Archive de la catégorie ‘P.P. Jean Paul II’

Laborem exercens [3]

Mercredi 11 juin 2008

3. Le problème du travail, clé de la question sociale

Au milieu de tous ces processus _ qu’il s’agisse du diagnostic de la réalité sociale objective ou même de l’enseignement de l’Eglise dans le domaine de la question sociale complexe et à multiple face _, le problème du travail humain apparaît naturellement fort souvent. Il est d’une certaine façon une composante fixe de l’enseignement de l’Eglise comme il l’est de la vie sociale. Dans cet enseignement, du reste, l’attention portée à un tel problème remonte bien au-delà des quatre-vingt-dix dernières années. La doctrine sociale de l’Eglise, en effet, trouve sa source dans l’Ecriture Sainte, à commencer par le Livre de la Genèse, et particulièrement dans l’Evangile et dans les écrits apostoliques. Elle faisait partie, dès le début, de l’enseignement de l’Eglise elle-même, de sa conception de l’homme et de la vie sociale, et spécialement de la morale sociale élaborée selon les nécessités des diverses époques. Ce patrimoine traditionnel a été ensuite reçu en héritage et développé par l’enseignement des Souverains Pontifes sur la moderne «question sociale», à partir de l’encyclique Rerum novarum. Dans le contexte de cette question, les approfondissements du problème du travail ont connu une mise à jour continuelle, en conservant toujours la base chrétienne de vérité que nous pouvons qualifier de permanente.

Si, dans le présent document, nous revenons de nouveau sur ce problème, _ sans d’ailleurs avoir l’intention de toucher tous les thèmes qui le concernent _, ce n’est pas tellement pour recueillir et répéter ce qui est déjà contenu dans l’enseignement de l’Eglise, mais plutôt pour mettre en évidence _ peut-être plus qu’on ne l’a jamais effectué _ le fait que le travail humain est une clé, et probablement la clé essentielle, de toute la question sociale, si nous essayons de la voir vraiment du point de vue du bien de l’homme. Et si la solution _ ou plutôt la solution progressive _ de la question sociale, qui continue sans cesse à se présenter et qui se fait toujours plus complexe, doit être cherchée dans un effort pour «rendre la vie humaine plus humaine» , alors précisément la clé qu’est le travail humain acquiert une importance fondamentale et décisive.

Laborem exercens [2]

Lundi 9 juin 2008

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2. Dans le développement organique de l’action et de l’enseignement social de l’Eglise

Il est certain que le travail, comme problème de l’homme, se trouve au centre même de la «question sociale» vers laquelle, pendant les presque cent années qui se sont écoulées depuis l’encyclique mentionnée ci-dessus, se sont orientés d’une manière spéciale l’enseignement de l’Eglise et les multiples initiatives liées à sa mission apostolique. Si je désire concentrer sur le travail les présentes réflexions, je veux le faire non pas d’une manière originale mais plutôt en lien organique avec toute la tradition de cet enseignement et de ces initiatives. En même temps, je le fais selon l’orientation de l’Evangile, afin de tirer du patrimoine de l’Evangile du vieux et du neuf . Le travail, c’est certain, est quelque chose de «vieux», d’aussi vieux que l’homme et que sa vie sur terre. Toutefois, la situation générale de l’homme dans le monde d’aujourd’hui, telle qu’elle est diagnostiquée et analysée sous ses divers aspects _ géographie, culture, civilisation _ exige que l’on découvre les nouvelles significations du travail humain et que l’on formule aussi les nouvelles tâches qui, dans ce secteur, se présentent à tout homme, à la famille, aux nations particulières, à tout le genre humain, et enfin à l’Eglise elle-même.

Durant les années écoulées depuis la publication de l’encyclique Rerum novarum, la question sociale n’a pas cessé d’occuper l’attention de l’Eglise. Nous en avons le témoignage dans les nombreux documents du Magistère, qu’ils émanent des Souverains Pontifes ou du Concile Vatican II; nous en avons le témoignage dans les documents des divers Episcopats; nous en avons le témoignage dans l’activité des différents centres de pensée et d’initiatives apostoliques concrètes, tant au niveau international qu’au niveau des Eglises locales. Il est difficile d’énumérer ici en détail toutes les manifestations de l’engagement vital de l’Eglise et des chrétiens dans la question sociale car elles sont fort nombreuses. Comme résultat du Concile, la Commission pontificale «Iustitia et Pax» est devenue le principal centre de coordination dans ce domaine, avec ses Organismes correspondants dans le cadre des Conférences épiscopales. Le nom de cette institution est très expressif: il signifie que la question sociale doit être traitée dans sa dimension intégrale, dans son ensemble. L’engagement en faveur de la justice doit être intimement lié à l’engagement pour la paix dans le monde contemporain. C’est bien en faveur de ce double engagement qu’a plaidé la douloureuse expérience des deux grandes guerres mondiales qui, durant les quatre-vingt-dix dernières années, ont bouleversé nombre de pays tant du continent européen que, du moins partiellement, des autres continents. C’est en sa faveur aussi que plaident, spécialement depuis la fin de la seconde guerre mondiaIe, la menace permanente d’une guerre nucléaire et la perspective de la terrible auto-destruction qui en résulte.

