Prochaine réunion du feu.

9 avril 2008

Chères Guîdes-Aînées, la prochaine réunion du feu aura lieu le mercredi 16 avril, à 19h30

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Le thème abordé par Véronique sera: la spiritualité de la Route et le début de la progression guide aînée, le flot jaune.

Quelle culture et quelle comunication voulons nous défendre ? (3)

8 avril 2008

Ce qu’en dit le catéchisme de l’Eglise catholique.

Vérité, beauté et art sacré.

La vérité est belle par elle-même.
2501  » Créé à l’image de Dieu  » (Gn 1, 26), l’homme exprime aussi la vérité de son rapport à Dieu Créateur par la beauté de ses œuvres artistiques. L’art, en effet, est une forme d’expression proprement humaine ; au de-là de la recherche des nécessités vitales commune à toutes les créatures vivantes, il est une surabondance gratuite de la richesse intérieure de l’être humain. Surgissant d’un talent donné par le Créateur et de l’effort de l’homme lui-même, l’art est une forme de sagesse pratique, unissant connaissance et savoir-faire (Sg 7, 18) pour donner forme à la vérité d’une réalité dans le langage accessible à la vue ou à l’ouïe.
L’art comporte ainsi une certaine similitude avec l’activité de Dieu dans le créé, dans la mesure où il s’inspire de la vérité et de l’amour des êtres. Pas plus qu’aucune autre activité humaine, l’art n’a en lui-même sa fin absolue, mais il est ordonné et anobli par la fin ultime de l’homme (cf. Pie XII, discours 25 décembre 1955 et discours 3 septembre 1950).

2502 L’art sacré est vrai et beau, quand il correspond par sa forme à sa vocation propre : évoquer et glorifier, dans la Foi et l’adoration, le Mystère transcendant de Dieu, Beauté Suréminente Invisible de Vérité et d’Amour, apparue dans le Christ,  » Resplendissement de Sa gloire, Effigie de Sa Substance  » (He 1, 3), en Qui  » habite corporellement toute la Plénitude de la Divinité  » (Col 2, 9), beauté spirituelle réfractée dans la très Sainte Vierge Mère de Dieu, les Anges et les Saints. L’art sacré véritable porte l’homme à l’adoration, à la prière et à l’amour de Dieu Créateur et Sauveur, Saint et Sanctificateur.

L’avortement.

2270 La vie humaine doit être respectée et protégée de manière absolue depuis le moment de la conception. Dès le premier moment de son existence, l’être humain doit se voir reconnaître les droits de la personne, parmi lesquels le droit inviolable de tout être innocent à la vie (cf. CDF, instr.  » Donum vitæ  » 1, 1).
« Avant d’être façonné dans le ventre maternel, je te connaissais. Avant ta sortie du sein, je t’ai consacré » (Jr 1, 5 ; cf. Jb 10, 8-12 ; Ps 22, 10-11).
« Mes os n’étaient point cachés devant toi quand je fus fait dans le secret, brodé dans les profondeurs de la terre » (Ps 139, 15).

2271 Depuis le premier siècle, l’Église a affirmé la malice morale de tout avortement provoqué. Cet enseignement n’a pas changé. Il demeure invariable. L’avortement direct, c’est-à-dire voulu comme une fin ou comme un moyen, est gravement contraire à la loi morale :
« Tu ne tueras pas l’embryon par l’avortement et tu ne feras pas périr le nouveau-né » (Didaché 2, 2 ; cf. Barnabé, ep. 19, 5 ; Epître à Diognète 5, 5 ; Tertullien, apol. 9).
Dieu, maître de la vie, a confié aux hommes le noble ministère de la vie, et l’homme doit s’en acquitter d’une manière digne de lui. La vie doit donc être sauvegardée avec soin extrême dès la conception : l’avortement et l’infanticide sont des crimes abominables (GS 51, § 3).

2272 La coopération formelle à un avortement constitue une faute grave. L’Église sanctionne d’une peine canonique d’excommunication ce délit contre la vie humaine.  » Qui procure un avortement, si l’effet s’en suit, encourt l’excommunication latæ sententiæ  » (⇒ CIC, can. 1398)  » par le fait même de la commission du délit  » (⇒ CIC, can. 1314) et aux conditions prévues par le Droit (cf. ⇒ CIC, can. 1323-1324). L’Église n’entend pas ainsi restreindre le champ de la miséricorde. Elle manifeste la gravité du crime commis, le dommage irréparable causé à l’innocent mis à mort, à ses parents et à toute la société.

2273 Le droit inaliénable à la vie de tout individu humain innocent constitue un élément constitutif de la société civile et de sa législation :
 » Les droits inaliénables de la personne devront être reconnus et respectés par la société civile et l’autorité politique. Les droits de l’homme ne dépendent ni des individus, ni des parents, et ne représentent pas même une concession de la société et de l’état ; ils appartiennent à la nature humaine et sont inhérents à la personne en raison de l’acte créateur dont elle tire son origine. Parmi ces droits fondamentaux, il faut nommer le droit à la vie et à l’intégrité physique de tout être humain depuis la conception jusqu’à la mort  » (CDF, instr.  » Donum vitæ  » 3).
 » Dans le moment où une loi positive prive une catégorie d’êtres humains de la protection que la législation civile doit leur accorder, l’Etat en vient à nier l’égalité de tous devant la loi. Quand l’Etat ne met pas sa force au service des droits de tous les citoyens, et en particulier des plus faibles, les fondements même d’un état de droit se trouvent menacés… Comme conséquence du respect et de la protection qui doivent être assurés à l’enfant dès le moment de sa conception, la loi devra prévoir des sanctions pénales appropriées pour toute violation délibérée de ses droits  » (CDF, instr.  » Donum vitæ  » 3)

2274 Puisqu’il doit être traité comme une personne, dès la conception, l’embryon devra être défendu dans son intégrité, soigné et guéri, dans la mesure du possible comme tout autre être humain.
Le diagnostic prénatal est moralement licite,  » s’il respecte la vie et l’intégrité de l’embryon et du fœtus humain, et s’il est orienté à sa sauvegarde ou à sa guérison individuelle … Il est gravement en opposition avec la loi morale, quand il prévoit, en fonction des résultats, l’éventualité de provoquer un avortement. Un diagnostic ne doit pas être l’équivalent d’une sentence de mort  » (CDF, instr.  » Donum vitæ  » 1, 2).

2275  » On doit considérer comme licite les interventions sur l’embryon humain, à condition qu’elles respectent la vie et l’intégrité de l’embryon et qu’elles ne comportent pas pour lui de risques disproportionnés, mais qu’elles visent à sa guérison, à l’amélioration de ses conditions de santé, ou à sa survie individuelle  » (CDF, instr.  » Donum vitæ  » 1, 3).
 » Il est immoral de produire des embryons humains destinés à être exploités comme un matériau biologique disponible (CDF, instr.  » Donum vitæ  » 1, 5).
 » Certaines tentatives d’intervention sur le patrimoine chromosomique ou génétique ne sont pas thérapeutiques, mais tendent à la production d’êtres humains sélectionnés selon le sexe ou d’autres qualités préétablies. Ces manipulations sont contraires à la dignité personnelle de l’être humain, à son intégrité et à son identité  » unique, non réitérable (CDF, instr.  » Donum vitæ  » 1, 6).

L’euthanasie.

2276 Ceux dont la vie est diminuée où affaiblie réclament un respect spécial. Les personnes malades ou handicapées doivent être soutenues pour mener une vie aussi normale que possible.

2277 Quels qu’en soient les motifs et les moyens, l’euthanasie directe consiste à mettre fin à la vie de personnes handicapées, malades ou mourantes. Elle est moralement irrecevable.
Ainsi une action ou une omission qui, de soi ou dans l’intention, donne la mort afin de supprimer la douleur, constitue un meurtre gravement contraire à la dignité de la personne humaine et au respect du Dieu vivant, son Créateur. L’erreur de jugement dans laquelle on peut être tombé de bonne foi, ne change pas la nature de cet acte meurtrier, toujours à proscrire et à exclure.

