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Archive de la catégorie ‘Spiritualité guide aînée’

Sois prêt

Mardi 3 mars 2009

Voici  de quoi nous rééxpliquer le fondement même de notre promesse, un rappel n’est jamais une répétition !

Clarisse

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Il faut savoir d’abord afin d’agir après,
Ainsi qu’un jour j’ai dit aux Douze : Soyez prêts,
Rien ne sert l’ignorance et le pas-fait-exprès.

Sois prêt comme un vrai scout à la minute exacte
Avec ta volonté si tu conclus ce pacte,
A l’heure du besoin elle te reste intacte.

Sois prêt comme un vrai scout à faire à tout moment
Pour le prochain, ton frère, acte de dévouement ;
Et s’il ne te plaît pas, donne-toi doublement.

Sois prêt comme un vrai scout à toutes les surprises,
Aux hasards de la rue, aux rixes, aux traîtrises,
Et de toi-même alors, conserve la maîtrise.

Sois prêt à recevoir qui te vient déranger,
Sois prêt à secourir le pauvre et l’étranger,
Sois prêt comme un vrai scout à courir au danger.

Sois prêt; et pour cela il faut que tu pratiques :
On n’improvise pas les actes héroïques,
Ils sont le résultat de long labeurs stoïques.

Sois prêt quand la vertu réclame tes efforts,
Sois prêt à triompher de l’éternel Retors,
Sois prêt chaque matin à recevoir mon Corps.

Sois prêt à pardonner car c’est prouver qu’on aime,
Sois prêt à faire honneur au Dieu de ton baptême,
Et, si tu marches seul, à marcher droit quand même.

Sois prêt à t’immoler sur un banal autel,
Sois prêt comme un vrai scout à répondre à l’appel
Sois prêt à tout moment à partir pour le Ciel.

Père Sevin

Le coucher tardif comme frein à la vie chrétienne

Mercredi 25 février 2009

 Voici de quoi nous faire prendre conscience de quelque chose que nous considérons comme banal… l’heure du coucher ; et peut être faire tout spécialement des efforts sur ce point.

Les GA vous souhaitent à toutes et à tous une bonne entrée en Carême.


 

Le coucher tardif comme frein à la vie chrétienne 

Nous avons parfois le sentiment de stationner, de ne point progresser en matière spirituelle. Notre vie de prière est chaotique ou au moins irrégulière. Nous supportons avec difficulté les limites ou les défauts de ceux qui nous entourent: notre patience s’émousse et nous sommes facilement agacés. Nous avons du mal à tenir nos résolutions, si toutefois nous en avons, des vraies, non pas celles que nous aurions prises seuls, mais celles que nous avons soumises aux conseils de notre directeur spirituel. Nous ressentons de la lassitude ou nous sommes tentés de céder à l’à quoi bon ? Nous manquons de ferveur ou d’entrain. 

De ce genre de situations, d’états d’âme ou de tendances, il peut nous arriver de rechercher bien loin ou bien haut les motifs. Nous faisons des choses une lecture sublimée, comme diraient les psys, cherchant en haut ce qui est en bas, demandant au ciel ce que la terre pourrait nous donner. 

La terre, c’est encore toujours le ciel: les premières conditions favorables au maintien et au développement de la vie spirituelle, ou même seulement, d’une vie chrétienne fidèle et régulière, sont sinon purement matérielles, du moins corporelles. Ainsi de la question du sommeil, qu’il faut inscrire dans le cadre plus large du soin que nous devons à notre propre corps. De Joffre, le vainqueur de la Marne, on dit qu’il dormait 10 heures par nuit ! Et nous ? 

Le prétexte de cette petite réflexion, en forme de rappel au respect de notre propre corps en matière de sommeil, nous a été fourni par la lecture de quelques pages (344-355) d’un maître ouvrage, l’Histoire des crises du clergé français, de Paul Vigneron. 