Si nous suivons la ligne principale de développement des documents du Magistère suprême de l’Eglise, nous trouvons précisément dans ces derniers la confirmation explicite d’une telle manière de poser le problème. La position clé, en ce qui concerne la question de la paix dans le monde, est celle de l’encyclique Pacem in terris de Jean XXIII. Si l’on considère par ailleurs l’évolution de la question de la justice sociale, on doit noter que, si dans la période qui va de Rerum novarum à Quadragesimo anno de Pie XI, l’enseignement de l’Eglise se concentre surtout sur la juste solution de ce qu’on appelle la question ouvrière, dans le cadre des nations particulières, au cours de la phase suivante, cet enseignement élargit l’horizon aux dimensoins du monde. La distribution inégale des richesses et de la misère, l’existence de pays et de continents développés et d’autres qui ne le sont pas, exigent une péréquation et aussi la recherche des chemins menant à un juste développement pour tous. C’est dans cette direction que va l’enseignement contenu dans l’encyclique Mater et magistra de Jean XXIII, dans la constitution pastorale Gaudium et spes du Concile Vatican II et dans l’encyclique Populorum progressio de Paul VI.

Cette orientation dans laquelle se développent l’enseignement et l’engagement de l’Eglise dans la question sociale correspond exactement à l’observation objective des situations de fait. Si, autrefois, on mettait surtout en évidence, au centre de cette question, le problème de la «classe», à une époque plus récente on met au premier plan le problème du «monde». On considère donc non seulement le cadre de la classe mais, à l’échelon mondial, celui des inégalités et des injustices, et, par voie de conséquence, non seulement la dimension de classe mais la dimension mondiale des tâches à accomplir pour avancer vers la réalisation de la justice dans le monde contemporain. L’analyse complète de la situation du monde d’aujourd’hui a mis en évidence de manière encore plus profonde et plus pleine la signification de l’analyse antérieure des injustices sociales, signification qui doit être aujourd’hui donnée aux efforts tendant à établir la justice sur la terre, sans pour autant cacher les structures injustes mais en sollicitant au contraire leur examen et leur transformation à une échelle plus universelle.

 

 

 

 

Laborem exercens [1]

Dimanche 8 juin 2008

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I. INTRODUCTION

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1. Le travail humain quatre-vingt-dix ans après « Rerum Novarum »

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A la date du 15 mai de cette année, quatrevingt-dix ans se sont écoulés depuis la publication _ par le grand Pontife de la «question sociale», Léon XIII _ de l’encyclique d’importance décisive qui commence par les mots «Rerum novarum». C’est pourquoi je désire consacrer le présent document au travail humain, et je désire encore plus le consacrer à l’homme dans le vaste contexte de la réalité qu’est le travail. Si, en effet, comme je l’ai dit dans l’encyclique Redemptor hominis publiée au début de mon service sur le siège romain de saint Pierre, l’homme «est la première route et la route fondamentale de l’Eglise» , et cela en vertu du mystère insondable de la Rédemption dans le Christ, il faut alors revenir sans cesse sur cette route et la suivre toujours de nouveau selon les divers aspects sous lesquels elle nous révèle toute la richesse et en même temps toute la difficulté de l’existence humaine sur la terre.

Le travail est l’un de ces aspects, un aspect permanent et fondamental, toujours actuel et exigeant constamment une attention renouvelée et un témoignage décidé. De nouvelles interrogations, de nouveaux problèmes se posent sans cesse, et ils font naître toujours de nouvelles espérances, mais aussi des craintes et des menaces liées à cette dimension fondamentale de l’existence humaine, par laquelle la vie de l’homme est construite chaque jour, où elle puise sa propre dignité spécifìque, mais dans laquelle est en même temps contenue la constante mesure de la peine humaine, de la souffrance et aussi du préjudice et de l’injustice qui pénètrent profondément la vie sociale de chacune des nations et des nations entre elles. S’il est vrai que l’homme se nourrit du pain gagné par le travail de ses mains , c’est-à-dire non seulement du pain quotidien qui maintient son corps en vie, mais aussi du pain de la science et du progrès, de la civilisation et de la culture, c’est également une vérité permanente qu’il se nourrit de ce pain en le gagnant à la sueur de son front , autrement dit par son effort et sa peine personnels, et aussi au milieu de multiples tensions, conflits et crises qui, en rapport avec la réalité du travail, bouleversent la vie de chaque société et même de toute l’humanité.