2278 La cessation de procédures médicales onéreuses, périlleuses, extraordinaires ou disproportionnées avec les résultats attendus peut être légitime. C’est le refus de  » l’acharnement thérapeutique « . On ne veut pas ainsi donner la mort ; on accepte de ne pas pouvoir l’empêcher. Les décisions doivent être prises par le patient s’il en a la compétence et la capacité, ou sinon par les ayant droit légaux, en respectant toujours la volonté raisonnable et les intérêts légitimes du patient.

2279 Même si la mort est considérée comme imminente, les soins ordinairement dus à une personne malade ne peuvent être légitimement interrompus. L’usage des analgésiques pour alléger les souffrances du moribond, même au risque d’abréger ses jours, peut être moralement conforme à la dignité humaine si la mort n’est pas voulue, ni comme fin ni comme moyen, mais seulement prévue et tolérée comme inévitable. Les soins palliatifs constituent une forme privilégiée de la charité désintéressée. A ce titre ils doivent être encouragés.

 

Le suicide.

2280 Chacun est responsable de sa vie devant Dieu qui la lui a donnée. C’est Lui qui en reste le souverain Maître. Nous sommes tenus de la recevoir avec reconnaissance et de la préserver pour son honneur et le salut de nos âmes. Nous sommes les intendants et non les propriétaires de la vie que Dieu nous a confiée. Nous n’en disposons pas.

2281 Le suicide contredit l’inclination naturelle de l’être humain à conserver et à perpétuer sa vie. Il est gravement contraire au juste amour de soi. Il offense également l’amour du prochain, parce qu’il brise injustement les liens de solidarité avec les sociétés familiale, nationale et humaine à l’égard desquelles nous demeurons obligés. Le suicide est contraire à l’amour du Dieu vivant.

2282 S’il est commis dans l’intention de servir d’exemple, notamment pour les jeunes, le suicide prend encore la gravité d’un scandale. La coopération volontaire au suicide est contraire à la loi morale.
Des troubles psychiques graves, l’angoisse ou la crainte grave de l’épreuve, de la souffrance ou de la torture peuvent diminuer la responsabilité du suicidaire.

2283 On ne doit pas désespérer du salut éternel des personnes qui se sont donné la mort. Dieu peut leur ménager par les voies que lui seul connaît, l’occasion d’une salutaire repentance. L’Église prie pour les personnes qui ont attenté à leur vie.

Quelle culture et quelle communication voulons nous défendre ? (2)

6 avril 2008

 

I- Le Beau, La Vie.

Définition du beau :

Ce qui provoque le sentiment esthétique (subjectif), ce qui correspond à la perfection en son genre et obéit à certaines formes d’équilibre ou d’harmonie. Dès l’Antiquité on a cherché à formuler des règles et des idéaux dans le domaine des beaux arts.
Pour Kant, le beau est « ce qui plaît universellement sans concept ». Le jugement esthétique a un fondement subjectif. « Le beau est le symbole du bien moral »
Pour Hegel « le beau est la manifestation sensible du vrai ».
Le beau artistique est issu de l’activité de l’esprit humain et les différentes formes d’art expriment différents moments de la conscience universelle. Le beau naturel est la Création, faite par Dieu. Elle est belle car faite pour l’Homme que Dieu aime. Ainsi l’Homme est le jardinier de la Terre ; il a le devoir de la respecter et de la continuer en rendant gloire à Dieu.
La beauté et le sacré sont liés dès les origines. Toutes les civilisations donnent ce qu’elles ont de plus beau et de plus précieux pour leur Dieu (la liturgie, l’art sacré, …).


On peut définir le beau par trois exigences :
- l’harmonie : rien de trop
- la perfection : il ne manque rien
- l’éclat : ce qui brille, ce qu’on remarque
De plus, ce qui fait le beau, c’est sa finalité, c’est l’idéal vers lequel on doit tendre, c’est le point de départ d’un cheminement vers Dieu.

« Le beau est la splendeur du vrai » Platon
« Ne perdons pas l’occasion de voir quelque chose de beau, car la beauté, c’est la signature de Dieu. » Charles Kingsley
« Le beau sauvera le monde » Dostoïevski

« Et il est certain que l’attrait du beau, de l’esthétique, conduira nos contemporains à l’éthique, c’est-à-dire à mener une vie belle et digne. (…) » Jean-Paul II, Le Christ renouvelle toutes les Cultures, 19 novembre 1999

« (…) Dans une culture marquée par le primat de l’avoir, l’obsession de la satisfaction immédiate, l’appât du gain, la recherche du profit, il est frappant de constater non seulement la permanence, mais le développement d’un intérêt pour le beau. Les formes que revêt cet intérêt paraissent traduire l’aspiration qui demeure, voire se renforce, à un « autre chose » qui enchante l’existence et, peut-être même, l’ouvre et la porte au-delà d’elle-même. L’Eglise en a eu l’intuition dès l’origine et des siècles d’art chrétien en donnent l’illustration magnifique: l’œuvre d’art authentique est potentiellement une porte d’entrée pour l’expérience religieuse. Reconnaître l’importance de l’art pour inculturer l’Évangile, c’est reconnaître que le génie et la sensibilité de l’homme sont connaturels à la vérité et à la beauté du mystère divin. L’Eglise manifeste un profond respect pour tous les artistes, sans faire acception de leurs convictions religieuses, car l’œuvre artistique porte en elle comme une empreinte de l’invisible, même si, comme toute autre activité humaine, l’art n’a pas en lui-même sa fin absolue: il est ordonné à la personne humaine.» Pour une pastortale de la culture, Cité du Vatican, 23 mai 1999, Paul Cardinal Poupard.

Définition de la Vie :

Entité ou principe supposé animer l’ensemble des organismes vivants. Tout être humain a une âme dès sa conception, il a été créé à l’image de Dieu et ne peut pas être réduit à une chose sur laquelle on a droit de vie et de mort. L’Homme ne peut pas prétendre tout maitriser ; la vie, la mort, l’état de santé ; il doit s’en remettre à la volonté de Dieu. C’est Dieu qui donne la vie, elle est sacrée et belle et doit être défendue de son apparition à son terme naturel.
« Je demanderai compte du sang de chacun de vous … Qui verse le sang de l’homme, par l’homme aura son sang versé. Car à l’image de Dieu l’homme a été fait » (Gn 9, 5-6).
 » Tu ne tueras pas l’innocent ni le juste  » (Ex 23, 7).
Comme le dit Jean Harang : « la vie est le plus beau cadeau de Dieu ; notre vie terrestre n’est que la première seconde d’un jour sans fin ».

 Leurs contraires : la laideur et la mort, associées à la destruction:

- la culture de mort : avortement, euthanasie, suicide
- L’eugénisme qui réclame des gens parfaits et refuse les malades, les handicapés, les pauvres et les plus faibles.
- la culture gothique : culte de la mort, de la laideur, de la violence, parfois satanisme (cf. Culture Jeune et Esotérisme du P. Domergue)
- la fascination et la curiosité malsaine pour les spectacles morbides ou violents qui crée des attroupements autour des accidents de la route, des blessés, etc.
- les films, les magazines, les livres, les médias, … qui font l’éloge de la violence ou de la pornographie, ôtant tous repères moraux.

Quelle culture et quelle communication voulons-nous défendre ?

5 avril 2008

Voici, avec un peu de retard, les réflexions de notre feu sur la culture et la communication.

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- Définition de la culture : 

Ensemble des structures sociales et des manifestations artistiques, religieuses, intellectuelles qui définissent un groupe, une  société par rapport à une autre. 

Ensemble de convictions partagées, de manières de penser et d’agir qui orientent plus ou moins consciemment le comportement d’un individu ou d’un groupe. Le mot culture vient du latin colere qui signifie « mettre en valeur » ; cela concerne aussi bien un champ que l’esprit. La culture implique la transmission par l’éducation, la formation personnelle et les moyens de communication.  