Cet historien de première main raconte comment, à partir du début des années 60, l’arrivée de la télévision dans les presbytères change les habitudes de vie et les façons de voir du clergé français. Rappelant les conditions, les choix ou les mots d’ordre qui ont contribué à affaiblir les habitudes de prière du même clergé dans la quinzaine d’années précédentes (1945-1960), il écrit: « On ne s’étonnera pas, dans ces conditions, de voir de nombreux prêtres ingurgiter le soir, jusqu’à une heure avancée, des milliers d’images et se soucier beaucoup moins qu’autrefois de fixer avec rigueur l’heure du coucher. Quand le prêtre ne passera pas sa soirée assis devant sa télévision, il participera à des réunions, paroissiales ou autres, qui seront elles aussi, puisque tout le monde prend l’habitude de ‘vivre la nuit’, de plus en plus tardives. Quand il se retrouvera seul, dans sa chambre, vers onze heures, minuit ou davantage, selon les occasions, pourra-t-il encore prier, l’esprit alourdi de tant de conversations ou de tant d’images qui portent si peu au recueillement ? Et le matin, épuisé par des veilles répétées qui usent même les tempéraments les plus solides, aura-t-il encore le désir de la prière personnelle et la force de s’y consacrer ?» 

Le lecteur voudra bien faire lui-même la transposition éventuelle: quel est le fidèle qui ne serait pas concerné par ces lignes, au moins de temps à autre? Dès les années 60, tout le monde prend l’habitude de ‘vivre la nuit’. Serait-on sorti de ce travers ? Et comme l’observe notre auteur, les motifs de la veillée tardive peuvent être louables, voire même spirituels ! 

Paul Vigneron cite encore Mgr Renard, évêque de Versailles, écrivant en 1962 (italiques dans l’original): «Pour assurer sa vie spirituelle et une meilleure efficacité de son action sacerdotale au service du règne du Christ, un prêtre ne doit pas hésiter… à abréger sa présence aux réunions de mouvements et d’œuvres. Mieux vaut terminer une réunion vers 22h30 ou parfois, s’en abstenir, et assurer le bréviaire et un moment de prière personnelle. La vie spirituelle et pastorale dépend aussi d’une discipline de vie; l’heure du coucher commande l’heure du lever et toute la piété du lendemain matin : messe avec préparation et action de grâces, qui seront d’ailleurs un précieux témoignage pour les fidèles… » 

Là aussi, on peut facilement appliquer l’observation à la vie laïque et contemporaine : la vie chrétienne dans le monde dépend aussi d’une certaine discipline de vie : vraie prière du matin, voire méditation, qui seront un témoignage auprès des membres de la famille, et, hors de la maison, la source d’un vrai rayonnement missionnaire. 

Notre historien observe (italiques dans l’original) : « En 1965, dans une petite étude consacrée à l’équilibre psychologique de la vie sacerdotale, le Père R. Matignon constate que bien des prêtres ont des horaires anarchiques : `Compte tenu des nécessités permanentes du ministère et des imprévus venant imposer leurs à coups, il est nécessaire’, écrit-il, `que d’une façon ordinaire la vie soit ordonnée, dosée quant aux activités, dans un cadre horaire stable (lever, repas, coucher). Et cela dès les premières années. Le jeune clergé actuel risque d’oublier, dans les plus louables intentions, cette nécessité qui, si elle n’est pas remplie, contribuera grandement à ces craquements nerveux subits survenant dans l’âge mûr. Cela demande une discipline, une organisation de son travail, une répartition de ses activités, un choix des choses à accomplir et de celles à refuser… Nécessité d’un temps de sommeil suffisant. La vie moderne s’est déplacée vers le soir…’ Et l’auteur adjure les prêtres de ne pas se coucher `tous les soirs vers minuit’. » 

Profitons de l’expérience malheureuse de ce jeune clergé : soyons attentifs, dans la mesure du possible, à respecter des horaires réguliers et raisonnables, qui font partie du cadre favorable à la culture des vertus chrétiennes. 

         Autre remarque : « En 1966, dans un livre rédigé en commun par `une équipe de prêtres’, on trouve le même aveu attristé concernant les couchers tardifs : `En vérité’, constate-t-on, `ce qui réclame le plus d’ascèse, c’est de savoir se coucher…’ On rentre souvent dans sa chambre après minuit : `Cela devient tout doucement une norme qui nous rassure en conscience sur la qualité d’emploi du temps de la journée.’ 

Ce qui réclame le plus d’ascèse, c’est de savoir se coucher… L’observation ne manque pas d’actualité ni de pertinence. Que celui ou celle qui ne maîtrise pas l’heure de son coucher se pose la question de savoir si une décision en ce domaine ne peut pas constituer une forme d’ascèse et de maîtrise de soi. 

