Intention de prière

2 mai 2008

Intention de prière générale du Saint Père pour le mois de mai:

« Pour que les chrétiens valorisent d’avantage la littérature, l’art et les médiats, afin de favoriser une culture des valeurs humaines ».

Sur la doctrine sociale de l’Église

1 mai 2008

On désigne par ce terme l’ensemble des textes de l’Église catholique qui décrivent la position de l’Église en matière sociale. On considère que le texte fondateur est l’encyclique Rerum Novarum (Des choses nouvelles) du pape Léon XIII en 1891.
 

I-Les principes élaborés par la doctrine sociale de l’Eglise.

Celle ci s’appuie sur 10 Principes fondamentaux (CF Compendium de la doctrine sociale de l’église)

1) La dignité de la personne humaine
« L’homme est la seule créature voulue pour elle-même » (Jean-Paul II)

2) Le respect de la vie Humaine
« Aussi l’ordre social et son progrès doivent-ils toujours tourner au bien des personnes, puisque l’ordre des choses doit être subordonné à l’ordre des personnes et non l’inverse ». Le respect de la dignité humaine ne peut en aucune façon ne pas tenir compte de ce principe: il faut « que chacun considère son prochain, sans aucune exception, comme “un autre lui-même”, [qu'il] tienne compte avant tout de son existence et des moyens qui lui sont nécessaires pour vivre dignement ». Il faut que tous les programmes sociaux, scientifiques et culturels, soient guidés par la conscience de la primauté de chaque être humain. (Compendium de la Doctrine sociale de l’Église N° 132)

3) Le principe d’association

4) Le principe de participation

5) Le principe de l’option préférentielle pour les pauvres et les personnes vulnérables
 L’option préférentielle pour les pauvres est un principe élaboré dans la doctrine sociale de l’Eglise. La tradition chrétienne le rapproche constamment des principes de charité et justice: « Quand nous donnons aux pauvres les choses indispensables, nous ne faisons pas pour eux des dons personnels, mais nous leur rendons ce qui est à eux. Plus qu’accomplir un acte de charité, nous accomplissons un devoir de justice » (Saint Grégoire le Grand, Regula pastoralis).
L’encyclique Centesimus annus développe ce principe au N° 57.Le Compendium de la Doctrine sociale de l’Église résume ce principe aux N° 182 à 184.

6) Le principe de solidarité
La solidarité est une « vertu humaine et chrétienne » (encyclique Sollicitudo Rei Socialis, n°41-42). Voir aussi : Matth. 25, 31-46 : chacun sera jugé selon la manière dont il a vécu cette solidarité entre les hommes.

7) Le principe de gérance

8 ) Le principe de subsidiarité
Ce principe signifie qu’il est « impossible de promouvoir la dignité de la personne si ce n’est en prenant soin de la famille, des groupes, des associations, des réalités territoriales locales, bref de toutes les expressions associatives de type économique, social, culturel, sportif, récréatif, professionnel, politique, auxquelles les personnes donnent spontanément vie et qui rendent possible leur croissance sociale effective.»(Catéchisme de l’Église Catholique, 1882)
Parmi ses différentes implications, ce principe «impose à l’État de s’abstenir de tout ce qui restreindrait, de fait, l’espace vital des cellules mineures et essentielles de la société. Leur initiative, leur liberté et leur responsabilité ne doivent pas être supplantées.»
«À l’application du principe de subsidiarité correspondent: le respect et la promotion effective de la primauté de la personne et de la famille; la mise en valeur des associations et des organisations intermédiaires, dans leurs choix fondamentaux et dans tous ceux qui ne peuvent pas être délégués ou assumés par d’autres.»
Dans certaines « situations où il est nécessaire que l’État stimule l’économie, à cause de l’impossibilité pour la société civile d’assumer cette initiative de façon autonome; que l’on pense aussi aux réalités de grave déséquilibre et d’injustice sociale où seule l’intervention publique peut créer des conditions de plus grande égalité, de justice et de paix. À la lumière du principe de subsidiarité, cependant, cette suppléance institutionnelle ne doit pas se prolonger ni s’étendre au- delà du strict nécessaire, à partir du moment où elle ne trouve sa justification que dans le caractère d’exception de la situation.» (Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise, N. 185-188).

9) Le principe de l’égalité humaine

10) Le principe du bien commun
Le bien commun est l’ »ensemble des conditions sociales qui permettent et favorisent dans les être humains le développement intégral de la personne » (Jean XXIII). Voir aussi l’encyclique Pacem in Terris (n°53).