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Extraits du discours annuel de Jean Paul II au conseil pontifical pour la culture :

« (…) l’Evangile est lui-même ferment de culture dans la mesure où il rejoint l’homme dans ses façons de penser, de se comporter, de travailler, de se récréer, c’est-à-dire dans sa spécificité culturelle. D’autre part, notre foi nous donne une confiance dans l’homme – dans l’homme créé à l’image de Dieu et racheté par le Christ – que nous désirons défendre et aimer pour lui-même, conscients qu’il n’est homme que par sa culture, c’est-à-dire par sa liberté de croître intégralement et avec toutes ses capacités spécifiques. (…) » L’Eglise et la culture, 18 janvier 1983 

« (…) L’Église ne craint pas la légitime diversité, qui fait apparaître les riches trésors de l’âme humaine. Au contraire, elle s’appuie sur cette diversité pour inculturer le message évangélique. » Le Christ renouvelle toutes les Cultures, 19 novembre 1999.

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Définition de la communication : 

Du latin communicatio de communicare « être en relation avec » ou « mettre en commun ». A u sens strict, il s’agit de transmettre et d’échanger des messages et des signes.  Il s’agit, de l’ensemble des moyens et des procédés techniques permettant les échanges d’informations et le dialogue. 

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Communiquer c’est : 

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- Transmettre. 

- Donner connaissance, faire partager à quelqu’un. 

- être en relation, en rapport, en correspondance avec quelqu’un.

- Faire connaître au public par l’intermédiaire des médias. 

..La communication sociale comprend 3 formes, elle peut être : 

1-      Interpersonnelle : les individus dans leurs relations singulières et spontanées : principe de gratuité. Conditions : sympathie, ou tout au moins, le besoin de communiquer 

2-      Médiatisée : répond à une fonction sociale bien précise et à des impératifs notamment économiques, extrêmement contraignants. 

3-      Institutionnalisée : met en jeu l’ensemble des organisations sociales, la culture et la vie politique d’une société. 

La communication implique le désir de dialoguer, l’effort pour argumenter, donc la reconnaissance de la raison de son interlocuteur.

« Tout être capable de communication linguistique doit être reconnu comme une personne. » 

Sois un exemple.

4 avril 2008

Sois un exemple.

Je ne te demande pas de crier que les autres ont tort, Ou que tu as raison ;

Je ne te demande pas de te rebeller,

Ni de te résigner…

Je te demande d’agir,

Je te demande de servir,

De poursuivre ton chemin, l’esprit ouvert et joyeux.

Je te demande de vivre de telle sorte que ta présence soit une joie pour les autres,

Que tes paroles soient un réconfort,

Que ta volonté rassure ceux qui doutent,

Que tes efforts leur donnent envie d’avancer,

Que ton amitié soit espérée d’eux.

Je te demande de vivre de telle sorte que les autres aient envie de te suivre.

Sois un exemple.

Un exemple de service et d’humilité,

Un exemple de partage et de joie, Un exemple d’amour et de paix…

II y a tant de gens qui t’attendent ! Sois un exemple.

Et tu verras :

Sans rien abandonner,

Sans crier,

Sans rien casser,

En servant,

Tu auras fait un bon chemin,

Et tu auras gagné en simplicité.

L’engagement

3 avril 2008

Qui dit « Engagement » dit à la fois

« Promesse » et « Départ »…   

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La promesse, qui est au cœur de l’Engagement Guide Ainée, est le renouvellement, mûri et intériorisé, de la promesse scoute que nous avons prononcée avec la fraîcheur de nos 12 ans. 

Que promet-on ? De servir… d’être toujours prêt [à] servir de notre mieux… Les devises des trois branches du scoutisme, ainsi accolées, forment l’idéal qui anime notre jeunesse et notre vie d’adulte qui s’ébauche peu à peu… l’idéal qui nous animera jusqu’à notre dernier souffle… Cet idéal, nous l’incarnons concrètement en vivant de la loi scoute, en cherchant à l’appliquer au quotidien. Car, au travers de cette promesse, c’est tout notre être que nous engageons. 

A cette promesse est intimement lié un autre aspect, celui du départ. En effet, s’engager dans une voie, c’est commencer à y cheminer, c’est prendre son départ. La route qui s’offre à nous, au seuil de notre vie adulte, est plus ou moins longue, tortueuse ou droite, lumineuse ou envahie d’obscurité… L’enjeu est de parvenir jusqu’au bout, jusqu’à la Lumière vers laquelle elle conduit… 

Si la Promesse nous lance dans l’aventure scoute, l’Engagement nous lance dans l’aventure de notre vie… de notre vie adulte. Or, l’adulte se définit comme celui qui va « ad ultum », jusqu’à l’ultime de son être et de ses potentialités. Il est donc en progression constante. De là, il peut donner davantage. En effet, nous ne pouvons donner que ce que nous possédons, ce que nous avons reçu et, surtout, ce que nous sommes… 

Il arrive un moment où nous prenons conscience que nous avons beaucoup reçu du Scoutisme et où nous avons soif de davantage, car nos épaules sont plus fortes. Un moment où retentit la voix intérieure qui nous appelle à un plus grand apostolat, un apostolat dans le monde où nous vivons, et plus seulement dans le cadre de nos unités ou des personnes que nous côtoyons de manière plus ou moins habituelle… Cette voix nous dit : « Va, maintenant, porter la joie à tes frères et sœurs du monde, va, donne tout ce que tu as reçu, va, sois apôtre, garde confiance, et surtout, n’oublie pas d’aimer. Aime à fond. Aime toutes ces personnes que tu rencontres, aime tous ceux et celles qui te sont confiés, aime dans l’allégresse comme dans la détresse. Sois un brasier d’amour, à l’image de Celui qui n’est qu’amour, qui est l’Amour…». 

Ce moment est celui du départ… La page de l’enfance se tourne… Le temps est venu pour nous de réaliser notre vocation de femme, de « sentinelle de l’Invisible », au sein de notre société et de l’Église… 

Ce départ est exigeant, mais il ne doit pas faire peur… Ce n’est pas un engagement à être parfait, mais à marcher, à avancer toujours plus, – malgré les découragements, les chutes ou les passages à vides -, vers Celui qui est la perfection et qui nous donne sa grâce pour parvenir jusqu’à Lui. 

Alors, « Go ! » et « azimut le Ciel » ! 

« Le monde où nous vivons n’est pas à notre taille et nous avons le cœur gros parfois de toute la nostalgie du ciel. » 

Guy de Larigaudie. 