Bien sûr, il y a de vraies nécessités, de vraies urgences, de vrais contretemps : en général, tout ce qui est lié à nos devoirs d’état et aux imprévus permis par la Providence. Bien sûr aussi, il y a des tempéraments plus sensibles que d’autres au manque de sommeil ; que chacun apprenne à se connaître. Il reste que la prudence s’impose ; la désorganisation générale, profonde et multiforme de la vie moderne amène assez de difficultés pour que nous n’en rajoutions pas ! 

Abbé Pierre RINEAU

Grain de blé qui tombe en terre

Dimanche 22 février 2009

« Grain de blé qui tombe en terre,
Si tu ne meurs pas,
Tu resteras solitaire,
Ne germeras pas.

Qui à Jésus s’abandonne,
Trouve la vraie vie.
Heureux l’homme qui se donne,
Il sera béni. »

blé.

Je me suis suis souvent moquée de ce chant, le prenant pour un vain cours d’agriculture,
C’était par ignorance, voila de quoi en tirer une leçon !
 

Clarisse.

 .

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« En vérité, en vérité, je vous le dis : si le grain de blé tombé à terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits. »

 Le grain de Froment
(St Jean, XII, 24)

.

COMMENTAIRE

d’après le Père Sevin
Méditations Scoutes sur l’Evangile

« Je te prêcherai ce soir, mon Scout, une leçon austère et consolante, telle que je l’ai prêchée à mes apôtres avant que d’aller à ma Passion.
Le semeur a jeté le grain de blé en terre au vent du soir, et la terre le recouvre et l’ensevelit.
A la surface du sol, un grain de blé se remarque à peine, mais celui-ci vient de disparaître à jamais.
Longuement, silencieusement, il va se fendre, se désagréger et pourrir.
Mais de sa pourriture montera timide un brin d’herbe verdissant.
Et le brin d’herbe deviendra fort, il croîtra par la chaleur et par la pluie que je dispense à mes créatures.
Et sa cime gonflera et s’alourdira, et le soleil la revêtira de sa splendeur, et le petit grain de blé enfoui sous terre sera devenu le père d’un épi, c’est-à-dire de cent grains de blé.
Apprends, mon Scout, la leçon de l’insuccès.
Apprends le mystère de l’obscurité.
Apprends la fécondité du Sacrifice.
Et qu’un grain de blé t’enseigne ces merveilles.
S’il avait été déposé dans le creux d’un roc, après trois mille ans peut-être on l’eût retrouvé intact.
Intact, mais stérile.
Les savants se fussent émerveillés. Rare spectacle qu’une inutilité de trente siècles.
Mais il est mort le grain chétif, et  c’est de milliers de morts semblables que sont faites les moissons superbes.
Après deux semailles, après quatre semailles, évalue si tu peux la descendance d’un seul grain de blé, et calcule combien d’épis sont nés de la mort de deux épis.
Ne t’étonne pas des échecs. Il y a des échecs productifs.
Ne te scandalise pas de voir disparaître dans l’obscurité ceux qui te semblent destinés à remuer le monde. Disparaître, c’est un peu mourir. Laisse hiverner ces âmes : elles produiront leur épi l’été venu.
Et si c’est la tienne que je veux ensevelir pour un temps, ne t’impatiente pas, et laisse-toi faire : petit grain de blé, penses-tu à toi seul dorer la surface de la terre, et nourrir le monde ?
Un grain de blé, es-tu davantage, mon Scout ? Et dans la moisson des âmes, ce n’est pas grand-chose. Mais si, après de longs mois, de longues années d’attente, tu produis un épi, alors ton sacrifice aura rendu cent pour un.
Et semblablement, ne te scandalise pas de voir parfois les plus utiles quitter ce monde « avant l’heure », comme on dit. D’abord parce qu’on ne  meurt jamais avant l’heure, toute heure est bonne pour mourir, et aussi parce que ma puissance n’a pas besoin des hommes, mais de leurs sacrifices.
En vérité, je te le dis, seules mes grandes oeuvres sont bâties sur la mort prématurée de fondateurs humainement indispensables.
Vois : ne suis-je pas mort à trente-trois ans ?
Et mon Eglise, ton Eglise, est née de cette mort.
Et pourtant, j’aurai pu choisir de n’être crucifié que dans ma vieillesse.
C’est pourquoi, mon fils, si je te demandais, (je ne dis pas que je le demanderai), non seulement le sacrifice de l’échec et de l’insuccès, non seulement le sacrifice d’une vie obscure, mais le sacrifice  des sacrifices : ta vie, tout simplement…
Il faudrait encore dire Amen à ma Providence affectueuse.
Tu as quinze ans, seize ans, et comme mon prophète Daniel, tu es un homme de désirs.
Et ces désirs, je les connais, puisque c’est mon Esprit qui les met dans ton coeur.
Et si je veux récompenser déjà tes intentions, de quoi te plaindrais-tu, apprenti à qui on épargne l’ouvrage et  qui toucheras ta paie à la fin de la première heure ?
O grain de blé que je m’apprête peut-être à confier à la terre, n’aie pas peur de t’ensevelir dans le sillon, mais laisse faire la main du Semeur.
Je connais mon métier, et je t’aime, que veux-tu de plus ?
Je sais les semences qui rendront cent pour un. Toi qui dois  toujours être  prêt, ne t’effraie donc pas, mon Scout, de te voir les mains vides ; c’est ton sacrifice qui les remplira.
Le grain de blé est le père de la récolte.
Mais il ne voit pas la moisson.
Aussi  ne dis pas, si je t’appelle, que tu meurs  avant d’avoir rien fait : car c’est déjà beaucoup que de savoir mourir… »