Le principe de la destination universelle des biens
Dans la tradition chrétienne, la première origine de tout bien est l’acte de Dieu lui-même qui a créé la terre et l’homme, et qui a donné la terre à l’homme pour qu’il la maîtrise par son travail et jouisse de ses fruits. Dieu a donné la terre à tout le genre humain pour qu’elle fasse vivre tous ses membres, sans exclure ni privilégier personne. C’est l’origine de la destination universelle des biens de la terre.
Le principe de la destination universelle des biens appelle une économie inspirée des valeurs morales qui ne perde jamais de vue ni l’origine, ni la finalité de ces biens, de façon à réaliser un monde juste et solidaire, où la formation de la richesse puisse revêtir une fonction positive. (Compendium de la Doctrine sociale de l’Église N° 171-174).
Destination universelle des biens et propriété privée
Parce que la propriété privée « assure à chacun une zone indispensable d’autonomie personnelle et familiale; il faut la regarder comme un prolongement de la liberté humaine. Enfin, en stimulant l’exercice de la responsabilité, ils constituent l’une des conditions des libertés civiles ». La doctrine sociale exige que la propriété des biens soit équitablement accessible à tous (Encyclique Centesimus annus, 6: 800-801).
La tradition chrétienne n’a jamais reconnu le droit à la propriété privée comme absolu ni intouchable: « Au contraire, elle l’a toujours entendu dans le contexte plus vaste du droit commun de tous à utiliser les biens de la création entière: le droit à la propriété privée est subordonné à celui de l’usage commun, à la destination universelle des biens » (encyclique Laboratorem exercens,). L’église considère que ce principe ne s’oppose pas au droit de propriété, mais indique la nécessité de le réglementer.

II-Les préoccupations sociales de l’Église

Dès les premiers temps du christianisme, l’amour du prochain a été considéré comme l’un des principaux messages de l’évangile et de la Bible. C’est ainsi que la charité est considérée comme l’une des trois vertus théologales (voir à ce propos l’encyclique Deus Caritas est).
Un des plus grands représentants de l’action sociale chrétienne est sans doute saint Vincent de Paul : après avoir aidé dès son plus jeune âge les plus démunis, il fonda les Lazaristes en 1625, puis l’ordre des Filles de la Charité en 1634.

1) Origines du renouveau de la pensée sociale contemporaine
La pensée moderne de l’Église trouve son origine dans la période de grands changements économiques et sociaux qui a accompagné la Révolution industrielle. Le bouleversement des méthodes de production, la disparition des trois ordres de l’Ancien Régime et l’émergence de nouvelles classes sociales (bourgeoisie, ouvriers) avec l’opposition capital / travail, ont fait prendre conscience d’un fossé grandissant entre les ouvriers et les classes dirigeantes.
L’un des premiers à avoir pris conscience des injustices sociales fut aussi Frédéric Ozanam, qui vécut de près la révolte des Canuts à Lyon en 1831. Après une altercation avec un saint-simonien, il abandonna les études d’Histoire et fonda avec quelques amis la Société saint Vincent de Paul, encore très active aujourd’hui.
En Allemagne, ce fut l’évêque de Mayence, Monseigneur Ketteler, qui fut le principal initiateur du renouveau social de l’Église dans ce pays.
C’est précisément les œuvres de Mgr Ketteler qui permirent à Albert de Mun de découvrir cette pensée sociale, lors de sa captivité en Allemagne. Il fonda les cercles catholiques ouvriers (1871), fut l’inspirateur de la plupart des textes de loi sociaux de la IIIe République, et participa à l’élaboration de l’encyclique Rerum Novarum du pape Léon XIII (1891).

2) Les textes de la doctrine sociale
La doctrine sociale de l’Église comporte, outre l’encyclique Rerum Novarum (1891), un ensemble de textes, en particulier les mises à jour de Rerum novarum qui ont eu lieu à plusieurs anniversaires décennaux, ainsi que d’autres textes de l’Église :
• Deus caritas est, Benoît XVI (2006)
• Pour une meilleure répartition de la Terre, Conseil Pontifical Justice et Paix (1997),
• Centesimus annus, Jean-Paul II (1er mai 1991),
• Sollicitudo rei socialis, Jean-Paul II (1987),
• Instruction sur la liberté chrétienne et la libération, Congrégation pour la doctrine de la foi (1986).
• Laborem exercens, Jean-Paul II (14 septembre 1981),
• Redemptor hominis (L’homme, le premier chemin de l’Église), Jean-Paul II (1979)
• Populorum progressio, Paul VI (1967),
• Gaudium et spes, concile Vatican II (1965),
• Pacem in Terris, Jean XXIII (1963),
• Mater et magistra, Jean XXIII (1961),
• Radiomessage pour le 50e anniversaire de Rerum novarum, Pie XI (1941).
• Quadragesimo anno, Pie XI (15 mai 1931),
• Graves de communi, Léon XIII (18 janvier 1901),
• Rerum novarum, Léon XIII (15 mai 1891).