Lettre du pape Jean Paul II aux femmes

31 mars 2008

                  LETTRE DU PAPE JEAN-PAUL II AUX FEMMES
   
À vous toutes, femmes du monde entier, mon salut le plus cordial!
 C’est à chacune d’entre vous que j’adresse cette lettre en signe de partage et de gratitude, alors qu’approche la quatrième Conférence mondiale sur la femme, qui se tiendra à Pékin en septembre prochain.
Je voudrais dire tout d’abord à l’Organisation des Nations unies combien j’apprécie cette initiative de grande portée qu’elle a prise. L’Église entend bien apporter, elle aussi, sa contribution à la défense de la dignité, du rôle et des droits des femmes, non seulement par l’apport spécifique de la Délégation officielle du Saint-Siège aux travaux de Pékin, mais aussi en parlant directement au cœur et à l’esprit de toutes les femmes. Récemment, à l’occasion de la visite que Madame Gertrude Mongella, Secrétaire générale de la Conférence, m’a rendue précisément en vue de cette importante réunion, j’ai tenu à lui remettre un Message dans lequel sont exposés quelques points fondamentaux de l’enseignement de l’Église à ce sujet. C’est un message qui, au-delà de l’événement précis qui l’a inspiré, s’ouvre à la perspective plus générale de la réalité et des problèmes de l’ensemble des femmes, se mettant au service de leur cause dans l’Église et dans le monde contemporain. C’est pourquoi j’ai décidé de le transmettre à toutes les Conférences épiscopales afin d’en assurer la diffusion la plus large.
À partir de ce que j’écrivais dans ce document, je voudrais maintenant m’adresser directement à chacune des femmes pour réfléchir avec elles sur les problèmes et les perspectives de la condition féminine en notre temps, m’arrêtant en particulier sur le thème essentiel de la dignité et des droits des femmes, vus à la lumière de la Parole de Dieu.
Le point de départ de ce dialogue ne peut être qu’un merci. L’Église — écrivais-je dans la lettre apostolique Mulieris dignitatem — « désire remercier la Très Sainte Trinité pour le « mystère de la femme » et pour toute femme, pour ce qui constitue la dimension éternelle de sa dignité féminine, pour les « merveilles » de Dieu qui, dans l’histoire des générations humaines, se sont accomplies en elle et par elle » (n. 31).
 Le merci adressé au Seigneur pour son dessein sur la vocation et la mission de la femme dans le monde devient aussi un merci concret et direct aux femmes, à chacune des femmes, pour ce qu’elles représentent dans la vie de l’humanité.
Merci à toi, femme-mère, qui accueilles en ton sein l’être humain dans la joie et dans la peine d’une expérience unique par laquelle tu deviens sourire de Dieu pour l’enfant qui vient au monde, tu deviens le guide de ses premiers pas, le soutien de sa croissance, puis le point de repère sur le chemin de sa vie.
Merci à toi, femme-épouse, qui unis d’une façon irrévocable ton destin à celui d’un homme, dans une relation de don réciproque, au service de la communion et de la vie.
Merci à toi, femme-fille et femme-sœur, qui apportes au foyer familial puis dans le complexe de la vie sociale les richesses de ta sensibilité, de ton intuition, de ta générosité et de ta constance.
Merci à toi, femme-au-travail, engagée dans tous les secteurs de la vie sociale, économique, culturelle, artistique, politique, pour ta contribution irremplaçable à l’élaboration d’une culture qui puisse allier la raison et le sentiment, à une conception de la vie toujours ouverte au sens du « mystère », à l’édification de structures économiques et politiques humainement plus riches.
Merci à toi, femme-consacrée, qui, à la suite de la plus grande des femmes, la Mère du Christ, Verbe incarné, t’ouvres en toute docilité et fidélité à l’amour de Dieu, aidant ainsi l’Église et l’humanité entière à donner à Dieu une réponse « sponsale » qui exprime merveilleusement la communion qu’il veut établir avec sa créature.
Merci à toi, femme, pour le seul fait d’être femme! Par la perception propre à ta féminité, tu enrichis la compréhension du monde et tu contribues à la pleine vérité des relations humaines.
Mais, je le sais, le merci ne suffit pas. Nous avons malheureusement hérité d’une histoire de très forts conditionnements qui, en tout temps et en tout lieu, ont rendu difficile le chemin de la femme, fait méconnaître sa dignité, dénaturer ses prérogatives, l’ont souvent marginalisée et même réduite en esclavage. Tout cela l’a empêchée d’être totalement elle-même et a privé l’humanité entière d’authentiques richesses spirituelles. Il ne serait certes pas facile de déterminer des responsabilités précises, étant donné le poids des sédimentations culturelles qui, au cours des siècles, ont formé les mentalités et les institutions. Mais si, dans ce domaine, on ne peut nier, surtout dans certains contextes historiques, la responsabilité objective de nombreux fils de l’Église, je le regrette sincèrement. Puisse ce regret se traduire, pour toute l’Église, par un effort de fidélité renouvelée à l’inspiration évangélique qui, précisément sur le thème de la libération de la femme par rapport à toute forme d’injustice et de domination, contient un message d’une permanente actualité venant de l’attitude même du Christ. Celui-ci, dépassant les normes en vigueur dans la culture de son temps, eut à l’égard des femmes une attitude d’ouverture, de respect, d’accueil, de tendresse. Il honorait ainsi chez la femme la dignité qu’elle a toujours eue dans le dessein et dans l’amour de Dieu. En nous tournant vers lui en cette fin du deuxième millénaire, nous nous demandons spontanément à quel point son message a été reçu et mis en pratique.
Oui, il est temps de regarder avec le courage de la mémoire et la sincère reconnaissance des responsabilités la longue histoire de l’humanité, à laquelle les femmes ont apporté une contribution qui n’est pas inférieure à celle des hommes, et la plupart du temps dans des conditions bien plus difficiles. Je pense en particulier aux femmes qui ont aimé la culture et l’art, et qui s’y sont consacrées en partant de situations désavantageuses, exclues qu’elles étaient bien souvent d’une éducation égale à celle des hommes, exposées à être sous-estimées, à voir leur apport intellectuel méconnu ou même à en être dépossédées. Malheureusement, de cette multiple activité des femmes dans l’histoire, il reste très peu de choses qui puissent être enregistrées par les instruments de l’historiographie scientifique. Mais par chance, si le temps a enseveli les documents qui en portent la trace, il est impossible de ne pas en sentir les effets bénéfiques dans la sève dont furent nourries les générations qui se sont succédé jusqu’à nous. L’humanité a une dette incalculable à l’égard de cette grande, immense, « tradition » féminine. Combien de femmes ont été et sont encore jugées sur leur aspect physique plus que sur leur compétence, leur valeur professionnelle, leur activité intellectuelle, la richesse de leur sensibilité et, en définitive, sur la dignité même de leur être!
 Et que dire des obstacles qui, en de nombreuses parties du monde, empêchent encore les femmes de s’intégrer pleinement dans la vie sociale, politique et économique? Il suffit de penser que le don de la maternité est plus souvent pénalisé qu’il n’est estimé, alors que l’humanité lui doit sa propre survie. Il est certain qu’il reste encore beaucoup à faire pour que la condition de femme et de mère n’entraîne aucune discrimination. Il est urgent d’obtenir partout l’égalité effective des droits de la personne et donc la parité des salaires pour un travail égal, la protection des mères qui travaillent, un juste avancement dans la carrière, l’égalité des époux dans le droit de la famille, la reconnaissance de tout ce qui est lié aux droits et aux devoirs du citoyen dans un régime démocratique.
Il s’agit là d’un acte de justice, mais aussi d’une nécessité. Dans la politique à venir, les femmes seront toujours plus impliquées dans les graves problèmes actuellement débattus: temps libre, qualité de la vie, migrations, services sociaux, euthanasie, drogue, santé et soins, écologie, etc. Dans tous ces domaines, une plus forte présence sociale de la femme s’avérera précieuse, car elle contribuera à manifester les contradictions d’une société organisée sur les seuls critères de l’efficacité et de la productivité, et elle obligera à redéfinir les systèmes, au bénéfice des processus d’humanisation qui caractérisent la « civilisation de l’amour ».
