela correspond à l’injonction de St Paul: « Soyez toujours prêts à vous défendre contre quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous ! »

Cette affirmation rend possible le développement de preuves de l’existence de Dieu, sans pour autant en faire le fondement de la foi. Ces preuves partent :

 soit de l’ »idée » que l’on se fait de Dieu (évidence intuitive ou logique interne), illustré par saint Anselme de Cantorbéry.

  soit des créatures pour aboutir au Créateur (causalité). L’enseignement de l’Eglise catholique met particulièrement en valeur le second type de preuves, illustré par saint Thomas d’Aquin.

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