Jeunes filles

Vendredi 20 février 2009

Jeunes filles

Guy de Larigaudie

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Les jeunes filles sont l’image précieuse de notre mère lorsqu’elle avait notre âge.
Petites ou grandes, blondes ou brunes, elles sont claires, nettes et saines, et Dieu lui-même doit sourire lorsqu’Il les voit passer.
Plus tard seulement, lorsque tu seras plus mûri, découvriras parmi elles, ta femme de demain.
Aujourd’hui, considère-les tout simplement comme de franches compagnes.
Une éducation faussée nous a trop souvent appris à ne voir dans la femme qu’une occasion de péché, au lieu d’y déceler une source de richesses.
Mais sœurs, cousines, amies, camarades ou cheftaines, les jeunes filles sont les compagnes de notre vie, puisque dans notre monde chrétien nous vivons, côte à côte, sur le même palier.
Sans doute la camaraderie entre garçons et filles est chose infiniment délicate, qu’il faut mener avec prudence et régler chacun pour soi à sa propre mesure.
Mais c’est un manque à gagner certain que de négliger ce don de Dieu que sont les vraies jeunes filles.
Elles ont une vertu de pureté dont le rayonnement nous est salutaire, à nous qui devons batailler sans cesse pour maintenir en nous cette même pureté.
Si elles savent se tenir à leur place – et c’est d’elles uniquement que dépend, en leur présence, la tenue des garçons – leur influence peut être profonde.
Il n’est que de voir, sur une plage ou à la piscine, les jeunes gens cherchant à éblouir les jeunes filles.
Un regard admiratif, un sourire suffisent pour donner à un garçon le coup de fouet d’amour-propre qui le fera sauter, malgré sa crainte, du haut du plongeoir.
Pourquoi, sur un plan différent, ce même regard et ce même sourire ne donneraient-ils pas à ce garçon plus de lumière et de cran dans sa vie ?

La chanson d’une eau vive entraîne loin du marais. La présence des jeunes filles écarte grossièretés et lourdeurs.
Certaines d’entre elles, rencontrées aux heures mauvaises, vous clarifient littéralement l’âme.
Nous sommes, de grands garçons maladroits et patauds. Les jeunes filles nous forcent à la politesse et à la courtoisie. 
Leur grâce nous allège et rétablit l’équilibre.
Nous sommes trop cérébraux.
Les jeunes filles comprennent d’un seul coup avec leur cœur ce que nous disséquons péniblement avec notre raison. Leur présence est un apaisement. Elles sont un sourire et une douceur dans notre cercle de luttes.
Mon Dieu, faites que nos sœurs les jeunes filles soient harmonieuses de corps, souriantes et habillées avec goût. 
Faites qu’elles soient saines et d’âme transparente.
Qu’elles soient la pureté et la grâce de nos vies rudes.
Qu’elles soient  avec nous, simples, maternelles, sans détours ni coquetterie.
Faites qu’aucun mal ne se glisse entre nous.
Et que, garçons et filles, nous soyons, les uns pour les autres une source, non de défauts, mais d’enrichissement

Congrégation pour l’évangélisation des peuples

Mercredi 18 février 2009

CONGRÉGATION POUR L’EVANGÉLISATION DES PEUPLES
DISCOURS DU CARDINAL CRESCENZIO SEPE

Dimanche 26 janvier 2003

Très chers enfants missionnaires,cardinal Sepe

« Voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem en disant:  « Où est le Roi des Juifs, qui vient de naître? Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage »" (Mt 2, 1-12).
Lorsqu’il m’arrive de visiter des Missions dans les divers continents, il me semble mieux comprendre le mystère de Dieu fait Enfant.