 En considérant l’un des aspects les plus délicats de la situation des femmes dans le monde, comment ne pas rappeler la longue et humiliante histoire — fréquemment « souterraine » — d’abus commis à l’encontre des femmes dans le domaine de la sexualité? À la veille du troisième millénaire, nous ne pouvons rester impassibles face à ce phénomène, ni nous y résigner. Il est temps de condamner avec force, en suscitant des instruments législatifs appropriés de défense, les formes de violence sexuelle qui ont bien souvent les femmes pour objet. Au nom du respect de la personne, nous ne pouvons pas non plus ne pas dénoncer la culture hédoniste et mercantile fort répandue qui prône l’exploitation systématique de la sexualité, poussant même les filles dès leur plus jeune âge à tomber dans les circuits de la corruption et à faire de leur corps une marchandise.
En face de telles perversions, quelle estime ne méritent pas, au contraire, les femmes qui, avec un amour héroïque pour leur enfant, poursuivent une grossesse liée à l’injustice de rapports sexuels imposés par la force, et cela non seulement dans le cadre des atrocités qui se rencontrent malheureusement dans des contextes de guerre encore si fréquents dans le monde, mais aussi dans des situations de bien-être et de paix, souvent viciées par une culture de permissivité hédoniste où prospèrent plus facilement des tendances à un machisme agressif! Dans de telles conditions, le choix de l’avortement, qui reste toujours un péché grave, avant même d’être une responsabilité à faire endosser par les femmes, est un crime qu’il faut mettre au compte de l’homme et de la complicité du milieu de vie.
 Mon merci aux femmes prend donc la forme d’un appel pressant pour que tous, en particulier les États et les institutions internationales, fassent ce qu’il faut pour redonner aux femmes le plein respect de leur dignité et de leur rôle. Je ne puis m’empêcher, à ce sujet, de manifester mon admiration pour les femmes de bonne volonté qui se sont consacrées à la défense de la dignité de la condition féminine par la conquête de droits fondamentaux sur les plans social, économique et politique, et qui ont pris courageusement cette initiative en des temps où cet engagement de leur part était considéré comme un acte de transgression, un signe de manque de féminité, une manifestation d’exhibitionnisme, voire un péché!
Comme je l’écrivais dans le Message pour la Journée mondiale de la Paix de cette année, en considérant ce grand processus de libération de la femme, on peut dire que cette voie « a été difficile et complexe, non sans erreurs parfois, mais positive pour l’essentiel, même si elle reste encore inachevée à cause des nombreux obstacles qui empêchent, en bien des régions du monde, que la femme soit reconnue, respectée et valorisée dans sa dignité propre » (n. 4).
Il faut persévérer dans cette voie! Toutefois, je suis convaincu que le secret pour parcourir rapidement le chemin du plein respect de l’identité féminine ne passe pas seulement par la dénonciation, pour nécessaire qu’elle soit, des discriminations et des injustices, mais encore et surtout par un projet de promotion aussi efficace qu’éclairé, qui concerne tous les domaines de la vie féminine, en partant d’une prise de conscience renouvelée et universelle de la dignité de la femme. La raison elle- même, qui accepte la loi de Dieu inscrite au cœur de tout homme, nous porte à reconnaître cette dignité malgré ses multiples conditionnements historiques. Mais c’est surtout la Parole de Dieu qui nous permet d’identifier clairement le fondement anthropologique radical de la dignité de la femme, en nous le montrant dans le dessein de Dieu sur l’humanité.
Acceptez donc, chères sœurs, qu’avec vous je médite à nouveau la merveilleuse page biblique qui présente la création de l’homme, et qui exprime tant de choses sur votre dignité et sur votre mission dans le monde.
Le Livre de la Genèse parle de la création de manière synthétique et dans un langage poétique et symbolique, mais profondément vrai: « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa (Gn 1, 27). L’acte créateur de Dieu se déroule selon un projet précis. Avant tout, il est dit que l’homme est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26), expression qui clarifie immédiatement le caractère spécifique de l’homme dans l’ensemble de l’œuvre de la création.
Il est dit ensuite que l’homme est créé « homme et femme » (Gn 1, 27), depuis l’origine. L’Écriture elle-même fournit l’interprétation de cet élément: bien que se trouvant entouré par les créatures innombrables du monde visible, l’homme se rend compte qu’il est seul (cf. Gn 2, 20). Dieu intervient pour le faire sortir de cette situation de solitude: « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie » (Gn 2, 18). Depuis l’origine, donc, dans la création de la femme est inscrit le principe de l’aide: aide — notons-le bien — qui n’est pas unilatérale, mais réciproque. La femme est le complément de l’homme, comme l’homme est le complément de la femme: la femme et l’homme sont entre eux complémentaires. Le féminin réalise l’« humain » tout autant que le fait le masculin, mais selon une harmonique différente et complémentaire.
Lorsque la Genèse parle d’« aide », elle ne fait pas seulement référence au domaine de l’agir, mais aussi à celui de l’être. Le féminin et le masculin sont entre eux complémentaires, non seulement du point de vue physique et psychologique, mais ontologique. C’est seulement grâce à la dualité du « masculin » et du « féminin » que l’« homme » se réalise pleinement.
Après avoir créé l’homme, homme et femme, Dieu leur dit à tous les deux: « Emplissez la terre et soumettez-la » (Gn 1, 28). Il ne leur confère pas seulement le pouvoir de procréer pour perpétuer le genre humain à travers le temps, mais il leur confie aussi la terre comme une tâche, les engageant à en gérer les ressources de manière responsable. L’homme, être rationnel et libre, est appelé à transformer la face de la terre. Dans cette tâche, qui est essentiellement une œuvre de culture, l’homme comme la femme ont une responsabilité égale depuis l’origine. Dans leur réciprocité sponsale et féconde, dans leur tâche commune de dominer et de soumettre la terre, la femme et l’homme n’expriment pas une égalité statique et nivelante, et encore moins une différence abyssale et inexorablement conflictuelle: leur rapport le plus naturel, répondant au dessein de Dieu, est l’« unité des deux », c’est-à-dire une « unité duelle » relationnelle, qui permet à chacun de découvrir la relation interpersonnelle et réciproque comme un don, source de richesse et de responsabilité.
À cette « unité des deux » sont confiées par Dieu non seulement l’œuvre de la procréation et la vie de la famille, mais la construction même de l’histoire. Si, durant l’Année internationale de la Famille, célébrée en 1994, l’attention s’est portée sur la femme comme mère, la conférence de Pékin est une occasion propice à une prise de conscience renouvelée des multiples contributions que la femme offre à la vie des sociétés et des nations entières. Ce sont des contributions de nature avant tout spirituelle et culturelle, mais aussi socio-politique et économique. Vraiment grande est l’importance de ce que doivent à l’apport des femmes les différents secteurs de la société, les États, les cultures nationales et, en définitive, le progrès du genre humain tout entier!
En règle générale, le progrès est évalué selon des catégories scientifiques et techniques, et, même de ce point de vue, la contribution de la femme n’est pas négligeable. Cependant, ce n’est pas là l’unique dimension du progrès, ce n’est même pas la principale. La dimension éthique et sociale, qui marque les relations humaines et les valeurs de l’esprit, paraît plus importante: dans cette dimension, souvent développée sans bruit à partir des relations quotidiennes entre les personnes, spécialement à l’intérieur de la famille, c’est précisément au « génie de la femme » que la société est en grande partie débitrice.
À ce propos, je voudrais exprimer une gratitude particulière aux femmes engagées dans les secteurs les plus divers de l’activité éducative, bien au-delà de la famille: jardins d’enfants, écoles, universités, services sociaux, paroisses, associations et mouvements. Partout où existe la nécessité d’un travail de formation, on peut constater l’immense disponibilité des femmes qui se dépensent dans les relations humaines, spécialement en faveur des plus faibles et de ceux qui sont sans défense. Dans cette action, elles accomplissent une forme de maternité affective, culturelle et spirituelle, d’une valeur vraiment inestimable pour les effets qu’elle a sur le développement de la personne et sur l’avenir de la société. Et comment ne pas rappeler ici le témoignage de nombreuses femmes catholiques et de nombreuses Congrégations religieuses féminines qui, dans les différents continents, ont fait de l’éducation, spécialement des jeunes garçons et filles, leur activité principale? Comment ne pas avoir un sentiment de reconnaissance à l’égard de toutes les femmes qui ont œuvré et qui continuent à œuvrer dans le domaine de la santé, non seulement dans le cadre des institutions de santé les mieux organisées, mais souvent dans des circonstances très précaires, dans les pays les plus pauvres du monde, donnant un témoignage de disponibilité qui frôle souvent le martyre?