3) L’engagement social de l’Église
La pensée sociale de l’Église a compté pour beaucoup dans la création de nombreux mouvements d’action sociale et œuvres chrétiennes, parmi lesquels on peut citer :
• le Secours catholique (Caritas),
• le Ceras, Centre de recherche et d’action sociales de la province de France des Jésuites, créé en 1903 sous le nom d’Action Populaire
• le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD),
• la Société saint Vincent de Paul.

À propos de la pureté

30 avril 2008

PuretéLa chasteté est une gageure impossible et ridicule si elle n’a pour armature que des préceptes négatifs. Elle est possible et belle et enrichissante si elle s’appuie sur une base positive : l’amour de Dieu, vivant, total, seul capable de contenter l’immense besoin d’amour qui remplit notre cœur d’homme. […]

La danse est la grande joie du jeu libre de tous les muscles portés par le rythme de l’orchestre, avec tout ce qu’ajoute de grâce et de charme une présence féminine. Avec de saines et claires partenaires, elle est jeu de roi. Mais, si elle se résume en la possibilité de s’étreindre pourvu que l’on tourne, alors elle devient mauvaise et source de péché.
Il faut faire de toute faute un rebondissement vers un plus grand amour. 

Nous ne sommes que des âmes déficientes dans de pauvres corps lourds de désirs. Mais nous vous aimons, mon Dieu, nous vous aimons de toute la force de ces pauvres âmes, de toute la force de ces pauvres corps. […]
Il est des heures lourdes où la tentation du mal vous tient si fort, si irrésistiblement, par tout le corps, que l’on ne sait plus que dire machinalement du bout des lèvres et sans presque plus y croire : Mon Dieu, je vous aime tout de même ; mais ayez pitié de moi.

Il est certains soirs où, assis au fond d’une église sans pouvoir prier, ou dehors sous les étoiles pour sentir tout de même près de soi quelque chose de grand, on ne peut plus que répéter cette pauvre phrase, à laquelle on se raccroche comme à une bouée pour ne pas couler : Mon Dieu je vous aime tout de même ! […]
Les pensées mauvaises choisissent le soir pour nous envahir, parce que les heures nocturnes sont propices à la fièvre de l’imagination et du corps. Une bonne manière de s’en rendre maître est de prendre sa couverture et de coucher tout bonnement à côté de son lit, sur le plancher. Notre frère l’âne, calmé, en demeure tout pantois et, dominées, les pensées mauvaises s’éloignent.

 Au moment d’une tentation violente, alors que la volonté se défibre et que le corps tout entier s’alanguit prêt à céder, il est bon, pour témoigner malgré tout un peu d’amour à Dieu, de s’obliger à une mortification minime : ne pas mettre de sel dans le potage trop fade, ou ne pas déplacer un objet qui vous gêne. Cet acte infime d’amour, mais qui demeure possible dans la pire débâcle apparente de l’âme, est comme un appel de la grâce et la volonté s’en trouve raffermie. 
Ce devait être une métisse. Elle avait des épaules splendides et cette beauté animale des sang-mêlés, aux lèvres lourdes et aux yeux immenses. Elle était belle., sauvagement belle. Il n’y avait vraiment qu’une chose à faire. Je ne l’ai pas faite. Je suis remonté à cheval et je suis parti à toute allure, sans me retourner, en pleurant de désespoir et de rage. Je crois qu’au jour du jugement, si je n’ai pas autre chose à donner, je pourrai offrir à Dieu comme une gerbe, toutes ces étreintes que, pour son amour, je n’ai pas voulu connaître. […]

 Notes de Guy de Larigaudie, provenant de son livre  » Etoile au grand large » ( Ed. du Seuil )

Merci à Blandine.

Notre loi

29 avril 2008

CEP Clavas sous la neige

La guide met son honneur à mériter confiance.
 
La guide est loyale à son pays, ses parents, ses chefs et ses subordonnés.
 
La guide est faite pour servir et sauver son prochain.
 
La guide est bonne pour tous et le sœur de tout autre guide.
 
La guide est courtoise et généreuse.
 
La guide voit dans la nature l’œuvre de Dieu : elle aime les plantes et les animaux.
 
La guide obéit sans réplique et ne fait rien à moitié.
 
La guide est maîtresse de soi : elle sourit et chante dans les difficultés.
 
La guide est économe et prend soin du bien d’autrui.
 
La guide est pure dans ses pensées, ses paroles et ses actes.

DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI

28 avril 2008

                                   DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI
                    AUX PARTICIPANTS À L’ASSEMBLÉE PLÉNIÈRE
                  DU CONSEIL PONTIFICAL POUR LA CULTURE

Samedi 8 mars 2008
 
Messieurs les Cardinaux,
chers frères dans l’épiscopat et dans le sacerdoce,
Mesdames et Messieurs!