Nous célébrons le quatre-vingt-dixième anniversaire de l’encyclique Rerum novarum à la veille de nouveaux développements dans les conditions technologiques, économiques et politiques qui, selon nombre d’experts, n’auront pas moins d’influence sur le monde du travail et de la production que n’en eut la révolution industrielle du siècle dernier. Les facteurs de portée générale sont multiples: l’introduction généralisée de l’automation dans de nombreux secteurs de la production, l’augmentation du prix de l’énergie et des matières de base, la prise de conscience toujours plus vive du caractère limité du patrimoine naturel et de son insupportable pollution, l’apparition sur la scène politique des peuples qui, après des siècles de sujétion, réclament leur place légitime parmi les nations et dans les décisions internationales. Ces nouvelles conditions et exigences requéreront une réorganisation et un réaménagement des structures de l’économie d’aujourd’hui comme aussi de la distribution du travail. Malheureusement de tels changements pourront éventuellement signifier aussi, pour des millions de travailleurs qualiflés, le chômage, au moins temporaire, ou la nécessité d’un nouvel apprentissage; ils comporteront selon toute probabilité une diminution ou une croissance moins rapide du bien-être matériel pour les pays les plus développés; mais ils pourront également apporter soulagement et espoir aux millions de personnes qui vivent actuellement dans des conditions de misère honteuse et indigne.

Il n’appartient pas à l’Eglise d’analyser scientifiquement les conséquences possibles de tels changements sur la vie de la société humaine. Mais l’Eglise estime de son devoir de rappeler toujours la dignité et les droits des travailleurs, de stigmatiser les conditions dans lesquelles ils sont violés, et de contribuer pour sa part à orienter ces changements vers un authentique progrès de l’homme et de la société.

Laborem exercens [0]

Samedi 7 juin 2008

Parce qu’il est d’une grande importance que nous nous formions tous à la doctrine sociale de l’Eglise, je vous propose ce mois ci le texte de Jeau Paul II sur le travail humain à l’occasion du 90e anniversaire de l’encyclique Rerum Novarum.

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Laborem exercens

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Bénédiction

C’EST PAR LE TRAVAIL que l’homme doit se procurer le pain quotidien et contribuer au progrès continuel des sciences et de la technique, et surtout à l’élévation constante, culturelle et morale, de la société dans laquelle il vit en communauté avec ses frères. Le mot «travail» désigne tout travail accompli par l’homme, quelles que soient les caractéristiques et les circonstances de ce travail, autrement dit toute activité humaine qui peut et qui doit être reconnue comme travail parmi la richesse des activités dont l’homme est capable et auxquelles il est prédisposé par sa nature même, en vertu de son caractère humain. Fait à l’image, à la ressemblance de Dieu lui-même dans l’univers visible et établi dans celui-ci pour dominer la terre , l’homme est donc dès le commencement appelé au travail. Le travail est l’une des caractéristiques qui distinguent l’homme du reste des créatures dont l’activité, liée à la subsistance, ne peut être appelée travail; seul l’homme est capable de travail, seul l’homme l’accomplit et par le fait même remplit de son travail son existence sur la terre. Ainsi, le travail porte la marque particulière de l’homme et de l’humanité, la marque d’une personne qui agit dans une communauté de personnes; et cette marque détermine sa qualification intérieure, elle constitue en un certain sens sa nature même.