 Je souhaite donc, chères sœurs, que l’on réfléchisse avec une attention particulière sur le thème du « génie de la femme », non seulement pour y reconnaître les traits d’un dessein précis de Dieu qui doit être accueilli et honoré, mais aussi pour lui faire plus de place dans l’ensemble de la vie sociale, et également dans la vie ecclésiale. J’ai eu l’occasion, dans la lettre apostolique Mulieris dignitatem publiée en 1988, de traiter largement cette question, déjà abordée d’ailleurs au moment de l’Année mariale. Puis cette année, pour le Jeudi saint, j’ai voulu rappeler cette lettre apostolique Mulieris dignitatem dans la lettre que j’adresse habituellement aux prêtres, pour les inviter à réfléchir sur le rôle significatif que la femme exerce dans leur vie, comme mère, comme sœur et comme collaboratrice dans les activités d’apostolat. Il s’agit d’une autre dimension de l’« aide » — différente de la dimension conjugale, mais tout aussi importante — que la femme, selon la Genèse, est appelée à rendre à l’homme.
L’Église voit en Marie la plus haute expression du « génie féminin » et trouve en elle une source d’inspiration constante. Marie s’est définie elle- même « servante du Seigneur » (Lc 1, 38). C’est par obéissance à la Parole de Dieu qu’elle a accueilli sa vocation privilégiée, mais pas du tout facile, d’épouse et de mère de la famille de Nazareth. En se mettant au service de Dieu, elle s’est mise aussi au service des hommes: service d’amour. C’est ce service qui lui a permis de réaliser dans sa vie l’expérience d’une mystérieuse mais authentique « royauté ». Elle n’est pas invoquée par hasard comme « Reine du ciel et de la terre ». Toute la communauté des croyants l’invoque ainsi; de nombreux peuples et nations l’invoquent comme « Reine ». Sa « royauté » est un service! Son service est une « royauté »!
C’est ainsi que devrait être comprise l’autorité dans la famille comme dans la société et dans l’Église. La « royauté » est une révélation de la vocation fondamentale de l’être humain, en tant que créé à « l’image » de Celui qui est Seigneur du ciel et de la terre, et appelé à être son fils adoptif dans le Christ. L’homme est la seule créature sur la terre que « Dieu a voulu pour elle-même », comme l’enseigne le deuxième Concile du Vatican, qui ajoute de manière significative que l’homme « ne peut pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui-même » (Gaudium et spes, n. 24).
En cela consiste la « royauté » maternelle de Marie. Ayant été, dans tout son être, un don pour le Fils, elle devient aussi un don pour les fils et les filles du genre humain tout entier, ravivant la confiance très profonde de celui qui se tourne vers Elle pour être conduit le long des chemins difficiles de la vie vers son terme personnel, son destin transcendant. À travers les étapes de sa vocation particulière, chacun parvient à ce but final, qui oriente l’engagement dans le temps de l’homme comme de la femme.
Dans cette perspective de « service » — qui exprime la véritable « royauté » de l’être humain, s’il est accompli avec liberté, réciprocité et amour —, il est aussi possible d’accueillir une certaine diversité de fonctions, sans conséquences désavantageuses pour la femme, dans la mesure où cette diversité n’est pas le résultat d’un ordre arbitraire, mais découle des caractères de l’être masculin et féminin. C’est une affirmation qui a aussi une application spécifique à l’intérieur de l’Église. Si le Christ — par un choix libre et souverain, bien attesté dans l’Évangile et dans la tradition constante de l’Église — a confié seulement aux hommes le devoir d’être « icône » de son visage de « pasteur » et d’« époux » de l’Église à travers l’exercice du sacerdoce ministériel, cela n’enlève rien au rôle des femmes, comme du reste à celui des autres membres de l’Église qui ne sont pas investis du ministère sacré, étant cependant tous également dotés de la dignité particulière du « sacerdoce commun » enraciné dans le baptême. En effet, ces distinctions de rôles ne doivent pas être interprétées à la lumière des canons de fonctionnement propres aux sociétés humaines, mais selon les critères spécifiques de l’économie sacramentelle, c’est-à-dire de l’économie des « signes » librement choisis par Dieu, pour se rendre présent au milieu des hommes.
En outre, précisément dans la ligne de cette économie des signes, même hors du domaine sacramentel, la « féminité », vécue sur le modèle sublime de Marie, est loin d’être négligeable. En effet, il y a dans la « féminité » de la femme croyante, et spécialement de la femme « consacrée », une sorte de « prophétie » immanente (cf. Mulieris dignitatem, n. 29), un symbolisme fortement évocateur, on pourrait dire un « caractère iconique » prégnant, qui se réalise pleinement en Marie et qui exprime bien l’être même de l’Église en tant que communauté consacrée, dans la plénitude d’un cœur « vierge », pour être « épouse » du Christ et « mère » des croyants. Dans cette perspective de complémentarité « iconique » des rôles masculin et féminin, deux dimensions inséparables de l’Église sont davantage mises en lumière: le principe « marial » et le principe « apostolique et pétrinien » (cf. ibid., n. 27).
D’autre part — je le rappelais aux prêtres dans la Lettre du Jeudi saint de cette année, précédemment citée —, « le sacerdoce ministériel, dans le dessein du Christ, n’est pas l’expression d’une domination, mais celle d’un service » (n. 7). C’est une tâche urgente de l’Église, dans son renouvellement quotidien à la lumière de la Parole de Dieu, de mettre cela toujours plus en évidence, dans le développement de l’esprit de communion et dans la promotion attentive de tous les moyens spécifiquement ecclésiaux de la participation, et à travers le respect et la valorisation des innombrables charismes personnels et communautaires que l’Esprit de Dieu suscite pour l’édification de la communauté chrétienne et pour le service des hommes.
Dans ce vaste domaine du service, l’histoire de l’Église, au long de ces deux millénaires, malgré tant de conditionnements, a connu vraiment le « génie de la femme », ayant vu apparaître en son sein des femmes de premier plan, qui ont laissé d’elles-mêmes, aux différentes époques, une empreinte importante et bénéfique. Je pense à la longue cohorte des martyres, des saintes, des mystiques insignes. Je pense tout spécialement à sainte Catherine de Sienne et à sainte Thérèse d’Avila, auxquelles le Pape Paul VI a conféré le titre de Docteur de l’Église. Et comment ne pas rappeler aussi les innombrables femmes qui, animées par la foi, ont consacré leur vie à des initiatives d’un intérêt social extraordinaire, particulièrement au service des plus pauvres? L’avenir de l’Église dans le troisième millénaire ne manquera certainement pas de voir naître de nouvelles et admirables manifestations du « génie féminin ».
 Vous voyez donc, chères sœurs, que l’Église a de nombreux motifs de désirer que, dans la prochaine Conférence organisée par les Nations Unies à Pékin, soit mise en lumière la pleine vérité sur la femme. Que l’on donne vraiment tout son relief au « génie de la femme », en ne tenant pas compte seulement des femmes importantes et de renommée, qui ont vécu dans le passé ou qui sont nos contemporaines, mais aussi des femmes simples, qui développent leur talent féminin au service des autres dans la banalité du quotidien! C’est en effet spécialement en se donnant aux autres dans la vie de tous les jours que la femme réalise la vocation profonde de sa vie, elle qui, peut-être encore plus que l’homme, voit l’homme, parce qu’elle le voit avec le cœur. Elle le voit indépendamment des différents systèmes idéologiques ou politiques. Elle le voit avec sa grandeur et ses limites, et elle cherche à venir à sa rencontre et à lui être une aide. De cette manière, dans l’histoire de l’humanité, se réalise le dessein fondamental du Créateur et apparaît sans cesse, dans la diversité des vocations, la beauté — non seulement physique mais surtout spirituelle — que Dieu a prodiguée depuis le début à la créature humaine et spécialement à la femme. Tandis que je confie au Seigneur dans la prière l’heureux résultat de l’important rendez- vous de Pékin, j’invite les communautés ecclésiales à faire de l’année en cours un temps de profonde action de grâce au Créateur et au Rédempteur du monde pour le don d’un aussi grand bien que la féminité; dans ses multiples expressions, elle appartient au patrimoine constitutif de l’humanité et de l’Église.
Que Marie, Reine de l’amour, veille sur les femmes et sur leur mission au service de l’humanité, de la paix, de la diffusion du Règne de Dieu!
Avec ma Bénédiction.
Du Vatican, le 29 juin 1995, solennité des saints Apôtres Pierre et Paul.