Je suis heureux de vous accueillir, à l’occasion de l’Assemblée plénière du Conseil pontifical pour la Culture, et je me réjouis du travail que vous accomplissez et, en particulier, du sujet choisi pour cette session: « L’Eglise et le défi de la sécularisation ». C’est une question fondamentale pour l’avenir de l’humanité et de l’Eglise. La sécularisation, qui souvent se transforme en sécularisme en abandonnant le sens positif de sécularité, met à dure épreuve la vie chrétienne des fidèles et des pasteurs et, durant vos travaux, vous l’avez interprétée et transformée également en un défi providentiel afin de proposer des réponses convaincantes aux questions et aux espérances de l’homme, notre contemporain.

Je remercie Mgr Gianfranco Ravasi, Président depuis quelques mois du dicastère, pour les paroles courtoises avec lesquelles il s’est fait votre interprète et a illustré le déroulement de vos travaux. Je vous suis à tous reconnaissant de votre travail efficace qui vise à ce que l’Eglise entre en dialogue avec les mouvements culturels de notre temps, et afin de faire connaître plus largement l’intérêt que le Saint-Siège nourrit pour le vaste monde de la culture dans toute sa diversité. Aujourd’hui plus que jamais, en effet, l’ouverture réciproque entre les cultures est un terrain privilégié pour le dialogue entre les hommes et les femmes engagés dans la recherche d’un humanisme authentique, au-delà des divergences qui les séparent. La sécularisation, qui se présente dans les cultures comme  une  organisation  du  monde et de l’humanité sans référence à la Transcendance, gagne tous les aspects de la vie quotidienne et développe une mentalité où, de fait, Dieu est absent, entièrement ou en partie, de l’existence et de la conscience humaine. Cette sécularisation n’est pas seulement une menace extérieure pour les croyants, mais elle se manifeste depuis longtemps déjà au sein de l’Eglise elle-même. Elle dénature de l’intérieur et en profondeur la foi chrétienne et, en conséquence, le style de vie et le comportement quotidien des croyants. Ceux-ci vivent dans le  monde  et  sont  souvent  marqués, sinon conditionnés, par la culture de l’image qui impose ses modèles et ses sollicitations contradictoires, dans la négation concrète de Dieu: on n’a plus besoin de Dieu, de penser à Lui, ou de revenir vers Lui. De plus, la mentalité hédoniste et la culture de la consommation prédominantes favorisent, chez les fidèles comme chez les pasteurs, une dérive vers la superficialité et un égocentrisme qui nuit à la vie ecclésiale.

La « mort de Dieu » annoncée, dans les décennies passées par beaucoup d’intellectuels, cède la place à une culture stérile de l’individu. Dans ce contexte culturel, on risque de tomber dans une atrophie spirituelle et dans un vide du cœur, caractérisés parfois par des formes succédanées d’appartenance religieuse et de vague spiritualisme. Il est plus que jamais urgent de réagir à de telles dérives par le rappel des valeurs les plus élevées de l’existence, qui donnent un sens à la vie et peuvent apaiser l’inquiétude du cœur humain à la recherche du bonheur: la dignité de la personne humaine et sa liberté, l’égalité entre tous les hommes, le sens de la vie et de la mort et de ce qui nous attend au terme de notre existence terrestre. Dans cette perspective mon prédécesseur, le Serviteur de Dieu Jean-Paul II, conscient des changements radicaux et rapides de la société, rappela avec insistance l’urgence d’aller à la rencontre de l’homme sur le terrain de la culture pour lui transmettre le Message évangélique. C’est justement pour cela qu’il institua le Conseil pontifical pour la Culture, afin de donner un nouvel élan à l’action de l’Eglise et susciter la rencontre entre l’Evangile et la pluralité des cultures dans les différentes parties du monde (cf. Lettre au Cardinal Casaroli, dans: AAS LXXIV, 6, pp. 683-688). La sensibilité intellectuelle et la charité pastorale du Pape Jean-Paul II le poussèrent à souligner que la révolution industrielle et les découvertes scientifiques ont permis de répondre à des questions qui n’étaient auparavant partiellement résolues que par la religion. La conséquence fut que l’homme contemporain a souvent l’impression de ne plus avoir besoin de personne pour comprendre, expliquer et maîtriser l’univers, il se sent au centre de tout, et la mesure de tout.