En effet, je l’ai rencontré enfant sur les routes brûlantes d’Afrique, dans les villages d’Albanie, dans tant d’humbles masures qui m’ont fait voir de façon vivante l’étable et la crèche de Bethléem. Je ne vois pas de différence entre le lieu où naissent la majorité des enfants pauvres et la crèche de Bethléem.

Trop d’enfants sont obligés de naître et de vivre dans la pauvreté:  les pleurs de tous les enfants du monde ont été assumés par les pleurs de l’Enfant de Bethléem et nous interpellent donc !

Nous, les adultes, nous émouvons, nous laissons envahir par des sentiments de culpabilité face aux grandes injustices du monde. Vous, les enfants, avez toujours une solution prête:  vous savez vous rendre à chaque extrémité de la terre et exprimer aux enfants de votre âge votre solidarité matérielle et spirituelle.

Depuis 160 ans, l’Eglise vous a confié un mandat:  « Les enfants doivent sauver les enfants ». Vous l’avez accueilli et vous êtes restés fidèles à l’engagement missionnaire. Lorsque je parcours les pages des Annales de l’Enfance missionnaire, s’ouvre devant mes yeux le grand livre de la solidarité universelle des petits et je lis vos noms à côté des chiffres. Ce sont les fruits de vos sacrifices, mis à la disposition des besoins des petits de la terre. C’est le souffle du monde qui autrement, ne serait qu’accablé par la souffrance des enfants soldats, des enfants qui travaillent, des enfants analphabètes, des enfants qui meurent de faim, des petits orphelins du SIDA, des petites victimes innocentes de guerres injustes.

Vous, enfants missionnaires, avez écrit une Histoire sainte qui dure depuis 160 ans, et je suis content de faire partie moi aussi de cette histoire, non seulement aujourd’hui, en tant que Préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, mais hier, comme enfant missionnaire qui remplissait sa tirelire, instrument de solidarité et symbole d’espérance.

Je suis certain que votre imagination saura toujours susciter de nouvelles occasions de diffuser la Lumière de Jésus dans les zones d’ombre, là où la douleur des petits appelle la responsabilité des grands.

J’ai appris l’existence de marches missionnaires, de concours de chant, de petits marchés, de tirelires et de lettres à l’Enfant Jésus imaginés par les enfants et par les adolescents qui aident l’Eglise dans sa mission de salut. Cela ne manque pas d’ouvrir des perspectives, de susciter le rêve d’une espérance toujours nouvelle qui émane de la grotte de Bethléem. J’ai pensé à vous avec tendresse au cours de mon dernier voyage en Mandchourie. Face à la petite communauté chrétienne de 120 personnes, j’ai compris qu’après 160 ans, la semence de la Sainte-Enfance vit et croît.
Au mois de décembre, j’ai reçu une lettre d’Afrique qui vous concerne, je vous la lis telle qu’elle m’est parvenue: 
« Deux ans de relance de l’activité d’animation missionnaire dans le diocèse de Goma ont été suffisants pour que les enfants pauvres des paroisses rurales, martyrisés par la guerre qui dure dans notre pays, aident les enfants frappés par l’éruption du volcan Nyirangongo du 17 juillet 2002, en envoyant des sandales, des vêtements, des cahiers, des stylos, des crayons en signe de solidarité, avec spontanéité et joie. Un fait surprenant:  les enfants pauvres sont prêts à aider les autres enfants dans le besoin, qu’ils ne connaîtront jamais, sans attendre aucune récompense. Tout cela au nom de Jésus-Christ. Telle est la merveille que le Seigneur accomplit dans le coeur de nos petits missionnaires » (P. Karokoli Elias, 5 décembre 2002).