Etoile au grand large.

30 mars 2008

Etoile au grand large.

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Que le soleil nous accompagne
Ou que l’orage vienne à gronder,
C’est en marchant dans les campagnes
Que nous vivons notre amitié.
Nous savons toutes que notre loi
Est une loi de liberté
Et c’est en chantant notre foi
Que nous cherchons :

L’étoile au grand large
Qui brille sur notre vie,
L’étoile des mages
Qui nous guide dans la nuit ;
Puisque sur notre route
Une étoile a resplendi,
Restons à l’écoute
De celui qui nous unit.

Souvent, affirmer notre foi
C’est ramer à contre-courant.
Mais le Feu brille d’un tel éclat
Qu’il nous garde de tout tourment.
Sa force est là qui nous rassemble
Pour tenir tête à tous les vents.
Dans les tempêtes toutes ensemble
Nous suivons : 

L’étoile au grand large
Qui brille sur notre vie,
L’étoile des mages
Qui nous guide dans la nuit ;
Puisque sur notre route
Une étoile a resplendi,
Restons à l’écoute
De celui qui nous unit.

« L’union fait la force », dit-on.
Rien ne pourra donc résister
À nos joies et à nos chansons
Car elles riment avec « unité ».
Un mot qui pour nous doit se vivre
Avant même de se chanter
Car c’est ailleurs que dans les livres
Que nous trouvons :

L’étoile au grand large
Qui brille sur notre vie,
L’étoile des mages
Qui nous guide dans la nuit ;
Puisque sur notre route
Une étoile a resplendi,
Restons à l’écoute
De celui qui nous unit.

Lettre à un jeune qui veut jouer avec l’amour

28 mars 2008

Cette semaine, je vous propose trois lettres de Dominique Morin que m’a fait passer MC.  

« Dominique Morin m’a demandé de diffuser ce témoignage auprès des jeunes. Après avoir mené une vie dépravée, il s’est converti. Voulant se marier, il a découvert qu’il était malade du sida et a renoncé à se marier, pour le bien de celle qu’il aimait. Il est donc devenu oblat et passe son temps à témoigner dans des écoles, des aumôneries, etc. pour expliquer aux jeunes ce qu’est l’amour vrai.
Je l’ai entendu deux fois et je dois dire qu’on est ’scotché’ par ce qu’il raconte. Et malgré la maladie qui le fait souffrir (il a un visage squelettique), il arrive encore à parler aux jeunes avec toute la force de son expérience et avec le soutien de la prière. « 
 

A diffuser largement donc !     

   

Lettre à un jeune qui veut jouer avec l’amour.

« Adolescent, j’ai joué à l’amour avec des filles. Je n’en ai aimé et respecté aucune, j’ai surtout joui égoïstement et vite cessé de croire en l’amour. Je me suis un jour converti, changeant de comportements. J’ai ainsi retrouvé la foi dans l’amour à travers de véritables amitiés avec des femmes catholiques sans convoitise sexuelle grâce à la chasteté. Je voulais me marier avec une amie que j’aime toujours quand j’ai découvert que j’avais contracté le sida dans ces années de débauche. J’ai alors choisi raisonnablement de renoncer au mariage. 

Quand on me parle de prévention, je vois désormais plus loin que le sida. Jouant sans accepter de règles avec l’amour, j’ai perdu mes capacités de fécondité, de don de soi nécessaires pour construire ma vie avec la personne que j’aime. A qui pourrais-je souhaiter ce malheur, sans même parler du sida? Le vagabondage sexuel et les pratiques contre nature propagent le sida, le préservatif n’incite pas à s’en éloigner mais juste à en limiter les risques. Est-ce une prévention sérieuse? Au lieu de réduire l’amour à un jeu dangereux, pensez plutôt à fonder vos relations sur de solides amitiés. L’avenir c’est déjà demain! Enfermés dans des relations décevantes qui ne tiennent pas leurs promesses, passant d’un partenaire à l’autre, vous blessez vos cœurs et vos corps. L’amour libre est une illusion mortelle. Regardez toutes ses victimes et ajoutez-y celle de l’avortement où mènent parfois préservatifs et contraceptifs, montrant ainsi leurs limites. 

Ce que l’Eglise nous propose, c’est de rendre l’amour porteur de joie et de paix en l’ouvrant à la vie par l’exigence de la vérité et de la justice. A cause du sida, je ne peux me donner totalement à la femme que j’aime sans lui faire courir un risque. La seule vérité du sida, c’est le mensonge, la peur et la solitude au bout du chemin. Ne parler aux jeunes que de prendre du plaisir sans aimer en courant des risques est la conclusion logique d’une société qui ne leur parle plus de la fécondité du véritable amour. La chasteté, maîtrise joyeuse de sa sexualité, permet de ne pas la subir ni la faire subir à d’autres. La véritable liberté est un chemin ou amour ne rime pas avec peur et déception solitaire mais avec confiance et joie partagée.  Sans avoir besoin pour cela d’être catholique, faire rimer amour avec méfiance et peur caché derrière le préservatif, est profondément malsain. Si vous voulez du plaisir, prenez vos risques, vos précautions et bonne chance! Mais je ne vous encouragerais dans cette médiocre dérision de l’amour. L’amour n’apporte que paix et joie si on le respecte. Vous et tous les adolescents à qui on ment avez le droit de le savoir avant de choisir librement votre voie. Quand je sautais en parachute, si on m’avait averti que la voile que j’allais utiliser était abîmé mais qu’il y avait peu de risque qu’elle se déchire en vol, qu’aurais-je choisi? Le plaisir du saut très puissant d’un côté, le risque minime, mais j’aurais préféré rester au sol. Aucun plaisir ne mérite d’y laisser sa vie. Avec le préservatif, on vous cache que le risque existe à chaque fois et qu’un jour ça peut être pour vous. De nombreux témoignages d’échec par des personnes concernées m’ont montré les limites de cette prévention. Finalement qui sont les inconscients? Ceux qui vous laissent prendre des risques en vous préparant l’enfer ou ceux qui vous invitent à réfléchir à l’amour et à ne pas le réduire à un risque. Plutôt que de cacher ou déformer le discours catholique, n’avez-vous pas le droit de savoir toute la vérité avant de courir des risques que vous seul finalement aurez à assumer? L’Eglise a toujours un discours raisonnable et réaliste, ne cherchant pas à s’adapter à l’évolution des mœurs qui s’impose, aux jeunes qui veulent suivre leurs désirs. Elle rappelle à temps et à contretemps qu’on ne peut se moquer de l’amour sans risque mortel pour notre corps, notre cœur et notre âme. Elle voit le bien des âmes avant la satisfaction des désirs. Cette exigence est une promesse qui vous donnera les moyens d’accéder au véritable bonheur. 

Choisissez la liberté d’aimer dans la confiance et la vérité qui va vers la vie plutôt que la recherche de plaisir à tout prix qui mène au mensonge et à la mort. « 

Dominique Morin. 

Lettre à une jeune catholique à la mode

28 mars 2008

Lettre à une jeune catholique à la mode. 

Chère jeune fille, J’aimerais, à partir de ma propre expérience, réfléchir avec vous sur certaines attitudes. 