Lettre du pape Jean Paul II aux femmes

Lundi 31 mars 2008

                  LETTRE DU PAPE JEAN-PAUL II AUX FEMMES
   
À vous toutes, femmes du monde entier, mon salut le plus cordial!
 C’est à chacune d’entre vous que j’adresse cette lettre en signe de partage et de gratitude, alors qu’approche la quatrième Conférence mondiale sur la femme, qui se tiendra à Pékin en septembre prochain.
Je voudrais dire tout d’abord à l’Organisation des Nations unies combien j’apprécie cette initiative de grande portée qu’elle a prise. L’Église entend bien apporter, elle aussi, sa contribution à la défense de la dignité, du rôle et des droits des femmes, non seulement par l’apport spécifique de la Délégation officielle du Saint-Siège aux travaux de Pékin, mais aussi en parlant directement au cœur et à l’esprit de toutes les femmes. Récemment, à l’occasion de la visite que Madame Gertrude Mongella, Secrétaire générale de la Conférence, m’a rendue précisément en vue de cette importante réunion, j’ai tenu à lui remettre un Message dans lequel sont exposés quelques points fondamentaux de l’enseignement de l’Église à ce sujet. C’est un message qui, au-delà de l’événement précis qui l’a inspiré, s’ouvre à la perspective plus générale de la réalité et des problèmes de l’ensemble des femmes, se mettant au service de leur cause dans l’Église et dans le monde contemporain. C’est pourquoi j’ai décidé de le transmettre à toutes les Conférences épiscopales afin d’en assurer la diffusion la plus large.
À partir de ce que j’écrivais dans ce document, je voudrais maintenant m’adresser directement à chacune des femmes pour réfléchir avec elles sur les problèmes et les perspectives de la condition féminine en notre temps, m’arrêtant en particulier sur le thème essentiel de la dignité et des droits des femmes, vus à la lumière de la Parole de Dieu.
Le point de départ de ce dialogue ne peut être qu’un merci. L’Église — écrivais-je dans la lettre apostolique Mulieris dignitatem — « désire remercier la Très Sainte Trinité pour le « mystère de la femme » et pour toute femme, pour ce qui constitue la dimension éternelle de sa dignité féminine, pour les « merveilles » de Dieu qui, dans l’histoire des générations humaines, se sont accomplies en elle et par elle » (n. 31).
 Le merci adressé au Seigneur pour son dessein sur la vocation et la mission de la femme dans le monde devient aussi un merci concret et direct aux femmes, à chacune des femmes, pour ce qu’elles représentent dans la vie de l’humanité.
Merci à toi, femme-mère, qui accueilles en ton sein l’être humain dans la joie et dans la peine d’une expérience unique par laquelle tu deviens sourire de Dieu pour l’enfant qui vient au monde, tu deviens le guide de ses premiers pas, le soutien de sa croissance, puis le point de repère sur le chemin de sa vie.
Merci à toi, femme-épouse, qui unis d’une façon irrévocable ton destin à celui d’un homme, dans une relation de don réciproque, au service de la communion et de la vie.
Merci à toi, femme-fille et femme-sœur, qui apportes au foyer familial puis dans le complexe de la vie sociale les richesses de ta sensibilité, de ton intuition, de ta générosité et de ta constance.
Merci à toi, femme-au-travail, engagée dans tous les secteurs de la vie sociale, économique, culturelle, artistique, politique, pour ta contribution irremplaçable à l’élaboration d’une culture qui puisse allier la raison et le sentiment, à une conception de la vie toujours ouverte au sens du « mystère », à l’édification de structures économiques et politiques humainement plus riches.
Merci à toi, femme-consacrée, qui, à la suite de la plus grande des femmes, la Mère du Christ, Verbe incarné, t’ouvres en toute docilité et fidélité à l’amour de Dieu, aidant ainsi l’Église et l’humanité entière à donner à Dieu une réponse « sponsale » qui exprime merveilleusement la communion qu’il veut établir avec sa créature.
Merci à toi, femme, pour le seul fait d’être femme! Par la perception propre à ta féminité, tu enrichis la compréhension du monde et tu contribues à la pleine vérité des relations humaines.
Mais, je le sais, le merci ne suffit pas. Nous avons malheureusement hérité d’une histoire de très forts conditionnements qui, en tout temps et en tout lieu, ont rendu difficile le chemin de la femme, fait méconnaître sa dignité, dénaturer ses prérogatives, l’ont souvent marginalisée et même réduite en esclavage. Tout cela l’a empêchée d’être totalement elle-même et a privé l’humanité entière d’authentiques richesses spirituelles. Il ne serait certes pas facile de déterminer des responsabilités précises, étant donné le poids des sédimentations culturelles qui, au cours des siècles, ont formé les mentalités et les institutions. Mais si, dans ce domaine, on ne peut nier, surtout dans certains contextes historiques, la responsabilité objective de nombreux fils de l’Église, je le regrette sincèrement. Puisse ce regret se traduire, pour toute l’Église, par un effort de fidélité renouvelée à l’inspiration évangélique qui, précisément sur le thème de la libération de la femme par rapport à toute forme d’injustice et de domination, contient un message d’une permanente actualité venant de l’attitude même du Christ. Celui-ci, dépassant les normes en vigueur dans la culture de son temps, eut à l’égard des femmes une attitude d’ouverture, de respect, d’accueil, de tendresse. Il honorait ainsi chez la femme la dignité qu’elle a toujours eue dans le dessein et dans l’amour de Dieu. En nous tournant vers lui en cette fin du deuxième millénaire, nous nous demandons spontanément à quel point son message a été reçu et mis en pratique.