Plus récemment, la mondialisation, à travers les nouvelles technologies de l’information, a eu souvent et également comme résultat la diffusion dans toutes les cultures d’éléments matérialistes et individualistes de l’Occident. La formule « Etsi Deus non daretur » devient toujours plus un mode de vie qui tire ses origines dans une sorte de « vanité » de la raison – réalité pourtant créée et aimée par Dieu – qui se considère suffisante à elle-même et se ferme à la contemplation et à la recherche d’une Vérité qui la dépasse. La lumière de la raison, exaltée, mais en réalité appauvrie, par la philosophie des lumières, se substitue radicalement à la lumière de la foi, à la lumière de Dieu (cf. Benoît XVI, Allocution que le Pape aurait dû prononcer à l’Université « La Sapienza », du 17 janvier 2008). C’est pourquoi les enjeux que doit affronter la mission de l’Eglise dans ce domaine sont importants. Tout aussi important est l’engagement du Conseil pontifical pour la Culture en vue d’un dialogue entre science et foi. C’est un débat que l’Eglise attend, mais la communauté scientifique également, et je vous encourage à le poursuivre. Dans ce dialogue, la foi suppose la raison et la perfection, et la raison, éclairée par la foi, trouve la force de s’élever à la connaissance de Dieu et des réalités spirituelles. Dans ce sens, la sécularisation ne favorise pas le but ultime de la science qui est au service de l’homme, « imago dei ». Que ce dialogue se poursuive dans la distinction des caractéristiques particulières de la science et de la foi. En effet, chacune a ses propres méthodes, ses domaines, ses objets de recherche, ses finalités et ses limites, et doit respecter et reconnaître à l’autre la possibilité légitime de son exercice autonome selon ses propres principes (cf. Gaudium et spes, n. 36); toutes deux sont appelées à servir l’homme et l’humanité, en favorisant le développement et la croissance intégrale de chacun et de tous.

J’invite surtout les pasteurs du peuple de Dieu à une mission inlassable et généreuse pour affronter, sur le terrain du dialogue et de la rencontre avec les cultures, sur le terrain de l’annonce de l’Evangile et du témoignage, l’inquiétant phénomène de la sécularisation, qui affaiblit la personne et fait obstacle à son désir inné de Vérité tout entière. Puissent les disciples du Christ, grâce au service rendu en particulier par votre dicastère, continuer et annoncer le Christ au sein des cultures, car il est la lumière qui éclaire la raison, l’homme et le monde. Nous sommes nous aussi placés devant l’avertissement lancé à l’ange de l’Eglise d’Ephèse: »Je connais ta conduite, tes labeurs et ta constance (…) Mais j’ai contre toi que tu as perdu ton amour d’antan » (Ap 2, 2-4). Nous faisons nôtre le cri de l’Esprit et de l’Eglise: »Viens » (Ap 22, 17), et nous laissons notre cœur être envahi par la réponse du Seigneur: »Oui, mon retour est proche! » (Ap 22, 20). Il est notre espérance, la lumière de notre chemin, la force pour annoncer le salut avec un courage apostolique qui rejoint toutes les cultures jusque dans leur cœur. Que Dieu vous assiste dans l’accomplissement de votre mission, difficile mais exaltante.

En confiant à Marie, Mère de l’Eglise et Etoile de la Nouvelle Evangélisation, l’avenir du Conseil pontifical pour la Culture et celui de tous ses membres, je donne à tous de tout cœur la Bénédiction apostolique.

Quelle communication et quelle culture voulons-nous défendre ? (8)

25 avril 2008

 

Conclusion.

      Le monde actuel est sans repères, sans valeurs, sans racines. Les hommes sont en quête  d’un absolu, ce que la culture mondialisée et la société de consommation ne leur apporte pas. De tous temps, l’être humain a cherché à donner un sens à son existence, à combler le désir de Dieu inscrit en lui.
      Et aujourd’hui plus que jamais, il se trompe d’objet et reporte son désir sur la recherche du  plaisir, de  la richesse matérielle et de la consommation qui ne font   qu’accroître son vide intérieur et donc son désespoir (cf. Les Confessions de Saint Augustin). N’ayant aucun autre but que de profiter de la vie terrestre au maximum, l’homme d’aujourd’hui n’a pas l’Espérance.
     C’est notre devoir, à nous chrétiens et chrétiennes, d’apporter cette Espérance au monde par une culture et une communication qui mènent vers Dieu. N’hésitons pas à défendre nos valeurs, notre idéal, à promouvoir la beauté et la vérité, pour permettre au Christ d’étendre Son Règne sur Terre.


 

     « (…) le défi de tous les baptisés est de témoigner de leur foi avec intelligence et courage, de manière à porter le salut et l’espérance à travers les cultures de notre temps. »
Jean Paul II,  L’Evangile doit féconder toutes les cultures, 15 janvier 1988

« L’annonce de l’Evangile du Christ nous presse de constituer des communautés de foi vivantes, profondément insérées dans les diverses cultures et porteuses d’espérance, pour promouvoir une culture de la vérité et de l’amour dans laquelle chaque personne puisse répondre pleinement à sa vocation d’enfant de Dieu dans la plénitude du Christ » (Éph. 4, 13).