Ces gestes de solidarité transforment la fragilité de l’Enfant de Bethléem en force de salut, car ils sont chargés d’amour et consacrés par l’innocence de votre âge.
L’Eglise  a  confiance  en vous et compte sur la force de votre esprit missionnaire.
Notre société a besoin de nouveaux apôtres qui sachent communiquer la Bonne Nouvelle de Jésus.
C’est à vous, chers jeunes, qu’il revient de raconter Jésus au monde, à travers les paroles et votre témoignage de vie. Mais pour devenir apôtres, il faut connaître Jésus, l’écouter, le prier, le laisser grandir sans fin dans vos coeurs pour le communiquer aux autres.

Le Fondateur de la Sainte-Enfance a demandé aux enfants une prière chaque jour, car la réussite de la mission repose précisément sur la prière. Soyez toujours fidèles à votre engagement spirituel; Jésus accueille volontiers la prière des petits, il est votre ami. Apprenez à contempler sur son Visage le visage de tous les enfants du monde et soumettez-lui les problèmes des petits de la terre. C’est Lui le Sauveur du monde, qui sait écouter vos prières, dont vous êtes l’objet de prédilection.

Par dessus-tout, ne vous lassez jamais de l’écouter, laissez-le parler à votre coeur au cours des leçons de catéchisme, dans l’Eucharistie, dans la préparation aux sacrements, à la maison, à l’école, dans les loisirs et dans le service à vos frères.

En cette occasion, au nom de l’Eglise, je confie aux Enfants missionnaires du monde entier la prière pour la paix:  le monde vit un moment difficile; seule la force de la prière peut arrêter les menaces de guerre qui pèsent sur l’humanité. Prenez cet engagement et dans les jours à venir, réservez pour l’Enfant Jésus une place dans votre coeur et confiez-lui le monde.

Comme les Rois mages, oubliez vos petits besoins, élevez toujours votre regard vers le ciel et suivez Marie, Etoile de la Nouvelle Evangélisation, marchez avec elle sur les nouveaux sentiers de la mission

La Femme éternelle

Mardi 10 février 2009

La Femme éternelle

de Gertrud von Le Fort

« Partout où il y a don de soi, on voit rayonner le mystère de la femme éternelle. Mais quand la femme se cherche pour elle-même, alors elle perd son rayonnement, en voulant mettre en avant sa propre image, elle détruit sa figure éternelle. »

« L’homme, si on se fie à sa place dans l’univers, c’est celui qui détient la force apparente, mais si on en examine de plus près les ressorts intimes, c’est la femme qui est en situation de les commander. »

« Si on interroge les lois à l’origine de la vie on acquiert la conviction à partir des recherches en biologie que la femme a réellement dans l’histoire de grands dons, mais qu’elle n’en fait pas étalage elle-même ni ne les exerce directement, mais qu’elle les prote silencieusement en elle. Veut-on se renseigner sur l’origine des talents des fils, dans ce cas il ne faut pas regarder du côté du père mais bien du côté de la mère. C’est ce dont témoigne le grand nombre d’hommes de génie, qui en sont redevables à leur mère. D’un autre côté, les grands hommes ont souvent des fils insignifiants. Cela veut dire que l’homme dépense sa force pour son oeuvre, la femme ne les engage pas, elle les transmet. L’homme se disperse et épuise son talent dans son oeuvre où il se consume. La femme transmet les talents eux-même, elle les livre à la génération suivante. [...] L’homme est le rocher sur lequel le temps se repose, la femme est le fleuve qui porte plus loin. »

« La dégradation générale de la vie spirituelle a eu comme conséquence obligée la dégradation de la communauté essentielle formée entre l’homme et la femme. Au lieu de la complémentarité vivante des forces s’est mise en place l’organisation, à la place de la relation naturelle voulue par Dieu est venu le contrat, à la place du mystère se substitue la négociation. L’intimité de l’un pour l’autre se mua en une juxtatposition d’intérêts; quand elle ne dégénéra pas dans un affrontement hostile de l’un contre l’autre »

« L’heure héroïque de la femme [...] ne se dévoile pas de manière visible comme pour un homme, mais elle s’accomplit au sein de la plus profonde solitude. »