Oui, il est temps de regarder avec le courage de la mémoire et la sincère reconnaissance des responsabilités la longue histoire de l’humanité, à laquelle les femmes ont apporté une contribution qui n’est pas inférieure à celle des hommes, et la plupart du temps dans des conditions bien plus difficiles. Je pense en particulier aux femmes qui ont aimé la culture et l’art, et qui s’y sont consacrées en partant de situations désavantageuses, exclues qu’elles étaient bien souvent d’une éducation égale à celle des hommes, exposées à être sous-estimées, à voir leur apport intellectuel méconnu ou même à en être dépossédées. Malheureusement, de cette multiple activité des femmes dans l’histoire, il reste très peu de choses qui puissent être enregistrées par les instruments de l’historiographie scientifique. Mais par chance, si le temps a enseveli les documents qui en portent la trace, il est impossible de ne pas en sentir les effets bénéfiques dans la sève dont furent nourries les générations qui se sont succédé jusqu’à nous. L’humanité a une dette incalculable à l’égard de cette grande, immense, « tradition » féminine. Combien de femmes ont été et sont encore jugées sur leur aspect physique plus que sur leur compétence, leur valeur professionnelle, leur activité intellectuelle, la richesse de leur sensibilité et, en définitive, sur la dignité même de leur être!
 Et que dire des obstacles qui, en de nombreuses parties du monde, empêchent encore les femmes de s’intégrer pleinement dans la vie sociale, politique et économique? Il suffit de penser que le don de la maternité est plus souvent pénalisé qu’il n’est estimé, alors que l’humanité lui doit sa propre survie. Il est certain qu’il reste encore beaucoup à faire pour que la condition de femme et de mère n’entraîne aucune discrimination. Il est urgent d’obtenir partout l’égalité effective des droits de la personne et donc la parité des salaires pour un travail égal, la protection des mères qui travaillent, un juste avancement dans la carrière, l’égalité des époux dans le droit de la famille, la reconnaissance de tout ce qui est lié aux droits et aux devoirs du citoyen dans un régime démocratique.
Il s’agit là d’un acte de justice, mais aussi d’une nécessité. Dans la politique à venir, les femmes seront toujours plus impliquées dans les graves problèmes actuellement débattus: temps libre, qualité de la vie, migrations, services sociaux, euthanasie, drogue, santé et soins, écologie, etc. Dans tous ces domaines, une plus forte présence sociale de la femme s’avérera précieuse, car elle contribuera à manifester les contradictions d’une société organisée sur les seuls critères de l’efficacité et de la productivité, et elle obligera à redéfinir les systèmes, au bénéfice des processus d’humanisation qui caractérisent la « civilisation de l’amour ».
 En considérant l’un des aspects les plus délicats de la situation des femmes dans le monde, comment ne pas rappeler la longue et humiliante histoire — fréquemment « souterraine » — d’abus commis à l’encontre des femmes dans le domaine de la sexualité? À la veille du troisième millénaire, nous ne pouvons rester impassibles face à ce phénomène, ni nous y résigner. Il est temps de condamner avec force, en suscitant des instruments législatifs appropriés de défense, les formes de violence sexuelle qui ont bien souvent les femmes pour objet. Au nom du respect de la personne, nous ne pouvons pas non plus ne pas dénoncer la culture hédoniste et mercantile fort répandue qui prône l’exploitation systématique de la sexualité, poussant même les filles dès leur plus jeune âge à tomber dans les circuits de la corruption et à faire de leur corps une marchandise.
En face de telles perversions, quelle estime ne méritent pas, au contraire, les femmes qui, avec un amour héroïque pour leur enfant, poursuivent une grossesse liée à l’injustice de rapports sexuels imposés par la force, et cela non seulement dans le cadre des atrocités qui se rencontrent malheureusement dans des contextes de guerre encore si fréquents dans le monde, mais aussi dans des situations de bien-être et de paix, souvent viciées par une culture de permissivité hédoniste où prospèrent plus facilement des tendances à un machisme agressif! Dans de telles conditions, le choix de l’avortement, qui reste toujours un péché grave, avant même d’être une responsabilité à faire endosser par les femmes, est un crime qu’il faut mettre au compte de l’homme et de la complicité du milieu de vie.
 Mon merci aux femmes prend donc la forme d’un appel pressant pour que tous, en particulier les États et les institutions internationales, fassent ce qu’il faut pour redonner aux femmes le plein respect de leur dignité et de leur rôle. Je ne puis m’empêcher, à ce sujet, de manifester mon admiration pour les femmes de bonne volonté qui se sont consacrées à la défense de la dignité de la condition féminine par la conquête de droits fondamentaux sur les plans social, économique et politique, et qui ont pris courageusement cette initiative en des temps où cet engagement de leur part était considéré comme un acte de transgression, un signe de manque de féminité, une manifestation d’exhibitionnisme, voire un péché!