J’ai brûlé mon adolescence dans des expériences désordonnées, avec le désir sexuel comme moteur et une affectivité exacerbée comme boussole. Croyant à l’époque que ces pratiques seraient une initiation sans conséquences, j’y ai pourtant appris à mentir et à tricher, en amour, et j’y ai contracté le sida. Un jour, j’ai enfin quitté tout ça pour essayer de construire ma vie. Mon retour vers la foi catholique a donné un sens à cette quête. Il y a dix ans que je connais mon infection et, tout en combattant la maladie, je témoigne de la beauté de la chasteté et de l’amitié. Car même si mon cœur et mon corps restent marqués au fer rouge, le pardon de Dieu a guéri mon âme et les relations très chastes que j’entretiens depuis avec des femmes m’ont appris à croire en l’amour. Autour de nous règne le culte du plaisir et de la superficialité. Monde de mensonge et de solitude ou l’homme et la femme, orphelins d’un Père qu’il ne connaisse pas ou ont renié, cherchent là une raison d’être. Cette influence, que nous subissons tous, d1une façon ou d’une autre, s’appuie sur la faiblesse humaine livrée à elle-même. 

A l’adolescence, le corps se transforme et l’imagination sexuelle s’éveille. La fille découvre sa fécondité, transformation intérieure de son corps qui fera d’elle un jour une femme. Ce même corps commence à prendre des formes féminines explicites qui va attirer naturellement le regard des garçons. Elle devient une jeune femme et lui un jeune homme. La pudeur lui permet alors de protéger l’intimité de son corps qui se transforme, du regard de convoitise que cette découverte peut provoquer chez le garçon. Cette chasteté peut-être inconsciente est en tout cas un signe évident de délicatesse. Le garçon découvre sa sexualité très extérieurement à travers une génitalité bien envahissante. La première image que la jeune fille donne d’elle étant souvent sa tenue, quel sera l’impact sur lui d’une cuisse dévoilée, d1un pantalon très collant ou d’un décolleté? N’oubliez pas que le garçon vous regardera avec sa psychologie à un âge où ce qui n’est que séduction innocente pour la fille sollicite sexuellement le garçon. Vos relations s’en ressentiront forcément, même si le garçon n’ose vous avouer sa faiblesse. Aidez-le à s’élever et à grandir en étant délicate à son égard par votre exigence, en ne tentant pas sa grande fragilité. La séduction cherche à attirer à tout prix le regard de l’autre. La provocation et le souci de choquer aussi, d’une autre manière. Êtes-vous sûre de respecter sa liberté en provoquant son regard? Supporteriez-vous qu’avec sa force physique, qui est son point faible avec l’instinct sexuel, il vous force à s’intéresser à lui? Chacun a la responsabilité envers l’autre de le laisser libre de son choix. Quelle tristesse que des femmes, jeunes ou adultes, sollicitent notre convoitise envers un corps que, malgré notre nature fragile, nous sommes aussi capables de regarder chastement! Si chacun n’aide pas l’autre, dans un souci de respect mutuel, cela sera vite une source de conflits entre nous. Observez simplement autour de vous une société ou ne règne que la séduction, le besoin de paraître et l’égoïsme. La souffrance et la solitude ne sont jamais bien loin et la satisfaction bien éphémère et dérisoire. 

L’instabilité affective et l’impudeur actuels découlent d’une méconnaissance voire d’un refus de la faiblesse humaine et de l’absence d’une éducation à la pudeur et à la prudence. La beauté féminine est appelée à être mise en valeur autrement que par une médiocre entreprise de séduction charnelle. Mais les modes vestimentaires sont parfois si ambiguës qu’il est souvent difficile, voire impossible de ne pas être attiré par le spectacle d’un corps outrageusement mis en valeur. Est-ce que la femme n’aurait d’intérêt que pour les formes de son corps offertes à tous? Je ne l’ai jamais pensé mais que faire sinon se résigner à subir ou protester comme je m’exerce à le faire?  Ce que je sais d’expérience, c’est ce que va penser un garçon en voyant un corps dévoilé. Sa pensée va s’arrêter à ce qu’il voit et il risque de ne pas aller plus loin. En quelque sorte, de réduire la femme aux formes qu’elle met excessivement en valeur. J’en parle souvent avec des garçons qui me confient sincèrement leur gêne qu’ils n’avoueront jamais aux filles.  Venons-en maintenant à l’essentiel. 

Notre foi catholique nous enseigne que notre corps est le temple du saint Esprit. Nous allons nous confesser pour lui avoir manqué de respect afin de retrouver l’amitié de Dieu en redevenant disponible à sa grâce. Chacun de nos actes visibles témoigne de notre foi. Il n’est pas certains actes relevant du spirituel ou Dieu aurait droit de cité dans notre vie, et d’autres ou il devrait rester à l’écart. Notre attitude à l’égard de notre corps est comme une façon d’exprimer notre pensée. Qui se néglige ou met trop d’attention à son apparence déforme le miroir de la création que Dieu a mis en lui en s’attachant excessivement à la superficialité à notre seul profit, souvent en plus au détriment de la vie intérieure. Ce qui est le cas de la séduction ou de l’agressivité vestimentaire. Notre corps est un instrument qui doit nous permettre de réaliser de grandes choses. C’est pour cela qu’il faut le respecter et être délicat à son égard car notre âme a besoin d’un écrin qui la mette en valeur, pas d’un écran qui la cache ou la déforme. Notre Dieu n’est pas un Dieu sévère et cruel. Il s’est incarné, a vécu notre condition et est mort ignominieusement sur la Croix pour nous racheter. C’est la preuve évidente de son amour sans bornes pour nous. Egarer sa volonté dans une pauvre entreprise de séduction ne risque-t-il pas de vous éloigner d’un Amour si doux et miséricordieux? Vous n’y aviez probablement jamais songé auparavant, où vous aviez confondu indulgence avec complaisance. Est-ce qu’en allant à la messe, en priant un peu, en respectant certaines règles morales exigeantes, vous pensez en faire bien assez? Je comprends que le monde est fascinant, brillant, tentant, comme le mal l’est bien plus que le bien qui ne brille ni ne fascine mais tiendra ses promesses qui sont d’un autre ordre, vrai et fécond. Suivre l’esprit du monde dans le domaine de la mode puis, qui sait, notre nature est si fragile, des relations dangereuses est vraiment un risque spirituel pour vous. Dieu, qui ne reprend pas sa fidélité, vous dit sans cesse «je t’aime comme tu es, mon enfant! » mais le beau jeune homme qui vous regarde séduit ou émoustillé, flatte votre vanité et vos sentiments et risque de vous faire tout oublier. Pourtant, vous devez faire des choix aussi dans ce domaine et les attitudes provocantes sont un choix dont vous n’aviez peut-être pas conscience jusque là. Je précise que si je parais m’en prendre aux femmes plus qu’aux hommes, c’est que Dieu leur a confié d’éduquer les hommes et que, si le péché originelles a réduit à séduire, elles restent néanmoins appelées à redevenir nos éducatrices. Prenez cette lettre comme un hommage à votre vocation. 

Dès le matin, je m’arme par la prière afin dl inspirer le respect et la discrétion. Ma vie spirituelle m’a appris que la vie intérieure compte plus que tout, apaise les sentiments et les passions, rend plus délicat et disponible à Dieu et aux autres en nous éloignant des obstacles de notre nature et notre volonté. La délicatesse à l’égard des autres est un de ces signes d’une âme apaisée par la prière. Commencez par-là ou plutôt continuez, revenez sans vous lasser à la prière qui laisse Dieu agir en vous et vous rend disponible à son amour. Laissez sur le bord de la route les influences, les tentations, le désir de paraître et allez à l’essentiel. Vous y trouverez Dieu et votre véritable valeur. En découvrant que vous êtes aimable et aimée pour vous, comme vous l’êtes réellement, vous serez moins sensible aux influences de recherche de séduction ou de provocation, venant souvent de personnes mal dans leur peau. Vous cesserez d’être superficielle quand vous aurez repris le chemin de la Vie intérieure. Je vous souhaite ce merveilleux cheminement vers la vraie beauté de l’âme d’une femme. Beauté dont ont aussi besoin les hommes pour que nous puissions monter et grandir ensemble.

 Dominique Morin 

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