« Tôt ou tard, l’enfant partira, laissant sa mère loin derrière lui. Il doit s’en aller. Chacun a à vivre sa propre existence, et a sa propre mission à accomplir. La mère vit dans l’enfant, mais l’enfant ne vit pas dans la mère. Mais chaque destin de mère est en dernière instance la répétition sans fin des douleurs de l’enfantement, donner la vie à un enfant signifie voir l’enfant se libérer de sa propre vie. Dans les douleurs de l’enfantement s’accomplit seulement le premier prélude de ce processus. Tôt ou tard viendra l’heure où elle ira dans l’angoisse comme Marie à la recherche de son enfant, et viendra encore cette heure encore plus douloureuse où l’enfant interpellera sa mère: « Femme, que me veux-tu? » [...] Tôt ou tard, toute mère laisse apparaître voilée ou non voilée l’image de la mère des douleurs, de la Piéta. Le livre du destin donne bien des noms aux récits des douffrances ressenties par la mère. Elles suivent le chemin personnel pris par l’enfant suivant la pente de sa nature jusqu’au moment de la séparation tragique des générations, jusqu’à même la perte définitive de l’enfant suite à sa destinée, ses fautes, ou du fait de la mort.[...] Ainsi la mère douloureuse a tout offert de sa vie. »

« Nous disons que, dans la mission maternelle de son apostolat, la femme touche au plus profond à l’essence de l’Eglise, cela veut dire qu’elle touche à son essence cachée: en premier lieu, l’apostolat de la femme dans l’Eglise est l’apostolat du silence. Au coeur de ce que nous vivons de réellement sacré, il est absolument nécessaire de mettre en avant le rôle joué par le caractère religieux de la femme. L’apostolat du silence pour la femme, cela signifie qu’avant tout la femme est appelée à incarner la vie cachée du Christ dans l’Eglise. A ce titre, elle devient donc, dans la mission religieuse où elle est envoyée par l’Eglise, la fille de Marie. »

… Prier …

Dimanche 26 octobre 2008

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     Les heures les plus heureuses dans la vie du Seigneur étaient certainement celles de la nuit silencieuse, dans un dialogue solitaire avec le Père. Elles Lui permettaient de reprendre son souffle après une activité qui Le mettait au coeur du tumulte des hommes.
     La prière est la plus haute tâche dont soit chargé l’esprit humain.
     Elle est une échelle de Jacob sur laquelle l’esprit de l’homme s’élève vers Dieu et par laquelle la grâce de Dieu descend sur l’homme.

     Le dévouement plein d’amour et sans bornes pour Dieu, et en retour les dons divins:voilà le plus haut degré de la prière. Les âmes qui l’ont atteint sont véritablement le coeur de l’Eglise: en elles vit l’amour pontifical en Jésus.
     Accorde-toi autant de temps au calme dans l’église que tu en as besoin pour trouver le calme et la paix. C’est avantageux non seulement pour toi, mais aussi pour tous les gens avec lesquels tu as à faire.

 

Edith STEIN

À temps perdu…

Mardi 1 juillet 2008

À temps perdu…

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Qui ne connaît par coeur ces extraits du Petit Prince de Saint-Exupéry :

« On ne voit bien qu’avec le coeur  (…)  C’est le temps que tu perds pour ta rose qui la rend si importante à tes yeux… »

Quand un texte est trop connu, il me semble que ces mots devenus trop familiers finissent par nous échapper. Ainsi, il n’est pas question ici de « donner » ou de « consacrer » du temps pour sa rose, ce qui en soi serait louable. Il ne s’agit pas même de choisir de « réserver » la meilleure part de soi-même à cette rose précieuse que le vent de la vie a soufflé dans son jardin. Non ! Ce qui est écrit, dans cette phrase devenue célèbre, c’est bien « perdre ». Perdre du temps…

« Je suis un homme pressé, moi ! », lira-t-on ailleurs dans le même récit. Nous sommes, nous, grandes personnes, des gens pressés… Responsabilités, projets, rêves de toutes sortes. Les vacances nous offrent habituellement un petit répit de nos multiples « piles » étiquetées : « à faire », « à suivre », « à envoyer », de sorte que nous sommes en mesure de faire le compte de nouvelles piles de prévisions pour la belle saison: « voyages », « soupers », « activités culturelles », « sports » ! Pas de temps à perdre ! Les vacances sont si courtes !