Comme je l’écrivais dans le Message pour la Journée mondiale de la Paix de cette année, en considérant ce grand processus de libération de la femme, on peut dire que cette voie « a été difficile et complexe, non sans erreurs parfois, mais positive pour l’essentiel, même si elle reste encore inachevée à cause des nombreux obstacles qui empêchent, en bien des régions du monde, que la femme soit reconnue, respectée et valorisée dans sa dignité propre » (n. 4).
Il faut persévérer dans cette voie! Toutefois, je suis convaincu que le secret pour parcourir rapidement le chemin du plein respect de l’identité féminine ne passe pas seulement par la dénonciation, pour nécessaire qu’elle soit, des discriminations et des injustices, mais encore et surtout par un projet de promotion aussi efficace qu’éclairé, qui concerne tous les domaines de la vie féminine, en partant d’une prise de conscience renouvelée et universelle de la dignité de la femme. La raison elle- même, qui accepte la loi de Dieu inscrite au cœur de tout homme, nous porte à reconnaître cette dignité malgré ses multiples conditionnements historiques. Mais c’est surtout la Parole de Dieu qui nous permet d’identifier clairement le fondement anthropologique radical de la dignité de la femme, en nous le montrant dans le dessein de Dieu sur l’humanité.
Acceptez donc, chères sœurs, qu’avec vous je médite à nouveau la merveilleuse page biblique qui présente la création de l’homme, et qui exprime tant de choses sur votre dignité et sur votre mission dans le monde.
Le Livre de la Genèse parle de la création de manière synthétique et dans un langage poétique et symbolique, mais profondément vrai: « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa (Gn 1, 27). L’acte créateur de Dieu se déroule selon un projet précis. Avant tout, il est dit que l’homme est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26), expression qui clarifie immédiatement le caractère spécifique de l’homme dans l’ensemble de l’œuvre de la création.
Il est dit ensuite que l’homme est créé « homme et femme » (Gn 1, 27), depuis l’origine. L’Écriture elle-même fournit l’interprétation de cet élément: bien que se trouvant entouré par les créatures innombrables du monde visible, l’homme se rend compte qu’il est seul (cf. Gn 2, 20). Dieu intervient pour le faire sortir de cette situation de solitude: « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie » (Gn 2, 18). Depuis l’origine, donc, dans la création de la femme est inscrit le principe de l’aide: aide — notons-le bien — qui n’est pas unilatérale, mais réciproque. La femme est le complément de l’homme, comme l’homme est le complément de la femme: la femme et l’homme sont entre eux complémentaires. Le féminin réalise l’« humain » tout autant que le fait le masculin, mais selon une harmonique différente et complémentaire.
Lorsque la Genèse parle d’« aide », elle ne fait pas seulement référence au domaine de l’agir, mais aussi à celui de l’être. Le féminin et le masculin sont entre eux complémentaires, non seulement du point de vue physique et psychologique, mais ontologique. C’est seulement grâce à la dualité du « masculin » et du « féminin » que l’« homme » se réalise pleinement.
Après avoir créé l’homme, homme et femme, Dieu leur dit à tous les deux: « Emplissez la terre et soumettez-la » (Gn 1, 28). Il ne leur confère pas seulement le pouvoir de procréer pour perpétuer le genre humain à travers le temps, mais il leur confie aussi la terre comme une tâche, les engageant à en gérer les ressources de manière responsable. L’homme, être rationnel et libre, est appelé à transformer la face de la terre. Dans cette tâche, qui est essentiellement une œuvre de culture, l’homme comme la femme ont une responsabilité égale depuis l’origine. Dans leur réciprocité sponsale et féconde, dans leur tâche commune de dominer et de soumettre la terre, la femme et l’homme n’expriment pas une égalité statique et nivelante, et encore moins une différence abyssale et inexorablement conflictuelle: leur rapport le plus naturel, répondant au dessein de Dieu, est l’« unité des deux », c’est-à-dire une « unité duelle » relationnelle, qui permet à chacun de découvrir la relation interpersonnelle et réciproque comme un don, source de richesse et de responsabilité.
À cette « unité des deux » sont confiées par Dieu non seulement l’œuvre de la procréation et la vie de la famille, mais la construction même de l’histoire. Si, durant l’Année internationale de la Famille, célébrée en 1994, l’attention s’est portée sur la femme comme mère, la conférence de Pékin est une occasion propice à une prise de conscience renouvelée des multiples contributions que la femme offre à la vie des sociétés et des nations entières. Ce sont des contributions de nature avant tout spirituelle et culturelle, mais aussi socio-politique et économique. Vraiment grande est l’importance de ce que doivent à l’apport des femmes les différents secteurs de la société, les États, les cultures nationales et, en définitive, le progrès du genre humain tout entier!