« Aux cultures, la foi au Christ donne une dimension nouvelle, celle de l’espérance du Règne de Dieu. Les chrétiens ont vocation d’inscrire au cœur des cultures cette espérance d’une terre nouvelle et de cieux nouveaux… Bien loin de les menacer ou de les appauvrir, l’Evangile leur apporte un surcroît de joie et de beauté, de liberté et de sens, de vérité et de bonté ».
POUR UNE PASTORALE DE LA CULTURE, Cité du Vatican, 23 mai 1999, en la solennité de la Pentecôte. Paul Cardinal Poupard

Quelle communication et quelle culture voulons-nous défendre ? (7)

24 avril 2008

Leurs contraires : le mensonge et le blasphème.

- L’histoire officielle qui dessert une idéologie et ment sur les faits au besoin.

- La culture féministe qui nie la réalité de ce qu’est la femme et ment sur les conséquences de l’avortement.

- La culture anti chrétienne qui s’attaque à l’Eglise, au Pape, à la foi chrétienne. (ex : Le Da Vinci code, de Dan Brown)

- La propagande qui utilise le mensonge pour convaincre et rallier à une cause ou à une idéologie. Du coup, la société se conforme à un moule moralement et politiquement correct, et ne réfléchit plus.

- Les médias qui diffusent des informations fausses ou qui passent sous silence certaines choses gênantes.

 « Le corollaire de cette évolution, c’est la généralisation du relativisme. Puisque tout choix est personnel, toute vérité est relative. Ce subjectivisme est non seulement considéré comme la marque de l’ouverture d’esprit, mais il est élevé au rang de nécessité morale. Penser qu’il existe une vérité objective, de nos jours, est stigmatisé comme un réflexe rétrograde et dangereux. Le bien et le mal n’existent plus en soi : toutes les valeurs, fluctuantes, sont soumises au libre arbitre de l’individu.» Jean Sevilla, Moralement correct, p. 17, Perrin, 2007 

Quelle communication et quelle culture voulons-nous défendre ? (6)

22 avril 2008

 L’usage des Moyens de communication sociale.

Ce que dit le catéchisme de l’Eglise Catholique.

2493 Au sein de la société moderne, les moyens de communication sociale ont un rôle majeur dans l’information, la promotion culturelle et la formation. Ce rôle grandit, en raison des progrès techniques, de l’ampleur et de la diversité des nouvelles transmises, de l’influence exercée sur l’opinion publique.

2494 L’information médiatique est au service du bien commun (cf. IM 11). La société a droit à une information fondée sur la vérité, la liberté, la justice, et la solidarité :
Le bon exercice de ce droit requiert que la communication soit, quant à l’objet, toujours véridique et – dans le respect des exigences de la justice et de la charité – complète ; qu’elle soit, quant au mode, honnête et convenable, c’est-à-dire que dans l’acquisition et la diffusion des nouvelles, elle observe absolument les lois morales, les droits et la dignité de l’homme (IM 5).

2495  » Il est nécessaire que tous les membres de la société remplissent dans ce domaine aussi leurs devoirs de justice et de vérité. Ils emploieront les moyens de communication sociale pour concourir à la formation et à la diffusion de saines opinions publiques  » (IM 8). La solidarité apparaît comme une conséquence d’une communication vraie et juste, et de la libre circulation des idées, qui favorisent la connaissance et le respect d’autrui.

2496 Les moyens de communication sociale (en particulier les mass média) peuvent engendrer une certaine passivité chez les usagers, faisant de ces derniers des consommateurs peu vigilants de messages ou de spectacles. Les usagers s’imposeront modération et discipline vis-à-vis des mass média. Ils voudront se former une conscience éclairée et droite afin de résister plus facilement aux influences moins honnêtes.

2497 Au titre même de leur profession dans la presse, ses responsables ont l’obligation, dans la diffusion de l’information, de servir la vérité et de ne pas offenser la charité. Ils s’efforceront de respecter, avec un égal souci, la nature des faits et les limites du jugement critique à l’égard des personnes. Ils doivent éviter de céder à la diffamation.

2498  » Des devoirs particuliers reviennent aux autorités civiles en raison du bien commun. Les pouvoirs publics ont à défendre et à protéger la vraie et juste liberté de l’information  » (IM 12). En promulguant des lois et en veillant à leur application, les pouvoirs publics s’assureront que le mauvais usage des média ne vienne  » causer de graves préjudices aux mœurs publiques et aux progrès de la société  » (IM 12). Ils sanctionneront la violation des droits de chacun à la réputation et au secret de la vie privée. Ils donneront à temps et honnêtement les informations qui concernent le bien général ou répondent aux inquiétudes fondées de la population. Rien ne peut justifier le recours aux fausses informations pour manipuler l’opinion publique par les média. Ces interventions ne porteront pas atteinte à la liberté des individus et des groupes.