« C’est le temps que tu perds pour ta rose… » Perdre du temps, peut-être un tout petit peu chaque jour, de manière à ce que le choc ne soit pas trop dur ! Du temps perdu… Un temps suspendu ? Un temps ouvert ! Ouvert sur l’inconnu, sur l’imprévisible, sur l’inattendu ! Un temps disponible, et même disponible à ce que rien ne se passe ! Un temps « indéterminé », un temps « inutile », un temps de pure perte… pour une rose.
C’est qu’une rose n’a rien de banal. Ni « l’autre » vers qui se tourne mon temps perdu d’ailleurs… Car le temps perdu de la phrase initiale garde tout de même une direction : il est « pour » la rose. Les petits enfants perdent du temps pour un caillou, une coccinelle, une feuille d’arbre, une goutte d’eau. Mais quand quelque chose de vraiment très beau attire leur attention, alors quel trésor ! Quels noms portent ces roses de nos vies ? Vers qui se tourne, à qui se destine mon temps perdu ?


À l’école du Petit Prince, à l’école des enfants, perdre son temps, pour une rose. Pour la regarder. Pour rien d’autre que de s’ouvrir à ce qu’elle est. Simplement, avec ce que nous sommes. Et redécouvrir à nouveau le visage de ceux qui nous sont chers. Perdre du temps pour être… ensemble. Perdre du temps pour s’émerveiller de voir la vie vivre en nos proches et en nous-mêmes.
Et pendant ce temps, à notre insu, voir apparaître dans l’instant perdu, des espaces d’éternité.

Bonnes vacances !

Texte d’Élaine Champagne

Merci Blandine !

 

 * * * * *

Entre les différents camps, la famille, les vacances, je n’aurai que peu de temps pour alimenter ce blog aussi régulièrement que je l’ai fais depuis le début.

Je vous retrouverai en septembre pour la rentrée scoute avec les nouveaux topos de notre feu ! !

Vous pouvez toutefois profiter de cette relâche estivale pour visiter (ou revisiter ;) ) les pages et autres thèmes que j’ai récemment actualisés.

Bonnes vacances à toutes les GA,

Bonnes vacances à tous !

Le web maistre.

Pour s’humilier un peu et faciliter la charité …

Jeudi 19 juin 2008

Pour s’humilier un peu et faciliter la charité …

Par le père Martin Marie O.S.B., abbaye bénédictine St Joseph de Clairval.

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Quand il n’achève pas son travail,
Je me dis : il est paresseux
Quand moi, je n’achève pas mon travail,
C’est que je suis trop occupé, trop surchargé !

Quand lui parle de quelqu’un,
C’est de la médisance !
Quand je le fais, c’est de la critique
constructive !

Quand lui tient à son point de vue,
C’est un entêté !
Quand moi je tiens à mon point de vue,
C’est de la fermeté !

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Quand lui prend beaucoup de temps pour faire quelque chose, il est lent !
Quand moi, je prends beaucoup de temps pour faire quelque chose, je suis soigneux !

Quand lui est aimable,
Il doit avoir une idée derrière la tête !
Quand moi je suis aimable, je suis vertueux !

Quand lui est rapide pour faire quelque chose, il bâcle !
Quand moi, je suis rapide pour faire quelque chose, je suis habile !

Quand lui fait quelque chose sans qu’on lui dise, il s’occupe de ce qui ne le regarde pas !
Quand moi, je fais quelque chose sans qu’on me le dise, je prends des initiatives !

Quand lui défend ses droits, c’est un mauvais esprit !
Quand moi, je défends mes droits, je montre du caractère !

www.clairval.com

La vierge à midi

Dimanche 15 juin 2008

LA VIERGE A MIDI

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Il est midi, je vois l’église ouverte,
Il faut entrer, Mère de Jésus-Christ
Je ne viens pas prier
Je n’ai rien à offrir et rien à demander.
Je viens seulement, Mère, pour Vous regarder,
Vous regarder, pleurer de bonheur
Savoir cela:
Que je suis votre fils et que Vous êtes là
Rien que pour un moment, pendant que tout s’arrête.
Midi, être avec Vous, Marie, en ce lieu où Vous êtes!
Ne rien dire, regarder votre visage.
Laisser le coeur chanter en son propre langage;
Ne rien dire, mais seulement chanter
Parce qu’on a le coeur trop plein,
Comme le merle qui suit son idée
En ces espèces de couplets soudains…
Parce que Vous êtes belle, parce que Vous êtes immaculée,
Parce que Vous êtes là pour toujours.
Simplement parce que Vous êtes Marie,
Simplement parce que Vous existez
Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée.

 

Paul Claudel

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