En règle générale, le progrès est évalué selon des catégories scientifiques et techniques, et, même de ce point de vue, la contribution de la femme n’est pas négligeable. Cependant, ce n’est pas là l’unique dimension du progrès, ce n’est même pas la principale. La dimension éthique et sociale, qui marque les relations humaines et les valeurs de l’esprit, paraît plus importante: dans cette dimension, souvent développée sans bruit à partir des relations quotidiennes entre les personnes, spécialement à l’intérieur de la famille, c’est précisément au « génie de la femme » que la société est en grande partie débitrice.
À ce propos, je voudrais exprimer une gratitude particulière aux femmes engagées dans les secteurs les plus divers de l’activité éducative, bien au-delà de la famille: jardins d’enfants, écoles, universités, services sociaux, paroisses, associations et mouvements. Partout où existe la nécessité d’un travail de formation, on peut constater l’immense disponibilité des femmes qui se dépensent dans les relations humaines, spécialement en faveur des plus faibles et de ceux qui sont sans défense. Dans cette action, elles accomplissent une forme de maternité affective, culturelle et spirituelle, d’une valeur vraiment inestimable pour les effets qu’elle a sur le développement de la personne et sur l’avenir de la société. Et comment ne pas rappeler ici le témoignage de nombreuses femmes catholiques et de nombreuses Congrégations religieuses féminines qui, dans les différents continents, ont fait de l’éducation, spécialement des jeunes garçons et filles, leur activité principale? Comment ne pas avoir un sentiment de reconnaissance à l’égard de toutes les femmes qui ont œuvré et qui continuent à œuvrer dans le domaine de la santé, non seulement dans le cadre des institutions de santé les mieux organisées, mais souvent dans des circonstances très précaires, dans les pays les plus pauvres du monde, donnant un témoignage de disponibilité qui frôle souvent le martyre?
 Je souhaite donc, chères sœurs, que l’on réfléchisse avec une attention particulière sur le thème du « génie de la femme », non seulement pour y reconnaître les traits d’un dessein précis de Dieu qui doit être accueilli et honoré, mais aussi pour lui faire plus de place dans l’ensemble de la vie sociale, et également dans la vie ecclésiale. J’ai eu l’occasion, dans la lettre apostolique Mulieris dignitatem publiée en 1988, de traiter largement cette question, déjà abordée d’ailleurs au moment de l’Année mariale. Puis cette année, pour le Jeudi saint, j’ai voulu rappeler cette lettre apostolique Mulieris dignitatem dans la lettre que j’adresse habituellement aux prêtres, pour les inviter à réfléchir sur le rôle significatif que la femme exerce dans leur vie, comme mère, comme sœur et comme collaboratrice dans les activités d’apostolat. Il s’agit d’une autre dimension de l’« aide » — différente de la dimension conjugale, mais tout aussi importante — que la femme, selon la Genèse, est appelée à rendre à l’homme.
L’Église voit en Marie la plus haute expression du « génie féminin » et trouve en elle une source d’inspiration constante. Marie s’est définie elle- même « servante du Seigneur » (Lc 1, 38). C’est par obéissance à la Parole de Dieu qu’elle a accueilli sa vocation privilégiée, mais pas du tout facile, d’épouse et de mère de la famille de Nazareth. En se mettant au service de Dieu, elle s’est mise aussi au service des hommes: service d’amour. C’est ce service qui lui a permis de réaliser dans sa vie l’expérience d’une mystérieuse mais authentique « royauté ». Elle n’est pas invoquée par hasard comme « Reine du ciel et de la terre ». Toute la communauté des croyants l’invoque ainsi; de nombreux peuples et nations l’invoquent comme « Reine ». Sa « royauté » est un service! Son service est une « royauté »!
C’est ainsi que devrait être comprise l’autorité dans la famille comme dans la société et dans l’Église. La « royauté » est une révélation de la vocation fondamentale de l’être humain, en tant que créé à « l’image » de Celui qui est Seigneur du ciel et de la terre, et appelé à être son fils adoptif dans le Christ. L’homme est la seule créature sur la terre que « Dieu a voulu pour elle-même », comme l’enseigne le deuxième Concile du Vatican, qui ajoute de manière significative que l’homme « ne peut pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui-même » (Gaudium et spes, n. 24).
En cela consiste la « royauté » maternelle de Marie. Ayant été, dans tout son être, un don pour le Fils, elle devient aussi un don pour les fils et les filles du genre humain tout entier, ravivant la confiance très profonde de celui qui se tourne vers Elle pour être conduit le long des chemins difficiles de la vie vers son terme personnel, son destin transcendant. À travers les étapes de sa vocation particulière, chacun parvient à ce but final, qui oriente l’engagement dans le temps de l’homme comme de la femme.