2499 La morale dénonce la plaie des états totalitaires qui falsifient systématiquement la vérité, exercent par les médias une domination politique de l’opinion,  » manipulent  » les accusés et les témoins de procès publics et imaginent assurer leur tyrannie en jugulant et en réprimant tout ce qu’ils considèrent comme  » délits d’opinion « .

« Dire la vérité sans amour, c’est du matraquage, et l’amour sans vérité, de la bonasserie ! » Georges Druguet
Pour ce qui est de la communication, il ya une façon de dire la vérité. Il est nécessaire de s’adapter à son interlocuteur. (Cf. livre du père Denis Sonet, Communiquer en couple et en famille)

Quelle communication et quelle culture voulons-nous défendre ? (5)

21 avril 2008

III- Le Vrai – la Vérité.   

 

C’est une exigence qui doit toujours être recherchée. Elle se définit par sa permanence et son universalité et en cela ne doit nullement se confondre avec la relativité et l’inconstance des opinions humaines. Ce qui est vrai aujourd’hui  le sera demain et l’est pour tous – ou ce n’est pas, à proprement parler, une vérité.

La vérité est la correspondance ou l’adéquation entre l’intelligence et la réalité. On reconnaît la vérité à l’évidence des idées vraies et à la démonstration.
Cf. Dictionnaire de la philosophie

La vérité est le but de toute existence. Dieu est la vérité (« Je suis le chemin, la vérité, la vie » dit le Christ), donc notre vie doit être orientée vers Lui. La culture doit également avoir pour but la transmission de la vérité. « La vérité vous rendra libres » dit Saint Paul

La famille  et l’école ont une place primordiale dans la transmission de la culture par l’éducation.
« (…) La famille n’en demeure pas moins le lieu privilégié de formation de la personne et de la société. L’expérience le montre: l’ensemble des civilisations et la cohésion des peuples dépendent, par dessus tout, de la qualité humaine des familles, notamment de la présence complémentaire des deux parents, avec les rôles respectifs du père et de la mère dans l’éducation des enfants. (…) former une communauté de vie et d’amour qui unit les époux en les associant au Créateur constitue le meilleur apport culturel que les familles chrétiennes puissent donner à la société ».
 POUR UNE PASTORALE DE LA CULTURE, 23 mai 1999, Paul Cardinal Poupard

Il faut s’attacher à discerner ce qui est vrai ou faux dans tout ce qu’on  apprend, lit ou entend autour de soi. Ne pas croire les premières informations venues, mais vérifier les sources. Nous devons avoir le souci de rétablir la vérité lorsqu’on entend des erreurs (dans les faits d’actualité, en histoire, en sciences, en politique, dans le domaine de la foi, etc.) Nous devons apprendre à former notre jugement et acquérir une culture solide dans tous les domaines.

Quelle communication et quelle culture voulons-nous défendre ? (4)

10 avril 2008

II- Le Bien – Le Chemin.     

« La civilisation de l’Amour »

Définition du bien :

Ce qui est conforme à sa nature, ce qu’on doit faire, ce qui est moral.
Pour Platon, c’est un idéal dont le monde doit chercher à se rapprocher.
Pour Aristote, c’est le développement de la nature propre de chaque être.
Pour Kant, c’est l’obéissance à la loi divine.
Le bien, c’est le bonheur ; tous le désirent mais ne sont pas d’accord sur ce qu’il est. Se prononcer sur ce qui est bien, c’est poser un principe d’existence et de sens qui relève d’une morale. Le bien est ce qui est utile à la réalisation d’une fin supérieure.


Il nécessite qu’on garde à l’esprit l’origine et la finalité de chaque chose.
Cette fin supérieure est la libre réponse de l’Homme à l’Amour de Dieu. La culture et l’art doivent donc être porteurs de valeurs chrétiennes, qui élèvent l’âme vers Dieu à travers le beau.

Le catéchisme de l’Eglise catholique définit le bien pour l’Homme de la façon suivante :
« Dotée d’une âme spirituelle et immortelle, d’intelligence et de volonté libre, la personne humaine est appelée, en son âme et en son corps, à la béatitude éternelle. »

Nous sommes tous appelés à la sainteté et au bonheur sans fin qui est de voir Dieu, c’est cela la fin ultime de notre conduite.  Pour cela Dieu a mis en l’Homme un désir que Lui seul peut combler. Et pour répondre à son amour, nous avons pour vocation de rechercher le Royaume de Dieu en éclairant et en gérant les réalités temporelles selon Dieu. Le Christ a montré la Route que nous devons suivre à travers les Béatitudes.
(cf. Claire de Castelbajac, Vivre Dieu dans la joie,  p135 : le manque de Dieu dans une vie crée un vide immense. Avec lui notre vocation au bonheur commence sur terre.)