Dans cette perspective de « service » — qui exprime la véritable « royauté » de l’être humain, s’il est accompli avec liberté, réciprocité et amour —, il est aussi possible d’accueillir une certaine diversité de fonctions, sans conséquences désavantageuses pour la femme, dans la mesure où cette diversité n’est pas le résultat d’un ordre arbitraire, mais découle des caractères de l’être masculin et féminin. C’est une affirmation qui a aussi une application spécifique à l’intérieur de l’Église. Si le Christ — par un choix libre et souverain, bien attesté dans l’Évangile et dans la tradition constante de l’Église — a confié seulement aux hommes le devoir d’être « icône » de son visage de « pasteur » et d’« époux » de l’Église à travers l’exercice du sacerdoce ministériel, cela n’enlève rien au rôle des femmes, comme du reste à celui des autres membres de l’Église qui ne sont pas investis du ministère sacré, étant cependant tous également dotés de la dignité particulière du « sacerdoce commun » enraciné dans le baptême. En effet, ces distinctions de rôles ne doivent pas être interprétées à la lumière des canons de fonctionnement propres aux sociétés humaines, mais selon les critères spécifiques de l’économie sacramentelle, c’est-à-dire de l’économie des « signes » librement choisis par Dieu, pour se rendre présent au milieu des hommes.
En outre, précisément dans la ligne de cette économie des signes, même hors du domaine sacramentel, la « féminité », vécue sur le modèle sublime de Marie, est loin d’être négligeable. En effet, il y a dans la « féminité » de la femme croyante, et spécialement de la femme « consacrée », une sorte de « prophétie » immanente (cf. Mulieris dignitatem, n. 29), un symbolisme fortement évocateur, on pourrait dire un « caractère iconique » prégnant, qui se réalise pleinement en Marie et qui exprime bien l’être même de l’Église en tant que communauté consacrée, dans la plénitude d’un cœur « vierge », pour être « épouse » du Christ et « mère » des croyants. Dans cette perspective de complémentarité « iconique » des rôles masculin et féminin, deux dimensions inséparables de l’Église sont davantage mises en lumière: le principe « marial » et le principe « apostolique et pétrinien » (cf. ibid., n. 27).
D’autre part — je le rappelais aux prêtres dans la Lettre du Jeudi saint de cette année, précédemment citée —, « le sacerdoce ministériel, dans le dessein du Christ, n’est pas l’expression d’une domination, mais celle d’un service » (n. 7). C’est une tâche urgente de l’Église, dans son renouvellement quotidien à la lumière de la Parole de Dieu, de mettre cela toujours plus en évidence, dans le développement de l’esprit de communion et dans la promotion attentive de tous les moyens spécifiquement ecclésiaux de la participation, et à travers le respect et la valorisation des innombrables charismes personnels et communautaires que l’Esprit de Dieu suscite pour l’édification de la communauté chrétienne et pour le service des hommes.
Dans ce vaste domaine du service, l’histoire de l’Église, au long de ces deux millénaires, malgré tant de conditionnements, a connu vraiment le « génie de la femme », ayant vu apparaître en son sein des femmes de premier plan, qui ont laissé d’elles-mêmes, aux différentes époques, une empreinte importante et bénéfique. Je pense à la longue cohorte des martyres, des saintes, des mystiques insignes. Je pense tout spécialement à sainte Catherine de Sienne et à sainte Thérèse d’Avila, auxquelles le Pape Paul VI a conféré le titre de Docteur de l’Église. Et comment ne pas rappeler aussi les innombrables femmes qui, animées par la foi, ont consacré leur vie à des initiatives d’un intérêt social extraordinaire, particulièrement au service des plus pauvres? L’avenir de l’Église dans le troisième millénaire ne manquera certainement pas de voir naître de nouvelles et admirables manifestations du « génie féminin ».
 Vous voyez donc, chères sœurs, que l’Église a de nombreux motifs de désirer que, dans la prochaine Conférence organisée par les Nations Unies à Pékin, soit mise en lumière la pleine vérité sur la femme. Que l’on donne vraiment tout son relief au « génie de la femme », en ne tenant pas compte seulement des femmes importantes et de renommée, qui ont vécu dans le passé ou qui sont nos contemporaines, mais aussi des femmes simples, qui développent leur talent féminin au service des autres dans la banalité du quotidien! C’est en effet spécialement en se donnant aux autres dans la vie de tous les jours que la femme réalise la vocation profonde de sa vie, elle qui, peut-être encore plus que l’homme, voit l’homme, parce qu’elle le voit avec le cœur. Elle le voit indépendamment des différents systèmes idéologiques ou politiques. Elle le voit avec sa grandeur et ses limites, et elle cherche à venir à sa rencontre et à lui être une aide. De cette manière, dans l’histoire de l’humanité, se réalise le dessein fondamental du Créateur et apparaît sans cesse, dans la diversité des vocations, la beauté — non seulement physique mais surtout spirituelle — que Dieu a prodiguée depuis le début à la créature humaine et spécialement à la femme. Tandis que je confie au Seigneur dans la prière l’heureux résultat de l’important rendez- vous de Pékin, j’invite les communautés ecclésiales à faire de l’année en cours un temps de profonde action de grâce au Créateur et au Rédempteur du monde pour le don d’un aussi grand bien que la féminité; dans ses multiples expressions, elle appartient au patrimoine constitutif de l’humanité et de l’Église.
Que Marie, Reine de l’amour, veille sur les femmes et sur leur mission au service de l’humanité, de la paix, de la diffusion du Règne de Dieu!
Avec ma Bénédiction.
Du Vatican, le 29 juin 1995, solennité des saints Apôtres Pierre et Paul.

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