Le Chemin.

Chacun a besoin d’un chemin : d’une route, d’une ligne directrice qui guide sa vie c’est-à-dire un idéal, des valeurs qui doivent  nous aider à répondre à notre vocation à la sainteté. Par exemple : l’Evangile et les textes qui en permettent l’application concrète : la loi scoute, la doctrine sociale de l’Eglise,…
« La vie sans religion est une vie sans principe et une vie sans principe est comme un bateau sans gouvernail » Gandhi

« (…) Jésus-Christ, notre Sauveur, offre sa lumière et son espérance à tous ceux et celles qui cultivent les sciences, les arts, les lettres et les innombrables domaines développés par la culture moderne. Tous les fils et les filles de l’Eglise doivent donc prendre conscience de leur mission et découvrir comment la force de l’Evangile peut pénétrer et régénérer les mentalités et les valeurs dominantes qui inspirent chacune des cultures ainsi que les opinions et les attitudes qui en découlent. Chacun dans l’Eglise, par la prière et la réflexion, pourra apporter la lumière de l’Evangile et le rayonnement de son idéal éthique et spirituel. Ainsi, par ce patient travail de gestation, humble et caché, les fruits de la Rédemption pénétreront peu à peu les cultures et leur donneront de s’ouvrir en plénitude aux richesses de la grâce du Christ ».
Jean Paul II, Evangéliser les cultures et inculturer l’Evangile, 13 janvier 1989

 » Pour nous, chrétiens, l’homme que nous voulons aider à croître au cœur de toutes les cultures est une personne d’une dignité incomparable, image et ressemblance de Dieu, de ce Dieu qui a pris visage d’homme en Jésus-Christ.   (…) l’Eglise [nous] apporte la sève toujours neuve de l’Evangile, créateur de culture, source d’humanité en même temps que promesse d’éternité. Son secret est l’Amour. C’est le besoin primordial de toute culture humaine. Et le nom de cet Amour est Jésus, Fils de Marie. Chers amis, portez-le, comme elle, avec confiance, sur tous les chemins des hommes, au cœur des cultures nouvelles que nous avons à construire en hommes, avec les hommes. Soyez-en convaincus: la force de l’Evangile est capable de transformer les cultures de notre temps par son ferment de justice et de charité, dans la vérité et la solidarité. Cette foi qui devient culture est source d’espérance  » . Jean Paul II, Nouveaux horizons pour la culture mondiale, 12 janvier 1990

De plus, nous avons besoin de racines. Notre culture est un patrimoine vivant ancré dans un ensemble de traditions, propres à chaque peuple. Pour transmettre une culture, il faut la connaître, l’apprécier et la faire vivre.

Leurs contraires : le mal et le vide.

- La culture rationaliste : Avec la culture des Lumières, la liberté est devenue la valeur fondamentale avec les droits de l’Homme. Il se développe une culture qui exclut Dieu de la conscience publique. Ainsi, la conscience morale disparaît car on soutient que seul est rationnel ce qu’on peut prouver par expériences. Rien en soi n’est bon ou mauvais, tout dépend des conséquences qu’une action laisse prévoir. La catégorie du bien disparaît.   (Cf. Joseph Ratzinger, L’Europe de Benoit dans la crise des cultures).

Le relativisme ambiant: toute morale se vaut et chacun fait comme bon lui semble tant que cela respecte les droits de l’homme. On accepte tous les comportements au nom de la liberté. Les gens refusent toute morale, toute valeur et pour beaucoup n’ont pas d’idéal ni de religion. La vie est axée sur la réussite matérielle ; la carrière et l’ascension sociale, la richesse, le confort et le plaisir, sans aucun but  spirituel.

La culture mondialisée : le monde entier mange la même chose, s’habille de la même façon, regarde les mêmes films, achète les mêmes marques, … c’est une façon d’abandonner les traditions et les particularités de chaque pays pour imposer une culture unique, basée sur la consommation. On coupe les choses de leur origine et de leur finalité ce qui revient à les réduire à néant !

- L’art conceptuel : perversion de l’art, non-sens, volonté de choquer ou de frapper les esprits. Art porteur de messages subversifs, ou sujet à la libre interprétation laissant cours aux explications les plus délirantes. Absence du beau.

« Les jeunes en quête d’idéal aspirent à donner un sens qui vaille à l’aventure humaine. Ni la drogue ni la violence, ni la permissivité ni le nihilisme ne peuvent emplir le vide de l’existence. Les intelligences et les cœurs sont en quête de lumière qui éclaire et d’amour qui réchauffe. Notre époque nous révèle en creux la faim spirituelle et l’immense espoir des consciences. (…) ». Jean Paul II, Un temps nouveau de la culture humaine, 13 janvier 1986

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